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l'"optimisme" de la presse régionale au 13 juin 1940 ...
SUR LA BASSE SEINE On sait que les Allemands qui ont abordé la Basse-Seine ont tenté avant-hier de franchir le fleuve dans la région de Vernon hier ils ont nouveau cherché a le traverser sur plusieurs points entre Rouen et Vernon. notamment dans la région de Louviers. Leurs tentatives ont échoué, seul dans la région de Vernon où ils ont masqué leur opération à l'aide de rideaux fumigènes nous les avons aussitôt contre-attaques.
DANS LA RÉGION DE L'OISE On signale de violents combats aux environs de Senlis. Plus à 'Est, notre ligne a effectué le repli ordonné par le haut commandement ; elle passe par Compiègne, Noyon et Soissons. L'ennemi porte principalement son effort dans la région de Vic-sur-Aisne et a pu progresser sur certains points au nord de la rivière. A La Ferté-Milon et à La Fère-en-Tardenois, la bataille est acharnée.
DANS LA RÉGION DE LA MARNE C'est également sur l'ordre du haut commandement que nos troupes se sont repliées sur la ligne Château-Thierry-Meaux. Les Allemands semblent vouloir prendre Reims dans une tenaille. Quatre ou cinq divisions et deux divisions blindés marchent sur la ville d'Ouest en Est et du Nord au Sud. On se bat au nord sur la Retourne où nos troupes qui ont contre-attaqué, résistent l'ennemi qui n'a pu franchir la rivière.
Signalons enfin que malgré tous leurs efforts les Allemands n'ont pu briser notre charnière d'Attigny.
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LES COMMUNIQUÉS FRANÇAIS
Communiqué officiel n° 565 du 12 juin, au matin
La bataille continue.
Situation sans changement important sur l'ensemble du front. Il se confirme que la poussée de l'ennemi en direction de Reims est menée avec des moyens puissants comportant deux divisions blindés.
Communique officiel n° 566 du 12 juin au soir La bataille est toujours aussi violente sur l'ensemble du front. De la mer à l'Oise, l'ennemi a accentué son effort sur la Seine, de Rouen à Vernon, pour agrandir la tête de pont qu'il est parvenu à établir au sud du fleuve. Il cherche à pousser dans la direction d'Evreux et de Pacy-sur-Eure, mais il est vigoureusement contenu par nos unités. Il a lancé, d'autre part, des détachements de reconnaissance, sur la rive nord de la Seine, en direction de Caudebec. Sur l'Oise inférieure, il a pris le contact de nos troupes dans la région de Persan-Beaumont. Entre Oise et Ourcq, ses avant-gardes ont prononcé de violentes attaques dans la région de Crépy-en-Valois et de Betz. Sur la Marne, aux environs de Château-Thierry, les masses ennemies venues du Nord ont réussi à porter des éléments sur la rive sud. Dans la région de Reims, l'ennemi a jeté dans la bataille de nouvelles unités de chars et des unités motorisées. Tout un corps mécanique, comptant trois à quatre divisions blindées et deux à trois divisions motorisées, est intervenu dans la lutte. Devant cet assaut, nos divisions se sont repliées pied à pied, après une lutte acharnée et par ordre, vers la Montagne de Reims. Dans le Nord-Est de Reims, les renseignements provenant de nombreux prisonniers, indiquent que l'ennemi a subi de très lourdes pertes, sous les contre-attaques de nos unités mécaniques et sous les bombardements répétés de notre aviation. Certaines de nos escadrilles sont retournées cinq fois à la bataille dans le courant de la journée. Entre Aisne et Meuse, l'ennemi n'a pas renouvelé ses attaques.
L'Ouest-Éclair - édition du jeudi 13 juin 1940 Sources : Site Gallica de la B.N.F.
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