Milice et LVFUne publicité dans les journaux collaborationistes vantait sous les journées d'occupation,la
L.V.F."
Engagez-vous à la L.V.F., Au siège social de la Légion Tricolore, 19 rue Saint-George, à Paris, et dans toutes les permanences à Paris ou en province."
Sources : Le Progrès de la Somme, plusieurs numéros du journal au cours de l'année 1943 réitèrent cette annonce. Archives de la Somme
Des permanences étaient établies :
AMIENS, 36, rue des Jacobins ;
ALBERT, 6, rue Carnot ;
MONTDIDIER, 15 bis, rue Parmentier ;
ABBEVILLE, 34, rue du Maréchal-Pétain.
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Certains esprits furent sensibles à ces appels.
Un jour vers l'année 1975, adoslescent habitant Amiens, alors que je déambulais dans les rues d'Amiens avec des amis, nous vînmes à nous apitoyer sur un homme à l'allure minable, visiblement sans domicile fixe, quelque peu à la dérive. La discussion s'étant engagée avec lui, nous décidâmes de le conduire vers un centre d'hébergement situé, je crois derrière la cathédrale ou dans le quartier Saint-Leu. Chemin faisant, il nous expliqua qu'il habitait autrefois, pendant les années de guerre, le village de Fouquescourt près de Roye. Une erreur de jeunesse l'avait conduit à l'état où nous l'avions trouvé. Il s'était engagé dans la L.V.F. pendant la guerre, nous disait-il, ce qui lui avait valu dêtre inquiété à la libération. Il avait fait le mauvais choix, continuait-il à nous dire, à un moment où d'autres s'engageaient dans la Résistance.
De retour chez mes parents, je m'informais auprès de mon père, qui cerna très vite le personnage.
De fait pendant l'occupation, dans la région de Roye, l'un d'eux, originaire de Fouquescourt, engagé dans la L.V.F., rempli de vanité, aimait au cours de ses permissions, dans son uniforme vert-de-gris, à marcher fièrement dans les rues, avec la baïonnette à la ceinture, pour en remontrer aux autres...
Plus tard, effectivement, bien après la libération, par arrêt contradictoire de la cour de justice d’Amiens, en date du 25 janvier 1946, le nommé B... (J.-G.-R.), vingt six ans, né le ... 19 a Vayres (Seine-et-Oise), sans profession, demeurant à Fouquescourt (Somme), avait été condamné pour intelligences avec l’ennemi à la confiscation de tous ses biens présents et à venir.
Sources : Journal officiel de la République française. Lois et décrets de septembre 1947
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VOIR :
Les fichiers de la LVF et de la Légion tricolore
Par Éric Lefèvre - Spécialiste de l'histoire militaire du second conflit mondial et de l'Occupation allemande
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr ... -tricoloreCordialement
Eric Abadie