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DURY
31 août 1944
31 août, 6 heures du matin :la population est réveillée par des rafales de mitrailleuses ; un roulement gronde dans la vallée, vers Saleux : ce sont les premiers tanks anglais qui se déploient et bientôt font leur apparition dans le bas du village. Des Allemands surpris abandonnent autos et camions. Les F.F.I. de Dury sont alertés ; ils sont sans armes, mais s'organisent rapidement : douze boches armés jusqu'aux dents sont fait prisonniers sans résistance dans une grange. Les F.F.I. s'arment, se répandent dans toutes les rues, dégagent avec des chevaux les camions immobilisés aux carrefours, essuient quelques coups de feu de fuyards et font encore dix prisonniers. Puis ils maintiennent l'ordre et empêchent le pillage des véhicules abandonnés. Et c'est la ruée des blindés anglais vers Amiens, acclamés par toute la population surprise et heureuse d'une aussi prompte libération. Toutes les maisons sont pavoisées aux couleurs alliées avec les drapeaux sortis des cachettes.
10 septembre 1944
15 heures : toute la population du village est réunie sur la place ; un cortège s'organise : Anciens Combattants et Prisonniers avec leur drapeau, enfants des écoles dirigés par leurs maîtres, F.F.I. de Dury précèdent une foule qui se déroule sur près d'un kilomètre. Tous se rendent au Monument aux Morts de 1914-18 ; une couronne et un bouquet sont déposés et après une minute de silence, le chef des F.F.I. rappelle le sacrifice de tous les héros des trois dernières guerres. Les enfants déposent des fleurs sur les tombes des soldats morts pour la France en 1940, sur celles de deux fusillés et d'un soldat anglais tombé le 31 août. Le cortège, après avoir défilé devant le monument de 1870-71, reprend le chemin du village. C'est le retour sur la place où nous sommes heureux de rencontrer le commandant LAVERDURE, le lieutenant MICHEL, le gendarme ROBINNE et sa femme, quatre braves de la Résistance. La Marseillaise, reprise en chœur, est exécutée par les enfants. Puis, c'est la dislocation, chacun reprenant le chemin de la maison, gardant le souvenir d'une belle journée.
La Picardie Nouvelle, numéro 10 711PER1 Archives de la Somme
N.B. une photographie de cette manifestation figure en page 1 de cette édition de "Picardie Nouvelle"
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SAINT-FUSCIEN
31 août 1944
La première escarmouche a eu lieu au début de la matinée au virage de la mare. Un motocycliste allemand venant de la route de Sains, fut attaqué par trois F.F.I. Il dut abandonner sa machine, et, protégé par les haies et les buissons voisins, réussit à échapper à ses poursuivants. Un peu plus tard, une auto ennemie occupée par un officier et un soldat rencontra une auto anglaise. Les deux boches, qui avaient tiré les premiers, furent grièvement blessés après quelques échanges. Pendant toute la journée, les F.F.I. parcoururent le terroir. Aux abords de la ferme de M. GROSSEMY, à Boutillerie, ils capturèrent un prisonnier. [...] M. Marcel MARTIN, chef de groupe local du mouvement F.T.P.F. dont l'action avait été particulièrement vive ce 31 août, devait trouver la mort le surlendemain, au cours d'une rencontre avec des soldats allemands errant encore dans la campagne. Les obsèques de ce brave auront lieu mardi 5 septembre. Réunion à 15 heures, à Saint-Fuscien, et à 16 heures au cimetière Saint-Acheul (ancien).
Picardie Nouvelle, numéro 4 (Lundi 4 septembre 1944) 711PER1 Archives de la Somme
Marcel Joseph Edmond MARTIN Mort pour la France le 2 septembre 1944 à Cagny (Somme) Né le 5 février 1914 à Citernes (Somme) 30 ans, 6 mois et 25 jours militaire forces françaises de l'intérieur (FFI) Mention : Mort pour la France Sources : Service historique de la Défense, Caen Cote : AC 21 P 81886
Titres, homologations et services pour faits de résistance Marcel Joseph Edmond MARTIN alias Bernard Né le 05-02-1914 à Citerne (Somme) Famille résistance : forces françaises de l’intérieur (FFI) Cote(s) : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 398432
Cordialement Eric Abadie
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