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MessagePublié : jeu. août 30, 2018 20:27 pm 
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Bonsoir,
Jean LE DREN sera honoré le 1er septembre 2018 à Bray-sur-Somme. Voici son histoire :

Le sauveur d’un aviateur américain, en 1944 à Bray-sur-Somme, va être honoré
Durant la Seconde Guerre mondiale, Jean Le Dren, Brayon de 95 ans, a hébergé avec sa famille un soldat allié. Il recevra la médaille du département le 1er septembre.
Par Emmanuelle Bobineau
Publié le 18/08/2018 dans la partie Haute Somme du Courrier Picard

Modestie, humilité, altruisme. Trois petits mots qui pourraient presque, à eux seuls, définir Jean Le Dren. Cet habitant de Bray-sur-Somme, qui a fêté ses 95 ans le 2 août, ne s’en est jamais vanté mais il a sauvé un aviateur américain durant la Seconde Guerre mondiale. Roy W. Carpenter revenait d’une mission de bombardement sur Francfort, ce 2 mars 1944 lorsque son avion transportant 10 personnes a été touché par les tirs allemands. L’avion s’est crashé sur Fricourt, le parachute de Roy W. Carpenter a atterri au niveau de la ferme La Châtaigneraie. Dans son récit de guerre, l’homme indique qu’au moment où il touchait le sol, six Français vinrent à son secours. L’un d’eux était Jean Le Dren. L’Américain s’est d’abord réfugié dans une grange en face de la ferme, puis, habillé avec des vêtements de Christophe Le Dren, il a rejoint, la nuit tombée, la petite maison construite par les parents de Jean. Jean, son frère Christophe, sa sœur Marie, et ses parents Jean-Yves et Marie-Anne ont alors pris l’aviateur sous leur aile. Ils l’ont nourri, et ont pris des risques pour le cacher des Allemands. Roy dormait dans le lit que se partageaient Jean et Christophe, entre les deux frères comme pour le protéger. Le 14 mars, Roy W. Carpenter a quitté Bray, et rejoint Hénencourt, puis Forceville, Hébuterne, Amiens, les Pyrénées, l’Espagne, Gibraltar, avant, enfin de retrouver son pays.
Jean Le Dren n’a que rarement évoqué ces faits. En 1945, le gouvernement américain lui a envoyé un diplôme, ainsi qu’à son frère, pour témoigner de sa « gratitude pour l’aide que vous avez si généreusement donnée à des aviateurs alliés tombés en France pendant l’occupation allemande ». Jean Le Dren n’en a pas fait une fierté ou un trophée. Pour lui, pour sa famille, il était juste « normal » d’aider l’aviateur.
Cette belle histoire, c’est Georges Seta, ancien médecin de Bray, le médecin de Jean Le Dren, qui la rapporte, découverte par hasard dans une revue américaine racontant l’épopée de l’aviateur. « Touché », Georges Seta a alors voulu que « l’acte d’héroïsme » de Jean Le Dren et sa famille (il est le seul membre encore vivant, ses parents et frère et sœur sont morts à 60 ans) soit reconnu. Il a constitué un dossier et fait une demande auprès du Département pour que la médaille d’honneur du département lui soit remise le 1er septembre, à l’occasion de la cérémonie marquant la libération du village durant la Seconde Guerre mondiale. « J’ai tellement vu de gens recevoir de médailles pour des faits ordinaires. Cet homme est issu du peuple le plus simple, nous n’en voyons plus des comme lui aujourd’hui. C’est un personnage digne des romans de Balzac. Il faut le mettre à l’honneur. Ce monsieur a vécu toute sa vie modesement, il n’a jamais rien demandé à personne, il ne s’est jamais plaint. Il n’a jamais assisté aux cérémonies au monument aux morts et n’a jamais évoqué ces faits, par modestie. Il avait 21 ans à l’époque. Quand la maman de l’aviateur a contacté la famille Le Dren pour lui demander quelle somme elle lui devait en dédommagement pour avoir accueilli son fils, Madame Le Dren a répondu «rien du tout». Elle a refusé tout argent, elle a dit que c’était leur devoir de l’aider. »
Il a fallu du temps à Georges Seta pour réussir à faire parler Jean Le Dren. Car l’homme est un taiseux. Peu bavard, pas du genre à manier le « je » à tout va. Jeudi 16 août, rasé de près, dans son jean et sa chemise à carreaux rouge et verte, le nonagénaire confiait à mi-voix qu’il « n’oubliera jamais » cet épisode de sa vie. Il n’en dira pas beaucoup plus. Un sourire discret, presque gêné, il ajoute que « il fallait le faire, c’est tout ». Il se dit « content » de l’hommage qui lui sera fait le 1er septembre mais avoue qu’il ne l’attendait pas.
Le 1er septembre, Jean Le Dren recevra un diplôme de la Ville de Bray-sur-Somme et la médaille d’honneur du Département. La cérémonie débutera à 18 heures rue du Moulin avant les discours à la mairie.

Complément d'informations sur cet équipage :
Le 2 mars 1944, le B-24 « Liberator » # 42-100345, du 93e Bomber Group est en mission avec à son bord 10 hommes d’équipage :
2nd Lt Charles W. Jr. Mankin pilote
2nd Lt Melvin L. Heinke copilote
2nd Lt Roy W. Jr. Carpenter bombardier
F/O Robert Lewis Burke navigateur
S/Sgt Robert J. Rujawitz radio-opérateur
S/Sgt Henry G. Karpf mitrailleur latéral
S/Sgt Arthur C. Crocker mitrailleur latéral
T/Sgt Anthony R. Paladino mitrailleur supérieur/ mécanicien
Sgt Oscar M. Wagelie mitrailleur inférieur (ball-turret)
Sgt Mickael Schiwarski mitrailleur arrière

Le quadrimoteur est touché par la Flak allemande au nord de Oisemont. Pourtant, l’avion continue à voler vers l’est, le pilote, le 2nd Lt Charles W. Mankin, maintenant la trajectoire de l’appareil pendant l’évacuation de l’équipage.
Voir S/Sgt Robert J. RUJAWITZ USAAF 93 BG
viewtopic.php?f=38&t=2211


"T/Sgt Antony R Paladino was the top-turret gunner of B-24 42-100345 (93BG/409BS) (Mankin) wich was on the way to Frankfurt on 2 march 1944 when they were hit by flak over Abbeville. They carried on for some time before the aircraft was finally abandoned to crash north-east of Lille [10]. [Ce dernier lieu semble fantaisiste.]
Paladino landed near Brunvillars-la-Motte [Brunvillers-la-Motte](Oise) and with the aid of his escape kit compass, walked south through the snow. He passed though (or bypassed) Plainval, Saint-Just-en-Chaussée, Le Plessier-sur-Bulles, La Rue-Saint-Pierre, La Neuville-en-Hez, Angy, Mouy, Cavigny [Cauvigny] and Sainte-Genevieve, getting occasional help, sleeping in haystacks where possible but generally living off his escape kit rations until finally reaching a farm at Laboussiere-en-Thelle late four days later where he was taken in. After having to almost boil the socks from his battered feet, Paladino was given a meal while an organisation was contacted. Some time later, Paladino was taken to Paris.

[10] The other crew from 42-100345 also evaded successfully : radio-operator T/Sgt J. Rujawitz with Francois-Shelburn and evacuated by MGB at the end of march, and bombardier 2/Lt Roy W Carpenter Jur and co-pilot 2/Lt Melvin L. Heinke who crossed the Pyrenees from Aquitaine in April ans May respectively."

In They came from Burgundy: A study of the Bourgogne escape line de Keith Janes, 2017.




Cordialement
Eric Abadie


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MessagePublié : jeu. août 30, 2018 20:36 pm 
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Diplôme envoyé à Jean Le DREN par le gouvernement américain en 1945 en signe de gratitude. Photo Courrier Picard


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