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Transcription de l'article d'Estelle Thiébault
Les 80 ans de la victoire des alliés sont célébrés ce jour. Nicolas Bernard a mis la main sur des objets ayant appartenu à un résistant et déporté. Il en a fait une conférence.
Raconter l’histoire à hauteur d’homme, voilà ce qui plaît à Nicolas Bernard. Membre du comité d’Amiens du Souvenir français, il donne une conférence vendredi 30 mai 2025 à 17 h 30 à l’espace Dewailly sur la vie de Maurice Cauchois à travers les objets qu’il a pu récupérer dans un vide maison en région parisienne. « Pile 80 ans après son retour des camps, chez lui à Vitry-en-Artois ». Né en 1889 à Marcelcave dans la Somme, Maurice Cauchois a été poilu de la Grande Guerre, cheminot et résistant pendant la Seconde guerre mondiale, arrêté par la Gestapo, torturé et déporté à Dachau avant d’être libéré en 1945. Maurice Cauchois avait tout gardé. Collectionneur d’objets militaires en lien avec la Picardie depuis 25 ans, Nicolas Bernard est tombé sur ce grouping. « Je n’avais encore jamais vu un lot aussi complet. Il y avait un casque, une plaque d’identité militaire, un cahier, des courriers, des croquis ou encore un brassard du camp de concentration de Dachau… ». Tous ces objets vont permettre à l’historien amateur de tirer le fil et de retracer la vie de cet homme ordinaire qui a vécu à Amiens, Abbeville et Vitry-en-Artois avant de finir ses jours en région parisienne où il meurt en 1962, à l’âge de 62 ans. Maurice Cauchois entre sous les drapeaux en 1918, à l’âge de 18 ans. Après l’armistice, il travaille à la SNCF où il occupe des postes d’encadrement. Il rentre dans la résistance pendant la Seconde guerre mondiale « et devient chef de district » d’un mouvement proche de la France libre. Il fait tout pour ralentir les convois allemands.
Torturé à Douai
Dénoncé, il sera arrêté par la Gestapo. Emprisonné à Douai, il est torturé. « Il ne parlera pas », explique Nicolas Bernard qui s’est plongé dans les pages du cahier du Samarien qui a tout détaillé. Envoyé à Dachau, il sera libéré le 29 avril 1945 , comme 33 000 prisonniers « Il parle de certaines choses dans ses courriers », confie Nicolas Bernard qui a appris beaucoup sur l’univers concentrationnaire et ses codes. « Un bouton mal fermé, une non-réponse à l’appel de son numéro hurlé en allemand et vous étiez tabassés ou tué ». Les passages les plus durs sur ses conditions de détention ou les plus émouvants seront lus par Michèle Biarre « pour dynamiser la conférence ». Conférence vendredi 30 mai à 17 h 30 à l’espace Dewailly, place Louis-Dewailly (à Amiens). Entrée libre.
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Pour rappel Nicolas Bernard intervient régulièrement sur le forum dont il est membre. Nous lui souhaitons une belle réussite pour cette conférence centrée sur l'évocation de ce résistant-déporté. (E.A.)
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