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 Sujet du message : DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : sam. juil. 12, 2025 8:57 am 
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DANS LES HORTILLONNAGES



Les hortillonnages, nom magique pour un picard, comme chacun sait, sont un ensemble de terres installées dans les îles formées par les bras de la Somme, dans les faubourgs d'Amiens. Les cultures maraîchères y sont menées sur des terres basses, humides mais également très fertiles. Parfois celles-ci peuvent être inondables et submergées lors de crues et d'inondations de la vallée de la Somme, comme au début de janvier 1926, à moins que les températures négatives ne viennent geler les terres immobilisant ainsi le transport et la vente des légumes.

La particularité des hortillonnages consiste dans le fait qu'ils sont situés dans les faubourgs même d'Amiens, donc à proximité immédiate d'un lieu de vente. Le célèbre « marché sur l'eau » se tenait alors trois fois par semaine sur la place Parmentier et permettait aux hortillons de vendre leurs produits, sans grands frais de transport. Celui-ci, en effet, se faisait par la Somme sur de longues barques à la forme très particulière.

La guerre va bouleverser cet équilibre précaire.
Néanmoins, malgré d'énormes difficultés, au cours des années d'occupation, les hortillonnages, poumon vert d'Amiens, grâce au travail acharné des hortillons, vont contribuer, à leur échelle, et de manière proportionnée, à l'approvisionnement de certains légumes frais pour une population amiénoise rationnée. Les hortillons ont pu ainsi suppléer, pour une petite partie, à la pénurie générale dans le pays, par l'apport de produits alors raréfiés dans une économie de guerre stagnante et parfois moribonde, mise en coupe réglée par l'occupant allemand.


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Albert Demangeon dans "La Picardie et les régions voisines : Artois, Cambrésis, Beauvaisis" écrit à propos des hortillonnages en 1905 :

Les jardins. Les hortillonnages.

Les vallées de la craie sont les cantons privilégiés de la culture maraîchère. Elle y prospère d'autant mieux qu'on a mieux protégé la terre contre l'eau. L'eau menace comme une ennemie ; mais prudemment écartée, soigneusement dirigée, elle devient une alliée. La culture maraîchère s'étend sur les terrains tourbeux aux approches des villes ; Amiens, Abbeville, Montdidier, Beauvais, Laon. Cette extension des jardins aux portes des cités n'est pas une originalité du pays, mais un fait commun aux agglomérations urbaines. Mais elle prend ici une couleur toute locale grâce aux circonstances qui l'accompagnent. Les plus célèbres de ces jardins se trouvent dans la vallée de la Somme, aux abords d'Amiens ; ce sont les « hortillonnages » ; répartis en treize groupes qui couvrent environ 500 hectares d'une terre noire, ils appartiennent aux communes d'Amiens, de Rivery, de Camon et de Longueau. Par leur emplacement, comme par leur entretien, les hortillonnages représentent de véritables conquêtes sur le domaine aquatique.
Comme il fallait sauver la terre de l'inondation, on a multiplié les moyens d'écoulement. Le territoire est sillonné de canaux entre-croisés, de « rieux », que relient encore des fossés. Dans ce réseau compliqué, circulent lentement les eaux de l'Avre et de la Somme, entre les berges d'une centaine de petites îles. Toutes ces artères forment à la fois les voies de communication et les chemins d'exploitation. Le bateau est l'unique véhicule de l'hortillon. Les matins d'été, on peut voir le long des fossés, entre les branches d'arbres, glisser la flottille des barques chargées de légumes qui descendent à Amiens ; au départ, dans le petit fossé qui borde « l'aire », on avance à la godille ; puis dans les rieux, on emploie la rame ou la gaffe ; au retour, pour remonter le courant, l'embarcation se hâle parfois à la corde. Pour ne pas perdre un pouce de cette terre précieuse, les hortillons demeurent dans les villages du bord de la vallée ; c'est par le chemin d'eau que soir et matin ils quittent ou regagnent leur exploitation.
Tous ces fossés exigent un entretien continuel. Deux fois par an, il faut les faucarder ; sinon les herbes les auraient bientôt obstrués ; ce travail se fait du 15 Mai au 15 Juin et du 15 Septembre au 15 Octobre. Il faut aussi les curer, et extraire de leur lit les boues et les détritus de légumes qui s'y accumulent; une partie de ces boues sert d'engrais pour les aires ; l'autre est consacrée à la réfection des rives. Dans ce terrain meuble et inconsistant, les berges se dégradent sans cesse par l'effet des gelées, des vents, des eaux et des rats.
Sans ces travaux de défense, les hortillonnages redeviendraient vite la proie de l'eau. Cette nature curieuse se reflète dans le travail et dans la vie de l'hortillon. L'échiquier des îlots séparés par des fossés fournissait les cadres d'une culture très morcelée ; les petits carrés ou aires ont une étendue qui varie de 4 à 40 ares. Sur cette terre dont il paie le loyer, l'hortillon réalise des prodiges de travail. Sa vie se passe à bêcher et à planter. Il aime la routine, il redoute les innovations, il tient pour le fumier contre les engrais chimiques ; mais nulle part on ne sait faire produire davantage à la terre ; nulle part un même terrain ne donne plus de récoltes en aussi peu de temps. La première année on sème pêle-mêle à la volée, vers la mi-Février, des radis, des salades, des carottes, des oignons, des poireaux. Les radis se récoltent en Mai ; les salades en Mai et Juin, les carottes en Juin et Juillet, les oignons en Août, les poireaux à la fin d'Août. A la fin d'Août, après avoir bêché et fumé, on repique des choux qui se récoltent en Décembre, Janvier et Février, des salades qui se cueillent fin Septembre. « La seconde année, on donne un labour et une fumure, on redresse les rigoles, les canaux, on rabat les berges des aires. On sème des pois, par routes, à 2 mètres de distance, et, entre les routes de pois, on plante trois rangées de pommes de terre à 0m,50 les unes des autres. Les pois se cueillent à la fin de Juin ; à leur place, on plante les choux. Les pommes de terre se récoltent en Août et Septembre ; aussitôt on repique des laitues ou des chicorées qu'on cueille en Septembre et Octobre ; enfin on récolte les choux en Décembre et Janvier. La troisième année, on recommence par un labour avec fumure, puis on sème pêle-mêle des radis et des salades. En Mars, en Avril, suivant le temps et la saison, on plante des oeilletons d'artichaut. Les radis s'arrachent en Avril ou Mai et.les salades en Mai ou Juin. Les artichauts se cueillent en Août et Septembre, et, aussitôt qu'ils ont fini de donner, on repique à leur place des chicorées que l'on recueille en Janvier et Février. » Les récoltes poussent les récoltes ; elles se succèdent sans répit sur un sol créé à force de travail. L'hortillonnage est aussi un verger ; entre les carrés de légumes s'étendent des plantations d'arbres fruitiers, de cerisiers, de pruniers, de poiriers, de pommiers, à l'ombre desquels s'alignent des groseilliers ; c'est une véritable superposition de récoltes dans le temps et dans l'espace.


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1940


Presque tous les maraîchers des hortillonnages sont rentrés et ont retrouvé la plupart de leurs bateaux. Mais les jardins demandent encore des jours et des jours d'un travail sans relâche : l'herbe a tout envahi.
Il était encore possible de faire quelque semis à la fin du mois de juillet, mais il fallait défricher, et quand ce fut fait, la sécheresse sévissait.
La pluie de ces jours derniers a fait beaucoup de bien et un maraîcher nous disait qu'il allait faire un nouveau semis de navets et d'épinard. A part la mâche, c'est tout ce qu'il est possible de confier au sol actuellement, pour avoir une récolte d'arrière saison.
Les rares maraîchers qui ne sont pas partis ont pu entretenir leurs terres et ont de beaux légumes, mais c'est l'exception.
C'est pourquoi le Marché sur l'Eau n'est pas approvisionné davantage.

Le Progrès de la Somme n° 22.165, édition du jeudi 22 août au dimanche 25 août 1940


Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : sam. juil. 12, 2025 9:14 am 
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1940


SYNDICAT DES HORTILLONNAGES

Le directeur du syndicat invite toutes les personnes qui auraient trouvé des bateaux ou qui en auraient des coulés dans leurs propriétés, a en faire la déclaration immédiate au garde du syndicat, M. Lenfle, à Rivery.
Tout camouflage ou omission sera poursuivi rigoureusement.


Le Progrès de la Somme n° 22190, édition du dimanche 20 et lundi 21 octobre 1940



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : sam. juil. 12, 2025 9:58 am 
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1941


AU MARCHÉ SUR L'EAU

Vive animation ce matin au Marché sur l'Eau. On se serait cru aux beaux jours... d'autrefois par le nombre de bateaux et la foule.
Mais s'il y avait foule, la marchandise, par contre, exception faite des produits locaux, faisait à peu près défaut.
Du jour au lendemain, les cageots de carottes, de navets, d'artichauts en provenance du midi, ont à peu près totalement disparu.
Coté hortillonnages, la salade dominait et nombreux étaient les vendeurs de laitue à la manne. *
Les bottes de carottes et de navets étaient plus rares et furent rapidement enlevées. On pouvait constater une baisse sensible sur les salades et les radis. Les prix fixés par l'arrêté préfectoral étaient affichés et respectés en principe ici et là. Ailleurs, on s'arrangeait de gré à gré, après discussion.
Devant le "guichet" d'un grossiste, cent détaillants faisaient la queue pour avoir un cageot de carottes ou de navets. A côté, cinq ménagères se disputaient la possession d'un choux !
Les plants de tomates, de choux, de céleris, de salade abondaient, de quoi satisfaire les possesseurs de jardin. mais le prix n'était pas toujours à portée des petites bourses.
Attendons encore un mois quand les hortillonnages donneront leur plein rendement : on sera alors à même de juger ce qu'aura eu de bon la taxation des prix...


Le Progrès de la Somme n° 22.371, édition du dimanche 1er juin 1941 et du lundi 2 juin 1941

* Nourriture providentielle et miraculeuse, par extension, aliment qui est très abondant et très utile pour la nourriture de la population. La manne désigne également un grand panier d'osier.



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Cordialement
Eric Abadie


ci-dessous : Les mannes d'osier et le Marché sur l'Eau tel qu'il existait entre les deux guerres


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : sam. juil. 12, 2025 14:31 pm 
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POURQUOI LE MARCHÉ PARMENTIER est-il insuffisamment approvisionné ?

"Il n'y a encore rien ce matin et pourtant aujourd'hui c'est grand marché..."
Nous avons entendu cette phrase vingt fois en nous rendant au Marché Parmentier où nous pensions pouvoir contempler ces intéressants monceaux de beaux légumes qu'on est accoutumé d'y voir chaque année à pareille époque. Or, en cours de route, nous avons rencontré des ménagères qui, déçues, revenaient avec une botte de carottes et une salade frisée, alors qu'elles étaient parties de chez elles dans l'espoir de rapporter de quoi confectionner plusieurs repas.
Des petits commerçants de quartier nous ont fait la même réponse : ils avaient acquis des oignons blancs, de la salade et un cageot de pêches !
Nous sommes pourtant en pleine période de production - du moins c'est ce qu'on nous a affirmé - et cependant, il est des légumes qu'on ne trouve pas au marché sur l'eau : ceci n'est pas une critique,mais une constatation.
- " Vous n'avez pas de tomates, madame ? avons-nous demandé à une maraîchère.
- " Non, mon pauvre monsieur, elles ne mûrissent pas...
- " Pas de choux ?
- " Les limaces les mangent.
- " Pas de navets ?
- " L'altise...
Nous voulons bien admettre que la temérature actuelle n'est pas favorable à la maturité des tomates, que la récolte de sécheresse est la cause des méfaits de l'altise, cet insecte qui sévit particulièrement sur les planches de radis, navets et rutabagas, mais il est difficile de croire que choux-fleurs, concombres et cornichons, groseilles, etc..., ont également été "mangés" par les limaces ou autres insectes.
... Autrefois, on pouvait aisément se procurer, au Marché Parmentier, près des hortillons, des poires en bon état et d'autres, dites "véreuses" ou ramassées à terre : pour les petites bourses, c'était une aubaine. Aujourd'hui, il n'y en a ni d'une sorte ni d'une autre.
En résumé, le Marché sur l'Eau ne rend pas et tout le monde s'en plaint.
Il y avait pourtant près de trente barques à quai samedi matin, mais il suffisait d'un simple coup d'œil pour se rendre compte qu'elles n'avaient pas amené sur le marché des pyramides de bottes de carottes, de choux et de choux-fleurs, de haricots, et tous autres légumes et fruits qu'on eût dû logiquement y voir.
Et alors, nous nous demandons où s'écoule la production des hortillonnages.
Faut-il incriminer la sécheresse, puis l'excès d'eau, le manque de main d'œuvre ? qui seraient la cause de cet état de choses ?
Encore une fois nous ne critiquons pas, mais nous aimerions à être renseignés. Et les consommateurs seront certainement de notre avis.

Le Progrès de la Somme, numéro 22434, 14 août 1941 - cote 259PER296 - Archives de la Somme


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L'approvisionnement du Marché Parmentier

Le Bureau départemental des Fruits et Légumes nous a exposé les causes de la raréfaction des produits locaux et des arrivages.

La raréfaction croissante des légumes sur le Marché Parmentier nous a fourni la matière d'un récent article dans lequel nous nous sommes fait l'écho des doléances des consommateurs, qui admettent difficilement qu'on ne puisse plus voir sur ce marché ce que l'on doit logiquement y trouver à pareille saison.
Tant de bruit ont circulé sur les causes de cet état de choses que nous avons demandé Bureau départemental des Fruites et Légumes de bien vouloir nous en donner les raisons.
Durant près de deux heures nous avons examiné avec le président, M. Damenay, et avec ses collègues, questionnant et critiquant. On nous a écouté avec beaucoup de courtoisie et on nous a répondu avec amabilité et franchise. Voici le résumé de cet entretien :

UNE MAUVAISE ANNÉE

Quoi qu'on puisse en penser, il faut considérer que l'année, et en premier lieu, la période préparatoire, a été nettement défavorable. Les graines, d'abord, ont fait défaut et il fut très difficile de s'en procurer. Le mauvais temps entrava ensuite la germination des premiers semis et nous étions à une dizaine de jours de l'été qu'on ignorait encore le printemps et ses bienfaisants effets. La sécheresse sévit alors sans discontinuer, favorisant l'éclosion de l'altise, qui ravagea tout ce qui avait eu tant de peine à sortir du sol, navets et radis en particulier. Puis ce fut une nouvelle période de pluies, qui n'est pas encore terminée et qui entrave la maturité. D'autre part, les eaux sont hautes, la main d'œuvre a fait défaut, et pour diverses raisons, il y a eu abandon d'un certain nombre de parcelles d'hortillonnages, abandon aussi de certaines cultures.
Notons encore qu'une vingtaine de maraîchers sont prisonniers, et que si courageuses que soient leurs femmes, elles ne peuvent assurer le bon rendement de l'exploitation.
Ajoutons enfin que l'année n'est pas une "année à fruits" et que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, la production locale, c'est à dire celle des hortillonnages, ne représente, en temps normal, qu'environ 20 % de l'approvisionnement du marché, les 80 % étant fournis par l'importation, autrement dit par les arrivages du sud-ouest, du sud-est, de la Bretagne, du midi et même du Nord : Saint-Omer et Dunkerque, qui possèdent également des hortillonnages importants...

Voir la suite dans l'article paru dans Le Progrès de la Somme n° 22.437, édition du dimanche 17 août et du lundi 18 août 1941


Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : dim. juil. 13, 2025 9:13 am 
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L'approvisionnement du Marché Parmentier (suite)

Les détaillants s'approvisionnent sur place

Nous avons demandé à nos interlocuteurs ce qu'il fallait penser des bruits qui courent sur un trafic qui se ferait "sur place", la veille des marchés.
- Il n'y a aucun trafic, nous a-t-on affirmé, mais une grosse partie des détaillants s'approvisionnent directement chez nous et c'est autant de légumes qui ne vont pas sur le marché tout en suivant cependant le cours commercial d'avant guerre. La chose est légale, ces détaillants étaient tous munis de la carte professionnelle.

Paris et Vichy consomme plus que la province !

Si les représentants des hortillons ont dit leur mot jusqu'ici, ce sont maintenant les marchands de légumes et de fruits en gros qui vont nous renseigner.
Laissons de côté le Nord, nous ont-ils dit. Savez-vous qu'en ce qui concerne l(Ouest, le Sud-Est et le Midi, le Gouvernement a exigé que 50 % de la production soit dirigée sur Paris et 10 % sur Vichy.
Il reste donc 40 % pour les autres régions sous réserve d'une priorité accordée aux départements limitrophes des centres producteurs, départements qui bénéficient en outre des avantages de la proximité, tant au point de vue de la facilité des transports que du retour des emballages. En effet, il faut que vous sachiez qu'aucune commande n'est maintenant satisfaite sans la fourniture préalable des emballages.
- Et les produits de la Bretagne, avons-nous questionné ?
- La Bretagne nous fournissait des artichauts et des choux-fleurs. Le Picard est un gros consommateur d'artichaut et nous en recevions chaque semaine, 2.000 colis de 36 à à 120 têtes. Ce chiffre est actuellement de 150 colis...

Comprenne qui pourra

Evidemment, ces explications nous ont donné satisfaction et si nous considérons les raisons exposées ci-dessus auxquelles nous ajouterons les difficultés résultant de la question des transports, les anomalies - pour ne pas employer un autre mot, du système de répartition nous comprendrons qu'on ait l'impression que le Marché Parmentier ne pourra pas retrouver de sitôt son aspect habituel, celui qui attirait les artistes peintres et les amateurs de beaux clichés.
Le Marché sur l'Eau disparaît...
Quelque chose pourtant nous intriguait et ce fut l'objet de notre dernière question : il y a en ce moment de beaux et nombreux fruits, des pêches notamment. D'où proviennent-ils ?
La réponse fut ahurissante :
- Nous allons les acheter à Paris et avec nous tous les marchands des autres régions qui n'en produisent pas !
- Mais alors il y en a de trop à Paris, et la capitale, n'a pas besoin des 50 % de la production totale ?
- C'est pourtant ainsi et comme nous achetons ces fruits et même certains légumes à la taxe, il nous faut, ici, pour vendre et rentrer dans nos débours, majorer les prix d'achat de 2 à 3 francs par kilo.
En somme, Paris joue un rôle de commerçant au détriment des consommateurs de la province.
Comprenne qui pourra...


Article paru dans Le Progrès de la Somme n° 22.437, édition du dimanche 17 août et du lundi 18 août 1941



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : dim. juil. 13, 2025 17:04 pm 
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Maraîchers de Camon en 1939


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Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale

DARRAS Denis Auguste Vincent
Mort pour la France le 16 mai 1940 à Beaume (Aisne)
Né le 22 novembre 1906 à Camon (Somme)
militaire au 602e régiment de pionniers (602e RP)
Mention : Mort pour la France
Cause du décès : tué à l'ennemi
Cote : Service historique de la Défense, Caen - AC 21 P 112744

Journal officiel du 21 juin 1944 page 1581
602e régiment de pionniers.
Attribution de la Médaille militaire

DARRAS (Denis-Auguste-Vincent), soldat, classe 1926, matricule 310 au recrutement d'Amiens : soldat d'une activité magnifique et d'un moral parfait. A été tué glorieusement à son poste de combat le 16 mai 1940, à Beaume, au cours d'urne rencontre avec des blindés ennemis. A été cité.

DARRAS * Denis, maraîcher né à Camon le 22 novembre 1906, il réside, en 1939, rue Emile Debrie à Camon

Sources : Liste électorale de Camon en 1939 - cote 3M539 - Archives de la Somme

* Plusieurs membres ou non de cette famille DARRAS, demeurant à Camon, exercent la profession de maraîcher.


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En 1939, d'autres familles font partie de la corporation des maraîchers :

ANGOT Maurice né en 1897 à Camon, et qui demeure rue Emile Debrie à Camon ;
ARNOLD Robert, né à Amiens en 1900, rue Petit à Camon ;
BAUDRY Georges, né en 1894 à Amiens, rue Barbusse ;
BAUDUIN Simon, né en 1885 à Hailles, rue Mauduit ;
CATELAIN Modeste, né en 1874 à Camon, rue Mauduit ;
CORNET Camille, né en 1893 à Amiens, rue Debrie ;
CORNET Jean né en 1918 à Camon, (soldat), rue Debrie ;
DAMENEZ Arthur, né en 1875 à Camon, rue Debrie ;
DAMENEZ Emile, né en 1878 à Camon, rue Debrie ;
DARRAS Charles, né en 1879 à CCamon, rue Debrie :
DARRAS Denis, né en 1906 à Camon, rue Debrie ;
DARRAS Marie, né en 1869 à Camon, rue (de) ou à Rivery ;
DARRAS Maurice, né en 1909 à Camon, rue (de) ou à Rivery ;
DEVAUCHELLE Georges, né en 1880 à Camon, rue Debrie ;
DEVAUCHELLE Isidore, né en 1861 à Camon, rue (de) ou à Rivery ;
DEVAUX Chrisostome, né en 1870 à Hamelet, rue Debrie ;
DHEILLY Marius, né en 1907 à Puchevillers, rue Lefebvre ;
DRANSART Adolphe, né en 1885 à Villers-Bretonneux, rue (de) ou à Rivery ;
DUFOUR Victor, né en 1900 à Camon, rue Debrie ;
DUFRÉNOY Sylvain, né en 1877 à Riencourt, rue Barbusse ;
DUQUENNES Etienne, né en 1912 à Assevillers, rue Rivery (soldat) ;
GIGNON Joseph, né en 1882 à Miannay, Pt Longueau ;
GRARE Arthur, né en 1862 à Camon, rue Petit ;
GRARE Robert, né en 1914 à Camon, rue Debrie ;
GRARE Roland, né en 1899 à Camon, rue Debrie ;
HÉRICOTTE Onésiphore, né en 1900 à Amiens, rue Petit ;
HEUDANT Fernand, né en 1874 à Saigneville, rue Debrie ;
HUGUES Albert, né en 1880 à Camon, rue Barbusse ;
HUYGEN Charles, né en 1894 à Templeux, rue Mauduit ;
LENFLE Benjamin, né en 1880 à Beauval, rue (de) ou à Rivery ;
LOTTIN Max, né en 1904 à Amiens, rue Debrie ;
MICHEL Marcel, né en 1899 à La Neuville (quartier d'Amiens ?), rue Petit
OGER Raymond, né en 1884 à Camon, rue Debrie ;
PLESSIER Raymond, né en 1885 à Wavignies, rue Gabrielle ;
RAMBOUR Liébert, né en 1874 à Corbie, rue Gabrielle ;
ROBILLARD Georges, né en 1884 à Lamotte, rue Debrie ;
ROBILLARD Marcel, né en 1910 à Camon, rue Debrie ;
SIMONIN Emile, né en 1889 à Le Vignoble (?), rue Petit ;
WARMÉ Séverin, né en 1865 à Assainvillers, rue Debrie.

Sources : Liste électorale de Camon en 1939 - cote 3M539 - Archives de la Somme


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ae80 a écrit :
DANS LES HORTILLONNAGES

L'approvisionnement du Marché Parmentier

UNE MAUVAISE ANNÉE

...
Notons encore qu'une vingtaine de maraîchers sont prisonniers, ...




Parmi eux, un seul prisonnier de guerre a pu être ciblé, mais sur une courte période :

DUFOUR (Victor), né le 11 décembre 1900 à Camon, 2e classe, 22e D.I., Frontstalag 100
Liste officielle n° 69 des prisonniers français du 29 janvier 1941

Affecté le 5 avril 1940 au 1er Escadron de Passage de cavalerie métropolitaine ; Passé le 10 avril 1940 au dépôt d'infanterie n° 22.
Démobilisé par le C.D. du canton de Boves (Somme) le 9 décembre 1940

Sources : Dufour, Victor Louis, né le 11 décembre 1900 à Camon (Somme), classe 1920, matricule n° 551, Bureau de recrutement d'Amiens 1R1168 Archives de la Somme


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ANGOT Maurice
Ce maraicher fut réformé définitivement par le CD d'Amiens à la date du 15 avril 1940

Angot, Maurice Charles Arthur, né le 14 septembre 1897 à Camon (Somme), classe 1917, matricule n° 820, Bureau de recrutement d'Amiens 1R1123 Archives de la Somme


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GRARE Roland
Ce maraîcher de Camon fut affecté au dépôt d'artillerie de D.A.T. n° 402 de Laon, il arrive au corps le 25 août 1939. Il est nommé brigadier à compter du 1er janvier 1940.

On ne sait ce qu'il advint de lui en mai-juin 1940

Grare, Roland Georges Arthur, né le 13 septembre 1899 à Camon (Somme), classe 1919, matricule n° 923, Bureau de recrutement d'Amiens1R1155Archives de la Somme


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BAUDRY Georges
Cet hortillon de Camon, de la classe 1914, fut rappelé à l'activité et affecté le 25 août 1839 au 28e Régt de Garde (5e Cie). Il fut renvoyé dans ses foyers le 30 janvier 1940.
Baudry, Georges, né le 21 mars 1894 à Amiens (Somme), classe 1914, matricule n° 740, Bureau de recrutement d'Amiens 1R1079 Archives de la Somme


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HUYGEN Charles, né en 1894 à Templeux, rue Mauduit ;
D'abord terrassier il devint par la suite maraîcher. Né à Templeux-le-Guérard, canton de Roisel, dans l'arrondissement de Péronne, le 2 juillet 1894.
Rappelé à l'activité et affecté au 26e R.T. (15e Cie) le 9 septembre 1939, il est renvoyé dans ses foyers dès le 29 septembre 1939, sans affectation.


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HÉRICOTTE Onésiphore, né en 1900 à Amiens, rue Petit ;

maraîcher à CAMON
Rappelé à l'activité le 9 septembre 1939 et affecté au 26e R.T. (20e Cie) - Dirigé sur le dépôt d'infanterie n° 22 à Amiens, le 25 février 1940. Démobilisé par le C.D. du canton de Boves le 14 décembre 1940.

Héricotte, Onésphore Calixte Isaïe, né le 3 mai 1900 à Amiens (Somme), classe 1920, matricule n° 454, Bureau de recrutement d'Amiens 1R1167 Archives de la Somme




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : lun. juil. 14, 2025 11:05 am 
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RIVERY


Rivery, la commune voisine, bien que bordant tout le Nord des hortillonnages, est pourtant moins tournée vers ce milieu de marais, composé d'un réseau de canaux. Il n'en demeure pas moins que les jardins flottants dédiés à la culture des légumes la rendent tributaire de cet environnement spécifique.


Maraîchers de Rivery en 1939


ARNOLD Robert, né en 1900 à Amiens, il demeure (sur le chemin de) Halage à Rivery
FÉROND Arthur, né en 1854 à Amiens, chemin du Malaquis à Rivery
LAQUAY Léon *, né 18 octobre 1916 à Rivery, il demeure au 4, rue Labarre à Rivery
LENFLE Arthur**, maraîcher, né à Beauquesne le 29 septembre 1874, il demeure au 160, rue Labarre
LENFLE René ***, maraîcher, né à Corbie, le 27 juin 1913, rue Labarre
PETIT Léon, maraîcher, né en 1870 à Sinencourt, il demeure au 4, rue Labarre à Rivery
SINET Fernand, né en 1877 à Amiens, demeure impasse Marcel à Rivery
à cette liste il faut ajouter 3 marchands de légumes.

Liste électorale de Rivery en 1939 - cote 3M539 - Archives de la Somme



** Le garde du syndicat des hortillons se trouve être, M. LENFLE Arthur, maraîcher à Rivery.


Prisonniers de guerre


* LAQUAY (Léon), né le 18 octobre 1916 à Rivery (Somme), 1ère classe au 51e R.I.
Liste officielle n° 15 des prisonniers français du 12 septembre 1940

* LAQUAY (Léon), né le 18 octobre 1916 à Rivery (Somme), 1ère classe au 51e R.I. , Frontstalag 204
Liste officielle n° 54 des prisonniers français du 18 décembre 1940


*** LENFLE (René), né le 27 juin 1913 à Corbie, 2e classe au 219e R.A., stalag II B
Liste officielle n° 78 des prisonniers de guerre du 28 février 1941

LENFLE René Emile Louis
Date de naissance : 27/06/1913
Lieu de naissance : Corbie - (Somme)
Date de décès : 28/12/1987 (74 ans)
Lieu de décès : Amiens (Somme)





Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : lun. juil. 14, 2025 14:07 pm 
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Taxe sur les embarcations

1939

MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE

Relèvement des taxes sur les embarcations empruntant les canaux d'hortillonnages de la Somme.

Le Président de la République française, Sur le rapport du ministre de l'agriculture, Vu le décret du 27 janvier 1902 réglementant le curage, l'entretien et le faucardement des canaux d'hortillonnages dans les communes de Longueau, Camon, Rivery et Amiens (département de la Somme) ; Vu le décret du 14 août 1903, notamment l'article 2, fixant les taxes auxquelles sont assujetties les embarcations ayant leur point d'attache sur lesdits canaux ; Vu le décret du 15 mars 1921 modifiant lesdites taxes ; Vu, en date du 22 janvier 1939, la délibération de la commission exécutive proposant le relèvement desdites taxes ; Vu les pièces de l'enquête ; Vu le rapport des ingénieurs du service hydraulique en date des 18, 19 et 24 juillet 1939 ; Vu l'avis du préfet de la Somme en date du 26 juillet 1939 ; Vu les lois des 16 septembre 1807, 21 juin 1865, 22 décembre 1888 et 8 avril 1898 ; Vu le règlement d'administration publique du 1er août 1905 ; La section des travaux publics, de l'agriculture, du commerce, de l'industrie, des postes, télégraphes et téléphones et de la marine marchande du conseil d'Etat entendue, Décrète:

Art. 1er. — Les dispositions de l'article 2 du décret du 14 août 1905 sur les taxes imposées aux usagers des canaux d'hortillonnages énoncés dans l'article 1er du décret réglementaire du 27 janvier 1902 sont modifiées comme il suit :

Taxe sur les embarcations :

La taxe sur les bateaux d'agrément circulant sur les canaux d'hortillons ne dépassera pas 10 fr.

Celle sur les bateaux d'hortillons ne dépassera pas 6 fr.


Art. 2. — Le décret du 15 mars 1921 est abrogé.

Art. 3. — Le ministre de l'agriculture est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel d la République française.

Fait à Paris, le 17 octobre 1939.

ALBERT LEBRUN.

Par le Président de la République : Le ministre de l'agriculture, HENRI QUEUILLE.

Sources : Journal officiel du 6 novembre 1939 page 12910


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1943


CANAUX D'HORTILLONNAGES

________________________

TAXE SUR LES EMBARCATIONS

Aux termes d'un arrêté du Préfet de la Somme, une enquête de quinze jours sera ouverte le jeudi 8 avril sur le projet de décret destiné à fixer ainsi les maxima des taxes sur les embarcations :
Taxe sur les bateaux d'agrément circulant sur les canaux d'hortillons : 20 francs ; taxe sur les bateaux d'hortillons : 12 francs.
Le projet de décret restera déposé du jeudi 8 avril au jeudi 22 avril, inclusivement, aux mairies des communes de Longueau, Camon, Rivery et Amiens, où les intéressés pourront en prendre connassance.
Un registre destiné à recevoir les observations des intéressés sera ouvert au secrétariats de ces mairies, pendant le même délai.
A l'expiration de ce délai, MM. les Maires arrêteront les registres et les transmettront à la Préfecture (4e Bureau) avec leur avis motivés.

Le Progrès de la Somme, numéro 22933, 1er avril 1943 259PER305 Archives de la Somme


=======================================================


Décret n° 2303 du 21 août 1943 portant relèvement des taxes sur les embarcations empruntant les canaux d'hortillonnages de la Somme.

Le chef du Gouvernement,
Sur le rapport du ministre secrétaire d'Etat à l'agriculture et au ravitaillement,

Vu l'acte constitutionnel n° 12 ;

Vu le décret du 27 janvier 1902 réglementant le curage, l'entretien et le faucardement des canaux d'hortiltonnagcs dans les communes de Longueau, Camon, Rivery et Amiens (département de la Somme) ;

Vu le décret du 14 août 1943 notamment l'article 2 fixant les taxes à imposer aux embarcations circulant sur lesdits canaux;

Vu le décret du 17 octobre 1939 modifiant les taxes précédentes ;

Vu, en date du 17 août 1941, la délibéra'ion de la commission exécutive proposant un nouveau relèvement desdites taxes ;

Vu la décision du ministre secrétaire d'Etat à l'agriculture et au ravitaillement en date du 17 février 1943 autorisant la mise à J'enquête;

Vu les pièces de l'enquête;

Vu les rapports des ingénieurs du service hydraulique en date des 9, 10 et 14 novembre 1942 et 14 et 20 mai 1943 ;

Vu l'avis du préfet de la Somme en date du 22 mai 1943 ;

Vu les lois des 16 septembre 1807, 21 juin 9865, 22 décembre 1888 et 8 avril 1898 ;

Vu le règlement d'administration publique du 1er août 1905 ;

Le conseil d'Etat (section de l'agriculture et du ravltaillement, de la production industrielle et du travail, des communications) entendu,

Décrète :

Art. 1er. — Les dispositions de l'article 2 du décret du 14 août 1903, sur les taxes imposées aux usagers des canaux d'hortillonnages énoncés dans l'article 1er du décret réglementaire du 27 janvier 1902 sont modifiés comme il suit :

Taxes sur les embarcations :

La taxe sur les bateaux d'agrément circulant sur les canaux d'hortillons ne dépassera pas 20 fr.

Celle sur les bateaux d'hortillons ne dépassera pas 12 fr.


Art. 2. — Le décret du 17 octobre 1939 sus-visé est abrogé.

Art. 3. — Le ministre secrétaire d'Etat à l'agriculture et au ravitaillement est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel.

Fait à Vichy, le 21 août 1943.

PIERRE LAVAL.

Sources : Journal officiel du 29 août 1943 pages 2273 et 2274


=======================================================


Nul doute que cette mesure qui acte un doublement de la taxe sur les embarcations entre 1939 et 1943 a dû être très mal accueillie par les professionnels vivant du maraîchage.



Cordialement
Eric Abadie


Edition du Progrès de la Somme du 31 août 1943


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MessagePublié : lun. juil. 14, 2025 15:10 pm 
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On tourne un film sur les hortillonnages ...

On sait que les hortillonnages qui couvrent 300 hectares sur les communes d'Amiens, Rivery, Camon et Longueau sont justement célèbres.
Le tourisme y trouve un élément de curiosité certain, les artistes y découvrent des sites pittoresques et la culture maraîchère s'y exerce de manière intensive.
Qu'un cinéaste ait été séduit par l'harmonie du décor et par l'activité qui s'y manifeste voilà qui ne nous étonne guère. C'est pourquoi M. François Mazeline *, de Radio-Paris termine actuellement avec le concours de l'opérateur Ruth, pour le compte de la société ses films Fumière, un documentaire retraçant la vie de l'hortillon. Les premières prises de vues de ce film qui s'intitulera "Venise maraîchère"n ont été réalisées au cours de l'hiver dernier.
Le cinéaste, amoureux des contrastes ainsi qu'il sied à un véritable chasseur d'images, a fait noter, cette fois les aspects de nos jardins flottants dans toute la slendeur printanière.
On peut espérer voir, dans quelques mois, sur les écrans des cinémas d'Amiens, ce film décrivant la vie laborieuse et saine de nos maraîchers ainsi que la lente allée-et-venue de leurs bateaux dans les "rieux" où se mire le ciel.

Sources : Le Progrès de la Somme, numéro 22983, 29 mai 1943 - cote 259PER306 - Archives de la Somme


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L'un de vous sait-il s'il existe des traces de ce documentaire ? S'inscrit-il dans l'idéologie officielle prônée par Pétain dans sa "Révolution nationale" où le régionalime est stigmatisé avec un « retour à la terre » encouragé ? Il y a fort à penser qu'il en soit le cas au vu du profil de son concepteur.


* François Mazeline, journaliste et reporter à Radio-Paris. Co-auteur du scénario et du commentaire des Corrupteurs, Mazeline signera plusieurs pamphlets pro-nazis. Le film projeté par lui sur les hortillonnages est-il un film de propagande  sur le travail de la terre tel qu'il est vanté par le régime de Vichy ?

Voir : Les Corrupteurs, ou le cinéma français à l'heure nazie
https://shs.cairn.info/revue-revue-d-hi ... 03?lang=fr



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : jeu. juil. 17, 2025 11:59 am 
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juin 1944


Marché de la place Parmentier

En exécution des dispositions de l'article 11 de l'arrêté municipal du 10 avril 1888, modifié par l'arrêté du 6 décembre 1898, le maire informe ses administrés qu'à partir du jeudi 15 juin courant, les heures d'ouverture du marché de la place Parmentier sont fixées jusqu'à nouvel ordre : de 7 à 8 heures pour la vente en gros ; de 8 h. à 10 h. 30 pour la vente au détail.

Le Progrès de la Somme, numéro 23301, jeudi 15 juin 1944 - 16238 259PER308 - Archives de la Somme


======================================================


L'approvisionnement du marché sur l'eau

Nous avons exposé, il y a quelques temps, la difficile situation des hortillons dont les exploitations sont continuellement revagées par les bombardements aériens et envisagé les conséquences graves qui pouvait en résulter pour l'approvisionnement de la ville.
Une période d'accalmie relative incite les maraîchers à ne pas abandonner leurs terres et des démarches furent entreprises auprès des autorités par leur représentant, M. DAMENEZ, délégué départemental aux fruits et légumes, afin qu'ils soient autorisés à regagner leurs demeures, qu'un ordre d'évacuation les avait contraints d'abandonner. Et tous, ou presque, se remirent au travail.
Hélas, les torpilles, à nouveau, ont apporté la dévastation partout et une fois encore les hortillons, dont l'effort désespéré, mérite d'être signalé, se demandent si, cette fois, l'abandon ne va pas être définitif.
Pourtant il est réjouissant de voir depuis plusieurs semaines, le mardi et le jeudi notamment, une vingtaine de longues barques venir s'amarrer au quai, chargées de bottes de carottes, navets, oignons, de choux, de salades. A cet appoint s'ajoutent les produits apportés par les maraîchers de l'île Sainte-Aragone, du Petit-Jean, de Renancourt, de la Madeleine.
Cet approvisionnement - celui des hortillonnages - va-t-il faire défaut.
M. DAMENEZ, à qui nous avons posé la question mardi matin, nous a dit ne pouvoir rien promettre à ce sujet.
Pour l'instant on écoule les légumes de la première récolte. Quant à la deuxième...
- Tenez, a-t-il ajouté, cette hortillonne vient de me le dire :" J'ai encore une belle surface de disponible et prête pour la culture, mais j'y renonce, j'ai peur."

Le Progrès de la Somme, numéro 23307, jeudi 22 juin 1944 - cote 259PER308 - Archives de la Somme



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : ven. avr. 24, 2026 19:19 pm 
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Un couple d'hortillons dans la première moitié du 20e siècle


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : lun. mai 25, 2026 10:14 am 
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Début août 1944


PRIX DES LÉGUMES

Le préfet régional a fixé ainsi qu'il suit les prix des légumes suivants pour le mois d'août 1944.
Le premier prix étant celui de gros ; le deuxième celui de détail.

Carottes rouges de saison équeutées : 388 francs le quintal ; 4 francs 90 le kilo.

Choux verts toutes variétés : 276 francs ; 3 francs 50

Poireaux de saison épluchés : 676 francs ; 8 francs 30

Radis : 456 francs ; 5 francs 70, soit 1 franc 90 la botte.


Le Progrès de la Somme, édition du mercredi 2 août 1944


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 Sujet du message : Re: DANS LES HORTILLONNAGES
MessagePublié : ven. juin 05, 2026 8:59 am 
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Le marché sur l'eau

avant-guerre

Où sont-elles les grandes barques chargées de pyramides de beaux légumes qui, quelques heures avant l'ouverture du marché, accostaient au pied de la place Parmentier, trois fois par semaine. L'opération se faisait de nuit et ne manquait pas de pittoresque.
Il y avait toujours là des dizaines de barques, chacun des hortillons en possédait plusieurs. Toute une activité se révélait ainsi soudainement sous les arbres de la place, durant le transbordement des légumes et fruits. Pas de paroles inutiles, pas de gestes inopportuns : la pyramide de choux ou de bottes de carottes, les cageots, changeaient de place dans un silence que troublaient seuls les propos nécessaires des maraîchers à commis.
Le spectacle était vraiment curieux à contempler au clair de lune et sous la lumière crue des lampadaires.
Le travail terminé et les monceaux de légumes protégés par des bâches, si le mauvais temps sévissait, les maraîchers et leurs employés allaient se restaurer dans les cafés proches - l'hiver ces quelques instants de repos étaient particulièrement appréciés - puis une partie de la "flottille" reprenait le chemin des hortillonnages, le patron et la patronne restant sur place pour attendre l'ouverture du marché, tandis que les agents de police de service assuraient une garde vigilante.


1940

Dès les premiers jours du mois de juillet, on pouvait déjà voir un timide essai de "marché sur l'eau". Deux ou trois hortillons avaient retrouvé une partie de leur matériel et s'étaient remis au travail : trois grandes barques revinrent s'amarrer au quai.
Certes, le ravitaillement était maigre. Les jardins avaient grand besoin d'être remis en état et en fait de légumes, on ne trouvait en ce moment que des carottes et des pommes de terre nouvelles, puis vinrent les haricots verts, les salades, les oignons blancs, les choux.
Des gens de la campagne, de leur côté, prirent l'habitude de venir, eux aussi, offrir les produits de leurs jardins et cet appoint fut apprécié.

Les grandes barques ne sont plus. Leur nombre, 130 pour 50 hortillons, est actuellement réduit à moins d'une dizaine. Le reste a disparu ou a été coulé. Des recherches sont actuellement en cours pour en récupérer un certain nombre.
Des équipes de prisonniers français, d'autre part, ont entrepris le faucardement de la partie de la Somme comprise entre le pont du Cange et le pont de la Dodane. Les herbes sont, en effet, très hautes en cet endroit, surtout le long du quai et gênent la circulation des barques.
Aujourd'hui, le marché Parmentier, s'il n'est encore abondamment approvisionné, offre tout au moins aux ménagères un choix varié de légumes et de fruits, et jeudi nous y avons vu des cageots de tomates, des melons, des prunes de plusieurs variétés, des pêches, du raisin, des concombres. Ne parlons que pour mémoire, des carottes, des pommes de terre, des choux...
Quant aux cours, ils sont variables.
En dehors des légumes et fruits fournis par les hortillons et la campagne, il y a ceux qui proviennent des Halles de Paris. Nous avons demandé à un marchand en gros si les arrivages se faisaient dans de bonnes conditions : Oui, nous a-t-il répondu. Les marchandises mises à la gare de Paris à 4 heures de l'après-midi arrivent à la gare d'Amiens à 6 heures du matin.
A côté des hortillons et des revendeurs s'installent maintenant vers la place du Don, des marchands de bonneterie et de lingerie, comme il s'en trouvait autrefois au marché de l’Hôtel de Ville. Ainsi, les ménagères dont les heures de chaque jour sont consacrées à de multiples déplacements en divers endroits de la ville, peuvent-elles trouver là de quoi préparer les repas, en même temps que bien des choses utiles au foyer, parce que de première nécessité.

Le marché sur l'eau est ouvert le mardi, le jeudi et le samedi.


Sources : Le Progrès de la Somme N° 22.163, édition du vendredi 16 au dimanche 18 août 1940



Cordialement
Eric Abadie


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