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287e RALD
La 87e division dont faisait partie le 287e régiment d'artillerie vient d'être dissoute.
Au moment où les éléments de ce régiment méridional vont regagner leurs foyers, il convient de rappeler l'action de cette unité au cours de la campagne qui vient de s'achever.
Le 287e d'artillerie a été formé à Toulouse dès le premier jour de la mobilisation avec des cadres et des hommes de la Haute-Garonne et des départements voisins. Rattaché en novembre à la 87e division, il participe avec elle aux opérations sur la Sarre et la Blies devant Sarreguemines.
Le 16 mai 1940, le régiment, qui venait d'être envoyé au repos, est embarqué et dirigé sur la région de Compiègne pour enrayer l'avance allemande. Les unités débarquent sous de violents bombardements aériens et, malgré de lourdes pertes, sont jetées immédiatement dans la bataille sur la ligne de l'Ailette, entre Chauny et Soissons. La division, prenant l'offensive, passe le 21 au nord de la rivière où elle enraye l'avance des avant-gardes ennemies. A cette date, le cinquième groupe occupe des positions dans la région de Salers ??? (sic) * où il appuie par ses feux un régiment d'élite, le 9e zouaves. Le sixième groupe est établi dans la région de Bagneux-Vézaponin, soutenant l'action du 17e régiment de tirailleurs algériens. Le 5 juin, à l'aube, l'attaque ennernie se déclenche avec d'énormes moyens. La division tient un front de quatorze kilomètres et reçoit le choc de trois divisions ennemies. Malgré la poussée d'un ennemi largement supérieur en nombre et appuyé par une puissante aviation et des engins blindés, la division résiste. Le régiment tire ce jour-là plus de cent quarante tonnes de projectiles. Il cause à l'ennemi des pertes si sensibles que cehu-ci est obligé d'engager de nouveaux moyens. Les centres de résistance. les batteries, les postes de commandement sont progressivement encerclés. Quelques points appui succombent après mise hors de combat de la majorité des cadres et de la troupe ou anéantissement de l'armement. Mais la plupart tiennent encore après deux jours malgré les pertes éprouvées et les infiltrations ennemies qui menacent leurs arrières. Porté à Pierrefonds et à Reteuil derrière l'Aisne, le régiment est appelé à protéger le flanc droit de la 11e division, la division de fer. Il cause encore à l'ennemi, pendant deux jours, des pertes sensibles mais en raison de situation d'ensemble, le commandement lui impose de se lier au mouvement général de retraite tout en continuant de couvrir à l'ouest la VIIe armée.
A Crépy-en-Valols, l'unique route derepli assignée à la division est déjà coupée. L'action résolue de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie permet de refouler, puis decontenir l'ennemi jusqu'au passage des derniers éléments. Au prix d'efforts surhumains demandés aux hommes qui combattent ou marchent jour et nuit sous le feu de l'ennemi, sans que jamais faiblissent l'ordre et la discipline, le régiment exécute les mouvements ordonnés par le commandement. La division parvient à retarder l'ennemi sur la Seine à Fontainebleau le 14 et le 15 juin. On espère continuer à faire tête et repasser à l'offensive: mais il n'est encore une fois question que de repli par routes encombrées et où s'infiltrent souvent les éléments adverses. Le 17 juin, le régiment passe la Loire aux prix de lourdes pertes ; il arrive sur le Cher, puis c'est l'Indre et enfin les rives de la Vienne. C'est là qu'il apprend la fin des hostilités, alors qu'il a encore toute sa combativité.
Au cours de la prise d'armes qui a eu lieu pour la remise des décorations, le général Henri MARTIN, placé à la tête de la division depuis le 21 mai, et dont tous ont pu apprécier au cours de ces durs combats les qualités éminentes d'un chef, a chaudement félicité le 287e pour sa conduite, sa discipline et sa bonne tenue au feu. Il a voulu rendre public, au cours de son allocution, le plus bel hommage qui puisse être fait à des combattants, celui de ses adversaires. Le colonel allemand commandant le 165e régiment d'infanterie a fait savoir en effet son admiration pour notre régiment. D'après son propre témoignage le 287e d'artillerie, par la précision et l'efficacité de ses tirs en avant et en arrière de l'Ailette, a causé aux troupes allemandes des pertes effroyables qui ont retardé leur progression d'une journée et les ont rrnses à diverses reprises en situation critique. Nos départements peuvent être fiers de leurs enfants. Parmi les braves. ceux du 287e furent des plus vaillants. De très nombreuses Croix de guerre sont venues récompenser les combattants du régiment pour leur admirable conduite au feu.
Sources : La Dépêche : journal quotidien, édition du 21 juillet 1940
* Il s'agit probablement du village de Selens au sud-ouest de Trosly-Loire
Cordialement Eric Abadie
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