LES MOISSONS1940Avertissement :
La Presse qui a pu faire paraître ses journaux, à l'automne 1940, est dévoué aux nouvelles autorités françaises de l’État français de Vichy. Elle est soumise à l'autorisation de La Propagandastaffel (en allemand « escadron de propagande »), service chargé par les autorités de l'Allemagne nazie de la propagande et du contrôle de la presse et de l'édition françaises pendant l'Occupation. C'est donc dans ce contexte que se situe l'éditorial paru à la "Une" du quotidien "
La Charente" intitulé "
La collaboration des autorités allemandes et françaises" dont est extrait le passage suivant :
Au moment où les troupes allemandes sont arrivées, la vie économique était complètement arrêtée. La population française, sur l'ordre des autorités françaises avait évacué partiellement ou totalement le territoire, et un exode sans précédent s'était produit.
...
Après l'été, il fallait songer à la moisson. Soixante-dix mille prisonniers de guerre furent aussitôt occupés à ce travail essentiel. L'administration allemande fournit le carburant nécessaire aux tracteurs, mit à la disposition des cultivateurs des attelages, des voitures automobiles légères. Enfin, une main-d'œuvre militaire allemande vint suppléer au manque d'ouvriers agricoles.
Les récoltes furent sauvées.Sources : La Charente et La Petite Charente réunies - organes républicains réunis - édition du dimanche 24 novembre 1940
N.B. on retrouve le même article dicté par les autorités allemandes dans les colonnes de "La Dépêche" de Toulouse dans son numéro 25.371 du 22 novembre 1940
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L’ÉTAT DES TRAVAUX AGRICOLES DANS LA RÉGION OCCUPÉE...C'est avec une intensité totale m'a été entreprise comme étant de la plus grande Importance, la rentrée de la récolte du blé. On a employé comme moissonneurs plusieurs centaines de mille de prisonniers, d'abord dans les départements essentiellement importants le la Somme, de l'Aisne et de l'Oise. L'emploi des prisonniers se fait par groupes mais aussi en isolés sous la direction et la responsabilité des maires. En plus, de nombreux contingents de troupes allemandes ont été mises à la disposition de l'agriculture...
Sources :
L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial - édition du 15 août 1940
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Le Progrès de la Somme, numéro 22164, 19 - 21 août 1940 - 259PER292 - Archives de la Somme
Où va la récolte française ?Berlin
La nouvelle répandue par "Radio Londres", nous affirme-t-on de source autorisée allemande, selon laquelle la récolte du blé dans la zone occupée du Nord de la France serait transportée en Allemagne, était de pure invention.
L'armée allemande contribue à engranger le blé, mais le blé récolté reste en France.
L'Allemagne n'a nul besoin de puiser dans la récolte faite dans la zone occupée pour l'alimentation de l'Allemagne. Une soi-disant déclaration allemande qui prétendrait le contraire et sur laquelle "Radio Londres" voudrait se baser, n'a jamais été émise et ce n'est qu'une de ces nouvelles tendancieuses dont le ministre des Informations britannique est coutumier.
Comme on le voit le devenir des moissons des régions céréalières en zone occupée déclenche une vive polémique entre les autorités anglaises et les autorités allemandes.Malgré les assurances un peu trop empressées à vouloir persuader l'opinion publique, en fait, les agriculteurs céréaliers de la zone occupée ont bien dû affronter à partir de l'été 1940 les pillages sans vergogne orchestrés par les troupes d'occupation. Ces prélèvements se sont faits bien souvent de manière arbitraire par les troupes allemandes.
VOIR --> Résistance 60 - l'article de
Françoise Rosenzweig-LeclèreLes agriculteurs de l’Oise en 1940 face aux réquisitions
https://www.resistance60.fr/socio-agriculteurs=======================================================
1940En zone occupée, la moisson a pu être sauvée dans la proportion de 90 à 95 %Paris, 21 août.
Quand en juin dernier, l'armistice fut signé entre la France et l'Allemagne, la récolte s'annonçait favorable. Mais, à ce moment-là des milliers de paysans avaient, dans leur exode, fui loin de leurs terres alors que d'autres, soit aux armées, soit prisonniers de guerre, se trouvaient éloignés de leur petite patrie. Il manquait non seulement les hommes, mais encore le matériel agricole, l'essence pour les tracteurs, les faucheuses.
Était-il possible, dans ces conditions, de faire la moisson en 1940 ?Les autorités allemandes se sont rapidement rendu compte que cette moisson était chose vitale pour la France et qu'elles devaient user des capacités d'organisation qu'elles possèdent pour offrir leur aide. Sans tarder, elles ont amené sur place la main-d'œuvre — prisonniers de guerre, soldat allemands — ainsi que le matériel et le carburant, de telle sorte que si, en juillet, on pouvait craindre que la récolte de blé n'atteindrait que 60 % de son chiffre, à présent, on peut admettre que le pourcentage est de 90 % pour la zone occupée et même 95 % pour les départements qui entourent Paris.
La moisson était donc sauvée.
La Charente édition du vendredi 23 août 1940
Cordialement
Eric Abadie