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MessagePublié : sam. avr. 07, 2012 13:46 pm 
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Inscription : ven. avr. 23, 2010 18:48 pm
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Localisation : clermont de l'oise
bonjour,
vendredi 6 avril s'est déroulée la commémoration des patients du CHI ( centre hospitalier interdépartemental: hopital psychiatrique) décédés de 1940 à 1944 au cimetière de clermont de l'oise.
en présence de:
mr philippe belanger maire adjoint de clermont de l'oise.
mr françois leclercq directeur du CHI de clermont de l'oise.
d'anciens combattants, ainsi que plusieurs personnalités de clermont et du CHI.

mr belanger a souligné l'extrème souffrance des patients durant cette période.
je cite:
"le taux de mortalité des patients du CHI était de 3% en 1940 et de 25% en 1942".
"principale cause la privation de nourriture".
"aujourd'hui comme chaque année nous rendons hommage aux 3063 êtres humains inhumés dans ce cimetière".

Entre 1934 et 1940, la population passe de 2802 à 4444 malades En 1937, par décision ministérielle, la Maison de Santé va devenir L'HÔPITAL PSYCHIATRIQUE INTERDÉPARTEMENTAL.

En 1945, la seconde guerre mondiale aura ramené le nombre de malades à 2335 et le vaste plan de construction prévu par l'Institution Interdépartementale, n'aura pas abouti.


Pièces jointes :
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DSC02831.JPG
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Dernière édition par Dom le sam. avr. 07, 2012 18:33 pm, édité 2 fois.
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MessagePublié : sam. avr. 07, 2012 17:41 pm 
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Inscription : ven. sept. 28, 2007 8:46 am
Messages : 1036
Bonjour Dom

Merci pour les photos et la présentation de cet hommage aux victimes du CHI

Amitié. Eric


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MessagePublié : sam. avr. 07, 2012 23:21 pm 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 21:28 pm
Messages : 3360
Merci dom, pour c reportage et cet aspect méconnu de la guerre dans le département de l'Oise.

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Frédéric - co-administrateur du site et forum "Picardie 1939 - 1945"
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MessagePublié : jeu. mai 17, 2012 7:30 am 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 21:28 pm
Messages : 3360
bonjour Dominique,

d'où tiens-tu les chiffres que tu donnes sur le nombre de personnes accueillies pendant la guerre ?

Merci

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Frédéric - co-administrateur du site et forum "Picardie 1939 - 1945"
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MessagePublié : jeu. mai 17, 2012 9:38 am 
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Inscription : ven. avr. 23, 2010 18:48 pm
Messages : 56
Localisation : clermont de l'oise
bonjour à tous,
les chiffres des patients acceuillis proviennent du CHI.
les chiffres des patients inhumés dans le cimetière proviennent des registres de la mairie de clermont.
d'autres patients ont été inhumés dans des communes voisines ou de france, ce qui laisse a penser que le chiffre serait au delà de 4000 décés.
un autre chiffre de 40 000 victimes est avancé au niveau national.(source ministère de la santé).
je prépare un sujet sur cette période du CHI, si j'ai la possibilité de réunir suffisamment d'informations.


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MessagePublié : jeu. juin 21, 2012 16:12 pm 
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Inscription : mar. mai 22, 2012 19:42 pm
Messages : 9
Bonjour
Félicitations pour votre idée et pour ceux intéressés par ce pan de l'histoire contemporaine je ne saurais trop conseiller de lire l'ouvrage d' I von Bueltzingloewen " l'hécatombe des fous " véritable travail de thèse passionnant , fort documenté ,nombreuses références et biblio conséquente cordialement N Kandelaft CH Ph Pinel (Somme)


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MessagePublié : lun. nov. 09, 2015 14:34 pm 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 21:28 pm
Messages : 3360
Je sors du fond du forum ce post de Dominique, car pas plus tard qu'hier j'ai récupéré via un lecteur du forum (grand merci), des coupures du Parisien datant de 1994, lorsque le quotidien avait publié pendant quelques semaines des sujets sur la Libération du département à l'occasion du cinquantenaire de la Libération.

Un de ces articles concernait le CHI de Clermont, écrit par Jérôme Glaize. Cet article met en avant le témoignage d'un infirmier de l'époque, Lucien Floury. L'article confirme les décès par milliers annoncés par Dominique.

Je ne sais pas si la photo est bien prise à Clermont. C'est ce que dit la légende. Il n'y a pas de copyright. Mais elle est saisissante.

C'est réellement un sujet qui mériterait d'être creusé ...


Pièces jointes :
clermont hopital 1.JPG
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clermont hopital 3.JPG
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clermont hopital 2.JPG
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MessagePublié : lun. nov. 09, 2015 15:20 pm 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 21:28 pm
Messages : 3360
CE qui est écrit sur le site du centre hospitalier de Clermont :

http://www.chi-clermont.fr/site_2015/histoire.html

La guerre 39-45

Entre 1934 et 1940, la population passe de 2802 à 4484 malades.

C’est à partir de 1938 que la crise commence avec le rappel sous les drapeaux de nombreux employés.
La défense passive s’organise déjà et 800 masques à gaz, complétés l’année suivante par 600 autres, sont achetés.

Septembre 1939 marque la mobilisation de 404 agents, avec parmi eux quatre médecins, un pharmacien, quatre internes, le receveur, l’économe. L’hôpital doit s’organiser et fait appel à de nombreux auxiliaires tout en déployant le personnel féminin dans les services d’hommes. Il ne reste plus que trois médecins aidés de trois internes pour veiller sur près de 4500 hospitalisés.

Des tranchées sont aménagées dans les cours et jardins entourant les pavillons ; des abris bétonnés sont creusés.
Du matériel de pharmacie doit par ailleurs être cédé à l’Armée française.

De nombreux agents fuient, comme le reste de la population locale et certains pavillons sont abandonnés presque totalement.
Les chefs de services et affectés spéciaux seront révoqués d’office, tandis que les autres agents, d’abord licenciés, seront ensuite réintégrés pour les besoins du service avec perte de salaire.
Le 4 juin, il est décidé d’évacuer 750 patients sur des hôpitaux psychiatriques de l’intérieur.
Les employés infirmes ou âgés et les femmes enceintes partent quelques jours plus tard.

Le 7, il reste 3750 malades et 608 agents tous services confondus.

Deux jours plus tard, les bombardements et l’avance des troupes provoquent la fuite de 260 autres agents.

Le 10, les Allemands occupent notre cité et y installent une Kommandantur. Ils ordonnent à l’établissement de pourvoir à l’alimentation de la population locale non évacuée et des réfugiés.
Des pillages répétés sont perpétrés par l’occupant. Du matériel sanitaire et des lits sont réquisitionnés.

La crise, les restrictions ne vont cesser de s’intensifier dans l’ensemble du pays bien-sûr et avec une puissance accrue à l’intérieur de l’hôpital.

Le 15 juillet, l’administration constate déjà l’épuisement des stocks de vivres, de charbon et d’essence.
A partir du 1er novembre, les pavillons les plus récents, les mieux agencés sont évacués pour y transférer diverses populations: des malades de l’hôpital général d’abord, puis des vieillards venus des hospices de Saint-Valery sur Somme et de Rue, des troupes d’Occupation en 1942, 964 malades de l’hôpital psychiatrique de Sotteville-lès-Rouen accompagnés de leurs soignants en 1943, de nouveaux aliénés venus de La Roche sur Yon en 1944.
Cet entassement n’est possible que par la très forte mortalité constatée avec impuissance par la Direction et les médecins.
Marcel Godeau, directeur de l'établissement note dans son rapport de 1946 que « les restrictions alimentaires très sévères provoquant une crise alimentaire grave se traduisent par des décès de plus en plus nombreux parmi les hospitalisés (...). L’encombrement est généralisé dans l’ensemble des services ».

Sagement accumulées durant la drôle de guerre, les réserves sont pillées par un système de réquisition, d’abord sauvage par l’armée nazie les premiers jours de l’Occupation, puis plus organisé par l’administration française, les jours suivants, pour venir au secours de la population locale et des réfugiés, errant dans une évacuation, cruelle et tellement symbolique de l’état de notre pays à cette époque.
Le gouvernement de Vichy met en place, on le sait, le rationnement de toute la population. Rationnement des denrées alimentaires de base, mais aussi des biens de première nécessité. D’un point de vue théorique, le rationnement est un système censé défendre les plus fragiles, les plus pauvres ; ceux qui, sans un minimum d’organisation publique, ne pourraient pas avoir accès à des marchandises que la rareté rendrait trop coûteuse.

Le rationnement doit donc assurer un minimum vital pour chacun. Toutefois, en pratique, ce minimum est tellement faible, qu’il ne suffit pas à vivre correctement et chacun doit se débrouiller par tous les moyens. Les internés des hôpitaux psychiatriques ont droit à une part plus faible que les malades des hôpitaux généraux, déjà très insuffisante elle aussi.

A Clermont par exemple, dans les années 30, le taux de mortalité est resté stable, entre 5 et 6 %. Dès 1940 il double, et atteint en 1941 26,58 % : ce qui signifie qu’un quart des hospitalisés meurent dans l’année. Les années suivantes le taux, en décrue, reste cependant toujours très élevé: 19,87 % en 1942, 15,03 % en 1943 et 19,35 % en 1944.

Séraphine Louis, admise en 1932 dans l'annexe de Villers-sous-Erquery et décédée en décembre 1942, fait partie de ces victimes. Elle enterrée dans le « carré des indigents » à Clermont.

D'autres établissements sont touchés en France: à Lyon (Centre hospitalier Le Vinatier, où 2000 personnes ont été abandonnées à la mort) ; Dijon (Hôpital La Chartreuse, où est décédée la mère de Rita Thalman, historienne, qui a dénoncé ce drame) ; Avignon (Hôpital Montdevergues-les-Roses, aujourd’hui Centre hospitalier Montfavet, où est morte Camille Claudel en 1943).

Un chiffre devra rester en mémoire, il s’agit d'une estimation du nombre de décès enregistrés dans l’établissement, de 1940 à 1944: 3063 morts, inhumés dans le cimetière de Clermont.

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Frédéric - co-administrateur du site et forum "Picardie 1939 - 1945"
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MessagePublié : lun. nov. 09, 2015 16:03 pm 
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Inscription : ven. sept. 28, 2007 11:41 am
Messages : 1414
Localisation : St Leu d'Esserent
Bonjour, merci pour le complément d'informations, tout cela est terrifiant! Amicalement jph


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