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 Sujet du message : Exode de mai 1940
MessagePublié : jeu. mai 06, 2010 20:51 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
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Bonsoir à tous,
Dans quelques jours, sera célébré l'anniversaire de la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945. Le mois de mai donne lieu aussi, cette année, à la commémoration d'autres événements tragiques : le déclenchement de l'offensive allemande à l'ouest le 10 mai 1940 et de ses conséquences tant militaires que civiles.
L'exode va toucher toute la population de notre région dès la mi-mai 40.
Nous lançons donc un appel à témoignage si vous ou l'un de vos proches a vécu ces journées terribles "d'évacuation" en mai 1940, n'hésitez pas à nous contacter pour nous faire partager son ou votre expérience.Merci d'avance
Bonne soirée
Eric


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MessagePublié : jeu. mai 06, 2010 21:11 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
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Je vous livre un premier récit celui de ma mère qui me conta son exode, qu'elle appelait aussi communément l’évacuation.
« Nous habitions Bouchoir (Somme) en 1940. J’avais dix-huit ans.
Comme la plupart des habitants de Bouchoir, nous avons évacué le 17 mai 1940.
Mes parents et mon frère sont partis vers 16 heures avec un chariot attelé à quatre chevaux, conduit par mon père, et un tombereau, rempli d’avoine pour les bêtes, attelé à deux chevaux et conduit par un charretier tchèque. Les deux attelages appartenaient à M. C., cultivateur à Bouchoir, mobilisé alors, chez qui mon père travaillait.
Mes parents ont emporté de la lingerie, du savon, du sucre et de la farine stockés par ma mère. Une employée de la ferme, Marie-Jeanne L., avait ses parents qui habitaient en Normandie. Nous l’avons donc suivie jusque chez elle à Fay, petit village de l’Orne. Mme C. est partie avec sa voiture pour la même destination.
Avant de quitter Bouchoir, j’ai tenu à dire au revoir à Mme D. J’ai assuré mes parents que je les rattraperai peu après sur la route. Nous avions convenu de nous arrêter à Thory.
Après ma visite, j’ai pris la route en compagnie de Marie-Jeanne. Elle conduisait une voiture à courir, un cabriolet. Nous sommes allées jusqu’à Thory. Là, nous avons mangé et attendu mes parents. Fatiguées, nous sommes allées nous coucher. Ce soir-là, j’ai encore dormi dans un lit.
Mes parents, quant à eux, mal guidés, sont arrivés à Moreuil où ils ont tourné un bon moment. Ils ont voyagé toute la nuit. Enfin le matin, ils ont rencontré les ouvriers de M. B., cultivateur à Bouchoir. Voyant mes parents fatigués, Tekla W. leur a donné du lait. Eux, étaient partis de Bouchoir la veille après la traite (après 19 heures).
Enfin, dans la matinée du 18, nous nous sommes retrouvés à Thory.
De là, nous avons pris le chemin de Breteuil. Nous avons dormi dans un hangar près de la gare [Bacouel = Breteuil embranchement]. Il y a eu des alertes toute la nuit. Le 19 mai, à cinq heures du matin, mon père a attelé car le coin ne lui plaisait pas du tout. Il redoutait les bombardements. A peine étions-nous sortis de Breteuil que le bourg était bombardé ainsi que la gare.
Nous avons passé la ville de Crèvecœur-le-Grand. Nous nous sommes arrêtés à Haute-Epine, village suivant, dans une ferme. Le propriétaire qui vivait dans une autre exploitation nous a donné l’autorisation de nous y installer. Nous sommes restés là une journée et demi mais nous y avons dormi deux nuits. De Haute-Epine, nous allions chercher notre pain, à bicyclette, jusqu’à Crèvecœur.
Le 20 mai, nous faisions la queue, mon père et moi, devant un boulanger de Crèvecœur, quand les avions allemands sont arrivés. Ils ont commencé à mitrailler. Tout le monde se sauvait dans tous les sens. Les vélos étaient à terre. C’était la panique.
Je me suis retrouvée dans une « cave-abri ». Des balles ont explosé à l’entrée de la cave créant beaucoup d’émotion dans cet endroit. Une femme que je ne connaissais pas, voulait me donner de l’argent pour que j’aille brûler un cierge à l’église. Mon père était lui dans une autre cave. A la fin de l’alerte nous sommes ressortis choqués mais indemnes et … sans pain. Nous avons repris nos vélos et nous sommes repartis vers Haute-Epine où nous avons mangé des pommes de terre à défaut de pain.
Nous avons repris la route le 21 mai. Nous avons emprunté une route bordée d’arbres, de taillis et de bosquets. Là, nous avons encore été bombardés. Nous nous sommes réfugiés dans les fossés. Fort heureusement, personne ne fut blessé ; les bêtes comme les hommes.
Les jours suivants notre voyage s’est poursuivi par Gournay-en-Bray, Gisors, Vernon, Pacy, Saint-André de l’Eure, Rugles, l’Aigle, Moulins la marche et enfin Fay.
Nous sommes arrivés à Fay le 1 juin, après un exode de 15 jours.
Nous avons été installés, mes parents, mon frère et moi, dans l’ancien presbytère du village. C’est la secrétaire de mairie qui, par relations, nous avait placés là. La maison sentait le moisi. Au sol, des briques servaient de pavage. Le bâtiment était situé dans une pâture où nous avons mis les six chevaux. Ceux-ci étaient en forme, bien nourris qu’ils étaient d’avoine et d’herbe bien grasse.
J’ai travaillé chez M. et Mme R., fermiers, et mon frère a travaillé chez le maire du village. Les jeunes devaient travailler parce que ce n’était pas un lieu d’exode. De plus, même si la paye n’était pas très importante, cela permettait de subvenir aux besoins immédiats de la famille.
Nous avons dû évacuer une seconde fois vers Sées, pendant quatre jours. Les Allemands étaient maintenant là. Alors que nous étions dans une pâture près des chariots, c’est mon père qui aperçut le premier la colonne allemande qui s’avançait sur la route. Nous sommes donc revenus à Fay.
Nous avons dû attendre de recevoir l’autorisation pour revenir à Bouchoir. Madame C., notre patronne, avait réussi à obtenir un bon d’essence et une autorisation de voyage. Ainsi elle avait pu rentrer avant nous. Une fois à Bouchoir elle avait fait tout son possible pour obtenir notre retour.
Après la deuxième évacuation, les Allemands nous ont pris deux chevaux sur les six.
Enfin notre retour fut autorisé mais il fut pénible. Nous avions laissé le tombereau à Fay. Dès les premiers kilomètres, mon père s’est écrasé le pied sous les roues de devant du chariot qui lui sont passées dessus.
Aux Andelys, les Allemands avaient jeté un pont de bateaux sur la Seine. Mon père, souffrant, était incapable de conduire l’attelage. C’est mon frère, âgé de quinze ans, qui dut prendre les rênes. La passerelle, étroite, rendait la manœuvre malaisée surtout pour un jeune garçon peu habitué à manier tant de chevaux. Les soldats allemands durent aider au passage. L’un d’eux prit le cheval de tête par la bride et le guida pendant toute la traversée du fleuve.
Malgré cet incident, le retour se fit sans autre heurt et Bouchoir fut atteint le 13 juillet au soir.
Mon père resta encore un mois immobilisé afin de guérir totalement de son accident.
»


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MessagePublié : ven. mai 07, 2010 6:02 am 
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Inscription : ven. sept. 28, 2007 11:43 am
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Bonjour,

Cela se passe un peu plus au sud, donc un peu plus tard.
Jette un coup d'oeil ici :

http://cghfm.org/guerre/viewtopic.php?f=8&t=7

Tu peux piocher, c'est chez moi.

Cordialement

Jean

_________________
Vie : Maladie sexuellement transmissible et toujours fatale.


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MessagePublié : ven. mai 07, 2010 18:25 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
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Localisation : Somme
Bonsoir à tous, bonsoir jean,
Merci pour ce lien et ce témoignage très intéressant, merci aussi de nous permettre de "piocher".
Voici une autre relation tirée de l'édition (est du département) du 10 juin 1992 du Courrier Picard - seuls les extraits de l'article signé Didier Debril et concernant l'exode sont reproduits ici :
"(Les) routes de France connaiss(aient) un flux de circulation invraisemblable : à pied, à cheval, en voiture à bras, en chariot, rarement en automobile, une partie de la population fuyait l'avancée allemande. Les français découvraient à leur corps défendant la dure réalité de l'exode. De l'évacuation, comme on disait à l'époque. Dans le village d'Estrées-Mons, bon nombre d'habitants se souviennent de cette épisode dramatique de leur vie. Parmi eux, Mme Laurenza Van Hoegaerden qui a connu en tant qu'adolescente cette période. Armée d'un appareil photo Kodak, la jeune fille d'alors a pris quelques clichés de cette longue transumance.
[...]
17 mai 1940 - "Au village c'est la panique. Les habitants décident de fuir pour la plupart au hasard des routes. Avec néanmoins une constante : le sud. Ce sont des convois hétéroclites qui s'avancent ainsi sur les routes ou chemins de France, avec des chariots, des attelages de toutes natures, des bicyclettes pour certains, à pied pour la plupart.
Direction Alençon
Chaque jour, la moyenne parcourue est de l'ordre de trente cinq kilmètres. Avec l'angoisse d'être la cible des pilotes allemends qui n'hésitent pas à mitrailler cette longue file de femmes, d'enfants, d'hommes âgés ou adolescents. Ainsi, raconte Mme Van Hoergaerden, dans une autre convoi, une jeune fille et une personne âgée de Mons ont été tuées à la suite d'un mitraillage en règle par des avions de chasse. Le groupe où se trouve une partie des gens d'Estrées-mons et laurenza a choisi la direction de Beauvais, Dreux, Chartres... Le 20 juin, la longue cohorte arrive à Savigny près d'Alençon.
Payé l'eau
Malheureusement, les soldats allemands sont déjà là. Ils ont franchi la Seine le 15 juin. Le groupe doit faire demi-tour et refaire le même chemin en sens inverse. Pour tous, c'est le désespoir. Car marcher dans ces conditions, c'est l'horreur, il faut tirer les carrioles, il y a les enfants et souvent des bébés. La préoccupation des adultes est de nourrir toutes ces jeunes bouches. Or, contrairement à ce que nous pourrions penser aujourd'hui, la solidarité était peu pratiquée par les habitants des villages traversés. Combien de fois, les gens qui fuyaient les soldats allemands ont dû payer pour avoir de l'eau... On regarde d'un mauvais oeil ces gens qui tentent d'aller vers le sud.
Bloqué comme tout le monde, le groupe repart donc vers la Picardie. A Asset dans l'Eure, le convoi est canalisé et se retrouve devant les grilles d'un château. Celui-ci est entouré de douves assez profondes. Le groupe est pris comme dans une nasse. Effectivement, on bloque les gens dans le parc du château de Berchères-sur-Vesgres, en Eure-et-Loir, durant trois semaines. Laurenza se souvient : tous les jours, les Allemands donnaient comme nourriture une soupe le midi et du fromage hollandais. Les soldats découpaient les portions dans des grandes roues de près d'un mètre cinquante de diamètre.
Le 21 juillet, le groupe est enfin relâché. Il y a là des habitants de Languevoisin, de Voyennes, Le Quesnel, Bouzincourt, Vraignes, Courdry, etc. Le 1er août, c'est enfin le retour à la maison.
Surprise, les maisons d'Estrées-Mons ont été réquisitionnées par l'armée allemande. C'était le temps de l'occupation ! Depuis, Mme Van Hoergaerden se souvient chaque année du 17 mai 1940
..."


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MessagePublié : sam. mai 08, 2010 10:30 am 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
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Localisation : Somme
Bonjour à tous,
Pour découvrir le récit sur l'évacuation de Mme Quélin, institutrice du village de Soyécourt (Somme), village proche de Chaulnes, suivre ce lien :
http://www.soyecourt.com/spip.php?article100
Les événements de cet exode se déroulent entre le vendredi 17 mai et le mardi 9 juillet 1940. Le trajet de ces évacués passe par Beaucourt, Pierrepont, Grivesnes, Monsures, Guizancourt-sous-Poix, Beaucamps-le-Jeune, Gaillefontaine, Forges-les-Eaux, Argueil, Ry, Martainville, Mesnil-Raoul, Pont-Saint-Pierre, Saint-Pierre-du-Vauvray, Connelles, Radepont.

Cordialement
Eric


Dernière édition par ae80 le dim. févr. 20, 2011 11:39 am, édité 2 fois.

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MessagePublié : sam. oct. 23, 2010 18:51 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
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Localisation : Somme
Bonsoir à tous,
A découvrir dans le numéro 38 d'octobre 2010 de la revue "En Somme", le récit de Bernard Léguillier : "1940 : l'exode d'un jeune picard".
Cette narration reprend des extraits du livre de cet auteur : "1939 -1945 Chroniques villageoises d'un jeune picard" aux éditions La Vague verte, 1997.
Le récit débute le 16 mai 1940 à Driencourt, village proche de Péronne. L'évacuation du village est effective le 17. L'itinéraire passe par Aizecourt, Allaines, Mont-Saint-Quentin, Cléry, Dompierre-Becquincourt. Le groupe familial de treize personnes se dirige ensuite vers Crévecoeur-le-Grand. L'exode se prolonge par Les Andelys pour aboutir enfin dans la région de La Flèche.
Ce périple fut émaillé de nombreux mitraillages et bombardements de l'aviation allemande.
"17 mai 1940, 14 h. Pour Bernard, jeune villageois, comme pour des millions d’autres, c’est le début du cauchemar ; un mois d’exode jusqu’en Anjou, au pas lent des chevaux, sous la mitraille des Stukas. Vient ensuite le retour et le passage nocturne, en équilibre sur une poutre jetée sur une écluse, afin de réintégrer la zone interdite."


Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : jeu. nov. 17, 2011 20:45 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
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Localisation : Somme
Bonsoir,
A lire : "Les déplacements de la population vers la Bretagne en 1939 - 1940" par André Meynier.

http://www.persee.fr/web/revues/home/pr ... _55_1_1861

Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : jeu. avr. 16, 2015 21:31 pm 
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Inscription : mer. avr. 15, 2015 8:51 am
Messages : 14
Bonsoir,
Petits souvenir de l'exode et de la débâcle que mon père a vécu à l'Étoile:
Son père qui travaillait à l'usine Saint-Frère des Moulins-Bleus(il n'était pas sur le front) a du démonter l'ensemble des métiers avec d'autres collègues pour les emmener à la gare de Longpré-les-Corps-Saints et ensuite aller vers Puyoô il me semble. Quant à ma grand-père, mon oncle et mon père, ils sont restés à l'Étoile, au moment ou ils devaient aller à la gare de Longpré-les-Corps-Saints, il y eu un bombardement sur Condé-Folie et sur la gare et de ce fait l'armée française décida de faire sauter le pont et le bac de l'Étoile pour empêcher Rommel de traversée le fleuve(ce qu'il a du faire du côté de Bourdon/Hangest-sur-Somme si je me souviens de photos), mon père se souvient de l'arrivée des allemands en carriole à cheval dans le village et commencèrent 4 années noires.
Bonne soirée


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : jeu. avr. 06, 2017 11:22 am 
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Inscription : jeu. mars 16, 2017 20:57 pm
Messages : 50
bonjour, peut-être devrais-je créer un nouveau sujet, ceci n'étant pas un témoignage, mais une question :
il me semble avoir lu à plusieurs reprises qu'avaient été décrétées des destinations pour l'exode, tel département devant aller dans tel autre. Or, les témoignages lus ci-dessus et les souvenirs familiaux ne le confirment pas : mes familles maternelles et paternelles habitaient la Somme, Amiens et 4 km d'Amiens - les uns sont allés en Bretagne, les autres dans les Deux-Sèvres.
Si quelqu'un peut me renseigner, à l'avance, merci - martinev


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : jeu. avr. 06, 2017 18:16 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
Messages : 1225
Localisation : Somme
Bonsoir,
Effectivement un plan d'évacuation de la population des départements exposés tout le long des frontières puis plus en profondeur avait été mis en place au milieu des années 30. Ainsi la Bretagne et la Basse-Normandie furent choisies pour accueillir d'éventuels réfugiés. La Première Guerre mondiale avait déjà vu une migration de la population des départements envahis mais dans une moindre mesure. A la veille de la Seconde, personne n'imagine que plusieurs millions de gens vont se retrouver sur les routes au cours des mois de mai et juin 1940.
Ainsi pour le seul département de la Somme, le mouvement de cet exode emportera 13 500 évacués vers la Loire-Inférieure (Loire-Atlantique), 15 000 en Ille-et-Vilaine, 6 400 dans le Morbihan, 17 000 dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d'Armor) et 19 000 dans le Finistère.
Les institutions suivent comme la préfecture de la Somme qui trouvera refuge à Saint-Lô dans le département de la Manche. Fait unique dans la presse "Le progrès de la Somme" suit les évacués et se retrouve à Lorient avec une antenne à Paramé (Ille-et-Vilaine). Six numéros du journal, destinés aux transplantés picards paraîtront en Bretagne. Sous le titre, un bandeau annonce "Journal des Réfugiés originaires de Picardie"
On le voit beaucoup ont suivi les directives gouvernementales ou préfectorales.
Cependant dès l'annonce de l'ordre d'évacuation - à partir du 17 mai - certains prendront des directions différentes : le Massif Central, le sud-ouest, etc. ou plus proche celle de la Normandie.
Quant au département de l'Aisne, beaucoup de ses habitants se retrouveront en nombre dans le département de la Mayenne.

Cordialement
Eric Abadie


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : jeu. avr. 06, 2017 18:29 pm 
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Inscription : dim. mai 25, 2014 16:48 pm
Messages : 59
Bonsoir

Mon beau-père n'était pas bien vieux quand ses parents ont fait graver cette plaque (avec une petite faute sur le prénom...) avant qu'ils ne prennent la route vers Pont-Audemer (27) où ils avaient de la famille. Il dit pourtant se souvenir de l'effroi et de la panique provoqués par des avions survolant puis mitraillant les colonnes sur les routes. Il garde aussi un très mauvais souvenir des privations alimentaires durant les années d'exode...

Image

PE

_________________
" Partout où l'on attaque, on trouble quelqu'un ". Général Weygand, le 22 mai 1940.
http://www.histographe.com/u/XAiHCl8qkuWexnrkvLHM7g/content/


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : jeu. avr. 06, 2017 19:07 pm 
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Inscription : ven. sept. 28, 2007 11:41 am
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Localisation : St Leu d'Esserent
Bonjour, relique émouvante! amicalement jph


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : ven. juil. 21, 2017 10:40 am 
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Inscription : jeu. mars 16, 2017 20:57 pm
Messages : 50
bonjour, une autre question à ce propos : y eut-il, pour notre région, des évacuations spéciales pour les jeunes enfants/adolescents ? Je viens de lire un article à propos des enfants de région parisienne qui furent évacués seuls (sans famille) et me demande s'il en fut de même pour d'autres secteurs.
A l'avance, merci de votre réponse ! amicalement, mv


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 Sujet du message : Re: Exode de mai 1940
MessagePublié : ven. mars 23, 2018 23:09 pm 
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Inscription : sam. oct. 24, 2009 9:38 am
Messages : 1225
Localisation : Somme
Bonsoir,
En revisionnant le documentaire de Christophe Weber : "Juin 1940, le grand chaos", le narrateur parle des enfants victimes des bombardements de mai 1940 et plus particulièrement d'une émission radio consacrée alors à la recherche des enfants perdus. Il cite le cas de la petite "Monique DHEILLY (nom épelé dans l'émission radiodiffusée D.H.E.I.L.H.Y), âgée de 10 ans, née à Corbie, disparu le dimanche 17 mai (sic) au cours d'un bombardement. Elle était à ce moment avec son père."
Il ne peut s'agir du 17 mai. Le premier bombardement sur la ville d'Amiens atteint notamment la gare Saint-Roch, où stationne un train rempli de soldats britanniques,le samedi 18 mai.
C'est le lendemain, dimanche 19 mai 1940, qu'a lieu le grand bombardement de la capitale picarde. L'évacuation des populations de la région d'Albert et de Corbie se poursuivait. "On voyait passer dans Amiens, non seulement des automoilistes mais surtout des chariots de cultivateurs et des gens qui s'en allaient à pied. on n'ignorait plus que Péronne bombardé dans la journée du 17, était occupé par l'ennemi depuis la veille." (Pierre Vasselle, La tragédie d'Amiens, page 100)
C'est vers midi que le drame survient. Les quartiers ouest de la ville sont visés mais aussi le quartier Saint-Pierre et celui proche de la gare.
C'est probablement à ce moment que Monique Dheilly disparaît.
Voir le dénombrement des victimes civiles de Corbie sur ce lien :
https://fr.geneawiki.com/index.php/8021 ... _1939-1945

Cordialement
Eric Abadie


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