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Bonjour. Une photo d'un des chars HOTCHKISS H-39 du 27ème BCC - 3ème compagnie engagé dans les combats de la contre offensive au sud d'Abbeville. En voici les comptes-rendus conservés au SHD : "Le 2 juin. A 21 heures, le bataillon fait mouvement de BLANGY au bois de la CROIX.
Le 3 juin. A 13 heures, le Chef de Bataillon et ses commandants de compagnies effectuent une reconnaissance en vue d'une attaque de la tête de pont d'Abbeville. Les reconnaissances sont exécutées en liaison avec les officiers de la 152e Brigade Ecossaise. Constitution des compagnies au moment de l'attaque : 3/27 : Lieutenant FAYE 351e : Compagnie : Capitaine COLOZIER I/27 : Lieutenant LANTIVY II/27 : Lieutenant TRAVERS A partir de 21 heures 30, le bataillon exécute sa marche d'approche jusqu'au ravin de BOENCOURT afin de prendre sa position de départ. Voir ci-après le rapport de l'attaque menée par la Compagnie FAYE pendant l'ultime attaque.
Le 4 juin. A 3 heures 30, les compagnies du commandant AUBERT (y compris la 351e) partent à l'assaut d'Abbeville. Elles soutiennent les bataillons d'Infanterie des Highlanders. La défense allemande est acharnée. Plusieurs chars français sont détruits soit par des mines, soit par des obus. La 351e Compagnie perd ainsi quatre chars sur onze. La compagnie FAYE, qui s'est engagée dans les vergers de BIENFAY, souffre du terrain : pas moins de quatre chars basculent dans des chemins creux. L'objectif de MESNIL TROIS FŒTUS, bien que bordé, n'est pas pris. Quatre chars sur dix sont perdus. Voir ci après le rapport des RAPPORT PARTICULIER POUR L'OPÉRATION D'ABBEVILLE.
3e Cie BATAILLON 14/27 : Lieutenant FAYE
RELATION DE L'OPERATION D'ABBEVILLE I - RECONNAISSANCE - PRISE DE LIAISON AVEC LES ECOSSAIS.- Le 3 Juin 1940, le Lieutenant FAYE (Cdt de la Cie), le Lieutenant BRETON et le S/Lieutenant GOURLET (Chefs de Section) vont reconnaître les positions de départ et l'itinéraire y menant. P.D.: 300 m. N.O. du village de BOENCOURT. Le Capitaine PERRETTE conduit le Lieutenant FAYE au P.C. du Capitaine Ecossais dont la compagnie tient les abords de BIENFAY. Durant cette reconnaissance, un tir d'artillerie assez intense se déclenche sur le carrefour des CROISETTES. Notre artillerie répond sur le bois de VILLERS. A 18 heures 30, le Lieutenant FAYE prend les dernières liaisons au P.C. du Colonel Ecossais au château de BAINAST. II - MISE EN PLACE SUR P.D.- La Compagnie arrive à la P.D. vers 3 heures 25. Le Lieutenant FAYE cherche vainement à prendre liaison avec les écossais. La compagnie dispose de 10 chars. Char du Lieutenant FAYE - Cdt de Cie Section complète du Lt DUBOST – 2e échelon -d- Lt BRETON - 1er échelon -d- S/Lt GOURLET Débouché à 3 heures 30 exactement. On ne voit presque rien. III - L'ATTAQUE - Au moment du débouché, l'artillerie allemande déclenche un violent tir sur le village de BOENCOURT et le ravin à l'Ouest de BOENCOURT. La section du Lieutenant BRETON progresse presque d'un seul trait jusqu'au village de MESNIL-TROIS-FŒTUS par la contre-pente Est de BIENFAY. La section GOURLET marque un temps d'arrêt aux lisières Sud du Bois Nord du village de BIENFAY à hauteur de 3 chars B et 3 chars H détruits. A ce moment, 4 chars sont en panne de terrain à la suite d'accidents consécutifs dus à l'obscurité. Les premiers éléments d'Infanterie (15e Infanterie Alpine) se trouvent aux lisières Nord de BIENFAY et sont pris à partie par l'artillerie Allemande. Le Lieutenant FAYE donne à la section GOURLET l'ordre de reprendre la progression sur le plateau reliant BIENFAY à MESNIL TROIS FŒTUS. La section progresse malgré de violents tirs d'armes anti-chars en position aux lisières Sud et Ouest de MESNIL TROIS FŒTUS. 3 canons de 37 sont neutralisés ainsi que 2 mitrailleuses. Malgré la neutralisation du village, l'Infanterie n'a pas suivi. La section du S/Lieutenant GOURLET revient pour prendre la liaison avec le Lieutenant FAYE qui, durant cet intervalle, à cherché à reprendre contact avec la Section du Lieutenant BRETON. N'ayant pu prendre la liaison avec le Lieutenant FAYE, la section du Lieutenant GOURLET se met à la disposition du Capitaine Cdt la Cie Ecossaise qui a pris position dans le bois à 300 mètres au Nord de BIENFAY. Il lui est demandé de servir de base de feu à l'Infanterie. Cette mission accomplie, un char B lui communique qu'il a reçu l'ordre de repli en vue d'une contre attaque possible. La section se rallie dans le ravin à l'Est de BOENCOURT et se met à la disposition du Capitaine COURTIER. La section BRETON privée de son chef de section blessé à la jambe par une rafale de mitrailleuse hors de son char, est ralliée par le Lieutenant FAYE. Un des chars est manquant, immobilisé par une arme anti-chars. Le char du Chef de section s'est mis à la disposition des chasseurs du 17e B.C.P. avec lesquels il opère de brillantes actions locales. Le 3e char ralliera plus tard le Bois d'ERCOURT. C'est au cours de ces opérations que le Lieutenant FAYE relève le Capitaine PERRETTE et le Lieutenant BRETON, tous les deux blessés et les mène à BOENCOURT. L'ordre de repli sur le Bois d'ERCOURT est donné par le Lieutenant GIRARD, Officier de liaison, vers 10 heures 30, après un violent bombardement d'avions. 6 chars ont rallié ERCOURT.
REGIMENT CUIRASSE / I.S.C.D /2e D.C.R. / 4e DEMI-BRIGADE / 27e BATAILLON DE CHAR RAPPORT PARTICULIER POUR L'OPERATION D'ABBEVILLE du 4 JUIN 1940
Unités participant à l'opération : 3/27 : Lieutenant FAYE - 11 Chars ( Chars qui ont pris 351e Cie: Capitaine COLOSIER - 11 Chars ( effectivement part 1/14 : Lieutenant TRAVERS - 4 Chars ( à la bataille Mission : Accompagnement d'Infanterie, 152e Brigade Ecossaise chargés de relever le 17e B.C.P sur l'objectif final. Mise en place : I° Le bataillon est en place à 3 h à la hauteur de la route BOENCOURT , HUCHENNEVILLE . - Les compagnies orientées face à leur objectif. Répartition des Unités : axes d'attaques et objectifs déterminés sur le terrain au cours de la reconnaissance du 3. 351e Compagnie - I° Echelon à droite Objectif :Mt CAUBERT 3/27 -I° Echelon-à gauche-Objectif :TROIS FŒTUS ) I/14 - 2° Echelon en arrière de la 351e Cie protégeant le flanc droit. Déroulement de l'attaque : A 3 heures 20, pendant la préparation d'Artillerie, les compagnies serrent sur les Chars B. Le débouché s'effectue normalement. L'Infanterie Ecossaise avec laquelle on a pu reprendre une liaison précaire en raison de la nuit suit les chars de trop près, marchant par groupes à hauteur des appareils. Un violent tir de barrage ennemi est déclenché quelques minutes après le débouché. Aucun incident important à noter jusqu'à hauteur du bois de VILLERS où les chars de la 1/27, Cie réservée du Lieutenant de LANTIVY, commencent à arriver. Il est alors constaté que le bois de VILLERS est encore occupé par l'ennemi et que le nettoyage qui devait être effectué par un Bataillon autre que celui d'attaque ne l'a été que très sommairement. C'est ainsi que le personnel du P.C 14/27 a reçu des coups de fusil à bout portant, partis des lisières et que le Lieutenant DIRIBARNE reçut encore, au moment où il se ralliait : un coup de pièce antichar. Le Bois de VILLERS passé, les Compagnies progressent sur l'objectif 01.- La compagnie de gauche, qui avance avec plus d'aisance semble avoir été moins gênée par les résistances du Bois de VILLERS . Il faut signaler que de ce coté, l'action du Capitaine PERRETTE, qui avait pour mission de faire exploiter la progression des chars par l'Infanterie, est aussi une des causes du succès de la progression. Vers 4 heures 45, les premiers chars sont signalés arrivés à MENIL TROIS FŒTUS et un peu plus tard à hauteur du MONT CAUBERT. Il est à signaler que pendant la progression, plusieurs Officiers de Chars, notamment le Capitaine COLOZIER, le Lieutenant BRETON, blessés en dehors de leur appareil, sont allés actionner l'Infanterie. Vers 8 heures 30, l'ordre du ralliement est transmis aux unités. Cependant, la section du Lieutenant DIRIBARNE reste à la demande des chasseurs portés (Lieutenant OLIVET) pour protéger un point d'appui qui tient encore. CONCLUSIONS : S'il faut reconnaître que les équipages de chars ont été à la hauteur de leur tache, l'Infanterie, bien que composée de soldats très braves, n'avait aucune connaissance du combat avec les chars. Les équipages sont unanimes à déclarer que les Ecossais marchaient généralement par grappes, l'arme à la bretelle, tout près des chars. - Ils signalent aussi l'intensité des tirs de l'artillerie ennemie, son efficacité, telle que sitôt qu'un char s'arrêtait, il était pris à partie par des tirs massifs. DEPANNAGE : Le dépannage pour les chars qui n'étaient plus immédiatement sous la ligne de feu s'est effectué assez normalement avec les moyens des Compagnies guidés par l'adjoint technique du Bataillon. Il faut signaler la perte de 8 Chars détruits, 2 par mines, 4 par pièces anti-chars, 2 par pannes de mécanisme et rendus inutilisables." PERTES EN PERSONNEL : Officiers : 1 Tué , 7 blessés Sous Officiers : 2 Blessés Chasseurs : 9 Blessés P.C., le 1er Juillet 1940 Le Chef de Bataillon AUBERT Commandant le 27e Bataillon de Chars
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H-39 n° 40555 du 27ème BCC 3ième compagnie sud d'Abbeville.jpg [ 105.08 Kio | Consulté 177 fois ]
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