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MessagePublié :jeu. août 26, 2010 10:48 am 
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Bonjour, nous allons fêter le 66ème anniversaire de la Libération de l'Oise, on parle très souvent des troupes Américaines, mais n'oublions pas les Britanniques qui ont libéré environ un tiers de notre département. Je vous propose ce sujet sur la 8th Armoured Brigade, qui fut le fer de lance du XXXème Corps le 30 août 1944, avec comme point d'orgue la Libération de Beauvais.

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La tête de renard est l'insigne de la 10th Armoured Division avec laquelle la brigade a combattu en Afrique du nord d'août 1941 à Novembre 1942.

Un petit rappel sur cette unité. Créée le 1er août 1941 en Palestine, la Brigade participera aux batailles de Alam-el-Halfa et de El Alamein en 1942. Medenine, Akarit, Enfidaville et Tunis en 1943. Elle prend part au débarquement, le 6 juin 1944, combat du 25 juin au 02 juillet sur la Rivière Odon puis du 30 juillet au 09 août c'est le Mont Pinçon., du 17 au 27 septembre en Hollande, bataille du Nederrijn. Enfin du 08 février au 09 mars 1945 en Rhénanie. La Brigade fut commandé par le Brigadier H.F.S. Cracroft et à partir du 29 juillet 1944 par le Brigadier G.E Prior-Palmer. Cette formation est constituée de 3 régiments blindés et d' un bataillon d'infanterie mécanisée. La 8th Armoured Brigade est la seule des brigades indépendantes à posséder un régiment d'artillerie, n'oublions pas les éléments des services rattachés ce qui représente près de 4000 hommes. Les régiments blindés sont équipés de chars Sherman.
Découvrons à l'aide des insignes portées sur les manches des battle-dress, les différents régiments de la Brigade. Je remercie Michel B. qui m'a permis de vous présenter les pièces de sa collection.
J'ai réalisé ce montage pour vous aider à comprendre la symbolique.
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Présentation des 3 régiments blindés (environ 70 chars chacun en thérorie)
13th/18th Royal Hussards. Arrêté devant Auneil le 30 août 1944, il traverse Beauvais le 31 août au matin.
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4th/7th Royal Dragoons Guards. Libère Gisors, puis Beauvais en y entrant par l'Ouest le 30 août 1944 dans l'après-midi.
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Sherwood Rangers Yeomanry (SRY). Contourne Beauvais par l'Ouest, l'Est et le Nord, n'est jamais passé en ville.
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1 bataillon d'Infanterie Motorisée d'accompagnenent
12th King's Royal Rifle Corps (KRRC).
Ses compagnies de Riflemen sont réparties avec les régiments de chars.
"A" Company - 4/7 RDG
"B" Company - 13/18 RH
"C" Company - SRY
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1 Régiment d'artillerie de campagne
147th Field Regiment. Ses trois batteries sont réparties en soutien des régiments de chars.
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Maintenant quelques informations sur la Libération de Beauvais, l'itinéraire, Entrée par la rue St Just des Marais, puis la rue de Rouen (actuelle rue du général Leclerc), le cours Scellier, le boulevard du Palais de Justice (actuel Bvd Amyot d'Inville), rue Antoine Caron et rue de Calais, direction Crévecoeur-le-Grand :
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Le témoignage du Major F.J.R.COLERIDGE, The king's Rifle Corps Chronicle - 1944

Bon accueil à GISORS.

Le 30 août, la poursuite reprit: Axe Gisors - Lalandelle - Beauvais - Crèvecoeur et "poussez aussi loin que possible". Les trois compagnies motorisées étaient sous le commandement de leurs régiments blindés respectifs. Le plan était: itinéraire commun jusqu'à Gisors avec le 4th/7 D.G. et la 1ère Compagnie en tête, le 13th/18 Hussards ainsi que la 2ème Compagnie devaient bifurquer à La Houssoye et rejoindre Beauvais; le S.R.Y. et la 3ème Compagnie protégeraient le flanc gauche. Le programme semblait ambitieux, mais nous préparâmes les cartes et partîmes en avant au point du jour. A la surprise générale, l'ennemi ne fit aucune résistance à Gisors et n'eut pas le temps de faire sauter les ponts. Surprise également de voir la population arriver en foule. C'était la première ville importante où nous étions l'avant-garde de la Libération. Sur le moment, leur accueil nous parut chaleureux mais, comparé à celui que nous devions recevoir plus tard dans la journée à Beauvais, celui-ci ressemblait davantage à une réception avec le thé à l'évêché, tandis que celui-là tenait de la soirée de gala au "club des 400". Il faut dire que c'était tôt le matin.

Mort du major R.R.H. JAMES.

Nous dévorâmes la route de village en village à une vitesse surprenante. Les gens du crû nous disaient tous que l'ennemi avait détalé à fond de train. Et soudain, nous nous rendîmes compte que Beauvais se trouvait tout près. Le 13th/18 Hussards sur l'itinéraire Sud signalait des ennemies fortement installés un peu au-dessus de La Houssoye. L'autre régiment blindé fut envoyé à travers champs par un détour pour barrer les routes au Nord de Beauvais, tandis que nous continuions sur la voie centrale. Juste à l'entrée de la ville, l'ennemi avait un ou deux canons et on disait qu'il y avait aussi des chars; il semblait qu'on se préparait à résister. La voiture de commandement de la 1ère Compagnie fut touchée par un de ces canons et Jimmie JAMES, son chauffeur et son brigadier de renseignements furent tués. Ce fut un coup terrible pour le bataillon qui, à part cela, eut beaucoup de chance ce jour-là. Plus tard, le 4th/7 D.G. détruisit ce canon et atteignit aussi le convoi ennemi. La route de Beauvais semblait ouverte devant nous.


Photo de la stéle à l'entrée de Goincourt sur la RN31
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Photos des trois tombes se trouvant au cimetière militaire de Marissel, rue d'Amiens à Beauvais.
ImageImageImage


suite du récit:
Libération de BEAUVAIS, enthousiasme délirant.
Avec des sentiments mêlés, l'escadron précurseur et la 1ère Compagnie se mirent en route pour descendre la rue principale. Les Beauvaisiens attendaient depuis longtemps cet événement et tenaient particulièrement à la célébrer comme il fallait. Ce fut une rude épreuve pour Nigel TRENCH qui venait de prendre le commandement de la Compagnie. Au Nord de la ville, les chars de tête avaient effectivement engagé le combat avec les chars allemands et la 1ère Compagnie avait pour mission de dégager la ville et de jalonner l'itinéraire. Cela se traduisit par l'étirement de la Compagnie motorisée sur 4 km 1/2 de rue bordée par des Français enthousiastes qui l'acclamaient. il y en avait qui apportaient des cadeaux, d'autres donnaient des nouvelles sur les Allemands (toutes fort exagérées), d'autre voulaient de l'aide pour le Maquis, d'autres encore pleuraient, mais tout le monde était très surexcité.

Cependant, l'escadron précurseur et la Compagnie s'en tirèrent bien et, à l'arrivée de l'Etat-Major, des civils s'étaient organisés. On sortit les drapeaux, le vin était extrait de ses cachettes et on avait cueilli tous les fruits. Il y avait aussi un nombre surprenant d'oeufs.
On tira un parti inattendu du blindage d'une voiture de reconnaissance. Heureusement, la colonne continua son avance, sauf pour un arrêt critique. Il fallait un coeur bien accroché pour refuser le 15éme ou le 16ème verre offert et tous étaient de boissons différentes, mais nous nous dégageâmes à temps pour laisser la 1ère Compagnie "contrôler" l'itinéraire,. Je ne les ai jamais entendu parler de cette étape mais, par la suite, ils nous rejoignirent tous au lieu de rassemblement. Avant notre départ, nous eûmes le spectacle d'un petit groupe de prisonniers marchant dans la rue sous la conduite de quelques maquis triomphants et pour les vaincus, ce n'était pas un défilé réjouissant.

L'avance au-delà de BEAUVAIS.

Après cette incursion au pays du monde à l'envers, nous nous trouvâmes très en flèche en pays découvert et avec peu de renseignements sur l'ennemi. Le groupe S.R.Y. n'avait pas réussi dans son détour pour nous rejoindre, car ils avaient trouvé l'obstacle d'un char dans un ruisseau qui semblait fort innocent si l'on en croyait la carte. Mais le 4th/7 D.G. continua gaiement sa course, tirant à l'occasion sur l'ennemi en retraite jusqu'à la nuit tombante. Nous nous apercevions que les renseignements des civils Français n'étaient pas totalement sûrs et nous nous attendions à trouver partout des ennemis. Nous nous rassemblâmes en un camp en ordre aéré pour la nuit à plusieurs milles au Nord de Beauvais, mais sans le 13th/18 Hussards qui se trouvait arrêté près de La Houssoye. Nous n'avions pas de liaisons avec l'arrière car il y avait encore des chars ennemis derrière nous et l'officier d'approvisionnement fit même un prisonnier dans la matinée La 11ème Division Blindée avait poussé en avant à gauche et progressait dans la nuit vers Amiens Cela avait été une belle journée et nous n'en comprîmes. le caractère prodigieux que lorsque le moment fut venu de nous arrêter pour réfléchir à sa signification.
Major F.J.R. COLERIDGE


Je remercie Michel B. et les membres du club: Les Maquettistes du Beauvaisis. Ainsi que Gérard.
Sources:
- Le Tommy de la Libération tome 1 et 2 de Jean Bouchery, histoire et collection, 1999
- Bulletin n°61-63 du GEMOB, 1994 de Phillippe Bonnet-Laborderie
- Annales hisotriques compiégnoises n°61-62 automne 1995, article de Benoît Cotterau, les Alliés libèrent l'Oise 28 août- 2 septembre 1944
- Eté 1944 en Picardie de A. Mac Carton, MDB 1994
- 30 aout 1944-94 Beauvais Libéré, MDB 1994
- Beauvais et les beauvaisiens des années 1940, Fernand Watteeuw 1980 GEMOB
- Le Blitzkrieg de Montgomery, Ronald MacNair, Heimdal 1999
Amicalement jph


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