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 Sujet du message : Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : jeu. mai 13, 2021 11:04 am 
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Inscription : jeu. janv. 28, 2021 18:43 pm
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Bonjour à tous

Avec monsieur Klarsfeld, nous recherchons des informations (en plus de ce que l'on peut trouver sur le Net ou ce que le Mémorial de la Shoah a) sur la Famille Malmed dont 4 membres (Srul, sa femme Chana, son frère Joseph - arrêtés en juillet 42- et Charles, le neveu, arrêté lors de la rafle de janvier 44).
J'aimerais également me procurer l'ouvrage de Françoise Leclère-Rosenzweig sur la Persécution des Juifs de l'Oise ou mieux encore, si quelqu'un peut me mettre en relation avec l'auteure pour échanger et lui acheter son ouvrage ? mon contact est [email protected]

Merci infiniment
Stéphane Amélineau


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : jeu. mai 13, 2021 20:19 pm 
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J.O. du 23 février 1942 page 786
SECRÉTARIAT D'ÉTAT A LA PRODUCTION INDUSTRIELLE
Administrateurs provisoires.
Le secrétaire d'Etat à la production Industrielle,
Vu la loi du 10 septembre 1940 prévoyant la nomination d'administrateurs provisoires des entreprises privées de leurs dirigeants ;
Vu le décret du 16 janvier 1941 ;
Vu l'impossibilité où se trouvent les dirigeants des entreprises ci-dessous d'exercer leurs fonctions,
Arrête:
Article unique. — Sont nommés, pour les entreprises figurant ci-dessous, les administrateurs provisoires dont les noms suivent :

M. Lambert (Charles), 13, rue Doméliers, à Compiègne (Oise), pour les entreprises :

Rosen Samuel, 14, place de l'Hôtel-de-Ville, à Compiègne (Oise) ;
Paris-Chic, 16, rue Pierre-d'Ailly, à Compiègne (Oise) ;
Société des Eaux de Giraumont, à Chaumont (Oise) ;
Russak (Aron), à Montmacq (Oise);
Tchenio, 11, rue Eugène-Floquet, à Compiègne (Oise) ;
Mondor (Marcel), 36, rue de Paris, à Compiègne Wlsú) ;
Saban {Sarah), 3, Tue Saint-Antoine, à Compiègne (Oise) ;
Romi (Aron), 3, rue de Clermont, à Compiègne (Oise) ;
Grochitz (Samuel), 13, rue des Domeliers, A Compiègne (Oise) ;
Katz (Simon), à Choisy-au-Bac (Oise);
Ma!med (Joseph), 9, rue du Puget, à Compiègne (Oise) ;
Malmed (Zelman), 4, rue de l'Eglise-Saint-Germain, à Compiègne (Oise);

Samuel (Eugène), 13 bis, place de l'Hôtel-de-Ville, à Compiègne (Oise) ;
Mokovici (David), 137, rue de Paris, à Compiègne (Oise) ;
Baumel (Gustave), place Saint-Jacques, à Compiègne (Oise) ;
Savariego (David), 3 bis, rue des Sablons, h Compiègne (Oise) ;
Palencia, 20, rue d'Austerlitz, à Compiègne (Oise) ;
Gabay (Esther), 30, rue d'Austerlitz, à Compiègne (Oise).


J.O. du 30 octobre 1942 page 3605
Le commissaire général aux questions juives,
Vu l'article 1er de la loi du 25 juillet 1941 relative aux entreprises, biens et valeurs appartenant aux Juifs,
Arrête :
Article unique. — Les entreprises suivantes, appartenant en tout ou en partie ou dirigées en tout ou en partie par des Juifs, sont pourvues des administrateurs provisoires ci-après:
M. Ch. Lambert, 13, rue. des Doméliers, à Compiègne (Oise), pour l'entreprise Malmed (Israël), 39, rue de l'Oise, à Compiègne (Oise) (pour prendre effet à la date du 26 décembre 1940).


Effectivement on trouve des renseignements sur les membres de la famille MALMED dans l'ouvrage de Madame Françoise Leclère-Rosenzweig, les persécutions contre les juifs dans l'Oise (1940-1945), page 26
Joseph, né en 1908, était marchand forain ambulant 9 rue Puget à Compiègne
Zelman, né en 1895, était tailleur
Srul, né en 1906, était marchand ambulant tailleur, puis manœuvre-terrassier. En 1940 il s'était engagé dans l'armée française.
D'autres détails sont donnés sur cette famille dans le livre.

Irul MALMED
Né en 1926 à Brest-Litovsk (Pologne)
Unité : Régiment étrangers
Région militaire : 6e région militaire
Bureau de recrutement : Beauvais (60)
voir : https://www.memoiredeshommes.sga.defens ... 63&debut=0




Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : ven. mai 14, 2021 10:33 am 
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Inscription : jeu. janv. 28, 2021 18:43 pm
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Merci beaucoup Eric Abadie pour ces premiers éléments.
J'espère avoir un contact avec madame Leclère-Rosenzweig


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : lun. mai 17, 2021 16:37 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 10:38 am
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Bonjour,

Voir le travail de
ZAKREWSKI Manon
Mémoire de Master 2 sous la direction de Fabien Théofilakis
Année universitaire 2019/2020
Octobre 2020
École d'histoire de la Sorbonne
Centre d'histoire sociale des mondes contemporains
DU CAMP AU MÉMORIAL : PERCEPTIONS ET RÉACTIONS
CONTEMPORAINES DE COMPIÈGNE-ROYALLIEU (1939 - 2010)

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02995508/document

Mémoire dans lequel le sort de la famille Malmed est évoqué.



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : lun. mai 17, 2021 19:03 pm 
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Inscription : jeu. janv. 28, 2021 18:43 pm
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Bonjour Eric Abadie
Merci infiniment, c'est remarquable.
Je vais également contacter cette étudiante.
Très touché par votre belle réactivité.
A bientôt
Stéphane Amélineau


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : jeu. mai 08, 2025 12:06 pm 
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Famille Malmed (Compiègne)


Compiègne

Léon Malmed, fils de déportés, revient dans sa maison aux fantômes

Né à Compiègne en 1937, ce Français vivant en Californie, nous a reçus dans la maison où il a vu pour la dernière fois ses parents, arrêtés et déportés à Auschwitz-Birkenau...
Ses parents. Srul et Chana Malmed, ont été brutalement arrêtés sous ses yeux par la police française...


A découvrir dans l'édition de ce jour, jeudi 8 mai 2025, du Courrier Picard où une double page lui est consacrée.
Article de Ludovic Lascombe


La transcription de cet article se fera demain sur le forum.



Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : ven. mai 09, 2025 8:41 am 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 10:38 am
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Transcription de l'article de Ludovic Lascombe
Edition du jeudi 8 mai 2025, du Courrier Picard



Compiègne
Léon Malmed, fils de déportés, revient dans sa maison aux fantômes


Né à Compiègne en 1937, ce Français vivant en Californie, nous a reçus dans la maison où il a vu pour la dernière fois ses parents, arrêtés et déportés à Auschwitz-Birkenau.


Sur la terrasse ombragée d’un jardin, à l’arrière d’un petit immeuble en briques rouges, au 17 rue Saint-Fiacre à Compiègne, Léon Malmed, 87 ans, évoque de sa voix douce et posée l’histoire tragique qui le lie à ces murs. De passage en France fin avril, ce Franco-Américain, né à Compiègne en 1937 et vivant en Californie, redevient subitement l’enfant de 5 ans qu’il était ce jour « infâme » du 19 juillet 1942, lors de la tristement célèbre rafle du Vel’ d’Hiv. C’est dans cette maison de ville, où il séjourne lorsqu’il revient dans sa ville natale, qu’il a vu pour la dernière fois ses parents. Srul et Chana Malmed, ont été brutalement arrêtés sous ses yeux par la police française, et déportés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Ces Juifs polonais émigrés en France, victimes de la barbarie nazie, n’en reviendront pas.
« Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était une très belle journée, comme aujourd’hui. Nous vivions, mes parents, ma sœur Rachel de 5 ans mon aînée, et moi, au deuxième et dernier étage de cet immeuble » , se remémore le vieil homme, élégant, au bouc soigneusement taillé et aux cheveux gris argenté, montrant la fenêtre où se situait sa chambre d’enfant. « Les gendarmes sont venus à 5h du matin toquer à notre porte pour venir chercher mes parents. Je me suis agrippé en pleurant à la jupe de ma mère qui était poussée à l’extérieur. Alertés par nos cris, nos voisins du dessous m’ont pris avec ma sœur en assurant à nos parents qu’ils allaient s’occuper de nous en attendant leur retour… Personne ne pouvait imaginer alors où on allait les conduire. »

Reconnus parmi les Justes d’Israël

Léon et sa sœur vont vivre, plus ou moins cachés jusqu’à la fin de la guerre, au premier étage de l’immeuble avec leur « deuxième famille », Suzanne et Henri Ribouleau et leurs deux fils. Ce couple modeste de commerçants compiégnois, a été reconnu après-guerre comme « Justes » par l’État d’Israël et une allée porte leur nom à Compiègne. « Cela a été trois ans de faim et de peur. Nous pouvions être dénoncés et arrêtés à tout moment. La ville était sous occupation stricte allemande. Sur les 600 juifs vivant à Compiègne, au début de la guerre, ma sœur et moi avons été les derniers survivants. Mais « maman Suzanne » et « papa Henri » se sont toujours très bien occupés de nous, au péril de leur vie », évoque-t-il.
Dans le charmant jardin arboré, isolé de la rue, Léon Malmed nous conduit, là où se trouvait le poulailler « où nous nous cachions quand il y avait un risque de rafle » puis vers le fond de la propriété, où apparaît un muret caché par des buissons. C’est là que Léon, enfant, a échappé à la déportation en février 1944. « Nous avions été avertis qu’il y allait avoir une rafle des SS. Papa « Henri » m’a dit de sauter le muret, qui était beaucoup moins haut que l’actuel, et qu’il m’attendrait de l’autre côté à bicyclette. Nous nous sommes enfuis à travers champs. »
À l’époque, les maisons de ce quartier dit « des jardins », aujourd’hui résidentiel, avec des immeubles, étaient à la limite de la ville et de la campagne. « Il y avait une ferme au bout de la rue, où nous allions chercher du lait… Il y avait quelques fois des soldats allemands qui venaient boire un coup », se rappelle Léon Malmed qui voyait de sa fenêtre les colonnes de déportés, en provenance du camp d’internement de Royallieu, tout proche, traverser la rue pour rejoindre la gare.
Il garde néanmoins des souvenirs heureux de ces années sombres. Comme lorsqu’il partait à la pêche aux étangs de Vieux-Moulin avec « papa Henri », ou encore ses fabrications de cerf-volant, derrière la maison « mais je ne pouvais pas les faire voler faute d’espace. »
Aujourd’hui, lorsqu’il revient dans cette maison remplie de fantômes, Léon Malmed apparaît apaisé et heureux. « Ici, je me sens revivre. C’est mon pied à terre », lâche-t-il ému voulant laisser un message à l’enfant qu’il était il y a 80 ans. « Courage, tu vas survivre ! » Une formidable leçon de vie et de résilience.
Léon Malmed a raconté son histoire passionnante dans un livre autobiographique « Nous avons survécu, enfin je parle », publié par le Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne en 2010 et co-écrit avec Pascale Martin, professeur de français et écrivain.


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Personne n’est gagnant dans une guerre


Depuis plusieurs décennies, Léon Malmed témoigne de son expérience de la Shoah dans les établissements scolaires en France et aux Etats-Unis. Mardi 22 avril, il intervenait auprès d’élèves de 3e du collège Debussy à Margny-les-Compiègne. Grâce à son charisme et sa mémoire intacte, il a captivé les élèves qui lui ont posé de nombreuses questions sur son histoire mais aussi sur l’actualité, comme l’élection de Donald Trump qui ne laisse personne indifférent.
« On ne s’attend jamais à ce qui peut se passer. Quand Hitler a été élu en Allemagne, tout le monde le prenait pour un bouffon» lance-t-il. « C’est à vous d’être vigilant quand vous serez en âge de voter. Personne n’est gagnant dans une guerre.»



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Certains pourraient y voir le signe du destin, d’autres une simple coïncidence. Mais l’histoire est tout aussi belle. Lorsqu’il revient à Compiègne, Léon Malmed sait qu’il peut séjourner au 17 rue Saint-Fiacre. Les propriétaires de l’immeuble, Chléa et Arnaud Deseine, qui y ont aménagé des meublés touristiques, lui réservent gracieusement un des trois appartements.
« Nous lui avons dit, ici c’est chez vous, sourit Chléa, qui a découvert de manière fortuite au début des années 2010 lors du rachat de la maison, l’histoire bouleversante des familles Malmed et Ribouleau. Pour nous c’était tout à fait naturel qu’il habite dans sa maison d’enfance lorsqu’il est dans la région.»
En 2010, ils avaient déjà donné leur accord pour la pose d’une plaque mémorielle sur la façade de la maison qui s’inscrit sur le Parcours des déportés, de la Seconde Guerre mondiale, dans la ville de Compiègne.
Pour Léon Malmed, venu avec son épouse Patricia, logeant dans l’appartement du rez-de-chaussée, cet accueil n’a pas de prix. « Ils sont devenus comme une 3e famille» confie-t-il ému.


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 Sujet du message : Re: Famille Malmed (Compiègne)
MessagePublié : ven. mai 09, 2025 9:37 am 
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Inscription : jeu. janv. 28, 2021 18:43 pm
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Merci infiniment de nous avoir retranscrit cet article.


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