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MessagePublié : mer. mai 01, 2024 18:40 pm 
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LIBERATION DES VILLAGES GRAND QUART NORD-NORD-EST D'AMIENS EN AOUT 1944

31 août 1944


FRANVILLERS

Nous sommes reçus par Mme VAILLANT, dont le mari, brigadier de police et chef de F.F.I. de la région, est reparti avec es hommes pour nettoyer les alentours de Warloy-Baillon.
A Franvillers, les Allemands avaient déjà pris la fuite le 31 au soir. Une colonne de blindés venant de Corbie, est entrée dans le village, à 7 heures, le 1er septembre (1944).


QUERRIEU-PONT-NOYELLES

M. OLIN, chef des F.F.I. a bien voulu nous donner quelques détails sur la libération de ces deux localités.
Jeudi 31 août, à 20 heures, des chenillettes anglaises font leur entrée à Querrieu.
Les F.F.I. ont combattu contre les troupes allemandes, l'un de leur groupes amène, sou les yeux des rédacteurs de notre journal, en tournée d'informations, un lieutenant-colonel, un commandant, un lieutenant et un sergent. Ces hommes marchaient depuis quatre jours, venant de Breteuil, et se sont défendu jusqu'à la dernière cartouche.


LAHOUSSOYE

Jeudi 31 août, à 8 h. 1/4, les troupes britanniques ont libéré Lahoussoye.
M. SANTERRE, maire de la commune, nous reçoit. Par lui, nous apprenons que ce sont des tanks anglais venant de Corbie qui ont délivré la Commune.

La Picardie Nouvelle, numéro 7 711PER1 Archives de la Somme


COISY

Un vaillant Français amputé d'un bras, a fait à lui seul vingt-trois prisonniers allemands.

La Picardie Nouvelle, numéro 8 711PER1 Archives de la Somme


RAINNEVILLE

La commune a été rapidement libérée, sans dommages notables. Mai on nous annonce la disparition de huit cultivateurs, entraînés de force par les Allemands, avec ordre de les conduire, avec leurs chevaux vers les lignes de repli ennemies.

La Picardie Nouvelle, numéro 9 711PER1 Archives de la Somme





Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : mer. mai 01, 2024 19:15 pm 
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LIBERATION DES VILLAGES GRAND QUART NORD-NORD-EST D'AMIENS EN AOUT 1944


COISY

Vingt-trois prisonniers d'une seule main
Le bel exploit d'un habitant de Coisy

Coisy, petit village, verdoyant et paisible.
M. Maurice CANTRELLE, un homme héroïque.

Il faut tout d'abord connaître l'amour que Maurice CANTRELLE * professe pour le risque. A l'âge de sept ans - il vivait dans un pays de mines - Maurice ramassa une cartouche de dynamite qui explosa et lui déchiqueta la main gauche. Sans une larme il rentra chez lui et malgré la souffrance dissimula le plus longtemps possible sa blessure à sa mère.
Nous trouvons Maurice CANTRELLE se reposant au soleil. Il est simplement vêtu. C'est un grand homme brun, musclé, silencieux.
Nous devons lui poser force questions pour que Maurice, se retranchant derrière sa modestie naturelle, consente à nous dire sa conduite héroïque.
Le 31 août, à trois heures, Maurice CANTRELLE avait aperçu des Allemands se dissimulant dans les tas de blé derrière son jardin.
Puis de cachette en cachette, il parvint à se glisser près d'un camion allemand où il déroba une mitraillette. Nous imaginons fort bien CANTRELLE attendant patiemment la venue des troupes alliées avec toute la constance commune de nos paysans picards.
A cinq heures enfin, Maurice CANTRELLE aperçoit à quelques kilomètres les premiers tanks britanniques, immédiatement, il saisit la mitraillette de sa main unique, et se dirige sans hésitation vers le champ où les Boches se cachent. Appuyant la mitraillette sur son avant-bras, il commence à faire feu. Les Boches répondent. Au bout de quelques instants, quelque soldat allemands sortent de leur cachette et se rendent immédiatement suivi de leurs camarades.
C'est ainsi qu'au péril de sa vie, Maurice CANTRELLE pouvait amener triomphalement ses 22 prisonniers à M. Alexandre DUBAS, maire de Coisy.
Les libérateurs arrivent et Maurice CANTRELLE les acclame simplement, taisant son acte de bravoure. Mais M. DUBAS le présente et les soldat alliés le félicitent.
Tranquillement M. CANTRELLE rentre chez lui pour se restaurer.
Il ne possédait que deux chargeurs et sa mitraillette n'est plus armée. Mai il y a encore dans le champ, un officier qui ne s'est pas rendu. Et sans recourir aux soldats britanniques, il prend cette mitraillette et à nouveau se dirige vers le tas de blé où il ait l'Allemand.
Il avance en criant et persuadé d'avoir à faire à un homme dangereux, le Boche se rend et jette son revolver. C'est un capitaine.
Maurice CANTRELLE ne recherche pas la gloire et ayant remis son vingt-troisième prisonnier entre les mains de M. DUBAS, il va tout bonnement se reposer.
C'est par M. DUBAS que nous apprenons que Maurice CANTRELLE a été prisonnier civil des Boches pendant 14 mois. Et c'est toujours courageusement qu'il a supporté les souffrances de la captivité.
C'est également M. DUBAS qui nous conte qu'à plusieurs reprises Maurice CANTRELLE a insulté les Allemands, leur jetant à la face cette injure qui pouvait lui coûter cher : "Sale Boche !"
Nou avons pu lui arracher la permission de le photographier - car nous pensons que tous les Picards seront heureux de connaître le héros de Coisy.
Et tous nous voulons témoigner à Maurice CANTRELLE notre sympathie admirative et reconnaissante.

La Picardie Nouvelle, numéro 11 711PER1 Archives de la Somme


* Maurice CANTREL figure sur la Liste électorale de 1939 de Coisy (3M539 - Archives de la Somme)
Cantrel Maurice, journalier, né à Noyelles-en-Chaussée (Somme) le 28 septembre 1902, demeure rue Neuve à Coisy (Somme)
En 1931, au recensement de la population de Coisy, Il vit chez Mme Marthe Jourdain, rue Neuve, et exerce la profession de taupier.


Maurice olivier CANTREL figure bien sur l'état civil de la commune de Noyelles-en-Chaussée (Somme) où il est né le 28 septembre 1902 d'un père charpentier et d'une mère ménagère.
Maurice CANTREL décèdera à Coisy le quatre février mil neuf cent cinquante-trois dans sa cinquante-et-unième année.



Cordialement
Eric Abadie


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