AIT SI Amar Hocine+
06/1940Note : Soldat Mort pour la France
Inhumé dans la nécropole nationale de CHAMPS (Aisne) Tombe 310
https://www.geneanet.org/cimetieres/vie ... mar+Hocine===============================================
Un tirailleur algérien honoré par sa famille depuis 45 ans
par Nicolas Totet édition du Courrier Picard du 2 novembre 2024
Champs
«
On les appelait les soldats indigènes. Je viens chaque année à la Toussaint honorer la mémoire de mon grand-père dans ce cimetière et je ne croise jamais personne », s’étonne Ibrahim Aït Si Amer, citoyen français d’origine algérienne. Le restaurateur de 67 ans est venu de Paris, à la tête de sa famille, avec épouse et frère. Ses neveux Enzo et Juba et sa nièce Lisa font aussi remarquer que très peu de tombes sont fleuries.
Dans cette nécropole nationale de Champs, près de Coucy-le-Château, quelque 3000 tombes françaises des deux Guerres mondiales dominent la plaine, à la sortie des bourgs de Villette et de Praast.
Contrairement à d’autres cimetières, les nombreuses tombes de soldats de confession musulmane forment des carrés distincts des croix blanches. Il y a là des poilus tombés en 14-18 dans l’Aisne, en particulier en 1917 au Chemin des Dames, mais aussi des soldats français, dont certains issus des anciennes colonies, tués au printemps 1940 lors de l’invasion allemande. «
Mon grand-père Hocine, qui était originaire de Kabylie, est tombé le 5 juin 1940 lors de la bataille de l’Ailette, près de Soissons. Beaucoup de ses frères, tirailleurs à ses côtés, venaient de la même région, la Larbaâ Neth Irathen (ex-colonie Fort Napoléon puis Fort-National), où Karl Marx a vécu », expose Ibrahim Aït Si Amer, fier d’évoquer ses racines. «
Mon père orphelin a constitué une famille de huit enfants et tout le monde a réussi sa vie, par le courage, le travail et le respect de l’autre. Et mes trois enfants ont de très belles situations en France », insiste le chef de famille. Devant la tombe de son grand-père, Ibrahim Aït Si Amer a tenu à faire passer ce message.