Le GC I/1 faisait partie de la DAT (Défense aérienne du territoire), était chargé de la défense de Paris et dépendait du Groupement de chasse n°21 dirigé par le général Armand Pinsard et de la ZAON puis, à partir du 12 mai 40 du Groupement de chasse n°23 dirigé par le général Romatet (eux-même placés sous les ordres du général d'Astier de la Vigerie, chef de la ZAON et futur compagnon de la Libération).
Ils se composait de 2 escadrilles: les SPA n°31 (les archers) et SPA n°48 (le coq chantant), dont les devises étaient respectivement: "Droit au but" et "Chante et combat".
Ses Dewoitine D.510 à train d'atterrissage fixe et cockpit ouvert furent hâtivement remplacés début 1940, par le Bloch MB 152 chasseur de seconde ligne, quasiment à l'état de prototypes et qui dû être mis au point, par ce groupe de chasse. Avec un tel matériel le GC I/1 ne pouvait qu'être utilisé à des fins défensives, doctrine d'ailleurs bien dans l'air du temps en France, à cette époque et qui plaçait les groupes de la DAT au seconde plan, par rapport à ceux plus proches de nos frontières, dotés eux en 1940, de chasseurs plus performants: Curtiss H75(P36) ou Dewoitine D 520 et Morane MS-406.
Le prototype MB-150 s'avéra impossible à produire en série et du faire l'objet de versions dérivées, constructibles en série par la SNCASO: MB-151, puis MB-152. Doté une vitesse maximale inférieure au Me 109, le Bloch MB 152, était un appareil de transition, en attendant l'arrivée des Dewoitine D.520(1).
Mais il a pu tirer honorablement tirer son épingle du jeu(2), du fait certaines de ses qualités, telles que:
- une manoeuvrabilité supérieure au Me 109;
- sa stabilité en tant que plate-forme de tir;
- sa robustesse à encaisser les coups de l'adversaire;
- l'adresse et l'entrainement du personnel chargé de sa mise en oeuvre.
Dommage que:
- doté d'une autonomie de vol insuffisante;
- ayant une vitesse en piqué insuffisante (avec le capot large d'origine de 1m);
- doté d'une radio de bord inefficace;
- bien que doté de nombreuses armes de bord, celles-ci s'enrayaient rapidement, notamment les canons en altitude du fait du gel;
- que les alertes (par guet uniquement) se soient rapidement avérées inefficaces, car saturées par les offensives allemandes ou trop lentes à parvenir aux groupes aériens.
Au niveau de la doctrine d'emploi des forces aériennes:
il semble également que le "saupoudrage" d'appareils pratiqué par l'état-major français se soit révélé moins efficace que la stratégie de la Luftwaffe qui privilégiait des formations massives d'appareils aux missions complémentaires (Me Bf-109 et Bf-110 pour la chasse, Junker Ju-87 Stucka pour les attaques en piqué, Junker Ju-88, Heinkel He-111 et Dornier Do-17 pour les bombardements à l'horizontale, Henschel Hs-126 et Fieseler Storch pour l'observation des mouvements de troupe et Junker Ju-52 pour le transport et les largages de parachustistes (notamment sur le fameux fort belge d’ Eben-Emael jugé inexpugnable et pivot des armées franco-britanniques montées en Belgique.
La guéguerre que se jouaient l'armée de terre et la jeune armée de l'air, pour l'exclusivité de l'emploi des aéronefs, n'a évidemment rien arrangé.
Si le positionnement du GC I/1 au nord de Paris s'est avéré un succès au plan du camouflage procuré par le couvert naturel de Chantilly, il s'est avéré une erreur, du fait que les pilotes français étaient souvent "coiffés" par la Luftwaffe (en position d'infériorité d'altitude) du fait d'une alerte par guet, obsolète conjuguée à une vitesse des bombardiers allemands au moins équivalente, si ce n'est supérieure, à celle de nos chasseurs.
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(1) le GC I/1 percevra ses D 520 en juin 1942
(2) 25 victoires pour 16 pertes (
http://pagesperso-orange.fr/frenchaces/m+gc.html)