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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : lun. août 18, 2014 7:44 am 
Hors-ligne

Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
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Bonjour à tous,

Les beaux jours reviennent ? ... La Libération !...

Aujourd'hui de septembre à décembre 1944.

Septembre
Vendredi 01, 4 heures 45, Compiègne est libérée par la 28e DI-US menée par le général DE COTA tandis que la 4ème DI-US du général BARTON passe l’Aisne et avance vers Soissons. Reprenant l’axe de la vallée de l’Oise, la 1ère armée progresse vers le Nord par la RN 32 avec, en tête, la 4e DI-US appuyée par la 5e DB-US du général OLIVIER.
Vers 5 heures 15, on devine au loin, l'explosion du plus grand des ponts de bois de Choisy. Quelques minutes plus tard, c'est le tour du plus petit.
Il fait beau toute la journée. Ce matin Fernand BLONDEL descend à Lassigny, et rejoint sur la route une voiture d’équipage allemande… Taquin, il demande si il peut monter, le conducteur refuse avec des méchants yeux significatifs… Ces messieurs n’acceptent plus la plaisanterie… Arrivé sur la route nationale n°38, c’est là un défilé incessant de tanks et de troupes isolées. Des groupes stationnent encore au monument à Lassigny, ce sont les arrières gardes, l’air farouche… on les sent fatigués… Ce sont les SS, les troupes fanatiques d’HITLER. Ils n’auront pas le sourire de Fernand BLONDEL !… Sur la place, une centaine environ de fusils en bandoulière, qui tous en bicyclette descendent de vers Saint-Claude avec hâte, se replient sur Noyon sans stationner… parmi ceux-ci l’un à son guidon une paire de galoche toute neuve, qu’il a du probablement voler sur son passage dans quelques boutiques… les camions qui tout à l’heure étaient stationnés, partent, laissant sur leur passage de la nourriture saccagée. Le retour sur Gury se fait sans aucune rencontre, on en conclut que réellement il ne semble plus y avoir beaucoup d’arrières gardes désormais.
Avant 9 heures, il tombe une pluie torrentielle ...
La 6ème Fallschirm Division, quitte Marquéglise et va installer son P.C. au Quesnoy (au Sud de Guiscard).
Après 9 heures, il fait beau toute la journée...
12 heures, on entend dans le lointain du coté de Noyon, des " deux queues " survolent, mitraillent et bombardent la ville de Noyon.
12 heures 50, on entend dans le lointain des tirs sur Compiègne.
14 heures, à nouveau on entend au loin l'artillerie américaine qui bombarde Choisy-au-Bac.
Thourotte puis Ribécourt sont atteints dans l’après-midi par les Alliés.
Dans le début de l’après-midi Fernand BLONDEL se propose de remonter en observation à Saint-Claude, son fils est encore décidé à l’accompagner, mais sa mère ne partage pas son avis :
« … Si tu veux aller au devant du danger, laisse Pierre ici… C’est assez d’un que je ne puis pas retenir…» conseille-t-elle.
Fernand BLONDEL n’a pas peur de partir seul, cependant il faut bien prévoir que si il était inquiété personne ne serait capable de dire où il est passé. Tiens voilà justement le cantonnier COEUGNIET, qui lui, n’a pas encore plié bagage. Ce dernier rend compte qu’étant en fauchage à Mareuil-la-Motte, il avait décidé de faire son repas de midi sur l’herbe du talus. Ce faisant, il fut pris à partie par un groupe d’arrière garde qui sous la menace du revolver l’obligèrent à justifier de sa carte d’identité et de son ausweis allemand, le fouillent et le visitèrent ses musettes. A ne pas en douter il a été pris pour un gars de la Résistance en observation. Questionné, il leur expliqua qu’il travaille sur la route et prend son repas. N’ayant rien de probant contre lui, ils partirent méchants et montrant le poing en lui disant :
« … Mossieur françozes filous, beaucoup filous… »
C’est suite à cet événement que monsieur COEUGNIET s’en alla sans plus attendre … en route pour le logis de Gury !…
Fernand BLONDEL lui offre de l’accompagner à Saint-Claude.
« Si vous avez la moindre crainte, restez, je ne vous oblige pas !… Si vous n’êtes pas froussard, venez avec moi… »
L’accord se réalise, Fernand BLONDEL prévient sa femme de leur promenade, à seule fin qu’en cas d’accroc chacun sache dans quel quartier ils vont échouer.
Les voici sur le plateau – Fernand BLONDEL désire rejoindre au plus tôt le point intéressant d’où il sait tout découvrir ses tournées à pied des jours précédents l’ont quelque peu fatigué, et propose de couper court, à travers champs. COEUGNIET est fort hésitant :
« …Des sentinelles embusquées peuvent devoir été postées en lisière des bois, et quelle excuse auront nous à travers champs… »
Fernand BLONDEL explique sa stratégie du moment, ne laisse plus en toute logique des sentinelles fixes, et les raisons à donner en cas – Si nous sommes pris dans les terres, nous sommes des paysans – Sur les routes, nous sommes des cantonniers allant réceptionner des matériaux des carrières toutes proche… Ses hésitations pour utiliser la plaine que ne le sentant plus suffisamment franc pour en tenter les aléas. Notre secrétaire de Mairie décide de le remettre en confiance d’utiliser la route de Compiègne qui va cependant occasionner un grand détour
Le chemin n°27 est désert. Désert aussi est sans doute sa partie visible le chemin de Compiègne qu’ils suivent jusqu’au petit bosquet. COEUGNIET a trouvé un litre de blanc vide de Monbazillac qu’il emporte comme trophée. Fernand BLONDEL des yeux fouillent l’horizon et aperçoit tout à coup immergeant à peine de l’horizon, une tête près de laquelle voisine un trait vertical, juste dans le carrefour de Saint-Claude – A n’en pas douter c’est une sentinelle en faction. Du doigt il la désigne à COEUGNIET qui conclut à l’exactitude de l’observation. D’ailleurs cette sentinelle s’est quelque peu rapprochée et nos deux compères distinguent visiblement désormais son buste et son fusil en bandoulière.
Bigre ? De deux choses l’une où il s’agit d’une sentinelle allemande d’arrière garde dont on ne sait quelle mission qui risque d’ennuyer à nos deux compères… Où il s’agit d’un réfractaire avancé pour qui la présence de nos deux compères dans des temps où plus personne ne circule va paraître pour le moins aussi étrange… D’une façon comme de l’autre, la sentinelle est a éviter. Etant donné que cette sentinelle fixe n’a pas au surplus peut-être pas encore eu le temps de les apercevoir, car nos deux compères se sont mis à l’orée du bosquet, et décident d’utiliser la plaine pour rejoindre leur observatoire et évitant Saint-Claude, longer le bosquet et couper à travers champs. Devant cette présence inopportune (quoique n’étant peut-être pas spécialement dangereuse) COEUGNIET désormais approuve la décision de Fernand BLONDEL, et décidé à suivre se dernier de bon cœur. En bons promeneurs paisibles, ils partent calmement et tranquillement ils rejoignent le chemin qu’ils les mènent à la carrière en les masquant, par des haies riveraines, des vues de toutes parts, - Ils avancent et débouchent bientôt sur le mamelon. Fernand BLONDEL veut rejoindre son trou d’observation de la veille (carrière affaissée) pour qu’ils s’y camouflent. Comme ils allaient y arriver, ils s’aplatissent, notre secrétaire de Mairie viens d’apercevoir 2 hommes, un fardeau chargé sur les épaules, quittent le chemin n° 82 qu’ils suivaient jusqu’alors pour emprunter un chemin détourné, ils n’ont pas aperçu nos deux « promeneurs », et semblent vouloir rejoindre ainsi la route de Compiègne en évitant le carrefour. Leur présence est intrigante et BLONDEL et COEUGNIET les observent un moment. Puis a première vue ils cherchent a éviter le carrefour où ils ont pu eux aussi découvrir la sentinelle. Leur chargement à dos est vraisemblablement du pain pour les fermes, car Fernand BLONDEL vient de reconnaître l’un d’eux comme ouvrier de celle-ci. Ils disparaissent sans avoir deviné la présence de nos deux promeneurs… Un coup d’œil circulaire révèle que nos BLONDEL et COEUGNIET ne sont pas dans le champ de visibilité de la sentinelle, laquelle est masquée par les constructions et le jardin du cabaret. Ils profitent pour rejoindre sur le point culminant le « trou observatoire » de la veille, et les voici tous deux interrogeant le vaste horizon Estrées-Saint-Denis, Tricot et Mareuil-la-Motte qui doit être ou champ de bataille ou « no man land ». un calme parfait…rien à découvrir, absolument rien. Fernand BLONDEL, sait que COEUGNIET a une très bonne vue et aussi une bonne activité visuelle. Lui non plus ne découvre absolument rien. Pendant une bonne heure, ils restent à scruter l’horizon.
Vers 17 heures, une légère montée de poussière se fait voir dans le bois Segnier entre Ressons-sur-Matz et Gournay-sur-Aronde, un fait conclure qu’il y a au moins une ou deux autos qui vont déboucher dans ce bois… les deux observateurs se concentre sur ce point… Quelques instants s’écoulent et l’un et l’autre des observateurs aperçoivent nettement déboucher dans la colonne de poussière qu’ils se déplacent 12 à 15 véhicules espacés descendant la côte Seguin, et venant de Gournay en direction de Ressons a assez vive allure (la question du moment est : Est-ce un convoi allemand ?…) Ce convoi peut-être va-t-il passer dans un instant par ici. Une demi-heure se passe sans que nos deux compères ne les aperçoivent. Plus de doute, il devrait être là … C’est Ressons, il est parti ailleurs, conclu Fernand BLONDEL Rien ne se signalant plus….
Vers 18 heures, un « missionnaire » habitant de Gury s’est présenté à la porte de la ferme de Pierre PILLOT pour arracher sur ordre de la Résistance à laquelle le Maire n’avait pu adhérer pour divers motifs relatés ultérieurement, la pancarte où était porté le mention : « BOURGMESTER ».
René BRUNEL, parent et ami du Maire, avait tenu à accompagner le missionnaire et conclu par cette phrase qui en disait long : « … Vous n’allez tout de même pas considérer comme collaborateur… »
L’après-midi une sentinelle allemande est en position à Saint-Claude au carrefour.
Après 18 heures, Fernand BLONDEL et COEUGNIET rejoignent Gury (ayant découvert les premiers, sans qu’ils s’en doutent, les premiers éléments américains, ils l’apprendront plus tard…).
A Gury tout est calme, chacun y attend chez lui les Américains qu’on devine proche, car les postes clandestins à galène ont confirmé qu’ils ont atteint l’Oise en maints endroits dont Pont-Sainte-Maxence et Compiègne.
Tout à coup : que signifie ? Les cloches de l’église de Gury sonnent !… Oui en effet se sont bien celles de Gury !
Qu’y a-t-il, un décès ?. On voit la population qui se dirige vers la place …
On apprend qu’un F.F.I. vient de passer à bicyclette munie de son brassard tricolore et a donné l’ordre de sonner les cloches, car Gury était délivré.
On refuse à y croire … cependant ces véhicules découverts tout à l’heure reviennent à l’esprit de Fernand BLONDEL. Ce ne pouvait être qu’eux !…
Un groupe s’est formé sur la place les uns enthousiastes, les autres encore interdits …
Tout à coup : on entend un bruit crépitant R. DEJOUY s’écrie dans un mouvement de retraite « Des coups de mitrailleuses, écoutez !… »
Il apparaît alors le brave Fernand JOUANNAUD poussant placidement une brouette chargée d’un bidon métallique vide … qui provoquait ce bruit et … avait failli provoquer un sauve qui peu général !
Et chacun de rire.
Certains parlent d’attendre là les Américains qui ne vont pas manquer d’arriver. D’autres disent que la F.F.I. a déclaré qu’ils allaient passer toute la nuit sur le chemin de Compiègne. On promet d’aller les voir.
Pour Fernand BLONDEL, demain il verra bien ! Il finit son repas et se mets au lit vers 21 heures. Les enfants qui avaient confectionné clandestinement 3 drapeaux tricolores quand le poste militaire allemand était là dans la pièce voisine. Il les tient prêts, mais se méfie encore des traînards d’arrière garde pour qui la vie ne compte plus en ces moments pathétiques… Restons courageux mais aussi prudent ce dit-il, on placera les drapeaux demain matin.
Vers 19 heures, au lointain on entend des tirs (une vingtaine de chars américains de la 5e DB-US sont aux portes de Passel où ils ouvrent le feu sur une formation allemande retranchée au Mont-Renaud.)
19 heures 20 à 21 heures 41, on entend des tirs (Américains) lointains (vers Compiègne), et qui se rapprochent progressivement (vers Noyon)
Vers 20 heures, la colonne de chars américains gravit le Mont-Renaud, puis descend la pente vers Noyon. Le canon allemand entre en action aussitôt. Un premier char prend feu puis un second.
21 heures 42, tirs (Allemands) vers Noyon.
Vers 22 heures, une pétarade éclate des éclairs sillonnent la colline de « la Montagne ». Aussitôt Fernand BLONDEL crie à ses enfants de mettre hors du lit et de coucher à plat ventre sur le parquet. Protéger ces enfants des balles perdues sans pitié pour les tout petits (ordre exécuté avec un ensemble parfait !)
Ce sont des balles traçantes qui marquent les trajectoires. il vient d’avoir une gentille escarmouche à l’entrée du bois entre les premiers éléments américains et quelques traînards allemands peut être réfugiés dans le bois Coutte. Puis plus tard c’est le roulement incessant des tanks qui dans la nuit venant d’Elincourt gravissant et redescendent la côte en se dirigeant sur Lassigny. Dans la nuit on entend les groupes de gurichons qui redescendaient, principalement des femmes et fillettes, entre autre Mariette DEVILLERS-LOIRE, et ses deux filles Jacqueline et Bernadette, mais à leur retour le mari et père Abel DEVILLERS, leur fera la remontrance de leur insouciance, car elles auraient bien pu se faire tuer. Dans leur désir de voir les Américains, ils étaient montés sur la route d’Elincourt, ils avaient failli se trouver dans l’escarmouche. En plein grabuge ils se tenaient quoi, mais aujourd’hui tout est fini chacun se met aux premières loges de la victoire. Tous ces fanfarons font sourire Fernand BLONDEL, mais aujourd’hui tout est fini, chacun se met aux premières loges de la Victoire. Il va se coucher. Demain il fera jour ce ne seront plus des ombres nocturnes qui défileront.
Samedi 02, 1 heures 37, on entend des tirs sur Noyon ...
3 heures 30, le duel d’artillerie s’estompe du coté de Noyon.
4 heures, on entend de nouveau au lointain les Alliés qui reprennent le bombardement du coté de Noyon.
De bonne heure le matin, Fernand BLONDEL, place les 3 drapeaux tricolores à la croix de Lorraine, que ces 2 filles aînées (13 et 11 ans) ont confectionnés. Ils sont rudimentaires, il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine carence vestimentaire provoquée par 4 années d’occupation, et tous les drapeaux français ont en juin 1940 disparu de la Mairie.
Ainsi les 3 drapeaux ont été constitués de la façon suivante : Le bleu doit provenir d’un bleu de travail usage. Le blanc d’une quelconque lingerie. Le rouge est le vestige d’un vieil édredon.
Ces drapeaux marquent un air nouveau dans le village auquel on à peine à y croire.
Vers 7 heures, avec sa bicyclette, Fernand BLONDEL se dirige vers la route de Compiègne par la route de la Montagne (Chemin départemental n°27) et se dirige vers Lassigny par la route de Compiègne… il découvre des douilles éjectées seules au point 17K4, mais aussi dès le sous-bois un long convoi stationné (du carrefour de Gury à l’orée du bois, près du virage de Belval, sur près de 2km) pour se ravitailler. Ces troupes (Vème U.S. Corps) semblent de toute fraîcheur. Chenillettes, voitures de commandement avec radio sur chacune d’elles, camions chargés d’hommes – Que de modernisme ! et que de perfection dans un tel matériel de guerre parfaitement entretenu. Chaque homme dispose d’un sachet repas individuel allant de l’entrée au dessert, sans oublier les cigarettes.
Ce convoi est ininterrompu jusqu’à la sortie du bois – C’est à dire qu’il s’étale sur 2 km
Fernand BLONDEL découvre à Lassigny occupée par les militaires américains…Fini la crainte de la gestapo…
Vers 11 heures 30, Fernand BLONDEL décidé de retourner à Gury, il y apprend que des civils du canton d’Estrées-Saint-Denis au nombre d’une quinzaine sont venus pour le rencontrer car ils étaient à la rechercher l’équipage que les Allemands leur avaient dérobé pour aider leur retraite. Il apprend par COEUGNIET que dans l’après-midi qu’il y aura une battue dans les bois environnant
Dans l’après-midi, des battues sont opérées dans les bois environnants par des sections F.F.I. (deux ou trois, conduite par Maurice LENNARD, instituteur à Roye-sur-Matz, ancien instituteur à Gury, Officier de réserve).
Le soir ne nous en donne aucun résultat – Nous saurons plus tard qu’elles n’ont rien donné (Gury ne comptait aucune section F.F.I.) et ce fut pourtant ce soir-là que fut assassiné à coup de mitraillette dans sa baraque de Saint-Claude, le F.F.I. HAUET (certains parlent de vengeance, d’autres accusent un membre de la gestapo d’arrière garde).
Vente de pommes, des biens communaux, à M. BONNIN et Honoré DUCAMP, aux lieux dits « Marais du Rotoir », « Clos Bernard » et « Jeu d’Arc ».
Du samedi 02 au dimanche 03, les Résistants quadrillent la forêt de Compiègne et le noyonnais et capturent environs 200 Allemands.
Dimanche 03, Fernand BLONDEL va à Grandfresnoy voir son père qui est gravement malade, et dont il était sans nouvelle depuis que les ruptures des relations postales.
Fin d’après-midi , un groupe d’une demi-douzaine de maquisards en voiture avec des allures de gaillards qui sortaient vraiment du bois, et qui devaient arriver du plateau de Saint-Claude. Munis de fusils ils pénètrent dans la cour de le ferme de Hippolyte HULOT, et tirent quelques coups de fusil assez impressionnants pour le gamin qu’est P. BLONDEL qui se trouve par-là. Ils repartent d’ailleurs quelques instants plus tard après avoir fait un sort à quelques poulets ou canards. Albert BAUDHUIN eut le temps d’arriver sur ces entrefaites. Il eut alors avec ces visiteurs tandis qu’ils se préparaient à repartir une conversation très brève et sans relief, qui a simplement pour but d’assurer que ce groupe est bien un vrai groupe de F.F.I. comme l’indique leurs brassards. Après le départ du groupe, Albert BAUDHUIN indique à P. BLONDEL suite à sa demande que la brève conversation était pour s’assurer que le groupe était bien de vrais F.F.I.
Lundi 04, suite a une réunion de bureau au Pont et Chaussée à Lassigny, Fernand BLONDEL est tenu de parcourir l’étendue de sa brigade, mais les mêmes ordres précisent qu’il n’est pas astreint de prospecter les parties boisées qui peuvent être encore dangereuses en raison des Allemands retardataires qui peuvent y rester réfugiés. Son collègue LESAGE lui signale une rumeur qui circule selon laquelle il y aurait 52 Allemands armés de mitrailleuses et de lances flammes, réfugiés dans les bois environnants Thiescourt … et qu’il serait prudent que Fernand BLONDEL ne prospecte pas le chemin départemental n°82 de Saint-Claude à Lassigny à cause que le F.F.I. HAUET avait été tué… Fernand BLONDEL soupçonne un manque d’audace de la part de son collègue et se pose la question – Qui a pu en effet dénombrer aussi précisément au chiffre de 52 unités le chiffre du groupe allemand ? – Qui au surplus a pu constater qu’ils étaient munis de lance flammes ?… Sans doute quelqu’un qui les avait côtoyés de fort… loin !… Donc pour savoir il fallait explorer et les approcher…Et décide qu’il sera l’un de ceux-là et part toujours en bicyclette par la route de Compiègne, puis le chemin vicinal de Belval et les Bocages puis le chemin départemental n°82. Aucun incident, et jusqu’ici il ne rencontre aucun civil susceptible de le renseigner – C’est bien dommage car le calme est complet et les Allemands signalés doivent être sans nul doute au … repos complet ! !…Il désire de ne pas « crocheter » sur Saint-Claude car c’est allonger sa tournée, il retrouvera ce tronçon plus tard. Tout est calme dans ce coin de la région (de Thiescourt). Quant aux 52 Allemands qui restaient tenir les bois de Thiescourt, avaient plus l’air d’une légende…
Dimanche 10, abolition de la législation de Vichy.
Mardi 12, le Havre est libéré (le port fut bombardé plusieurs fois pour l'année 1944 - 14 juin : 1 800 tonnes de bombes - 05 & 06 septembre : 11 000 tonnes de bombes explosives et incendiaires - 10 septembre : 5 000 tonnes de bombes).
Vendredi 15, la 2ème Région Militaire demande aux Maires du Département de procéder au recensement de tous les étrangers résidant dans leur commune ; liste qui devra être centralisée par la gendarmerie avant le 30 courant, puis envoyée à l’Etat-major de la Subdivision à Beauvais pour le 05 octobre.
Samedi 16, la Préfecture demande à la commune de dresser une liste de personnes étrangères (Belges et Hollandais) dépourvus de carte d’identité, habitant dans le village et leur désir de retour immédiat dans leur pays, et de lui envoyer la liste aussitôt que possible.
Mardi 19, la Finlande signe l'armistice avec l'U.R.S.S.
Jeudi 23, au matin, les unités de la 2ème D.B. de Philippe de HAUTECLOCQUE "LECLERC", pénètrent dans Strasbourg.
Lundi 24, Gury envoi à la Préfecture la liste qu’elle lui a demandé le 16 courant. :
Franz AMANT, Joseph et Gaston PIROTTE et Léontina PIROTTE-HENDRICHX, tous belge n’ont pas manifesté leur intention immédiate dans leur pays d’origine, sauf Léon LAIXHAU, belge, qui lui désire son retour immédiat.
Mardi 25, la Gendarmerie ramasse la liste des étrangers résidant à Gury, suite à la demande du 15 courant. La liste est composée de :
Nicolas et Mathieu AUGUSTIN, Cyrille GOVAERT, Franz AMANT, Joseph et Gaston PIROTTE et de Léon LAIXHAU, tous belge résidant à Gury.
Jeudi 27, arrêté préfectoral sur l’arrachage des betteraves industriel (sucrière), doit être fait après le 15 octobre 1944.
Vendredi 28, libération de Calais.
Samedi 29, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour G., Pierre, J. et T. PILLOT, R. et P. LECLERE, Fernand JOUANNAUD, Pauline JOUANNAUD-ROBERT, J. et C. BATTIN, G., R. et P. BELLARD.
Dimanche 30, dépôt de fiche pour demande d'achat de vêtements pour Alfrédine LHELLEZ-CUGNIERE, Réjane BELLARD-DEBEAUPUIS et Eugénie FOURNIER.

Octobre
Lundi 02, à 20 heures, réunion du Conseil Municipal (absents : Albert DELNEF et Marcel ROBERT).
- Vote du relèvement du taux des frais de contrôle de la distribution communale d’énergie électrique (30 francs par kilomètre de ligne et par an).
- Allocation exceptionnelle (de libération) aux employés communaux : Fernand BLONDEL, secrétaire de Mairie (666 francs) et Paul GAY, garde champêtre (175 francs).
- Le Conseil Municipal enregistre la constitution du Comité Local de Libération qui est ainsi composée :
Léandre « Albert » BAUDHUIN, président – Pierre PILLOT, secrétaire – René BRUNEL et Georges LOIRE, représentants agricoles – Jean BATTIN et Lucien COEUGNIET, représentant des ouvriers – Fernand BLONDEL, représentant des fonctionnaires.
Dans la nuit du samedi 07 au dimanche 08, les aiguilles des horloges sont reculées d’une heure pour « l’horaire d’hiver ».
Dimanche 15, le Maire demande à la Préfecture à qui incombe de faire remettre les vélos réquisitionnés.
Lundi 16, arrêté préfectoral régional pour prolongation de l’interdiction des bals publics.
Samedi 21, liste du cheptel à Gury :

* n’a pas rempli sa déclaration.
Mercredi 25, les relations postales sont rétablies pour l'intérieur de la France métropolitaine et la Corse, à l'exception des départements où se déroulent encore des combats.
Jeudi 26, Cyrille GOVAERT, renouvelle sa demande de carte de séjour.
Lundi 30, note officielle du Préfet au Maire de Gury : « ….. En réponse à votre lettre du 15 Octobre courant, j’ai l’honneur de vous faire connaître qu’il vous appartient de remettre les vélos réquisitionnés dans leur état actuel aux propriétaires de ces machines après notation ……… d’un constat
Des instructions vont vous être adressées incessament, en vue de la constitution des dossiers relatifs au matériel réquisitionné par les autorités d’occupation, dont le paiement incombait au Reich et qui n’a pas été payé avant le départ de l’armée allemande….. »

Novembre
Jeudi 09, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour J., J. et P. DUMONT, J. POINTIN, J. GOVAERT, Servais AUGUSTIN, Paul BELLARD, Marie DEJOUY-CAUSSIN, Marcelle GOVAERT-CUGNIERE, G. BLONDEL.
Samedi 11, Nicolas AUGUSTIN, ouvrier agricole, et son épouse Sylvie AUGUSTIN-JEUKENS, font une demande de carte de séjour.
Mercredi 22, la radio anglaise diffuse la dernière émission des «Français parlent aux Français» et les derniers membres de l’équipe encore présents à Londres prennent congé des auditeurs.
Jeudi 23, au matin, les unités de la 2ème D.B. de Philippe de HAUTECLOCQUE "LECLERC", pénètrent dans Strasbourg.
Samedi 25, le Maire demande à la Préfecture à qui il faut transmettre les différents dossiers afférents aux réquisitions.
Mardi 28, majoration du bail du 23 janvier 1941 pour Louis BOUCAUX, Maurice LHELLEZ et Paul GAY.
Les nouveaux taux : 1 quintal ½ pour Louis BOUCAUX et Paul GAY. 1 quintal pour Maurice LHELLEZ.

Décembre
Vendredi 01, arrêté préfectoral : « ... Mr Lhellez Maurice est délégué pour faire partie en 1945 de la Commission chargée de la Révision des listes électorales de la commune de Gury ….. »
Dimanche 03, Le coût de l'armement qui a été utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale est rendu public, soit plus de 1 000 milliards dollars US.
La Mairie de Chiry-Ourscamp demande la radiation d’Hippolyte HULOT, résidant à Chiry-Ourscamp, sur la liste électorale de Gury.
Jeudi 07, le Préfet répond au Maire de Gury : « ... En réponse à votre lettre du 25 Novembre 1944, j’ai l’honneur de vous faire connaître qu’il vous appartient de me transmettre les différents dossiers afférents aux réquisitions dont vous faites mention et constitués selon les indications précisées au Bulletin Officiel N°52….. »
Vendredi 08, dépôt de fiche pour demande d'achat de pneus pour Alfrédine LHELLEZ-CUGNIERE, Nestor CUGNIERE et Abel DEVILLERS.
Samedi 16, Contre-offensive allemande dans les Ardennes.
Mardi 19, la Mairie de Chaville envoie à la Mairie de Gury un certificat de radiation de leur liste électorale de Marcel LACOSTE et de Pierre DUMONT, résidant à Gury.
Jeudi 21, liste des artisans-maître à Gury : Louis BOUCAUX, forgeron depuis 1902 à Gury, et Fernand JOUANNAUD, maçon depuis 1942 résidant à Gury.
18 heures, Germaine LOIRE-GOVAERT, cultivatrice, chute de la table sur laquelle elle était montée dans sa ferme (Tuméfaction de l’éminence thémoïde main droite, fracture probable de la phalange palmaire du pouce droit, contusions multiples, douleurs violentes base du coccyx).
Mardi 26, La Mairie du Bourget accuse réception de la radiation sur leur liste électorale de Fernand JOUANNAUD, qui réside à Gury.
Jeudi 28, 9 heures, les radios annoncent ce matin que les Américains venant du Sud ont fait leur jonction avec les contingents isolés à Bastogne. Ce qui va se passer maintenant à Bastogne sera intéressant à observer : si les contingents américains sont retirés, il s'est agi d'une opération de sauvetage et les Allemands ont le champ libre pour pousser de l'avant si les Américains se maintiennent sur place, les Allemands ne peuvent pas s'aventurer plus loin. J'ai l'impression que les Américains resteront à Bastogne.

A suivre avec Janvier 1945.

Bonne lecture à tous.

Camille


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : lun. août 25, 2014 8:05 am 
Hors-ligne

Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
Messages : 110
Bonjour à tous,

Je tiens à vous signaler une coquille, que je n'avais pas vu, que Fifi a eu l’amabilité de me signaler, et concerne la libération de Strasbourg, il faut enlever celle du mois de septembre, celle de novembre est exacte.

Nous poursuivons notre récit ...

1945
Janvier
Vendredi 05, le Maire de Beauvais demande à la commune de Gury, de lui faire parvenir au bureau de l’Etat-Civil la liste des militaires décédés au cours de la guerre 1939-1940 et inhumés sur le territoire de la commune, avec si possible leurs noms, prénoms, grade, unité, date de décès et n° de leur tombe. Ces renseignements sont sollicités par diverses Amicales de formations militaires et destinées à permettre d'honorer leurs morts comme il convient après la fin des hostilités.
La Mairie de Gonesse accuse réception de la radiation sur leur liste électorale de Maurice BONNIN, qui réside à Gury.
Mercredi 10, à 20 heures, déclaration de décès de Henri MAUPIN, natif de Gury (° 15/07/1857), cantonnier retraité de Service Vicinal, décédé ce jour à 17 heures (17 heures 30 sur le certificat du médecin), rue de Bailly, fils des défunts Jean-François MAUPIN, et de Virginie PECHON, époux de Marie PECHON. Le déclarant est Pierre GUIZIOU, cultivateur, 53 ans, voisin du défunt. Certifié par le docteur PUISSANT.
Dépôt de fiche pour demande d'achat de pneus pour Alfrédine LHELLEZ-CUGNIERE.
Vendredi 12, 8 heures, inhumation d’Henri MAUPIN, le permis d’inhumation est fait et signé par Maurice LHELLEZ, Adjoint au Maire, à cause de l’absence du Maire.
Lundi 15, la Mairie de Chiry-Ourscamp demande la radiation de Charles HULOT, résidant à Chiry-Ourscamp, sur la liste électorale de Gury.
Mardi 16, vers 15 heures 30, un bombardier lourd quadrimoteur américain s'écrase au retour d'un raid sur l'Allemagne à Saint-Maur .
Lundi 29, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Jean-Claude et Denise QUERE, A., Lucienne et P. LOIRE.
Mardi 30, découverte du camp d'extermination d'Auschwitz par l'Armée soviétique.

Février
Mardi 06, la commune demande au procureur de la République à Compiègne, confirmant qu’une femme française mariée à un belge perd sa nationalité et devient belge, si oui, elle veut sa réintégration à la nationalité française ; doit elle faire une procédure ? (Marcelle GOVAERT-CUGNIERE)
Mercredi 07, seconde demande du Maire de Beauvais (voir sa demande du 5 janvier 1945).
Vendredi 09, Colmar est libérée.
Samedi 10, le Maire de Suresnes, certifie avoir rayé de sa liste électorale Charles GUTH (le courrier est arrivé à la Mairie de Gury le 14, reçut trop tardivement donc il n’est pas inscrit sur la liste à Gury.)
La commune a 22 élèves assurés avec garantie de trajet (77 francs) par la Mutualité-Accidents-Elèves De L’Oise.
Lundi 12, le Procureur de la République répond au courrier de Gury du 06 courant, en répondant affirmativement aux questions.
Jeudi 15, courrier de la Mairie au Juge de Paix de Lassigny : « ….. Un électeur GUTH Charles, né à la Neuville les Raon le 30 Mai 1879, s’est présenté à la mairie tardivement le 14 février 1944 pour y demander son inscription sur les listes électorals de Gury, muni d’un certificat de radiation qui lui a été délivré le 10 fév. 1945 par la mairie de Suresnes
L’inscription sur les listes électorales de Gury n’a pu être admises
1 O en raison de ce que trop tardive (le délai étant expiré depuis le 24-12-1944 (Recueil du 25 Nov. 1944)
2 O les listes étaient d’ailleurs closes et transmises.
3 O les délais d’appel devant votre compétence étaient exprimés depuis le 31-1-1945.
1 Quelle devient la situation de cet électeur ainsi radié ?
2 Quel recours reste-t-il ouvert en sa faveur ?
3 Quelle procédure devra t’il entamer ? … »
Réponse du Juge de Paix : « Le Juge Paix constitué juge d’appel au niveau électorale, est sans pouvoir pour statuer sur la demande en inscription n’a pas été prealablement procedé devant la commission municipale.
Celle-ci a t elle rendue une decision notifiée à l’intéressé et à quelle date ?. »
Mercredi 28, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Roger GAY et S. et M. LHELLEZ.

Mars
Mercredi 07, un peu avant 16 heures, les Américains s'emparent du seul pont encore praticable sur le Rhin, que les Allemands ne sont pas parvenus à détruire - Il s'agit du pont de Remagen.
L’Office Départemental du Travail de l’Oise, signal à la Mairie de Gury qu’il a bien reçu l’état des étrangers de Pierre DUMONT, pour leur délivrer des autorisations provisoires de travail (2 photos d’identités jointes). Toutefois pour donner satisfaction, l’Office Départemental a besoin de connaître la profession des employeurs respectifs de ces étrangers soit de BOUCAUX et THOQUENNE. Il renvoi 2 photos de madame HENDRICHX Léontina pour lui en adresser des plus récentes. Après cela l’Office transmettra les autorisations en questions.
Lundi 12, dépôt de fiche pour demande d'achat de vêtements pour J. DEVILLERS, S. et M. LHELLEZ, G. LOIRE et P. GOVAERT.
Lundi 19, la première Armée française pénètre en Allemagne.
Mercredi 28, 20 heures, réunion du Conseil Municipal (absents : Albert DELNEF et Marcel ROBERT).
- Le Maire est saisi par le Syndicat agricole de battage de la commune de Gury, d’une demande d’extension d’électrification concernant l’utilisation de l’énergie électrique pour le battage des récoltes de ses adhérents. Cette utilisation de la force électrique devant remplacer une locomobile à vapeur précédemment en service et qui ne donne plus les résultats qu’on en attend. La ligne supplémentaire à construire entrera dans le domaine communal.
Dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour L. ROBERT, M. HULEU, C. AUGUSTIN, Abel, J. et B. DEVILLERS, Madeleine BLONDEL-CLAINQUART, Stanislawa GAY-KOZACZYK, Fernand BLONDEL, S. et P. GAY, G. et M. LOIRE, Léon LAIXHAU, A. BOUCAUX et Marcel RIBEYRE.
Jeudi 29, Marceau LHELLEZ, prisonnier au Stalag XIID à Langebonsheim (Allemagne) est libéré par les Alliés.
Vendredi 30, la première Armée française traverse le Rhin.

Avril
Dimanche 01, les Américains débarquent sur l'ile d'Okinawa avant d'attaquer le Japon.
Dans la nuit du lundi 02 au mardi 03, les aiguilles des horloges sont avancées d’une heure pour « l’horaire d’été ».
Mercredi 04, dépôt de fiche pour demande d'achat de vêtements pour S. et M. LHELLEZ, D. BOUCAUX, J. GOVAERT, J. POINTIN, Germaine LOIRE-GOVAERT et Fernand BLONDEL.
Samedi 07, Marceau LHELLEZ libéré passe à Hayange.
Lundi 09, course cycliste du « Paris-Roubaix », les gagnants sont : 1er Paul MAYE (France) – 2ème Lucien TEISSEIRE (France) – 3ème Kléber PIOT (France) …
Marceau LHELLEZ est de retour à Gury.
La Préfecture donne l’autorisation de circuler à Pierre DUMONT avec son véhicule de tourisme sur une zone (Oise, Seine et Oise et Seine), valable jusqu’au 31 août 1945.
Jeudi 12, le président américain Franklin ROOSEVELT, âgé de 63 ans, décède d'une hémorragie cérébrale (ce qui met fin à une certaine tension qui existait entre lui et le Général De GAULLE). Lui succède Harry TRUMAN.
Mercredi 18, Marceau LHELLEZ est démobilisé.
Vendredi 20, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour C., Y., A. et R. PILLOT, P. GOVAERT, D. BOUCAUX, Paul GUIDET, Irène ODEMPS-PILLOT, G. et F. BLONDEL.
Mardi 24, Philippe PETAIN décide de rejoindre la frontière Suisse puis se rend aux autorités françaises le 26 avril.
Dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Germaine LOIRE-GOVAERT, G. et G. LOIRE, Rosalie HAUET-ROSE, A., P., J. et J. DUMONT, T., J. et Pierre PILLOT, Raymonde PILLOT-LOIRE, Léocadie URIE-DEJOUY, Amélie LEBŒUF-HAUET, Henri QUERE et Emile QUEAU.
Jeudi 26, de Suisse où il était arrivé quelques jours plus tôt, le maréchal PETAIN se livrera spontanément à la Cour suprême de son pays.
Dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Célestine QUEAU, Isabelle et Paul GAY, Michel HULEU et T. BRUNEL.
Samedi 28, 11 heures, télégramme pour la Mairie : « Maire Lassigny Oise a Maire Gury
Vous prix adesser demain sans faute thélegramme Sous Prefecture Résultat Election de Votre Commune ..… Dubois. »
Dimanche 29, 8 heures, ouverte du scrutin du premier tour des élections municipales. C’est la première fois que les femmes votent.
16 heures, télégramme du Préfet : « ….. Préfet Oise à Maire Gury
Prière m’adresser obligatoirement Lundi 30 Avril 1 er courrier avec procès verbal opérations électorales note indiquant nom chaque candidat élu, liste à laquelle il appartenait et son étiquette politique laquelle ou son affiliation à un mouvement de résistance »
18 heures, résultat du premier tour des élections municipales (81 électeurs, soit 39 hommes et 42 femmes – 64 votants), sont passés :
Pierre PILLOT, Gaston VIGNOLLE, Maurice LHELLEZ, Léandre « Albert » BAUDHUIN et Nestor CUGNIERE.
Liste des métiers à Gury (valable jusqu’au 13 mai 1945) :
14 cultivateurs : Paul DEJOUY, René BRUNEL, Jeanne LHELLEZ-CRAMPON, Louise CUGNIERE-CENSIER, Pierre DUMONT, Pierre GUIZIOU, Marcel LEBŒUF, Marceau LHELLEZ, René LHELLEZ, Georges LOIRE, Pierre PILLOT, Paul ROBERT, Pauline JOUANNAUD-ROBERT, Abel DEVILLERS.
1 vacher : Edmond DAMIENS
1 coiffeur à Compiègne : Agénor CUGNIERE
1 ouvrier carrier : Léandre « Albert » BAUDHUIN
1 journalier : Gilbert BELLARD
11 ouvriers agricoles : Renée LECLERE-BERNOUIN, Henriette DEBEAUPUIS-CHOUART, Réjane BELLARD-DEBEAUPUIS, Albert DELNEF, Sylviane ROBERT-FRERE, Isabelle GAY-GEOFFROY, Charles GUTH, Marcel LACOSTE, Berthe PILLOT-PECHON, Fernand ROBERT, Gaétan ROBERT.
1 chef cantonnier à Lassigny : Fernand BLONDEL
1 représentant à … : Maurice BONNIN
1 louageur/forgeron : Louis BOUCAUX
1 institutrice : Madeleine BLONDEL-CLAINQUART
1 garde champêtre : Paul GAY
2 cantonniers à Lassigny : Stéphane GAY, Alfred ROBERT
1 maçon à …. : Fernand JOUANNAUD
1 débitant-épicier : Maurice LHELLEZ
1 charretier : J. POINTIN
1 industriel à Paris : Pierre VALETTE
1 ménagère : Octavie GOFFARD-EUDES
1 laitier à … : Maurice HENOCQ
Lundi 30, après 14 heures, Adolf HITLER et sa compagne Eva BRAUN se suicident.

Mai
Mercredi 02, les Allemands présents en Italie se rendent aux alliés.
Vendredi 04, capitulation des Allemands en Hollande, au Danemark et en Allemagne de l'ouest.
Samedi 05, « CESSEZ LE FEU » sur le front ouest.
Libération de Marceau LHELLEZ, comme prisonnier en Allemagne.
Lundi 07, 2 heures 40, les forces allemandes capitulent définitivement. Les Allemands signent un premier armistice – Acte de reddition sans conditions de l’armée allemande avec fin des hostilités pour le 08 mai.
15 heures, le Général DE GAULLE annonce à la France la fin des combats.
Mardi 08, à 0 heure 1, fin d’un cauchemar, le « Le CESSEZ LE FEU » sur tous les fronts, sonne la fin officielle du IIIème Reich allemand et son gouvernement. Le traité de Paix signé à Reims (capitulation allemande).
Révélation au monde étonné des autres camps d'extermination de Dachau, d'Oranienbourg, de Bergen-Basen, de Buchenwald, de Dora, de Sachsenhausen, de Theresienstadt et de Mauthausen en Autriche.
Mercredi 09, 0 heure 28, l'armistice est signé avec l’U.R.S.S. à Berlin.
Jeudi 10, 20 heures, déclaration de décès de Octavie CAZIN, native de Saint-Saulve (06/03/1873), sans profession, décédée ce jour à 8 heures, rue de Bailly (aujourd’hui : rue du Pignon Rouge), fille de défunte Ludivine CAZIN, épouse d’Antoine BORELLI. Le témoin est Maurice LHELLEZ, cultivateur, 63 ans, voisin de la défunte.
Samedi 12, 16 heures 30, télégramme du Préfet : « ….. Préfet Oise à maires du Département
En application instructions ministérielles Conseillers municipaux devront être installés Maire et Adjoint élus avant Samedi 19 Mai délai de rigueur. Vous prie prendre dispositions en vue convocation nouvelle Assemblée comunale sans forme de délai prévu article 48 et 77 moi du 5 Avril 1884. Nouvelle municipalité adressera aussitôt procès verbal relatif aux opérations. »
Dimanche 13, 8 heures, ouverture du scrutin du second tour des élections municipales.
18 heures, résultat du second tour des élections municipales ( 81 électeurs, soit 39 hommes et 42 femmes - 61 votants), sont passés :
Paul DEJOUY, Léon BOUCAUX, Irène ODEMPS-PILLOT, René BRUNEL et Gilbert BELLARD.
Mardi 15, la France devient membre permanent du Conseil de sécurité de l'O.N.U.
Jeudi 17, installation du Conseil Municipal :
PILLOT Pierre, Maire – LHELLEZ Maurice, Adjoint – VIGNOLLE Gaston – BAUDHUIN Léandre – CUGNIERE Nestor – DEJOUY Paul – BOUCAUX Léon – ODEMPS-PILLOT Irène – BRUNEL René – BELLARD Gilbert.
Dimanche 27, vente des herbes des marais communaux, à Maurice BONNIN, Henri PILLOT, Pierre GUIZIOU, Eugène LECLERE, Maurice LHELLEZ, Paul DEJOUY, Fernand JOUANNAUD et LHELLEZ-CUGNIERE, aux lieux dits « Marais du Rotoir », « Jeu d’Arc », « Cimetière », « Place Publique », « Marais à Bouzat » et « Marais Lionnel ».
Dimanche 20, dépôt de fiche pour demande d'achat de pneus pour Cyrille et Jean GOVAERT.
Lundi 28, P. BRUNEL, est rapatrié à Gury (déporté le 16/06/1943).
Mercredi 30, dépôt de fiche pour demande d'achat de pneus pour P. BLONDEL.

Juin
Vendredi 01, A. GUIZIOU, est rapatrié à Gury (déporté le 16/06/1943).
Samedi 02, dépôt de fiche pour demande d'achat de vêtements pour J. DUMONT.
Vendredi 08, recensement des étrangers : la famille PIROTTE-HENDRYCHX (3 personnes de nationalité belge).
Samedi 09, 0 heures 28, les Allemands signent un second armistice à Berlin.
Suite et fin du recensement des étrangers à Gury : la famille GOVAERT-CUGNIERE (5 personnes d’origine belge) et la famille AUGUSTIN-JEUKENS (5 personnes, d’origine belge).
Mercredi 13, 20 heures, réunion du Conseil Municipal.
- Décision des travaux d’électrification rurale – extension de réseau – dépense subventionnable est de 19391 francs, les travaux seront exécutés par la Société d’Intérêt Collectif Agricole d’Electrification de la région de l’Aronde et du Matz, à Compiègne.
Jeudi 14, la Mairie de Gury au Directeur Régional du service National des Statistiques : « ….. Bordereau d’Envoi des fiches de Français recensés dans la commune pour les besoins de l’autorité militaire Travailleurs et prisonniers de guerre
Rapatriés
Date d’envoi 14 JUIN 1945 Nombre de colis 1
Nombre de fiches de recensement contenus dans chaque colis 5 ….. »
Samedi 30, liste de recensement communal des jeunes gens de la classe de 1944, nous avons R. DEJOUY.

Juillet
Vendredi 13, courrier de Henri SALIGOT : « Je me permets de vous rappeler qu’a la suite de la lettre de M. le Maire en fonctions datée du 22 8 bre 1939 ma maison sise à Gury a été réquisitionnée et occupée qu’il a été établi un dossier en mairie concernant cette réquisition
Il serait superflu de reprendre ici tout ce que contient ce dossier je me bornerai a reproduire la lettre de M. l’Intendant Viot chef de l’intendance de Beauvais qui je pense ne figure pas au dossier.
Copie : comme suite a votre lettre du 26 Février j’ai l’honneur de vous faire connaître que les indemnités de cantonnement réclamés sont inclus dans un mandat N°206 établi le 20 Février au profit des habitants de la commune de Gury. Signé)
Les hostilités étant terminées je viens vous demander d’examiner a nouveau ce dossier s’il y a quelques lacunes de les combler afin que je puisse être indemnisé au plus tôt cette affaire ayant vous en conviendrez assez duré.
Comptant que ce simple rappel suffise a solutionner favorablement cette affaire….. »
Lundi 23, début du procès du maréchal PETAIN, devant la Haute Cour de Justice. Défendu par Jacques ISORNI, Philippe PETAIN déclara le premier jour qu'il avait toujours été un allié caché du Général DE GAULLE et qu'il n'était responsable que devant la France et les Français qui l'avaient désigné et non devant la Haute Cour de Justice. De ce fait, Philippe PETAIN annonça qu'il ne répondrait pas aux questions qui lui seraient posées. Vinrent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : Édouard DALADIER, Paul REYNAUD, Léon BLUM, Pierre LAVAL soit à décharge : le général WEYGAND, le pasteur BOEGNER.
Mardi 24, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Marcel LEBOEUF (prisonnier), L., L. et R. DEJOUY, Idamir DEJOUY-AMBEZA, Marie DEJOUY-CAUSSIN, L. BOUCAUX, Berthe BOUCAUX-GOVAERT, L., A. et G. LOIRE, E. FACQ, A. GUIZIOU, A., F., P. et G. BLONDEL, Charles GUTH, Stéphane GAY, Nestor CUGNIERE, Alfrédine LHELLEZ-CUGNIERE, Eugène et Renée LECLERE.
Mercredi 25, à 16 heures, déclaration de naissance de D. BLONDEL, né ce jour à 10 heures, Place de la Mairie (aujourd’hui : rue du 4ème R.I.C.), fils de Fernand BLONDEL, chef cantonnier, 39 ans, et de Madeleine CLAINQUART, institutrice publique, 40 ans. Le témoin est le père de l’enfant qui a assisté à l’accouchement.

Août
Lundi 06 à 8 heures 15 heures, la première bombe atomique américaine est lancée sur Hiroshima au Japon. Bilan : 75 000 morts et 90 000 blessés sur une population de 250 000 personnes. La bombe, recouverte de signatures et d'injures à l'adresse des Japonais, est armée en vol et larguée à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville.
Mardi 07, courrier de Henri SALIGOT, au Maire de Gury : « En mains votre réponse a ma lettre du 13 juillet dernier ou vous vous étonnez de ma demande : tous vos administrés dites vous ayant été réglés aucun n’a réclamé. Ceci prouve que contrairement a moi Ils ont été integralement indemnisés.
En effet je n’ignore pas que le percepteur ne délient plus aucune somme imputable aux cantonnements (Quand au mandat 106 (lire 206) j’y ai peut-être figuré attendu que j’ai bénéficié d’un abattement de Vingt & un francs sur mes impôts
Comme vous le dites si ironiquement bien ma comptabilité m’indique clairement que je n’ai aucune reclamation adresser au percepteur. Votre confusion sur ce point provient probablement de ma mauvaise rédaction je m’en excuse.
Pour éviter toute confusion a l’avenir je vais reprendre les faits succinctement mais aussi clairement que possible Je ne preciserai pas les dates vous les possedez aussi bien et même mieux que moi.
Monsieur le maire de Gury en vertu de des pouvoirs qui lui sont conférés a réquisitionné ma maison elle a été occupée pendant plus de sept mois par plusieurs unités Ces unités ont établi des bons dont je possède la majeure partie (pas tous cependant) première mettez erreur. Le premier bon qui porte sur quelques jours a probablement ? été mandaté ce qui expliquerait la somme de 21f objet de l’abattement sur les impôts. Vous conviendrez qu’en leur impartialité je ne puis considérer cette somme comme representant le solde de ce qui m’est du pour toute durée de l’occupation.
J’ai donc le regret M. le Maire de repeter ce que je vous ai écrit qu’il y a erreur certaine ou et par qui elle a été commise je ne possède pas les elements d’appréciation. Vous au contraire pouvez le déterminer exactement.
En résumé ne connaissant de responsable que l’autorité qui a réquisitionné je me tourne vers elle et demande de bien vouloir faire le nécessaire pour que dans le plus bref délai cette erreur soit rectifiée pour me permettre enfin d’être indemnisé selon la loi. De la totalité du temps d’occupation. Faute de quoi je me verrai dans l’obligation de m’adresser aux spécialistes de ces questions pour faire deposer le dossier a l’administration supérieure
Comptant que ces quelques explications auront sufi a dissiper le mal entendu existant entre nous ….. »
Jeudi 09, 11 h 02 du matin, la superforteresse américaine B-29 Bockscar, pilotée par Charles SWEENEY, partie de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, largua la bombe atomique Fat Man sur la ville (Nagasaki) : elle explosa à 580 m d'altitude, à l'aplomb du quartier Urakami.
14 heures, déclaration de décès de Raymond LOIRE, natif de Gury (° 23/01/1876), décédé ce jour à 0 heure 30, fils des défunts Cléonie LOIRE, et de Philomène BRUNEL, époux de Jeanne CUGNIERE. Le déclarant est Georges LOIRE, cultivateur, 45 ans, fils du défunt. Il décède suite à une tumeur localisée du palais, il souffrait depuis de long mois. Son souvenir a marqué son petit-fils J. PILLOT, qui était « son petit camarade » et qu’il avait initié aux plaisirs de la chasse au cours des randonnées à travers plaines et bois.
Seconde bombe atomique américaine lancée sur une autre ville japonaise, qui est Nagasaki, mettant ainsi fin à la seconde guerre mondiale.
Vendredi 10, le Japon capitule.
14 heures, déclaration de naissance de C. GAY, née hier le 09 à 23 heures, rue du Bailly, fille de Stéphane GAY, cantonnier au Service Vicinal, 26 ans, et de Stanislawa KOZACZYK, sans profession, 23 ans. Le déclarant est le père de l’enfant.
Lundi 13, demande de la Mairie de Puteaux, de rayer de la liste électorale de Gury, Hélène GOFFARD (courrier reçu en Mairie de Gury le 15 de ce mois).
Mardi 14, les Japonais capitule.
Nouveau courrier de Henri SALIGOT, se plaignant du courrier qu’il a reçu de la Mairie suite à son courrier du 13 juillet dernier : « ….. En main la réponse à ma lettre du 13 juillet me donnant l’impression tres nette que le rédacteur après avoir ironisé a éprouvé le besoin injustifié d’ajouter quelques insinuations blessantes.
Cette affaire est cependant nette et il est impossible d’intervertir les roles. Je suis bien victime d’une erreur ou d’une omission venant d’un service administratif lequel je l’ignore. Mais vous conviendrez que je ne puis accepter d’être suspecté de vouloir profiter d’une situation exceptionnelle Alors que j’ai été exactement crédité de la somme de Vingt & un francs pour plus de sept mois d’occupation d’une propriété grevée de près de 400 f d’impôts fonciers par an.
Bien avant l’avis ironique de votre rédacteur je me suis adressé a tous les services : Intendance, perception, etc réponses unanimes : adressez-vous a la mairie. Je viens de la faire le résultat n’est pas réconfortant et me laisse une très mauvaise impression pour l’avenir ou il s’agira de traiter les autres questions pendantes : des dès depradations detournements et réparations
Mais ! assez épilogué et revenons a la question cantonnement : Dans une conversation vous m’avez affirmé soyer sans inquiétude nous possedons le dossier complet en mairie (terme textuel) et Dans une autre conversation vous avez déclaré a Madame Saligot qu’il y avait deux cas identiques le notre et celui de votre sœur. Vous aves donc la reconnue qu’il y avait eu omission. Et attendu que vous avez en connaissance du mal il vous est possible de la réparer.
Monsieur Pillot dites vous bien que ces erreurs sont multiples dans la situation crée par l’état de guerre mais cela n’exclue nullement l’obligation de les réparer.
Comptant que vous comprendrez la nécessité ou je me trouve de vous importuner avec cette affaire et voudrez bien faire le necessaire pour son reglement amiable croyez a toute ma consideration »
Mercredi 15, le cessez-le-feu au Japon.
A l'aube, fin du procès du Maréchal Philippe PETAIN : la cour le déclara notamment coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison. Elle le condamna à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge. Eu égard au vœu de la Haute Cour de justice et peut-être également en raison des mérites passés du Maréchal et de leur ancienne amitié, le Général DE GAULLE, chef du Gouvernement provisoire de la République, commua la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité. Le Maréchal PETAIN fut brièvement interné au Fort du Portalet, dans les Pyrénées.
Jeudi 16, dépôt de fiche pour demande d'achat de vêtements pour Jacques DUMONT et Stanislawa GAY-KOZACZYK.
Vendredi 17, la commune demande à l’Intendance Départementale de l’Oise, ou en sont les indemnités dut au cantonnement de 1939-1940.
Dimanche 19, le Maire répond à Henri SALIGOT : « Je reçois quelques jours après l’arrivée de la lettre adressée à M. le Maire celle que vous m’avez adressé personnellement.
Je m’étonne que vous insistez sur la façon dont mon secrétaire a rédigé la réponse à votre réclamation. Cette réponse n’avait rien de bien méchant et si elle reflétait de sa part une certaine brièveté c’est que ce dossier réquisition lui a déjà fait tant noircir de papier et tant fait fournir d’état qu’il pouvait en concevoir une certaine nervosité en constatant qu’après avoir strictement et avec une bonne volonté inlassable fourni toutes les pièces demandées par les services de l’intendance, il se trouvait encore suspecté de négligence après 4 années et alors qu’il pouvait espérer que ces dossiers avaient été solutionnés.
Les dossiers établis en leurs temps ont été transmis aux services de l’intendance en 1941 et les solutions réclamées plusieurs fois dans les mois et années suivantes.
Nous reprenons le dossier concernant le double des états fournis pour pouvoir vous fournir des renseignements aussi exact que possible qui vous permettrons de réclamer dans les services qui ont peut-être négligé leur service et rejettent leur négligence sur le dos de la mairie qui dans beaucoup de cas est le bouc emissaire des administrations defaillantes ou négligentes.
Je pense que mon secrétaire pourra vous répondre sous peu sur ce qui a été fait et sur ce qui vous restera à faire….. »
Il lui transmet une copie, qui permettra à Henri SALIGOT de faire sa déclaration, mais il pense que la commune pourra faire sous peu une réponse à sa demande.
Mardi 21, la Mairie de Gury reçoit l’autorisation de Circuler de Pierre DUMONT avec son véhicule de tourisme (voir en date du 09 avril 1945).
Lundi 27, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour V. et M. BRUNEL, Claire BRUNEL-DUQUENNOY, P. GAY, ROBERT G., G. LHELLEZ, Jeannine BELLARD, Amélie LEBŒUF-HAUET, Marcel et Marguerite LACOSTE, Alfrédine LHELLEZ-CUGNIERE, Louise CUGNIERE-CENSIER et Berthe PILLOT-PECHON.
Mardi 28, la Perception de Lassigny, informe le Maire, qu’elle va demander ce jour les justifications de dépense pour la réclamation d’Henri SALIGOT. (Le Percepteur à écrit JURY, au lieu de GURY).
Mercredi 29, l’Intendance Départementale de l’Oise, répond au courrier de la commune du 17 courant, qu’un mandat n°166 de 157 francs, avait été adressé au Receveur Municipal de Gury en date du 13 février 1942, et un second, n°206 de 7019,80 francs avait été aussi envoyé en date du 20 février 1942.

Septembre
Dimanche 02, le Japon signe sa reddition pour que les armes se taisent enfin et marque la fin définitive de la seconde guerre mondiale.
Ainsi s'achèvent 2 194 jours de guerre.
Fin de la guerre 1939-1945, la France compte : 58 000 morts - dont 300 000 civils (75 000 Juifs).
Mardi 04, à 15 heures, Georges LOIRE, cultivateur, chute sur la tête d’un tas de ballots de paille sur lequel il était monté dans les dépendances de son exploitation, lui causant de violentes douleurs à la pression. Contracture des muscles face postérieure du cou. Il ne semble pas y avoir de fracture. Soigné à son domicile. Le témoin de l’accident est G. LOIRE, sa fille.
Dimanche 09, les forces Japonaises restées en Chine capitulent définitivement.
Dimanche 16, le Maréchal PETAIN est transféré au Fort de la Citadelle, sur l'île d'Yeu (Vendée). Son épouse, installée à son tour dans l'île, bénéficia d'un droit de visite quotidien.
Rectification des listes des électeurs : Radiation  Octavie CAZIN et Raymond LOIRE, décédés – Hélène EUDES, habite Puteaux, et Maurice HENOCQ, habite Roye-sur-Matz.
Addition  V. BRUNEL, R. DEJOUY et G. LHELLEZ, ont atteint 21 ans – Charles GUTH, habite Gury.
Dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17, les aiguilles des horloges sont reculées d’une heure pour « l’horaire d’hiver ».
Mercredi 19, C. BAUDUIN et G. LHELLEZ, font un contrat de mariage chez Maître Pierre DEDIEU, notaire à Lassigny.
Samedi 22, à 11 heures, mariage de C. BAUDUIN, cultivateur, natif de Laberlière (° 31/07/1922), fils de Louis BAUDUIN, cultivateur, et de Rosine DEPUILLE. Et G., cultivatrice, native de Gury (° 15/06/1924), fille de défunt Léon LHELLEZ, et de Jeanne CRAMPON. Les témoins sont Maurice WALLET, boucher à Orvillers-Sorel, et Maurice LHELLEZ, cultivateur et débitant à Gury.
Dimanche 23, liste des métiers de Gury identique à celle du 29 avril 1945, sauf qu’il n’y a plus Octavie GOFFARD-EUDES et Maurice HENOCQ.
8 heures, ouverture du premier tour des élections des cantonales. (81 électeurs, soit 39 hommes et 42 femmes – 65 votants) :
Georges DELAVENNE (Républicain indépendant) : 35 voix
Emile REYNEN (Radical Socialiste) : 15 voix
Norbert CORRION (Communiste) : 13 voix
Mercredi 26, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Fernand JOUANNAUD, P. et P. BELLARD, Réjane BELLARD-DEBEAUPUIS et G. BLONDEL.
Dimanche 30, 8 heures, ouverture du second tour des élections des cantonales (81 électeurs, soit 39 hommes et 42 femmes) – 56 votants) :
Georges DELAVENNE (Républicain indépendant) : 6 voix
Emile REYNEN (Radical Socialiste) : 35 voix

Octobre
Lundi 13, mariage à Lassigny d'A. GUIZIOU, fils de Pierre GUIZIOU, et de Zilda FOURNIER, avec L. VASSEUR, fille de Clotaire VASSEUR, et de .
Mercredi 15, exécution, de Pierre LAVAL condamné a mort le 8 octobre.
Samedi 20, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour B. BLONDEL, Léandre « Albert » BAUDHUIN, Georgette BAUDHUIN-FROISSART, J. et Maurice BONNIN, Léocadie URIE-DEJOUY, Renée LECLERE, Emile et Célestine QUEAU, Louis BOUCAUX, R., Mathieu AUGUSTIN, René BRUNEL, René LHELLEZ (prisonnier) et Marcel LEBŒUF (prisonnier).
Dimanche 21, élections générales et référendum (81 électeurs, soit 39 hommes et 42 femmes – 69 votants), il y a 6 listes :
BIONDI Jean (S.F.I.O) : 4 voix
DUPUIS Armand (Radicaux-Socialistes) : 10 voix
MERCIER André (Communistes) : 13 voix
DELAHOUTRE Eugène (M.R.P) : 23 voix
LEGENDRE Jean (Liste d’Union Patriotique et Républicaine) : 12 voix
RAMBAUD Benoît (Parti Paysan) : 4 voix
Mercredi 31, liste des électeurs à la Chambre et Tribunal de Commerce : BOUCAUX Louis, louageur, et LHELLEZ Maurice, débitant-épicier.

Novembre
Lundi 05, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Gaétan ROBERT.
Dimanche 11, cérémonie purificatrice se déroule dans la « Clairière de l’Armistice » à Rethondes.
La campagne de libération a coûté 58000 morts aux forces armées, de 1941 à 1945, et 24000 aux F.F.I. et maquisards, 200000 civils ont été déportés et 35000 otages ont été massacrés ou fusillés.
Mardi 13, l'Assemblée constituante réélit le Général De GAULLE à l'unanimité président du gouvernement provisoire.
Dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour G. LOIRE.
Vendredi 16, la Préfecture (Service des réfugiés et des Sinistrés) à Gury : « ... Transmis à monsieur le Maire de en l’informant que les cartes de sinistrés sont établies par mes services.
Prière de m’adresser la liste des familles avec l’état civil de chaque membre … »
Mardi 20, début du premier procès de l'histoire mettant en accusation, devant un tribunal international, les hauts responsables du IIIème Reich, à Nuremberg, la ville des grandes liturgies nazies.
Mercredi 21, enquête agricole :


Dimanche 25, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Jeanne LOIRE-CUGNIERE et G. ROBERT.
Mardi 27, réponse du Maire de Gury à la Préfecture, du courrier du 16 courant : « ……. Les faits de guerre ayant occasionné des sinistres de tous ordres (depuis le sinistre total jusqu’à des dégradations de minime importance) veillez me préciser ce qu’il faut entendre par le mot « sinistré ».
Bien entendu les dégâts de troupes, dommages aux récoltes ne sembleraient pas rentrer dans la catégorie du mot « sinistre » qui résulte d’un évènement direct de guerre
Quel sera le but de cette carte ?
Ma demande de renseignements a pour objet une classification équitable et impartiale.
Doit elle cependant partir du sinistre total pour rejoindre l’infiniment petit ?…
Des instructions précises sont-elles parues ou vont elles paraître au Bulletin officiel. Il serait souhaitable que cette carte fut uniformément délivré à des sinistrés bien déterminés….. »

Décembre
Dimanche 02, à 8 heures, Paul GUIDEZ, ouvrier agricole chez Pierre DUMONT, a glissé sur des betteraves dans l’exploitation (fracture de la 8ème cote hémi thorax droit). Soigné à son domicile. Les témoins de l’accident sont Bernadette BOUVET, et René POINTIN, ouvriers agricoles.
Lundi 03, Madame LALANDE demande à la Mairie de Gury : « …Voudriez-vous s’il vous plait m’envoyer par retour l’acte de décès de mon fils Lucien Lalande tué et inhumé à Gury en Juin 1940… »
Dimanche 11, la Mairie répond au courrier du 3 de ce mois de madame LALANDE, laquelle demande à la Mairie de lui envoyer une copie de l’acte de décès de son fils Lucien LALANDE, tué et inhumé à Gury en juin 1940.
Lundi 12, mariage à Thiescourt de M. LHELLEZ, de Gury, fils de Maurice LHELLEZ et de Gabrielle ESCLADE, avec M. DONDELLE, de Thiescourt. Le repas du mariage ce fait à Gury.
Dimanche 18, dépôt de fiche pour demande d'achat de chaussures pour Alfred et Gaétan ROBERT, Georges, P., G. et G. LOIRE, Marcel RIBEYRE, E. et R. FOURNIER, P., N., C. et Isabelle GAY, Abel et B. DEVILLERS, Madeleine BLONDEL-CLAINQUART, Mariette DEVILLERS-LOIRE, Marie DEJOUY-CAUSSIN, P. BLONDEL, P. GOVAERT, Germaine LOIRE-GOVAERT et Célestin DUCAMP.
Vendredi 21, la Direction départementale de la santé aux Maires : « ….. où je suis de prendre toutes les mesures sanitaires utiles à la lutte contre la propagation des maladies vénériennes…. Ce fléau redoutable en tout temps pour l’avenir National prend actuellement une extension croissante contre laquelle il faut agir énergiquement et tout de suite …. C’est pourquoi, je vous prie de me renseigner discrètement mais sûrement sur les personnes vivant sur le territoire de votre commune et se livrant à la prostitution ouverte ou clandestine ou à une vie de débauche caractérisée.
Je vous prie de bien vouloir me signaler les noms et adresses de ces personnes, afin que nous puissions sans les inquiéter, les inviter à la surveillance de leur santé dont nous leur fournirons les moyens.
Il va sans dire que les lettres que vous m’écrire à ce sujet de même que les réponses seront sous pli secret et confidentiel et que les personnes intéressées ne seront, en aucune façon averties de la signalisation que vous m’aurez faite. »
Dimanche 23, dépôt de fiche pour demande d'achat de pneus pour Pierre PILLOT, Raymonde PILLOT-LOIRE et Irène ODEMPS-PILLOT.
Vendredi 28, Arrêté préfectoral pour les tarifs de battage :
1° Tarif au quintal obligatoirement applicable lorsque le rendement horaire effectif est égal ou supérieur à :
a) 12 quintaux pour un matériel pouvant battre plus de 15 quintaux à l’heure.
b) 10 quintaux pour un matériel pouvant battre plus de 10 quintaux à 15 quintaux à l’heure : 48frs quel que soit le matériel.
2° Tarif horaire obligatoirement applicable pour un matériel pouvant battre moins de 10Qx à l’heure et pouvant être appliqué lorsque le rendement horaire est inférieur :
a) 12 quintaux pour un matériel pouvant battre plus de 15 quintaux à l’heure.
b) 10 quintaux pour un matériel pouvant battre plus de 10 quintaux à 15 quintaux à l’heure
1er cas : matériel complet muni d’un monte gerbes, d’un engreneur automatique, d’une presse à haute densité, toutes fournitures à la charge de l’entrepreneur, sauf les fournitures de liage, Matériel pouvant battre à l’heure
a) 15 quintaux et plus prix horaire : 600frs
b) – de 10 quintaux à 15 quintaux « « : 500frs
moins de 10 quintaux « « : 400frs
2° cas : Carburant ou combustible et lubrifiant fournis et payés par l’agriculteur, l’entrepreneur fourni 3 hommes. Matériel complet muni d’un monte gerbes, d’un engreneur automatique, d’une presse à haute densité et pouvant battre à l’heure :
a) 15 quintaux et plus prix horaire : 600frs
b) – de 10 quintaux à 15 quintaux « « : 500frs
moins de 10 quintaux « « : 400frs
Samedi 29, le Sous-Préfet répond au courrier de la Mairie Gury du 23 courant, sur le code de la Nationalité française… Si l’enfant ne réclame pas la nationalité française, il doit être en possession d’une carte d’identité d’étranger (pour la famille GOVAERT).

Ainsi ce termine mon récit avec l'année 1945, pour cette triste période de la seconde guerre mondiale, les années passerons mais des plaies immenses sont dans certaines familles et auront beaucoup de mal à cicatriser, et les premières plaies qui seront à panser la reconstruction et les réparations du village, il existe encore trace dans le village même, quelques ruines du bombardement de la ferme de la famille FREIN.

En espérant que mes récits vous ont intéressés, et je suis à l'écoute de tout compléments et corrections qui peuvent y être apportés.

Merci à l'avance à tous

Cordialement

Camille


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : lun. août 25, 2014 11:28 am 
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bonjour

merci pour cet intéressant récit d'une souvent triste période de notre histoire .


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : lun. août 25, 2014 22:47 pm 
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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : ven. août 29, 2014 10:06 am 
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Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
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Bonjour à tous,

Merci à Prosper et à Veb'air de leur message.

Je remercie à l'avance toutes les personnes qui pourront m'apporter des éléments complémentaires (documents, photos, dessins ...) tous ce qui pourra "consolider" ce document.

Cordialement

Camille


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : ven. sept. 27, 2019 8:08 am 
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Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
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Bonjour à tous,

Voilà bien longtemps que je ne suis pas venue vous visiter ...

J'ai reçu des compléments sur la chronique de Gury, et je tenais à vous en faire profiter. Par la même occasion je tenais à remercier M. Pierre BLONDEL, pour m'avoir transmis les notes de son père (Fernand BLONDEL, qui était secrétaire de Mairie avant, pendant et bien après la guerre de 1939-1945)

Je vous en souhaite une bonne lecture :D

COMBATS DE GURY
- :- :- :- :- :- :- :- :-
9 JUIN 1940
- :- :- :- :- :- :- :- :-
RECITS
du SERGENT BABION, du SERGENT-CHEF VINCENT
et du CAPORAL-CHEF POTIER
du 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale.
- :- :- :- :- :- :- :- :-
Ces récits ont été remis à M. le Maire de Gury, lors de l’inauguration
de la plaque commémorative sur la Place de Gury le 6 juin 1948
- :- :- :- :- :- :- :- :-

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
RECIT DES COMBATS DE GURY, le 9 juin 1940
Par le sergent BABION de la IIème Compagnie, 3ème Bataillon du 4ème R.I.C.
- :- :- :- :- :- :- :- :-

Les combats de points d’appuis de Lorraine, entre la Blies et la Bitche durant l’hiver 1939-1945, l’entrainement au grand repos dans le Jura et les quelques journées de combat sur l’Oise avaient fait dans nos unités ce qu’on en attendait c’est-à-dire des troupes de choc.

Hélas si le sort soit malheureux indépendant de la qualité du combattant, de son commandement dans les échelons d’unités et de son patriotisme devait nous réduire à nous battre contre un ennemi supérieur en nombre et mieux doté en matériel, plus frais au combat, il faut réduire la légende trop criarde et trop sévère qui voulait que le soldat de 1940 ne s’était point battu.

Il faut faire la part du feu, à juste titre des unités bien encadrées et entrainées qui surent se sacrifier et entraver l’avance de l’ennemi. Tel fut le sort du 4ème R.I.C. honoré du passé de ses ancêtres à SEBASTOPOL, à BASEILLES et dans toutes les batailles de 1914-1918 et des glorieuses campagnes coloniales.
-X-
Je dois en toute objectivité reprendre l’historique de ces pénibles journées de combat d’arrière-garde, non appuyés par une aviation détruite, par une artillerie dispersée et en repli, encerclés principalement des mitraillettes de nombreux parachutistes ennemis, qu’en plein jour même nous voyions descendre sur nos arrières, tandis que les Stukas nous pilonnaient sans répit et que l’artillerie ennemie nous arrosait de ses obus de 77.

Au moment du débarquement de nuit, je reçus l’ordre du Commandant LE CAM de prendre le commandement du Groupe de Reconnaissance du 3ème Bataillon afin d’en assurer la protection. Par la suite notre section fut engagée en pointe avancée, mon Groupe en avant-poste Je réussis à la pointe Nord-Ouest de Lassigny à sauver une vingtaine de Brancardiers et sanitaires du 1er Bataillon du 109ème Régiment d’Infanterie perdus dans la nature, leur Poste de secours s’étant trouvé anéanti par l’explosion d’un Dépôt de Munitions.

Cette explosion eut lieu à quelques 200 ou 300 mètres du Bois où se trouvait mon Groupe. Le Lieutenant BORREL auquel je les fis diriger, les fit évacuer vers LASSIGNY.

Sur la pression de l’adversaire, l’ordre de repli nous fut donné sur Plessier-de-Roye et ensuite en direction de Gournay-sur-Aronde. C’est alors que des combats meurtriers se déroulèrent notamment à MAREUIL-LA-MOTTE (Oise). En voici les circonstances :

Nous descendions à l’effectif d’une section et demie, environ sous le Commandement du Lieutenant BORREL. J’étais chargé de la conduite du groupe de reconnaissance. Je venais (page arrachée) dans un carrefour où il y avait une place plantée de quelques tilleuls, précédé des soldats LALANDE et DUBUISSON, le premier très courageux – suivi de mon tireur F.M. et des pourvoyeurs ; sur l’autre côté de la route étaient disposés les voltigeurs.

Dans un tournant, nous fûmes pris dans une embuscade sous un feu violent d’armes automatiques et d’armes individuelles. Les rangs s’éclaircirent rapidement. Je jetais un commandement à main et avec LALANDE et DUBUISSON ; suivi de mon tireur F.M. et les poursuiveurs, le Lieutenant BORREL, de l’Adjudant LOUARN du Sergent-Chef POULMARCH, du Sergent-Chef PELLEGRINI, nous ouvrîmes le feu sur l’adversaire qui s’était posté dans une maison et j’abattais un allemand sur le perron.

LALANDE fut tué à côté de moi d’une balle à la tête, DUBUISSON blessé d’une balle au ventre ; l’Adjudant LOUARN mortellement frappé, le Sergent-Chef PELLEGRINI tué d’une balle en pleine poitrine. Tous trois furent héroïques, mais j’admirais en cet instant, bien que rapidement, le Lieutenant BORREL qui, sans être abrité tirait avec son « Colt ».

Voyant la partie inégale, le Lieutenant nous commanda de nous mettre à l’abri. Il réussit avec son camarade POULMARCH à se placer derrière les pavillons. Je me suis mis à quelques pas de là derrière un transformateur. Un homme passa avec son fusil-mitrailleur, je lui commandais de me le remettre, mais tiré il s’en alla. Je devais donc échanger quelques coups de mousqueton, puis n’ayant plus d’autre moyen de regagner le Lieutenant qu’en me jetant sur la route sous le feu de l’adversaire, je réussis en courant, tiré comme un lièvre, à me mettre à l’abri derrière une chicane où, avec POULMARCH, nous tirâmes des salves de F.M.

A ce moment un cheval emballé tirant une voiturette chargée d’une mitrailleuse arrivait sur la chicane. Je l’arrêtais et je réussi à conduire l’attelage dans un bois tandis que le Lieutenant BORREL me protégeait par des salves de F.M.

J’étais livide, surpris par la rapidité du combat et nos pertes sévères en quelques instants. Je donnais trois coups de sifflets pour rassembler les hommes qui pouvaient se trouver isolés. Quelques-uns se regroupèrent. Le Lieutenant BORREL me commande de reprendre le groupe de reconnaissance, mais il nous fallait passer par les crêtes, dans l’impossibilité d’employer le chemin nous permettant de nous replier, les villages et les bois paraissant occupés. Avant de partir, le Lieutenant BORREL fit briser la mitrailleuse qui devenait intransportable dans de telles conditions, la voiturette fut rendue inutilisable et les munitions furent distribuées, le cheval mis en liberté.

Je pris la tête de notre troupe, direction Sud, Sud-Ouest et nous allâmes sans incident jusqu’au village supposé de Mareuil-la-Motte. Un combat s’engage à notre droite, les balles sifflaient, en arrivant devant un champ de seigle, je fouillais du regard le court horizon, ce champ était entouré à gauche de crêtes boisées, à droite de champs et vergers, le village à 100 mètres et, en face des bois. Ne remarquant rien d’anormal le fis le commandement à main « en avant » Sitôt engagé avec quatre hommes, nous fûmes pris sous le feu d’une arme automatique. Je me précipitais dans un trou où 2 Sergents me rejoignaient COBREC et QUIGER. J’entendis un F.M. qui ripostait au feu de l’adversaire, le combat faisait rage dans la commune.

Je passais la tête, mais aussitôt je reçus une grêle de balles qui me sifflèrent à gauche et à droite et qui allaient s’enfoncer dans la terre de la crête à deux mètres derrière moi, mes camarades étaient enfoncés dans le trou. Je passais mon mousqueton, et l’autre enfin nous étions dégagés, le tireur allemand ayant été abattu dans un arbre, je le repris presque aussitôt par le flanc, je réussie après quelques coups à réduire notre ennemi au silence.

L’accalmie se fit. Je coupais la manche de veste d’un homme blessé au bras, je lui fis un garrot. J’apercevais un camarade se trainant péniblement descendant dans les broussailles de la crête, je me portais à son secours et je fus obligé de couper ses bretelles de suspension qui le retenaient à un arbuste. Cet homme était GALABRUN qui avait une blessure à la cuisse ; je le fis garrotter et lui fit prendre de l’alcool de menthe sur du sucre. Quelques balles avaient été tirées dans notre direction sans succès.

Ce blessé était tellement intransportable et peiné, je fus obligé de le laisser sur place espérant pouvoir le faire ramasser par des sanitaires. J’ai appris ensuite que GALABRUN, classe 1920 avait été prisonnier au Stalag XVII A, fort probablement amputé.

Me dirigeant à la boussole, n’ayant pas de cartes, je partis à nouveau à travers les crêtes. J’avais perdu contact avec le Lieutenant BORREL. Nous étions 4 valides et un blessé léger. Nous arrivâmes jusqu’à Marquéglise, nous n’avions plus de ravitaillement, ni de boisson depuis plusieurs jours, aussi rentrant dans une cour de ferme abandonnée, j’avisais une pièce restée ouverte, je buvais l’eau à même un sceau placé près d’une table de toilette, mes camarades trouvèrent du cidre.

Nous descendîmes le village. En bas nous trouvâmes un vieillard, une femme âgée emportant quelques affaires sur une voiture à bras, ils étaient accompagnés par une femme de 35 ans environ laquelle poussait une voiture d’enfant, celui-ci avait à peu près 3 ou 4 ans.

Le caporal-chef HAMON m’aida à pousser la voiture et nous prîmes avec ces pauvres gens la route de Gournay-sur-Aronde j’ignorais la modification apportée à l’ordre de repli.

A un passage à niveau de la ligne de COMPIEGNE à PERONNE je vis un groupe de reconnaissance français de motocyclistes. J’avais le Lieutenant qui le commandait pour avoir quelques renseignements sur la direction à suivre, il me fit connaitre qu’il allait descendre sur COMPIEGNE et me fit remarquer la présence des six tanks placés à l’orée d’un bois (nous étions protégés par le talus de la route) Cet Officier donna rapidement un ordre à son peloton, ils partirent à toute vitesse.

Je fus obligé de poursuivre mon chemin, puis les deux sergents et le blessé me quittèrent pour suivre la voie. JE PENSAIS GAGNER LA Route Nationale 35 allant de Montdidier à Compiègne avec le Caporal-Chef HAMON et les réfugiés. Nous nous arrêtâmes quelques instants près d’un grand hangar à moissons mais bientôt le feu d’une mitrailleuse se fit entendre sur la route. Je montais sur un pilier et j’aperçus un tank allemand remontant dans notre direction.

Il ne fallait pas perdre un seul instant. Rapidement je passais la route nationale sous les rafales avec les deux vieillards puis j’allais à nouveau chercher la femme et l’enfant. Je les mis en sécurité derrière le talus de la route mais, pendant ce temps, le caporal-Chef HAMON commit la courageuse imprudence de monter sur le talus et reçut une balle à hauteur du ventre et de la cuisse. Je ne pouvais le transporter jusque la femme. Je lui dis donc que je viendrais le prendre à la tombée de la nuit – c’était le 9 juin au soir, vers 19 h. environ – pour passer entre les lignes et tenter de rejoindre une unité française.

Je rentrais à la ferme 100 mètres plus loin ; il ne me restait que 5 cartouches. Je me mis sur la paille et je m’assoupis n’ayant pas dormi depuis plusieurs nuits.

Une heure après environ, j’entendis des motorisés ennemis passer, ils jetèrent un coup d’œil sur la ferme mais ne me découvrirent point. Cependant deux heures au plus après, le 2ème Régiment d’Infanterie Saxon fouillait la ferme, mais je ne devais tomber dans les mains de l’ennemi qu’aà la nuit, au moment où seul je tentais d’effectuer une course de 400 mètres environ pour me diriger vers les tirs de mitrailleuses françaises. J’avais détruit mes armes restant sans munitions, celle-ci ayant été employées chaque fois pour me dégager.

Aux questions de l’ennemi je refusais toute réponse. Et ce fut ensuite le dur chemin de l’exil. Le lendemain je fus conduit à Roye où je retrouvais le Lieutenant BAUGE de la C.C. passé au 1er Bataillon. Sans en être sur il crut pouvoir me dire que le Lieutenant BORREL qui s’était particulièrement conduit avait âtre fait prisonnier ce qui fut d’ailleurs exact.

Dans ces combats d’arrières garde, nos éléments d’Infanterie Coloniale avaient accompli leur mission de sacrifice.

Signé : le Sergent BABION

(Reprise de Campagne S.R., Engagé Volontaire Division Leclercq
Ex Officier de Presse Divisionnaire 9ème D.I.G.

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RECIT DES COMBATS DE GURY du 7 AU 9 JUIN 1940

Par le Sergent-Chef VINCENT de la 9ème Compagnie- - 3ème Bataillon
- :- :- :- :- :- :- :- :-


Le 7 juin 1940, la 9ème Compagnie est chargée de faire une battue dans les bois de Thiescourt, direction de Lassigny pour rechercher des parachutistes. Rentrant en fin d’après-midi son point de départ, n’ayant rencontré aucun allemand, elle reçut son premier bombardement aérien.

A peine arrivée, ordre de mouvement en direction de Gury.

En cours de route (G.C.82) de nombreux survols d’avions ennemis, sans anicroches, sauf la voiture d’allègement qui, restée en arrière, reçut une rafale de mitrailleuse qui laissait le cheval intact, mais transperçait le matériel contenu dans la voiture. Puis (C.C.142) sur lequel nous croisons des troupes en retraite.

Arrivée à Gury à la tombée du jour, nous trouvons le village déjà passablement détruit.

Le P.C. de la Compagnie est installé dans une villa située à l’angle du .C. 78 vers Lassigny et G.C. 160.

Nous y sommes reçus par les membres d’une ambulance mobile qui doit quitter les lieux.

Nous prenons les premières dispositions de combat en vue d’une attaque de l’ennemi – Une section (aspirant VINGERING) est établie en avant d’un bois situé entre Gury et Roye-sur-Matz entre les G.C. 27 et 160. Une section (aspirant x…) avec un groupe de mitrailleuse défend les abords, coté Lassigny.

Une pièce de 25 anti-aérienne est, après recherche de munition, mise en batterie entre les G.C. 160 et 78. De même nous récupérons sur un gros tombé en panne une REIBEL que nous emmenons jusqu’à l’Oise.

Le dispositif est installé. Il fait nuit.

Le 8, le Lieutenant BOISSON, Commandant la Compagnie et le Sergent VINCENT partent reconnaitre les positions de la section VINGERING et poussent jusqu’à Roye-sur-Matz. La bataille fait rage sur la ligne Canny, la Taullette etc. Retour par le G.C. 160. Le flot des troupes en repli ne remonte pas le moral. Cette journée se passe sans incident.

En fin de journée, un barrage d’artillerie allemande est lancée dans notre direction, en partie dans le bois situé entre Roye et Gury, c’est-à-dire sur la section VINGERING et partie en cas d’attaque de l’ennemi.

Le défilé des troupes en retraite a cessé, nous devons couvrir leur repli.

Le 9 vers une heure du matin, le E.R.D. nous quitte. Le Chef de Bataillon, mis au courant, nous informe que nous restons sur place.

Un peu plus tard, nous faisons rejoindre la section VINGERING qui risque d’être prise par surprise sans résistance effective.

Calme plat qui n’annonce rien de bon.

A 5 heures arrive une estafette arrive au Bataillon, ordre de repli à 6 heures.

Nous quittons Gury par le G.C. 78 vers Margny-sur-Matz. A peine sorti du village la route est prise sous un tir de barrage qui nous oblige à nous coller ventre à terre. Pas de dégâts, la Compagnie suit sa route.

Signé : le Sergent-Chef VINCENT

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RECIT DES COMBATS DE GURY du 9 JUIN 1940

Par le Caporal-Chef POTIER de la IIème Compagnie, 3ème Bataillon, du 4ème Régiment d’Infanteries Coloniale
- :- :- :- :- :- :- :- :-


Nous arrivons vers 8 h 30 dans le village de Gury, évitant l’ennemi, nous sachant encerclés, nos officiers cherchant une issue pour éviter un combat où nous aurions, à coup sur, succombé devant le nombre.

De violents feux d’Infanterie nous prirent de flanc en abordant la route en croisement près de l’église. Nous nous dérobâmes le plus possible à la vue de l’ennemi pour en supputer les forces et la position. Des camarades tombèrent.

Je devais me retrouver avec quelques camarades dans une maisonnette en bois à l’entrée du village par où nous arrivons. Les allemands tirèrent et les balles traversaient la fragile demeure. Nous dûmes notre salut à un escalier en terre et à une tranchée se trouvant à proximité.

Quand l’accalmie se fit, je remontais et je vis le Lieutenant BORREL et d’autres camarades se diriger à travers les pavillons et les jardins vers un bois. Cette direction à travers les crêtes boisées devait nous conduire vers Mareuil-la-Motte. Nous essuyâmes le feu de leurs armes sans autres perte, mais à la sortie du village les allemands nous reprirent sous leurs feux, nos ripostes par armes individuelles et automatiques furent faites dans le sens de la fusillade, sans visibilité ni précision de tir. Des camarades furent tués ou blessés.

Cachés derrière les arbustes, en bordure d’un chemin de terre, et bientôt contournés par l’ennemi nous fûmes encerclés et faits prisonniers. L’ennemi ramassa sur side-cars ambulance les corps d’un sous-officier blessé mortellement et celui des camarades.

Nous fûmes conduit jusqu’à la Mairie de Gury où se trouvaient quelques soldats du 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale, étendus sur le sol, baignant dans leur sang.

Une compagnie allemande occupait déjà le village ; il était 9 heures à l’horloge.

Conduits vers Mareuil-la-Motte, nous devions y trouver un certain nombre de camarade de notre bataillon, mais sur la place où les marsouins avaient mis une mitrailleuse en batterie, le combat avait été sanglant, de nombreux morts et blessés jonchaient le sol. L’ennemi aussi avait subi des pertes sensibles.

Je fus blessé en captivité par un bombardement (page déchirée avec parie manquante : et fut m)utilé.

Signé : Le Caporal-Chef POTIER

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Le document a été très difficile à lire au vue de la qualité du papier (pelure) et se trouve être une reproduction (feuille de carbone) donc l'écriture est passablement effacée ... mes yeux en ont prit un coup :shock: , mais pour la bonne cause ...

En espérant que cela vous ai intéressé.

Cordialement

Camille


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : ven. sept. 27, 2019 17:11 pm 
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Inscription : ven. déc. 02, 2011 23:22 pm
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Un tout grand merci pour le complément d'information
Bien amicalement et au plaisir de te lire
Prosper :wink: :wink:

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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : mar. oct. 01, 2019 13:53 pm 
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Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
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Bonjour Prosper & à tous,

Cela fait grand plaisir que cela intéresse toujours une histoire d'un petit perdu ... au fin fond de l'Oise ... :)

Du nouveau ? ... pas vraiment, mais en feuilletant les nombreuses notes de M. Fernand BLONDEL, ancien secrétaire de Mairie de Gury, j'ai un petit complément qui ressemble au premier article que je vous avez transmis, mais ici avec un peu plus que sur le registre communal :

Mobilisation de Septembre 1938
L’année mil neuf cent trente huit fut marquée en Septembre, par une situation internationale particulièrement critique (laquelle était née des exigences du gouvernement allemand sur la Tchécoslovaquie).
Dès le début de ce mois de Septembre le Ministre de la Défense Nationale procède à des rappels de réservistes pour renforcer la sécurité des frontières de l’Est.
Mr Lhellez René, cultivateur, père de 2 jeunes enfants, est touchée par une convocation individuelle qui lui prescrit de rejoindre à St Dié le 3e Régiment de Tirailleurs Marocains.
Il part le 11 septembre pour cette destination.
Mr le Préfet de l’Oise, rappelle aux Municipalités les consignes de défense passive et de protection éventuelle contre les effets des bombardements aériens.
Les évènements se précipitent, et, le 24 Septembre sur l’ordre du Ministre de la Défense Nationale la Gendarmerie fait apposer les affiches nos 2001 et 3001, lesquelles provoquent le rappel immédiat des réservistes appartenant aux chiffres 2 et 3.
Sont touchés par cette mesure :
Mr Pillot Pierre, maire, cultivateur, père de 4 enfants, lequel doit rejoindre comme maréchal des logis le 29e Régiment de Travailleurs à constituer à Rethondes.
Il part, laissant à Mr Lhellez Maurice son adjoint, le soin d’administrer la commune de Gury, en ces moments critiques en collaboration étroite avec Mr Blondel Fernand chef cantonnier, son secrétaire de mairie.
Mr Devillers Abel, cultivateur, père de deux jeunes enfants lequel doit se rendre au camp de Teting (Meurthe et Moselle)
Mr Boucaux Léon, cultivateur père de trois enfants est le même jour, nanti par la Gendarmerie, d’un ordre de route lui prescrivant de se rendre sans délai à la 2e Compagnie de Guet (Défense Aérienne) au poste central de Beauvais)
Les affiches annonçant le rappel des réservistes appartenant aux chiffres 2 et 3 sont apposées à la Mairie et sur le mur de la ferme Brunel (route de Mareuil la Motte)
- Par note secrète du 5 Septembre 1938 la Commune de Gury avait été avisée par Mr le Préfet qu’elle était placée sous le régime de l’extinction permanente des lumières.
- Par note remise par la Gendarmerie en mairie le 24 septembre à 7h25 du matin l’adjoint est invité par la Gendarmerie de faire éteindre toutes les lumières de sa commune dès réception de l’ordre d’extinction – le mot « Fin d’extinction » devant signifier la fin d’un danger d’attaque aérienne.
Par note du 26 Septembre l’adjoint est invité par le Préfet à faire exercer, par le garde champêtre et la population sédentaire une surveillance concernant les suspects et de prévenir immédiatement la Gendarmerie, en cas d’atterrissage d’un avion quelconque sur le territoire de la commune.
Dans la nuit du 26 au 27 Septembre 1938 les Gendarmes, sur ordre du ministre de la Défense Nationale, portent dans les communes de nouveaux ordres de rappel à certains réservistes.
Ils parviennent à Gury à deux heures du matin et réveillent les intéressés :
1° Mr Delnef Albert, conseiller municipal (célibataire) est muni d’un ordre de route pour rejoindre dans les deux jours une unité de travailleurs stationnée à Betz.
2° Mr Blondel Fernand, secrétaire de la mairie père de 5 enfants de 6 mois à 9 ans, est également nanti d’un ordre d’appel, qui lui est prescrit, de rejoindre immédiatement et sans délai : pont ste Maxence, pour, comme maréchal des logis du Cadre Mobilisateur, procéder à la mise sur pied du 26e Régiment de Travailleurs.
Cette même nuit, les Gendarmes réveillent l’adjoint et lui déposent l’ordre de faire publier de bon matin, un avis invitant la population de Gury à faire assurer le ferrage des chevaux Classés qui vont être requis.
Cet avis est publié à 8 heures du matin à son de clochette. La population appelée par celle-ci … assiste en même temps au départ de son secrétaire de mairie qui rejoint déjà son poste, laissant à Madame Blondel mère de 5 enfants le soin de la mairie en ces heures pénibles.
Des femmes pleurent, (leur mari est parti !... les chevaux vont partir !!...) ce n’est pas le moins grave !!...
Le 29 Septembre parvient l’ordre n° 8001 rappelant les réservistes appartenant au « Chiffre 8 ». les affiches sont apposées aux endroits d’usage, mais cet appel ne touche personne à Gury.
L’adjoint procède dresse avec Madame Blondel, le plan de mobilisation civile de la population de Gury, selon les aptitudes de chacun. La chose est faite discrètement pour ne pas alarmer les administrés. (La municipalité de Mareuil la Motte dresse elle, ce plan par appel nominal, en mairie … ce qui n’est pas sans provoquer un certain émoi dans cette commune … les administrés ayant dû se présenter à la mairie sur convocation à son de cloche …
La commune de Gury est requise pour recevoir 18 réfugiés (ceux-ci ne parviennent pas)
L’entrevue qui a eu lieu à Munich le 30 septembre entre les représentants des Gouvernements Britanniques, français, allemand et italien (Chamberlain, Daladier, Hitler et Mussolini) met fin fort heureusement à ces jours pénibles. L’accord qui y est conclu permet l’échelonnement des rentrées de réservistes. Celles-ci s’effectuent graduellement dès le 1er Octobre.
Le Conseil Municipal adopte à l’unanimité une proposition de Mr Vignolle laquelle tend à rendre hommage aux « Six mobilisés de Septembre 1938 » et à relater à la postérité (ainsi qu’il vient d’être fait succinctement les moments particulièrement angoissants. Traversés par les habitants de Gury en ce mois de Septembre 1939

Je ne sais pas si cela vous a intéressé ...

Cordialement

Camille


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : jeu. oct. 03, 2019 21:15 pm 
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 21:28 pm
Messages : 3373
Merci Camille,

compléments appréciés !

Bravo de ne pas lâcher le morceau .

_________________
Frédéric - co-administrateur du site et forum "Picardie 1939 - 1945"
Président association "Picardie 1939 - 1945"


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : jeu. oct. 03, 2019 22:01 pm 
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Inscription : ven. déc. 02, 2011 23:22 pm
Messages : 522
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Très intéressant, grand merci à toi Camille.
Bien amicalement
Prosper :wink: :wink:

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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : ven. oct. 04, 2019 10:20 am 
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Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
Messages : 110
Bonjour Frédéric, Prosper & à tous,

Merci pour vos encouragements ...

Il y aura d'autres renseignements, qui seront plus d'allure locale, mais que je considère intéressant au point de vue de la mentalité et du ressenti de l'époque.

Par contre je tiens à dire qu'il est parut récemment un article sur Gury, pour l'inauguration de la stèle de LEVEILLE, aviateur tombé sur le territoire de Canny-sur-Matz, et inhumé à Gury - Voir ce qu'il est dit dans ma chronique, qui est un témoignage de l'époque ...

Amicalement

Camille


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : ven. oct. 04, 2019 11:53 am 
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Site Admin
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Inscription : jeu. sept. 27, 2007 21:28 pm
Messages : 3373
Camille,

le local intéresse le plus grand nombre. C'est bien pourquoi nous avons créé avec Marc ce site et ce forum il y a plus de 10 ans.
L'histoire "générale", les gens connaissent, mais bien souvent c'est l'histoire régionale qui fait défaut.
Donc les témoignages ce cet ordre, les récits sont fort intéressants. Cela permet de construire petit à petit le déroulement des événement d'un secteur, qui devient ensuite de plus en plus large ...

Merci

_________________
Frédéric - co-administrateur du site et forum "Picardie 1939 - 1945"
Président association "Picardie 1939 - 1945"


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 Sujet du message : Re: GURY ... 1939-1945 ...
MessagePublié : sam. oct. 05, 2019 20:54 pm 
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Inscription : mar. déc. 04, 2007 10:15 am
Messages : 110
Bonsoir Frédéric et à tous,

Hier j'ai reçu quelques anecdotes sur les événements de 1939-1945, il me faut les rajouter sur ma chronique, et par là même vous les faire découvrir ... Des souvenirs d'un petit garçon âgé à l'époque de 10/11 ans.

Je recherche également la météo, au jour le jour pour la région (1939 à 1945), qui peut contribuer à expliquer certains événements.

Reste à trouver les rapports du côté allemands.

Amicalement

Camille


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