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 Sujet du message : Les justes de l’Oise
MessagePublié : dim. déc. 29, 2024 11:47 am 
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« Sauver des Juifs était une chose naturelle pour elle » : la fille d’une Juste de retour dans l’Oise
Françoise Chevalier s’est rendue à une exposition à Ver-sur-Launette rendant hommage à sa famille. Durant la guerre, Marthe Jungfleisch et sa fille Madeleine, agricultrices, ont hébergé des réfugiés juifs dans leur ferme.

En ce fin de mois de décembre, Françoise Chevalier, 77 ans, était de retour dans son village natal de Ver-sur-Launette, dans le sud de l’Oise. À l’invitation de la municipalité, elle a visité l’exposition consacrée à sa mère, Madeleine Grenèche Jungfleisch et à sa grand-mère, Marthe Jungfleish. Ces deux femmes, agricultrices, font partie des vingt-huit Justes de l’Oise. Des hommes et des femmes qui, au péril de leur vie, ont aidé des juifs persécutés par l’occupant nazi.

Marthe et Madeleine faisaient partie du réseau de l’abbé Jean Terruwe, un prêtre affecté à la paroisse de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne). Ce dernier était chargé de trouver des logements ou des familles d’accueil pour les rescapés des rafles de 1942. La mère et la fille, âgée de 18 ans, ont hébergé une petite fille juive, Eva Klimberg, 9 ans, ainsi qu’une douzaine d’autres jeunes, dont certains étaient des réfractaires au service du travail obligatoire (STO) et six autres juifs jusqu’à la fin de la guerre. «Pour la récolte des légumes, il y avait besoin de beaucoup de main-d’œuvre. À l’époque, la ferme tournait avec des saisonniers de passage. Ils se sont fondus dans la masse, raconte Françoise Chevalier. Les villageois voyaient bien ce qu’il se passait, mais personne ne disait rien. Chacun avait aussi besoin de la ferme pour se nourrir. Il n’y a eu aucune volonté de nuire de leur part, c’est un bel exemple de solidarité».
Un sujet resté longtemps tabou dans la famille

Françoise n’a longtemps rien su sur le passé héroïque de sa famille. «Les enfants n’avaient déjà pas le droit à la parole en présence d’adultes, alors vous imaginez bien, leur poser des questions, c’était inimaginable…» Il a fallu attendre le début des années 1990-2000, lorsque Simone Veil et le président de la République Jacques Chirac font entrer les Justes de France au Panthéon, pour que la parole se libère peu à peu. «Ma grand-mère était un peu rebelle, tonique et n’avait pas peur du qu’en dira-t-on. Elles ont caché des juifs pendant la guerre, pour elles, c’était une chose naturelle que de pouvoir les aider.» Tous les protégés de la ferme ont survécu. En 1996, Yad Vashem, Institut international pour la mémoire de la Shoah, décerne à Madeleine et à Marthe, la médaille des Justes. «Ma mère était très reconnaissante de recevoir cette distinction et elle en tirait une grande fierté. Cet épisode l’a rapproché encore plus d’Eva.»

Le village a voulu se remémorer ce passé, en accueillant l’exposition itinérante réalisée par la Conférence des évêques de France, Yad Vashem et le diocèse de Beauvais. La commune a complété avec ses propres recherches « C’est important de pouvoir transmettre cette histoire aux plus jeunes et rappeler l’élan de solidarité qui a eu lieu dans le village», témoigne Stéphanie Pois, conseillère municipale.

La ferme existe toujours, même si elle a beaucoup changé. Elle est aujourd’hui située rue des Bons Voisins. Comme un clin d’œil au destin…
L’exposition «Du cri du coeur à la voix des Justes», réalisé par le diocèse de l’Oise, est à découvrir aux ouvertures de la mairie, de 14 à 18 heures, les lundi, mardi et vendredi jusqu’au 5 janvier.


A découvrir dans le Courrier Picard
Article de Fanny Dolle - 28 Décembre 2024


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : dim. déc. 29, 2024 12:00 pm 
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Les justes de l’Oise

Rainvillers
Léon Babin, maire, gendarme à la retraite et sa femme Jeanine ont recueilli deux enfants, Solange et Jean-Louis Dreyfus.


Pontoise-lès-Noyon
Marguerite Camplan, membre de l’organisation clandestine communiste Mouvement national contre le racisme, confie à Mme Leroux qui habite Pontoise-lès-Noyon la garde de trois enfants : Ginette et Adolphe Pomeranc rejoints par Serge Lewkowicz qui ont échappé à la rafle du Vel d’Hiv, à Paris, en juillet 1942.


Cambronne-lès-Clermont
Parents de deux enfants, le couple d’agriculteurs Charles et Raymonde Carpentier recueillent en 1942, deux enfants juifs Rachel et Joséphine Sosiewicz, jusqu’à la fin de la guerre. Seul le maire du village savait qui étaient ces enfants.


Plailly
Concierges de la synagogue Nazareth à Paris, Edmond et Fernande Cheval accueillent une petite fille, Marie-Louise Zylberberg âgée de deux ans, surnommée Malou, après que sa famille fut déportée. Pour plus de sécurité, la famille Cheval se réfugie à Plailly jusqu’à la fin de la guerre.


Villers-Saint-Sépulcre
Ernestine Desplanques est veuve et vit avec sa mère Amélie Mergoux-Defossé. Toutes deux recueillent trois enfants : Danielle Zeldine, en 1940, puis en 1942, Jean et Michel Pleskoff, qu’elles vont considérer et aimer comme leurs enfants.


Villeselve
Louis Greffe, bourrelier et sa femme Marie Greffe née Fagard recueillent Rivka Patalowski et son fils Norbert.


Saint-Jean-aux-Bois
André Hammel dirige une clinique psychiatrique à Saint-Jean-aux-Bois, dont il est également maire. Très lié aux pasteurs André Trocmé et Adouard Theis, qui ont établi un réseau d’aide aux juifs au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), et souvent aidé par sa femme Georgette, il prend comme pensionnaires durant deux ans et demi (de début 1942 à la Libération), dix juifs adultes et une enfant originaire d’Europe de l’Est. Il donne aussi refuge à des parachutistes anglais. Pour assurer la protection de ses «patients», il les camoufle en patients psychiatriques.


Verberie
Dans le cadre de la charge qui lui est confiée par le gouvernement de Vichy de monter des centres pour jeunes, Jean Jousselin, pasteur protestant, vient en aide à de nombreux juifs en leur fournissant de faux papiers. Après avoir été démis de ses fonctions car «trop proche des juifs», il devient directeur de la Maison-Verte à Paris, puis dès 1943 directeur de la colonie de vacances protestante Cappy à Verberie. C’est là qu’il donne asile à des dizaines d’enfants juifs et leur permet de suivre leur scolarité à Verberie. En 1944, il héberge 125 enfants dont 87 juifs.


Montjavoult
Jeanne Lamboux recueille deux fillettes juives, Monique et Micheline Spiegel, pendant un an et demi, entre 1942 et 1944, aidée par le secrétaire de mairie et instituteur, Marcel Dumont.


Cires-lès-Mello
Au soir de la grande rafle du Vel d’Hiv, le 6 juillet 1942, Maurice et Marcelle Parée, qui vivent avec leurs trois enfants à Cires-lès-Mello, reçoivent un coup de téléphone de leur sœur, concierge à Paris, leur demandant de recueillir une petite Colette Lichtenbaum, 7 ans, qui vient d’échapper à la rafle. Ce qu’ils acceptent dès le lendemain, la faisant passer pour leur nièce et la protégeant ainsi pendant un an.


LaBruyère
Alors que 15 patients sont arrêtés par les Allemands dans l’hôpital Paul-Doumer, Edgar Lobgeois, employé au service d’incinération, remarque que l’un d’eux, Henri Sztruzman, parvient à s’échapper. Il le cache chez lui, puis le conduit à la gare pour Paris. Tous les autres sont déportés.


Maignelay-Montigny
Suzanne Merlette Lefebvre cache deux enfants juifs, de 1942 à 1945, Robert, 7 ans, et Janine Gerson, 4 ans, avec l’aide de l’instituteur et secrétaire de mairie. Pour la sécurité des enfants, elle demande à leurs parents s’ils acceptent de les faire baptiser : « Faites tout ce qu’il faut, pourvu que vous sauviez mes enfants. » À la fin de la guerre, les enfants ne retrouveront pas leur mère.


Compiègne

Rachel et Léon Malmed sont les petits voisins de la famille Ribouleau. Après l’arrestation de leurs parents en juillet 1942, ils sont recueillis par Henri et Suzanne, qui vont les considérer comme leurs enfants. Leurs parents ne reviendront pas des camps d’extermination.

Robert et Charlotte Ruffin, propriétaires d’un café-épicerie, accueillent un enfant, Jacques Wenig, alors âgé de 6 ans, qu’ils présentent comme leur filleul, mais considèrent comme leur fils adoptif. Après la guerre, Jacques retrouvera son père qui a survécu à la déportation, sa mère et son jeune frère lui-même caché par une famille dans la Somme.


Cauvigny
Le maire Marcel Salagnad et sa femme Aline Salagnad, accueillent deux enfants, Éliane Nahama, 3 ans, et son cousin Marcel Schreiber du même âge. Ils les aiment comme leurs enfants.


Ces informations sont issues de l’exposition « Du cri du cœur à la voix des justes ».



Article à découvrir dans le Courrier Picard
Article de Fanny Dolle - 28 Décembre 2024



VOIR également
https://www.resistance60.fr/justes-de-l-oisecb6cc8cd


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : lun. déc. 30, 2024 12:14 pm 
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Les justes de l’Oise


Léon BABIN à Rainvillers
VOIR : Dossier n°12855 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/12855/


Marguerite CAMPLAN à Pontoise-lès-Noyon
VOIR : Dossier n°6520 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/6520/


Charles et Raymonde CARPENTIER à Cambronne-lès-Clermont
VOIR : Dossier n°11642 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/11642/



Plailly
Concierges de la synagogue Nazareth à Paris, Edmond et Fernande CHEVAL accueillent une petite fille, Marie-Louise Zylberberg âgée de deux ans
Dossier n°10971 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/10971/
Année de nomination : 2006
Date de cérémonie de reconnaissance : 22 octobre 2007 à la mairie de Château de l'île d'Oléron




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : lun. déc. 30, 2024 14:27 pm 
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Villeselve
Louis Greffe, bourrelier et sa femme Marie Greffe née Fagard recueillent Rivka Patalowski et son enfant, Norbert, agé de 7 ans.

Né le 15 février 1903 à Nilava (Pologne), Mayer Patalowski, ingénieur-chimiste s’est marié avec Rivka Knobler, née en 1905 à Bedzin (Pologne). Ils émigrent en France en 1932 et s’installent d’abord en Normandie, à Caen. Leur fils Norbert naît le 26 janvier 1935 à Bénouville (Calvados).
En septembre 1939, Mayer Patalowski s’engage dans un régiment de volontaires étrangers. Il est démobilisé en septembre 1940.
Son oncle, qui vit en Afrique du Sud, l’attend pour diriger une usine de parfums et Mayer a rassemblé tous les papiers nécessaires pour quitter la France, via Marseille.
Hélas, il est convoqué le 14 mai 1941 au camp de Beaune-la-Rolande. Il s’agit de ce qu’on appellera plus tard la « rafle du billet vert », convocation envoyée à 6 500 Juifs polonais, tchécoslovaques et autrichiens de Paris. Mayer est interné puis sera déporté sans retour vers Auschwitz où il périt le 2 juillet 1942.

Josef PATALOWSKI "Mayer"
Né le 15 janvier 1903 à Mlava (Pologne)
Unité :
dépôt des régiments de marche de volontaires étrangers (DRMVE)
Région militaire : 10e région militaire
Bureau de recrutement : Seine bureau central (75)
Sources : Mémorial de la Shoah - Fonds UEVACJEA

Josef PATALOWSKI
Né(e) le/en 15-02-1903 à Mlava (Pologne)
Légion étrangère
Région militaire
1re région militaire
Bureau de recrutement
Seine bureau central (75)
Matricule au recrutement : 6285
Sources : Mémorial de la Shoah - Fonds UEVACJEA


Journal officiel du 26 juin 1949 page 6305
NATURALISATIONS ET RÉINTÉGRATIONS

Décret du 17 juin 1949 portant naturalisation, réintégration, mention d’enfants mineurs susceptibles de bénéficier de l’effet collectif attaché à l’acquisition par leurs parents de la nationalité française.
Le président du conseil des ministres,
Sur le rapport du ministre de la santé publique et de la population, vu l’ordonnance du 19 octobre 1945 portant code de la nationalité française, ensemble les textes sur l'acquisition de la nalionalité,
Décrète :
Art. 1 er . — Sont naturalisés Français :
...
PATALOWSKI, née KNOBLER, Bedzin ,Pologne), 18-02-08. — 13543 x 48—75.


VOIR : dossier n° 9196A du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/9196A/

&
Louis-Charles et Marie-Edouard GREFFE
https://yadvashem-france.org/articles-e ... rd-greffe/
Louis GREFFE né le 17 décembre 1896 - Bourrelier - décédé le 19 mai 1972
Marie FAGARD épouse GREFFE née le 2 août 1895 - décédée le 15 août 1985
Norbert PATALOWSKI, quant à lui, est accueilli par la famille GREFFE, au sein de laquelle il va pouvoir vivre heureux durant 3 ans. Il peut aller à l’école, pour des raisons de sécurité, il est baptisé et devint même enfant de chœur.
Louis & Marie GREFFE furent victimes de plusieurs dénonciations et par deux fois les gendarmes vinrent enquêter. Heureusement, les relations de Charles Louis GREFFE au sein du village écarteront les dangers.

Au recensement de la population de Villeselve en 1936 - Rue de l'Eglise
Charles GREFFE né à Ham (Somme) en 1896 - profession Bourrelier chez GREFFE Désiré, son voisin.
Marie FAGARD, épouse GREFFE, née en 1895 à Villeselve
GREFFE Jean, né en 1926 à Villeselve, leur fils

Sources : archives départementales de l'Oise - Liste nominative des habitants de la commune de Villeselve

Bourrelier, Louis-Charles GREFFE est fait prisonnier civil au cours de la Grande Guerre. Le jeune homme mesure 1 mètre 70. Il a les cheveux châtain foncé, les yeux gris et le visage ovale.
Rapatrié en 1918, il est jugé bon pour le service armé en janvier 1919. Appelé à l'activité en février de la même année, il sera mis en congé illimité le 31 août suivant et se retire à Villeselve. En 1940, il semble être affecté au C.M. de cavalerie et plus présisément au 24e R.R. où il est nommé 1ère classe par ordre n° 15 du Cdt le 24e R.R. en date du 20 mars 1940 à compter du 1er avril 1940. Le 28 mai 1940, il se trouve à Couches-en-Ouche (Eure). Nul doute que sa captivité entre 1914 et 1918, à peser dans son attitude au cours du second conflit mondial.

Sources : archives départementales de l'Oise - registres matricules - cote RP 1047
GREFFE Charles né en 1896 - Classe 1916 - Bureau de recrutement de Compiègne - n° matricule 1844




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : mar. déc. 31, 2024 14:31 pm 
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Montjavoult

Jeanne LAMBOUX recueille deux fillettes juives, Monique et Micheline Spiegel, pendant un an et demi, entre 1942 et 1944, aidée par le secrétaire de mairie et instituteur, Marcel Dumont.


André et Frida SPIEGEL vivent à Paris avant la guerre. Ils se marient en 1929 et ont deux filles Monique et Micheline.



VOIR : dossier n° 13890 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/justes_de_france/13890/



Quatre-vingts ans après, le village de Montjavoult honore les habitants qui ont sauvé des juifs

JOURNÉE NATIONALE DE LA RÉSISTANCE - Une stèle sera inaugurée ce vendredi 27 mai 2022, à l’occasion de la Journée nationale des actes de résistance et de solidarité, en l’honneur de Jeanne LAMBOUX, décorée de la médaille de Juste à titre posthume. Sans oublier les autres villageois qui ont permis de sauver des vies pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quatre-vingts ans plus tard, le village de Montjavoult, dans le Vexin, peut enfin mettre à l’honneur les habitants qui ont aidé à cacher une vingtaine d’enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Une stèle doit être inaugurée ce vendredi 27 mai, place de l’Église.

Elle permettra de se souvenir de l’action de Jeanne Lamboux, habitante du village, qui a caché Monique et Micheline Spiegel, deux jeunes filles juives, pendant un an et demi entre 1942 et 1944. C’est grâce à ces deux femmes, toujours en vie et âgées de 93 et 85 ans, que la mémoire peut se perpétuer. « Ce sont elles qui ont fait la demande pour que Jeanne Lamboux obtienne la médaille de Juste, en 2019, indique Laura Catry, maire du village depuis 2020. Le fil de l’histoire s’est ensuite révélé à nous, notamment grâce à un habitant, Philippe Champy, qui nous a alertés sur le sujet. »

La belle histoire ne s’arrête pas là, puisque les deux sœurs, qui s’estimaient trop âgées pour faire le déplacement, assisteront en direct à la cérémonie, qui sera retransmise sur le Facebook de la commune, depuis leur ville d’Oneanta, au nord de New York, où elles ont élu domicile après la guerre.

Les deux filles vivaient à Paris avec leurs parents, des maroquiniers originaires de Hongrie. Un ami de leur père, Marcel Maloberti, les a recueillies à sa maison de La Varenne (Maine-et-Loire) pour les cacher. « Mais quelqu’un a indiqué qu’il y avait des juifs en le marquant sur la porte et il leur a fallu partir », racontent Laura Catry et son mari Pascal. Les deux sœurs Spiegel partiront ainsi à Montjavoult, où Marcel Maloberti, maçon, était logé chez Jeanne Lamboux pour un chantier à Gisors.

La sage-femme, décédée en 1954, n’était pas la seule habitante du village à avoir sauvé des enfants juifs. « Nous sommes un village de Justes, estime Pascal Catry. Une quinzaine d’enfants juifs de toute l’Europe ont été accueillis à La Clé des champs, la colonie de vacances du village, qui fut la première crée en France. Une nourrice, Mme Pauty, a également recueilli deux jeunes filles. »

Petit miracle : aucun des enfants n’a été dénoncé ni déporté. « Pourtant, huit soldats allemands étaient basés dans le village pour faire de l’observation, comme nous dominons les alentours, relève Julie Pajot, conseillère municipale. Mais ce n’était pas des officiers SS. » Le maire et l’instituteur du village ont également aidé pour faire de faux papiers aux enfants. « Il y a eu une émulation dans le village, alors que Rommel stationnait à La Roche-Guyon, à une quinzaine de kilomètres », détaille Pascal Catry.

Une histoire que raconteront plusieurs anciens du village dans le film qui sera projeté après la cérémonie. La fin de plusieurs dizaines d’années de silence. « La devise des résistants était d’agir et de se taire », rappelle Pascal Catry. Quatre-vingts ans plus tard, à Montjavoult, il faudra désormais s’en souvenir.

Edition du Courrier Picard du 26 Mai 2022
Article de Benjamin Merieau, journaliste


VOIR également :
Montjavoult , village de justes par Philippe Champy
http://amisduvexinfrancais.fr/wp-conten ... VUE-71.pdf



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : mer. janv. 01, 2025 14:49 pm 
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Villers-Saint-Sépulcre

Ernestine DESPLANQUES est veuve et vit avec sa mère Amélie MERGOUX-DEFOSSÉ. Toutes deux recueillent trois enfants : Danielle Zeldine, en 1940, puis en 1942, Jean et Michel Pleskoff, qu’elles vont considérer et aimer comme leurs enfants.


VOIR : Dossier n°12481 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/12481/

&
Villers-Saint-Sépulcre : la place du village honore ses deux héroïnes de la guerre
https://yadvashem-france.org/la-vie-du- ... la-guerre/

ou encore
La place du village honore ses deux héroïnes de la guerre
Ernestine Desplanques et Amélie Mergoux élevées au titre de « Justes parmi les Nations » pour avoir recueilli trois enfants juifs entre 1940 et 1944 ont désormais une place à leurs noms.
https://www.leparisien.fr/oise-60/la-pl ... 220635.php


En 1940, la mère de Danielle Zeldine, juive, habite à Paris avec sa fille lorsqu'elle est dénoncée par la concierge de l'immeuble. Elle envoie alors son enfant chez une connaissance de sa famille, Ernestine Desplanque, et sa mère, Amélie Mergoux. Les deux femmes habitent alors dans la rue du Moulin à Villers-Saint-Sépulcre. Elles accueillent la petite fille, qui sera rejointe par Jean Pleskoff et son frère, Michel, pour leur éviter la déportation à eux aussi. « Pour moi, cela restera toujours Mémé et mémé Tine », précise Danielle Zeldine.

Soixante-douze ans plus tard, les trois bambins de l'époque ont fait le déplacement dans le village. Ils y ont retrouvé les petits enfants de leurs bienfaitrices. Parmi eux figure Jean-Pierre Desplanques, qui se remémore cette époque si particulière. « Nous allions à l'école ensemble. On prenait le bain ensemble. Cela n'avait rien d'extraordinaire pour moi, ce n'est qu'après la guerre que j'ai compris. Avec cette place, vous offrez le coeur du village à Ernestine et Amélie. Ce n'est pas anodin pour moi. D'autant plus que c'est la commune qui a fait cette démarche. » De son côté, Jean Pleskoff déclare se sentir chez lui à Villers-Saint-Sépulcre : « J'y repense toujours avec émotion, pendant mes nuits d'insomnie. »

Extrait "du Parsisien"
Par Patrick Caffin
Le 18 octobre 2016





Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : mer. janv. 01, 2025 15:12 pm 
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Cires-les-Mello (Oise)


Dossier N° 8120 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/justes_de_france/8120/

Maurice et Marcelle PARÉE vivaient avec leurs trois enfants à Cires-les-Mello (Oise). Au soir de la grande rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942, Mme Gobert, la soeur de Marcelle, qui était concierge à Paris, lui téléphona pour lui demander de venir en aide à une famille juive qui habitait son immeuble. Ce matin-là, elle avait sauvé les trois membres de la famille Lichtenbaum en les cachant dans une chambre de bonne au dernier étage, et ils avaient trop peur pour rentrer chez eux. Le plus urgent, disaient-ils, était de trouver un refuge pour leur petite Colette, sept ans. Le lendemain matin, Maurice Parée et sa fille Mauricette, seize ans, se rendirent à Paris pour aller chercher Colette et la ramener chez eux. Faute de place, Colette partagea le lit étroit de Mauricette. Les Parée la traitèrent comme leur propre enfant, disant aux voisins que c’était leur nièce, envoyée loin de la capitale par ses parents qui avaient peur des bombardements. Colette vécut chez eux pendant toute une année. A l’été 1943, ses parents trouvèrent refuge dans un village de la Sarthe et vinrent la reprendre. Colette perdit tout contact avec les Parée après la guerre, mais c’est avec une grande émotion que cinquante ans plus tard elle retrouva Mauricette et sa famille.

Le 22 juin 1998, Yad Vashem a décerné à Maurice et Marcelle Parée et à leur fille Mauricette Lebon, le titre de Juste parmi les Nations.


Le témoignage

En 1942, Colette LICHTENBAUM (née le 5 mai 1935) et ses parents sont à Paris et ont pu échapper jusqu’alors aux rafles grâce à leurs concierges, M. & Mme GOBERT. Lors de la rafle du Vel d’Hiv, les LICHTENBAUM trouvent refuge au 6è étage de leur immeuble. Le 17 juillet, la sœur de Mme GOBERT, Mme PAREE et sa fille Mauricette, viennent chercher Colette pour l’amener chez elles, dans l’Oise, à Cires-les-Mello.

Colette restera dans cette famille jusqu’à la fin de l’année scolaire 1943, date à laquelle elle alla rejoindre ses parents réfugiés dans la Sarthe.

Tout le temps de son séjour elle sera choyée par la famille GOBERT.[/i][/b]




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : mer. janv. 01, 2025 15:27 pm 
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Cauvigny

Le maire Marcel SALAGNAD et sa femme Aline SALAGNAD, accueillent deux enfants, Éliane Nahama, 3 ans, et son cousin Marcel Schreiber du même âge. Ils les aiment comme leurs enfants.


https://yadvashem-france.org/wp-content ... lagnad.pdf


La remise à titre posthume de la médaille des Justes parmi les Nations à Marcel et Aline SALAGNAD
eut lieu le dimanche 22 octobre 2006 à Cauvigny.


====================================================


SALAGNAD Marce né en 1885 à Paris (8) - profession : décorateur - chef de famille
SALAGNAD Aline née en 1883 - nom de jeune fille : MAUWET son épouse - née à Thoricourt (Belgique) citoyenne belge - lingère.
Le couple demeurent Grande Rue au Hameau de Bonvillers à Cauvigny

Sources : archives départementales de l'Oise
Au recensement de la population de Cauvigny pour l'année 1936
CAUVIGNY 1936 6 Mp 1562_Mi_A68_135


Marcel Eugène SALAGNAD est né le 31 mai 1885 à Paris (8e arrondissement) (acte de naissance)
mentions marginales
Il épouse à la mairie du 6e arrondissement de Paris le 25 janvier mil neuf cent dix Mlle Aline Louise MAUWET
Il décède à Cauvigny (Oise) le 24 octobre 1957.


Sources :
Sources : Archives de la ville de Paris - état civil Année 1885 acte 788 (page 14/15) année 1885, naissances 08 V4E 6069
Sources : Archives de la ville de Paris - état civil Année 1910 acte 68 (page 5/31) année 1910 mariages 06 6M 210

https://archives.paris.fr/arkotheque/vi ... m_rotate=F

Aline Louise MAUWET est née à Thoricourt (Belgique) le 7 octobre 1883. (voir son acte de mariage)



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : jeu. janv. 02, 2025 11:26 am 
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Maignelay-Montigny


Suzanne MERLETTE LEFEBVRE cache deux enfants juifs, de 1942 à 1945, Robert GERSON, 7 ans, et Janine GERSON, 4 ans, avec l’aide de l’instituteur et secrétaire de mairie. Pour la sécurité des enfants, elle demande à leurs parents s’ils acceptent de les faire baptiser : « Faites tout ce qu’il faut, pourvu que vous sauviez mes enfants. » À la fin de la guerre, les enfants ne retrouveront pas leur mère.


Dossier n°10537 du Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/10537/


Suzanne Merlette Lefebvre
née le 21 juin 1916
Reconnue "Juste parmi les Nations."
Année de nomination : 2005
Profession : mère de 2 enfants
Localisation : Maignelay-Montigny (60420)
Département : Oise

Personnes sauvées

M. Gerson Robert
Mme Pere (née Gerson) Janine

Cérémonies
Mairie de Maignelay-Montigny (60420)
Date de Cérémonie de reconnaissance: 1er Février 2006


Mme LEFEBVRE Suzanne Jeanne Marie
Née le 21 juin 1916 - Décédée le 1er décembre 2009 à l'âge de 93 ans.



Janine GERSON a écrit un livre : "Bella Itinéraire mémoriel"
Ce livre retrace l'histoire d'une famille de la communauté juive grecque, qui a choisi d'émigrer à Paris par amour de la culture française. Marianne, la narratrice, demande à Bella, sa mère vieillissante de lui raconter sa vie : l'école de l'Alliance, l'atelier de couture, l'arrivée à Paris dans les années trente, mais surtout de dire ce qu'elle a tu jusqu'à présent, les années de guerre, les déportations, les rafles, la famille décimée. Au fur et à mesure du récit, Marianne, bouleversée par ce qu'elle apprend, décide de mener une véritable enquête : elle retrouve des cousins, retourne dans le village où elle fut une enfant cachée, renoue avec ses racines et prend conscience qu'elle fait partie d'une communauté. Elle devient ainsi "passeur de mémoire" afin de transmettre aux nouvelles générations un patrimoine inestimable : des traditions.


Voir également le témoignage d'un des membres de la famille GERSON
La rafle des Juifs grecs à Paris, novembre 1942, par Pierre Gerson
https://www.tribunejuive.info/2018/04/0 ... re-gerson/



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : dim. janv. 05, 2025 17:54 pm 
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Les justes de l’Oise


Compiègne

Rachel et Léon MALMED sont les petits voisins de la famille Ribouleau. Après l’arrestation de leurs parents en juillet 1942, ils sont recueillis par Henri et Suzanne, qui vont les considérer comme leurs enfants. Leurs parents ne reviendront pas des camps d’extermination.




Rachel avait été sauvée par des Justes

DANS LES ANNALES noires de l'Occupation, elle et son frère auraient pu être déportés. Rachel et Léon Malmed ont été sauvés grâce à l'aide de deux Compiégnois. Rachel était de retour, hier matin. Elle a retrouvé Catherine, la petite-fille de ses sauveurs, ceux qu'on baptise les Justes. Sur son visage, seules les larmes parlent, traduisent l'émotion qui étreint alors Rachel et Catherine. « Je suis tellement émue, si vous saviez ce
que cette famille a fait pour nous. C'était une famille... »
Les mots refusent de sortir de la bouche de Rachel. Ils restent dans la mémoire de cette femme qui, en 1942, avait à peine 10
ans. « C'était un dimanche matin, à 6 heures, le 19 juillet 1942. Cinq gendarmes français ont frappé à la porte de notre appartement. Ils recherchaient des juifs », se souvient Rachel Malmed. Dans ce logement du 17 de la rue Saint-Fiacre, la peur s'installe. « On vous emmène », ordonnent les visiteurs, s'adressant à Saul, 35 ans, et à son épouse Chana, 29 ans, les parents de Rachel et Léon. Ils ne reviendront pas.

« Mais que va-t-on faire des enfants ? » s'interroge alors Suzanne Ribouleau, la voisine. Avec son époux Henri, ils accueillent Rachel, 10 ans, et Léon, 5 ans. « On les gardera ! » lancent les deux Compiégnois. « Ils nous ont tout de suite adoptés. Ils nous ont élevés comme leurs propres enfants », confie Rachel.
Cette dernière évoque ainsi le dévouement d'Henri et de Suzanne : « Nos cartes de rationnement portaient évidemment le tampon juif. Pas question de s'en servir. Nos parents adoptifs prenaient sur leurs propres cartes pour nous nourrir. » Deux années durant, la vie se poursuit. Rachel et Léon font définitivement partie de la famille Ribouleau. En bons parents, Henri et Suzanne préparent l'avenir de Rachel et de Léon. « Elle m'a envoyée au cours Pigier pour devenir employée de bureau, car elle me disait : Il faut avoir un métier dans les mains, se souvient Rachel, qui a du mal à cacher son émotion quand elle affirme : « Pour le reste de ma vie, ils resteront dans mon coeur. »

A la Libération, l'oncle des deux enfants recueillis part à leur recherche, les retrouve et souhaite les confier à sa soeur, qui vit aux Etats-Unis. « Nous ne voulions pas partir de chez les Ribouleau », raconte Rachel. Mais un jugement de 1949 en décide autrement.
Rachel est arrachée à sa famille d'adoption, séparée de son frère, qui vit aujourd'hui en Californie, et embarquée contre son gré sur le « Queen Mary ». « J'étais très malheureuse, désespérée », se souvient-elle.

En Amérique, elle se mariera, apprendra l'anglais et poursuivra sa vie. «J'habite à Long Island, près de New York. Je vais souvent dans les écoles parler de tout cela, mais j'ai encore du mal à croire que c'était vrai », confie Rachel. Bien sûr, elle est revenue plusieurs fois voir ses « parents » français. Elle était là aussi pour les obsèques de « papa» Henri, puis de « maman » Suzanne.

Hier, de retour à Compiègne, elle a émis le désir de se recueillir devant le monument parisien érigé en mémoire des victimes de la Shoah, inauguré par Jacques Chirac. « J'ai reçu une invitation pour la cérémonie de dimanche dernier, mais je n'ai rien vu, il y avait trop de monde ! » regrette Rachel. Pourtant, avant son retour aux Etats-Unis dimanche, elle retournera au mémorial de la Shoah : « Je veux y lire le nom de mes parents.

Je pense qu'ils sont là. » Des mots forts, dans une période où on célèbre le 60e anniversaire de la libération des camps de la mort.


Article "Le Parisien" édition du 26 janvier 2005 par Jean-Luc Grandvallet


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Voir également le livre
"Nous avons survécu. Enfin je parle" de Léon MALMED


Résumé
"Nous avons survécu. Enfin je parle" est l'histoire vraie, rédigée en français, de deux jeunes enfants, Rachel et Léon, dont le sort était scellé par le destin et la folie des hommes. Rachel et Léon étaient juifs, à une époque où cette simple appartenance était synonyme d'oppression, d'arrestation, de déportation et de mort. Dimanche 19 Juillet 1942, à cinq heures, on frappe à la porte, les policiers français viennent arrêter leurs parents, Srul et Chana Malmed.
Rachel et Léon ont respectivement 9 et 4 ans. Chana et Srul Malmed se lamentent : Que va-t'on faire de nos enfants ? Henri et Suzanne Ribouleau, des voisins, prononcent les quelques mots qui sauvèrent la vie de Rachel et Léon : "Ne vous inquiétez pas Monsieur et Madame Malmed. Nous allons prendre soin d'eux jusqu'à votre retour". Ils n'ont jamais revu leurs parents, exterminés à Auschwitz. A la fin de la guerre, Rachel et Léon sont séparés une fois des personnes qu'ils considéraient alors comme leurs seconds parents.


ISBN : 978-1-60962-052-3


Dossier n°1227 Le Comité français pour Yad Vashem
https://yadvashem-france.org/dossier/nom/1227/

Les Justes
Année de nomination : 1977
Henri Ribouleau et Suzanne Ribouleau
Localisation Ville : Compiègne (Oise)

Le 13 novembre 1977, Yad Vashem a décerné à Henri Ribouleau et à sa femme Suzanne le titre de Juste parmi les Nations.


Voir aussi
Margny-lès-Compiègne : soixante ans après, le survivant de la Shoah raconte
Léon Malmed parle d’une voix calme, presque rassurante. Dehors, ce mardi, le ciel est gris, la pluie claque sur les fenêtres du collège Claude-Debussy de Margny-lès-Compiègne. Dans la salle, l’ambiance est lourde. Les élèves de ces deux classes de 3e écoutent ce « survivant de la Shoah » dans un silence de cathédrale. « Son histoire est tragique », dira Mathias à la fin de son intervention. Son histoire, c’est celle d’un enfant juif de 5 ans qui, le 19 juillet 1942, échappe, avec sa grande sœur Rachel, aux griffes de la police et de la Gestapo venues arrêter sa famille, à Compiègne.

https://www.tribunejuive.info/2016/02/0 ... h-raconte/


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Le Courrier Picard, publication du 2 Février 2016

MARGNY-LÈS-COMPIÈGNE Caché par des Compiégnois, il a survécu à la guerre

Léon MALMED
et son épouse, Patricia, sont venus de Californie passer quelques jours à Compiègne, afin de faire quelques visites et assister à des commémorations. Ils se sont notamment rendus lundi matin au Mémorial du wagon de la déportation, en gare de Compiègne. Léon MALMED, né à Compiègne, habitait au 17 rue Saint-Fiacre depuis 1941. Le 19 juillet 1942, alors âgé de 4 ans et demi, il assiste avec sa grande sœur Rachel, 9 ans, à l’arrestation par la gendarmerie française de ses parents, juifs polonais. Les deux enfants sont alors pris en charge par leurs voisins, Henri et Suzanne RIBOULEAU, qui promettent aux parents de Léon de prendre soin d’eux, jusqu’à leur retour. Tout le monde pense que ce n’est qu’une affaire de quelques jours, voire de quelques heures.

Les parents Malmed sont déportés et ne reviendront jamais d’Auschwitz. « Papa et maman Ribouleau se sont occupés de nous et nous ont cachés chez eux pendant trois ans, au péril de leur vie », déclare Léon, évidemment éternellement reconnaissant. Après la guerre, les enfants sont envoyés chez des parents qu’ils ne connaissent pas à Saint-Quentin. En 1947, Rachel est envoyée aux États-Unis (il ne communiquera que par lettre avec elle pendant 13 ans). Léon a décidé de revenir chez les Ribouleau quand il avait 12 ans. Il y est resté jusqu’à ses 18 ans. Il est ensuite parti faire son service militaire dans l’armée de l’air, pendant 18 mois.

Ses études d’ingénieur mécanique lui ont permis de travailler à ACC La Jonchère à Compiègne. Il s’est marié en 1962 puis est parti travailler chez Michelin, à Clermont-Ferrand. Le couple rêve alors de partir aux USA. Il y part en 1964.

Après de petits boulots, Léon devient un brillant chef d’entreprise dans le domaine des hautes technologies. Il vit pendant 30 ans dans la Silicon Valley. Aujourd’hui à la retraite, il vit avec sa seconde épouse à 2 000 m d’altitude, au bord du lac Tahoe en Californie. « Je suis toujours en contact avec la famille Ribouleau. Henri est mort à 84 ans et Suzanne à 98 ans. Ils ont été honorés du titre de Juste parmi les nations. Je viens régulièrement à Compiègne pour rendre visite à leurs petits-enfants et me souvenir », confie Léon Malmed. Il a mis 60 ans pour témoigner dans un livre intitulé Nous avons survécu. Enfin je parle, aux éditions du Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne.




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Les justes de l’Oise
MessagePublié : mar. janv. 07, 2025 17:16 pm 
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Les justes de l’Oise



Compiègne



Robert et Charlotte RUFFIN, propriétaires d’un café-épicerie, accueillent un enfant, Jacques WENIG, alors âgé de 6 ans, qu’ils présentent comme leur filleul, mais considèrent comme leur fils adoptif. Après la guerre, Jacques retrouvera son père qui a survécu à la déportation, sa mère et son jeune frère lui-même caché par une famille dans la Somme.


À l’occasion de l’exposition « Du cri du cœur à la voix des Justes » à la mémoire des « Justes parmi les Nations » dans le département de l’Oise, Jacques Wenig rend hommage à Robert et Charlotte Ruffin, le couple qui l’a sauvé des nazis pendant la guerre.
L’homme de 87 ans, rencontré par Le Parisien, parle aujourd’hui du couple Ruffin comme « des gens extraordinaires ».
Ceux-ci avaient accueilli Jacques chez eux à partir de l’été 1942 et l’avaient traité comme leur fils. Le couple tient un bar dans la banlieue de Compiègne et reçoit souvent de la clientèle allemande, alors que la ville est en France occupée. Mais Jacques est présenté comme leur filleul et, grâce à eux, il poursuit sa scolarité sans être inquiété.
En 2023, Robert et Charlotte RUFFIN sont officiellement désignés comme « Justes parmi les Nations » par Yad Vashem, pour avoir sauvé Jacques de la déportation.
Jacques WENIG avait été confié dès 1939 par sa mère à un premier couple de Beauchamp dans la Somme, Charles et Marie MONNIER, eux aussi désignés comme « Justes » à titre posthume pour leur rôle dans le sauvetage de Jacques et de son petit frère Roger.
En 1942, leur mère envoie son fils aîné chez les RUFFIN pour soulager le couple MONNIER, qui manque de ressources pour subvenir aux besoins des deux garçons.
À la libération, Jacques retourne vivre avec sa mère à Paris, mais reste en lien étroit avec les deux couples qui l’ont accueilli. Aujourd’hui, Jacques WENIG se souvient avec émotion de ses quatre « parrains » et « marraines » comme il les appelle.

SOURCES :
https://fr.timesofisrael.com/dans-loise ... s-nations/

AUTRES SOURCES :
"Le Parisien" édition du 30 juin 1924 par Simon Gourru

Des gens extraordinaires » : Robert et Charlotte, Justes parmi les nations, ont sauvé Jacques des nazis

Un couple de Compiégnois a reçu le titre de Justes parmi les nations pour avoir caché Jacques WENIG, un enfant juif, durant la Seconde Guerre mondiale. Désormais octogénaire, il leur rend hommage, tandis qu’une exposition itinérante sur ces héros anonymes parcourt le département.
Pour lui c’était « parrain et marraine ». Jacques WENIG témoigne d’une enfance heureuse dans le quartier de Royallieu, à Compiègne (Oise), autour du comptoir du bar épicerie tenu par Robert et Charlotte RUFFIN, qui le considéraient comme leur fils. « Des gens extraordinaires », résume aujourd’hui l’homme de 87 ans. Mais derrière ces souvenirs émus, le contexte est sombre.
...

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Edition du Courrier Picard du 5 Mai 2024

Découvrez qui étaient les Justes, ces héros de l’ombre, grâce à une expo au Mémorial de Compiègne
L’exposition « Du cri du cœur à la voix des Justes » est à découvrir jusqu’au dimanche 26 mai 2024 au Mémorial de l’internement et de la déportation. Deux familles compiégnoises, qui ont sauvé des vies, ont reçu cette distinction.
En partenariat avec la Conférence des évêques de France (CEF) et le Comité français pour Yad Vashem, le Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne a inauguré, vendredi 3 mai, l’exposition « Du cri du cœur à la voix des Justes ».
Le titre de Juste parmi les nations a été créé par l’État d’Israël en 1953 pour honorer la mémoire de ceux qui aidèrent des juifs à échapper aux persécutions pendant la Seconde Guerre mondiale.

En une vingtaine de panneaux, l’exposition (installé dans ce qui était alors le camp de Royallieu) retrace l’histoire de cette expression et présente le rôle de l’Institut Yad Vashem dans la recherche de ces anonymes qui ont souvent risqué leur vie pour accomplir un geste d’humanité. Une partie de l’exposition est consacrée aux Justes de l’Oise, notamment aux deux familles compiégnoises qui ont reçu cette distinction, les RIBOULEAU et les RUFFIN.
Jacques WENIG, 6 ans à l’époque, a été recueilli par Charlotte et Robert RUFFIN. Il était au Mémorial de l’internement et de la déportation vendredi : « Je me promenais souvent aux abords du camp de Royallieu, mais je ne savais pas ce qu’il s’y passait. Les RUFFIN tenaient le tabac-alimentation qui existe toujours à Royallieu. Robert était résistant et je l’ai aidé de manière épisodique en me promenant en forêt. Je ramassais des bouts de bois à la longueur des tanks, camions et canons des Allemands. J’ai pu ensuite retrouver ma mère qui était cuisinière chez les Dangleterre à Compiègne. »
La famille RIBOULEAU était représentée par une petite-fille et une arrière-petite-fille.
Véronique Weil, déléguée diocésaine aux relations avec le judaïsme, à l’initiative de l’exposition, l’a commentée, tout comme Gabrielle Périssi, directrice adjointe du mémorial, arrière-petite-fille des Justes Georgette et André Hammel, maire de Saint-Jean-aux-Bois et psychiatre. Pour assurer la protection des juifs recueillis, il les camouflait en patients psychiatriques.

L’exposition est en accès libre jusqu’au dimanche 26 mai, 2 bis, avenue des Martyrs-de-la-Liberté. Site internet : memorial-compiegne.fr.

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Voir également :
Témoignage sur Zysman Wenig convoi 4 par son fils Jacques Wenig.
https://convoisduloiret.org/mediatheque ... ues-wenig/

mais aussi :
"La République du Centre"
« Peu de lettres de déportés présentent une telle force »
Jacques WENIG, l'un des deux fils nés de l'amour entre Zysman et Khayè, revient sur la découverte surprise des lettres de son père.
Le dernier survivant des deux enfants nés de l'union du couple séparé par les barbelés pithivériens devait apprendre seulement en 2013 l'existence de cette correspondance clandestine. Par un total hasard, suite à une recherche entreprise dans les affaires de son père, aujourd'hui décédé.
« Ma mère cacha ces lettres, pendant toute la guerre, dans notre appartement parisien, situé rue du Temple », explique l'octogénaire, né peu de temps avant le déclenchement du grand conflit mondial (le 22 novembre 1936). Et même après la disparition de la fameuse Khayè, « notre père ne nous parla jamais de tout cela », confie-t-il.

Un témoignage à visée universelle

L'aîné du couple décidait rapidement de faire traduire les lettres, pour la plupart écrites en yidiche. Il ne cache pas son émotion au moment de les lire : « Elles s'avéraient d'une qualité telle que j'ai décidé qu'il fallait les publier pour les porter à la connaissance du plus grand nombre. »
Jacques WENIG semble d'ailleurs bien décidé à faire connaître les écrits de ses parents au-delà des frontières, en les traduisant, par exemple, en anglais. « J'ai lu beaucoup de documents de déportés. Mais cette correspondance représente un témoignage exceptionnel, peu de lettres présentent un tel caractère, une telle force. »



Voir le sujet : Les justes de la SOMME
viewtopic.php?f=89&t=4613&p=27104#p27104


Cordialement
Eric Abadie


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