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MessagePublié : ven. mai 03, 2024 17:21 pm 
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AOUT - SEPTEMBRE 1944


A ACHEUX-EN-AMIÉNOIS ON DÉCOUVRE LES CORPS DE SEPT VICTIMES DE LA BARBARIE NAZIE

Dans la matinée de Mercredi, (13 septembre 1944), M. FARAND, chef cantonnier du chemin de fer économique, demeurant à Mailly-Maillet, MM. DUMONT Anicet, d'Acheux, et DARTOIS Louis, de Bertrancourt, travaillent à la voie qui longe le bois d'Acheux-en-Amiénois.
Vers midi, ils y pénètrent afin d'allumer un feu pour réchauffer leur repas. M. DUMONT aperçoit, à quelques mètres de l'orée du bois, un tas de paille. Il en ramasse. Mais la terre, sous ses pas, lui semble étrangement molle. Intrigué, il écarte la paille et creuse un peu. A 25 centimètres de profondeur à peine, il découvre avec horreur une main crispée et décomposée puis la pointe d'une chaussure. Il alerte ses camarades. Tous trois retirent la terre avec précaution. C'est ainsi qu'ils mettent à jour sept corps masculins, en pleine décomposition.
Le chef de brigade GAFFET, accompagné de M. Charles HENRY, chef de groupe des F.F.I. à Acheux, et président du comité local arrivent.
Et c'est un jeune F.F.I. qui aide le cantonnier à sortir les corps.
La fosse mesure environ 1 m. 80 de long et de large et 1 m. de profondeur. Et c'est dans ce trou que, recroquevillés les uns sur les autres, ces hommes agonisèrent.
On ignore quels supplices les malheureux ont pu endurer, le Dr EISENDECK ayant jugé suffisant de ne les examiner qu'à distance.
L'un d'eux pourtant, semble avoir eu la gorge tailladée. Un autre, qui paraît très jeune, à le visage atrocement contracté.
Tous ont les mains étroitement liés derrière le dos avec du fil de fer qui a dû pénétrer dans leur chair. Tous ont les yeux bandés, avec un mouchoir, soit avec une écharpe. Leurs poitrines et leurs visages sont criblés de balles.
On pense que les boches ont dû les aligner près de cette fosse et les abattre avec une mitraillette. La rafale a dû être sérieuse. On remarque des traces de balles sur plusieurs arbres voisins.
Les habitants d'Acheux ne prêtaient pas attention aux bruits de mitraillage car le bois d'Acheux était un dépôt de leurs fameux "V-1" le fait était courant.
Pourtant le coiffeur d'Acheux-en-Amiénois se souvient fort bien d'avoir entendu un boche ricaner en parlant de sept Français qui auraient été tués dans le bois. Ce sont sans aucun doute ces malheureux martyrs de la soif sanguinaire des Boches.
Mais le chef de brigade GAFFET enquête et pense bientôt le numéro du secteur postal des Boches en cantonnement à Acheux. Les assassins seront ainsi retrouvés. Et tous nous crions : pas de pitié pour cette horde barbare, ces bêtes immondes qui ont hâtivement accompli leur forfait avant de fuir, lâchement.
M. GAFFET a prévenu le service d'identification d'Amiens.
En attendant, il communique ces renseignements qui permettront peut-être d'obtenir des précisions sur l'identité des malheureux :

1er corps : taille 1 m 60, cheveux châtains foncés, complet de toile bleue, ceinture en cuir de 2 cm 1/2 de large, boucle en fer.
Chaussé de bottes de caoutchouc coupées et maintenues au pied par une bande de cuir fixée par des rivets en aluminium.

2e corps : taille : 1 m. 75, cheveux châtains ondulés, blouson de toile forte couleur cachou, pantalon de drap noir, maillot de corps gris, ceinture en cuir de 2 cm. 1/2 de large, grande boucle.
Chaussé de brodequins noirs à lacets cuir, chaussettes de coton gris.

3e corps : taille : 1 m. 70, cheveux blonds et frisés, chemise blanche à col rabattu, 2 pantalons de toile bleue, ceinture en cuir de 2 cm. de large.
Chaussures en cuir naturel, bouts rapportés, grossièrement ressemelés.

4e corps : taille : 1 m. 60, cheveux châtains coupés presque ras, veste kaki, pantalon gris, ceinture en cuir.
Chaussures à crochets, Une pièce sur le côté gauche de la chaussure gauche.

5e corps : taille : 1 m. 60, cheveux grisonnants, chemise bleue à col rabattu, cache-col en laine marron, complet de toile bleue, chaussettes coton gris, chaussures usagées pointure 43.

6e corps : taille : 1 m. 65, forte chevelure châtaine, veston de drap gris rayé blanc, veste de toile bleue en dessous, pantalon de toile bleue, ceinture en cuir, grosses chaussettes de laine bleue, brodequins lacets cuir.

7e corps : taille : 1 m. 70, complet de toile bleue, chemise grise à col rabattu, chaussettes coton marron, brodequins noirs à lacets cuir en très bon état.

Toutes les personnes susceptibles de donner des renseignement permettant leur identification voudront bien les adresser à la mairie d'Acheux-en-Amiénois, au P.C des F.F.I.

La Picardie Nouvelle, numéro 14 (Vendredi 15 septembre 1944) 711PER1 Archives de la Somme



Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : ven. mai 03, 2024 17:29 pm 
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Les cadavres d'ACHEUX-EN-AMIÉNOIS ont été identifiés

Il s'agit de sept jeunes gens de Bonneville, fusillés le 17 août

Nous avons relaté la macabre découverte faite par trois cantonniers, mercredi dernier, dans le bois d'Acheux-en-Amiénois.
Dès que le gendarmerie fut informée et que les renseignements fournis sur les sept cadavres par le maréchal des logis-chef GAFFET parvinrent à la section de Doullens, un rapprochement s'établit immédiatement dans l'esprit des chefs entre cette découverte et la tragédie du 17 août dernier, à Bonneville, au cours de laquelle sept jeunes gens de la localité furent fusillés, après avoir été sauvagement torturés.
Les familles des malheureux, bien que n'ignorant pas le sort subi par leurs enfants, ne savaient où ils avaient été inhumés. Mais l'habillement des victimes dont il leur fut donné connaissance, allait permettre leur rapide identification, car il s'agissait bien des sept fusillés de Bonneville.

LES CIRCONSTANCES DU DRAME

Le 16 août dernier, vers 19 h., un jeune ouvrier agricole, Guy LACROIX, 18 ans, se trouvait dans le bois dit de Surville, lorsqu'il aperçut à quelque distance un sous-officier allemand. Le jeune homme, qui était armé, tira sur lui, mais le manqua. Le boche sortit on revolver et fit feu à son tour, mais sans plus de chance, ce qui permit au jeune LACROIX de s'enfuir sous bois. Cependant, l'Allemand, sans perdre de temps à la poursuite, s'en fut chercher du renfort et ayant fait cerner et fouiller le bois, put s'emparer de son agresseur.
Mis à la torture, le jeune homme dut expliquer le mobile qui l'avait fait agir et la façon dont il était armé. Sous l'effet déprimant des souffrances qui lui étaient imposées, il avoua qu'en compagnie de six autres de ses camarades de la commune, tous ouvriers agricoles ou fils de cultivateurs : les frères TITREN, âgés de 16 et 21 ans, VASSEUR, MERCIER, DUFRÉNOY et JOLIBOIS, dont l'âge varie de 19 à 21 ans, ils avaient constitué un groupe indépendant de résistance.
A la suite de ses aveux, des perquisitions furent opérées, qui firent découvrir un fusil allemand et une cartouche avec ressort de mitrailleuse chez MM. MERCIER et DUFRENOY pères. les six jeunes gens furent, à leur tour, immédiatement arrêtés.

TORTURÉS PUIS FUSILLÉS

Livrés aux S.S. qui cantonnaient à Montrelet, les sept prisonniers, furent enfermés dans une dépendance de la ferme de M. VATINE, agriculteur du même lieu.
Toute la nuit, la ferme résonna des cris de douleur des malheureux torturés avec une sauvagerie sans nom. Le lendemain matin, lorsqu'ils furent emmenés derrière le cimetière communal et alignés devant un vaste trou de bombe, où ils furent fusillés vers 7 heures, le sol et les murs de l'étable étaient à ce point recouverts de sang que cette étable présentait l'aspect d'un véritable abattoir.
Six cercueils furent alors commandés à M. Kléber CAVILLON, menuisier à Bonneville, mais les Allemands n'en prirent pas livraison et les corps des suppliciés que personne n'eut le droit d'approcher ni de voir, furent emmenés vers une destination inconnue que vient seulement de révéler la macabre découverte d'Acheux-en-Amiénois.
Ajoutons que le nom et l'adresse de l'officier SS qui commanda cette sauvage tuerie sont connus et qu'il aura à en répondre.
L'inhumation de ces sept nouvelles victimes de la sauvagerie allemande a eu lieu samedi (16 septembre 1944), à Bonneville, en présence d'une assistance considérable.

La Picardie Nouvelle, numéro 16 (Lundi 18 septembre 1944) 711PER1 Archives de la Somme



Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : sam. mai 04, 2024 9:27 am 
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Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale


Adrien Roland Maurice DUFRENOY
Mort pour la France le 17 août 1944 à Bonneville (Somme)
Né le 22 mai 1925 à Candas (Somme)
19 ans, 2 mois et 25 jours
Statut : militaire
Unité : forces françaises de l'intérieur (FFI)
Mention : Mort pour la France
Cause du décès : fusillé par les allemands
Sources : Service historique de la Défense, Caen
Cote : AC 21 P 176149


Roger René Roland MERCIER
Mort pour la France le 17 août 1944 à Bonneville (Somme)
Né le 5 septembre 1926 à Bonneville (Somme)
17 ans, 11 mois et 11 jours
Statut : militaire
Unité : francs-tireurs et partisans français (FTPF)
Mention : Mort pour la France
Cause du décès : fusillé
Sources : Service historique de la Défense, Caen
Cote : AC 21 P 88876


Georges Pierre René TITREN
Mort pour la France le 17 août 1944 à Bonneville sur Canaple (Somme)
Né le 30 octobre 1927 à Bonneville (Somme)
16 ans, 9 mois et 18 jours
Unité : francs-tireurs et partisans français (FTPF)
Mention : Mort pour la France
Cause du décès : fusillé par les allemands
Sources : Service historique de la Défense, Caen
Cote : AC 21 P 159413


Léon Raphael Cyrille TITREN
Mort pour la France le 17 août 1944 à Bonneville (Somme)
Né le 13 octobre 1923 à Bonneville (Somme)
20 ans, 10 mois et 4 jours
Statut : militaire
Unité : forces françaises de l'intérieur (FFI)
Mention : Mort pour la France
Cause du décès : fusillé par les allemands
Sources : Service historique de la Défense, Caen
Cote : AC 21 P 159414


Titres, homologations et services pour faits de résistance
René JOLIBOIS
Né le 7 octobre 1925 à Bonneville (Somme)
Famille résistance : déportés et internés de la résistance (DIR), forces françaises de l’intérieur (FFI)
Statut : interné résistant
Cote(s) : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 310288
Service : historique de la Défense, Caen SHD/ AC 21 P 577000




Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : sam. mai 04, 2024 16:57 pm 
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MessagePublié : mer. août 21, 2024 10:25 am 
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Article du Courrier Picard du 21 août 2024 d'ÉRIC SARA correspondant du C.P.

Bonneville - Hommage aux sept victimes de la barbarie nazie

Adrien Dufrénoy, René Jolibois, Guy Lacroix, Roger Mercier, Georges et Léon Titren et Jean Vasseur ont été assassinés en 1944. Une cérémonie leur a rendu hommage, samedi.

Samedi 17 août avait lieu la commémoration du 80 e anniversaire des sept fusillés de Bonneville. L’hommage s’est déroulé au son de la cornemuse écossaise d’Emmanuel Arnoud, de La Cornemuse aillygeoise, une association de musique écossaise.
Il y a eu le dépôt des gerbes devant la stèle de l’allée des Martyrs et au monument aux morts, l’évocation du martyr de ces jeunes Bonnevillois par Jean-Claude Vignon, vice-président de la section locale des ACPG-CATM (Anciens combattants prisonniers de guerres-Combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc), l’allocution du maire, Emmanuel Petit, ou encore le moment convivial à la salle municipale.


Cette commémoration a rendu hommage à Adrien Dufrénoy, René Jolibois, Guy Lacroix, Roger Mercier, Georges Titren, Léon Titren et Jean Vasseur fauchés dans la fleur de l’âge par la barbarie nazie.
En août 1944, la commune était occupée par un détachement de l’armée allemande et de soldats de la tristement célèbre Waffen-SS remontant du sud de la France. Ils étaient stationnés à Montrelet. Le 16 août 1944, en fin d’après-midi, dans la côte de Montrelet, un jeune de Bonneville prit une initiative pour le moins malheureuse : il tira sur un adjudant de la Wehrmacht sans l’atteindre.

Martyrisés toute la nuit du 16 au 17 août 1944

« Dès lors, le secteur fut circonscrit et l’auteur de cette tentative fut rapidement appréhendé, suspecté de ne pas avoir agi seul. Les nazis exigèrent la liste de ses compagnons. La tension dans la commune était palpable. Le moindre accident aurait pu dégénérer. Dès lors que ceux-ci furent identifiés, c’est le maire, Louis Riquez, qui fut chargé de désigner la demeure de chacun », a détaillé Claude Vignon.
Après avoir été martyrisés toute la nuit du 16 au 17 août dans un bâtiment de l’usine de Montrelet, ces sept jeunes seront fusillés puis sommairement ensevelis dans un cratère de bombe, situé non loin du monument érigé dans l’allée des Martyrs. Les corps seront ensuite transportés en dehors de Bonneville, dans un bois sur le territoire d’Acheux-en-Amiénois précisément. Ils seront découverts le 12 septembre suivant par un cantonnier de cette commune.




Cordialement
Eric Abadie


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