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Madeleine MICHELIS
Mlle MICHELIS, professeur au Lycée de jeunes filles d'Amiens
Héroïne et martyre de la Résistance, Mlle MICHELIS appartient à cette admirable phalange des Femmes françaises qui se sont dévouées de tout leur cœur et de toute leur intelligence au salut de la Patrie. Née le 22 août 1913 à Neuilly-sur-Seine, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de Sèvres, agrégée de l'Université, elle avait exercé des fonctions de professeur successivement au Lycée de jeunes filles du Havre., au Lycée de garçons (annexe d'Etetat) et à l'Ecole primaire supérieure de jeunes filles de cette ville, au Lycée Victor-Duruy de Paris et, enfin, au Lycée de jeunes filles d'Amiens, depuis le 1er octobre 1942. C'était un professeur très distingué et très cultivé qui, par la qualité de son enseignement, autant que par son amabilité, sa douceur et son entrain, avait su s'assurer sur ses élèves une influence et un ascendant des plus heureux ; maîtresse d'éducation générale, elle s'était faite, en outre, l'animatrice infatigable de la troupe théâtrale du Lycée. Et sous une apparence frêle et délicate se cachait, chez elle, une âme ferme et haute. Arrêtée par la Gestapo à son domicile, à Amiens, le 12 février 1944, elle mourut le 15 février, à Paris, au Lycée Montaigne, où elle avait été transférée la veille. A l'abominable forfait de cet assassinat, la police allemande ajouta l'opprobe d'une tentative de maquillage. Mais la lumineuse figure de cette jeune fille que la crainte du suprême sacrifice ne pouvait arrêter dans la voie périlleuse où l'avait conduite son ardent amour de la Patrie, ne put être ternie par cet outrage ; elle demeura et restera, pour tous ceux qui l'ont connue, un pur et exaltant exemple du patriotisme le plus vif et le plus noble. Devant sa mémoire que le Lycée de jeunes filles honorera tout parculièrement, et devant la douleur de ses parents, si durement éprouvés par cette mort brutale et atroce, nous nous inclinons très bas.
in Bulletin de l'enseignement primaire - département de la Somme N° 1 - octobre 1944
Cordialement Eric Abadie
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