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87e D.I.N.A.
Amicales des 9e zouaves, 17e et 18e R.T.A.
COMMEMORATION DE LA BATAILLE DE L'AILETTE ET RECEPTION DU GENERAL HENRI MARTIN
Tous les camarades des trois régiments d'infanterie de la 87e D.I.A., ceux des 87e R.A., 287e R.A.L., P.A.D. 87, G.R.D. 87, Génie et Transmissions 87, des compagnies du train hippo et auto, de l'Intendance, de la Prévoté, de la Justice militaire, du Service de Santé et du Service de l'Air, ainsi que leurs familles sont invités à commémorer l'anniversaire de la bataille de l'Ailette, ce matin, à 9 h. 30, au carré militaire du cimetière musulman d'El-Kettar, et à 11 heures, en l'église Ste-Marie-St-Charles de l'Agha. Ils sont également priés d'assister ce soir, à 18 h. 30, dans les salons de la Brasserie de l'Etoile, à la réception qui sera faite par les anciens de la 87e D.I.A., à leur ancien chef, le général Henri Martin.
C'est en septembre 1939 qu'a été formée la 87e division d'Afrique. Transportée dès le début de la gueire en Tunisie, elle est appelée, en novembre 1939, à l'honneur de combattre sur le front français. Elle prend position, dès février 1940. sur la Sarre et la Blies, qu'elle quitte, au début de mai, pour aller au repos. Repos bien court, car, le 10 mai, l'offensive allemande se déclenche, et la 87e D.l.A., précipitamment enlevée dans ses cantonnements lorrains, est jetée, après deux jours de chemin de fer, sur l'Ailette. C'est sur les bords de cette minuscule et historique rivière, et au canal qui la borde, accrochée à cet obstacle si faible, qu'elle a tenu durant vingt jours, enrayant au prix de lourdes pertes, l'avance d'un adversaire résolu et puissamment armé. Après un « accrochage » très dur, les 20 et 21 mai, et une poussée continue et meurtrière de plus de deux semaines, c'est le 5 juin, à quatre heures du matin, l'offensive de grand style, appuyée d'effectifs et d'un matériel considérables. Pendant deux jours, — les 5 et 6 juin — la 87e division sera attaquée sur un front le plus de quinze kilomètres par des forces très supérieures, soutenues par de l'artillerie d'accompagnement immédiat, des minenwerfers de l'artillerie lourde et une aviation puissante et active. C'est ce premier jour de la bataille de l'Ailette, que les Amicales des trois régiments d'infanterie de la 87e D.I.A. — le 9e zouaves et les 17e et 18e tirailleurs — commémorent. Tous voudront venir se recueillir et communier dans le souvenir de ces morts glorieux, côte à côte avec les survivants de cette unité d'élite qui sont de ceux qui. suivant l'expression du maréchal Pétain, « ont sauvé l'honneur. » Tant d'héroïsme et de sacrifices devaient être consacrés par le grand soldat qu'est le général Weygand, qui, le 2 septembre 1940, citait à l'ordre de l'Armée la 87e D.I.A. dans ces termes :
A L'ORDRE DE L'ARMEE 87e Division d'infanterie nord-africaine
« Attaquée sur la position de l'Ailette, le 5 juin 1940, la 87e Division, sous l'impulsion de son chef, le général Henri Martin, a opposé à l'ennemi une résistance héroïque. Toutes ses troupes : infanterie, cavalerie, artillerie, rivalisant d'ardeur pour défendre à outrance les points d'appui, même lorsqu'ils étalent dépassés par l'ennemi ou encerclés, ne se sont repliées que sur l'ordre du commandant, obligées souvent de se frayer un passage les armes à la main. Regroupées après la bataille, ces mêmes unités, faisant preuve d'une belle discipline et d'un magnifique esprit du devoir, ont pu, à nouveau, être engagées pour les durs combats qui ont marqué la défense sur l'Aisne, puis la retraite vers la Seine et la Loire. Dans toutes ses opérations, la 87e D.I.N.A. a fait preuve de qualltés d'abnégation, d'endurance, de vaillance, dignes des grandes traditions de l'Armée d'Afrique. »
Aujourd'hui, à la même neure. des messes seront dites à la mémoire des morts de toutes confessions de la 87e D.I.A., dans les églises de Manicamp, Saint-Paul -aux-Bois, Trosly-Loire, Cuny, Sellens, Trosly-Breuil, Blérancourt, Besmée, à l'ombre des clochers desquels reposent tant des nôtres. Des services funèbres seront égalée ent célébrés à Annecy, Marseille et Montpellier. Le général Henri Martin, qui commande actuellement la région de Marrakech, vient spécialement à Alger pour la commémoration de la bataille de l'Ailette.
Sources : L'Écho d'Alger : journal républicain du matin, édition du 5 juin 1941
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