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Manifestations

Musée des bombardements à Saint-Maximin (Oise)

Le 8 mai 2016 était inauguré à Saint-Maximin (Oise) le musée des bombardements. A l’origine de ce musée, un homme, Gérard Lequien. Originaire de Clermont-de-l’Oise, né en 1930, il a vu en 1943, s’écraser un B17. Cet événement fut un déclencheur. Depuis, il n’a cessé de chercher dans l’Oise et d’accumuler des objets ayant un rapport avec l’histoire de ces avions, de ces aviateurs de la Seconde Guerre mondiale. Ces recherches l’ont amené encore plus loin puisqu’il a pu à travers ces décennies entrer en contact avec des familles de ces aviateurs tombés dans le département et ainsi retracer  leur parcours, ce qui fait de la collection de Gérard Lequien une vraie part d’histoire.

Cette collection, il a décidé de la confier à la mairie de Saint-Maximin pour permettre au plus grand nombre d’y accéder. C’est ainsi que ce musée des bombardement est né.

Voici quelques photos de ce 8 mai 2016, jour d’inauguration et de grande émotion, pour Gérard Lequien et sa famille venue l’accompagner. La journée était aussi l’occasion d’accueillir nos amis de Market Garden qui avaient monté pour l’occasion un camp, bien garni comme d’habitude.

 

 

 

 

Conférence Chambly 20 février

Picardie 1939 – 1945 et l’ANACR vous convient à une conférence le samedi 20 février 2016 ayant pour thème la Résistance dans la secteur de Chambly (Oise).

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Il sera question notamment du maquis de Ronquerolles, mais également du maquis des Kroumirs, tous deux emmenés (entre autre) par le détachement FTP « Patrie ».

 

 

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Les combats de 1940 sur l’Ailette

Le secteur de l’Ailette correspond en 1940 au canal de près de 50 kilomètres, situé dans le département de l’Aisne, qui relie l’Oise au nord à l’Aisne au sud en suivant la vallée de l’Ailette jusqu’au Chemin des Dames, sous lequel il passe avant de rejoindre l’Aisne.

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Après la rupture du front français sur la Meuse le 14 mai 1940, la 6e Armée Touchon reconstituée est envoyée s’établir le long de l’Aisne et de l’Ailette afin de s’opposer à l’extension vers le sud de la percée allemande. Le dispositif est rapidement prolongé sur la Somme par les 7e Armée Frère et 10e Armée Altmeyer. Ces trois armées forment le Groupe d’Armées n° 3 (GA 3) Besson, dont la mission est de barrer la route directe de Paris par la Vallée de l’Oise tout en tenant de son aile gauche les passages de la Somme. Ce dispositif défensif, s’appuyant sur la Somme, le canal Crozat, le canal de l’Ailette et l’Aisne est surnommé « Ligne Weygand ».

Sur l’Ailette, au centre des défenses françaises, viennent s’établir à partir du 18 mai la 87e Division d’Infanterie d’Afrique (DIA) du général Barbeyrac de Saint-Maurice au nord, face au massif de Saint-Gobain, avec son PC à Morsain et la 28e Division d’Infanterie (DI) Alpine du général Lestien au sud, devant Soissons, avec son PC à Chivres. Ces deux divisions constituent alors le 17e Corps d’Armée (CA) Noël de la 6e Armée Touchon.

Pendant que le 17e CA s’installe sur l’Ailette, la 23e DI Jeannel débarque à partir du 18 mai au nord de l’Oise (PC à Chauny), à gauche de la 87e DIA. La 23e DI s’établit sur l’extrémité sud du canal Crozat, qui relie l’Oise à la Somme, sur l’Oise et sur le canal de l’Ailette, jusqu’au pont de Bichancourt inclus (quartier de Manicamp). Les 23e et 87e divisions seront par la suite affectées au 24e CA Fougère de la 7e Armée Frère.

Dès le 21 mai, des attaques ennemies se déclenchent. Le 23, le 36e Bataillon de Chars de Combat, équipé de Renault FT17 de la grande guerre, mis à la disposition du 17e CA, arrive sur l’Ailette.

Le 29 mai, la 7e DI Hupel (PC à Crouy) vient s’intercaler entre la 87e DIA et la 28e DI. Elle est rattachée au 17e Corps d’Armée Noël de la 6e Armée Touchon. Le front de la 87e DIA est en conséquence étendu jusqu’à l’Oise (quartier de Manicamp).

 

 

Les forces en présence

L’Ailette forme un saillant dans les lignes françaises menaçant les arrières de nos défenses sur la Somme, avec comme objectifs pour les allemands Noyon au nord, Soissons au centre et le Chemin des Dames au sud ouvrant la route de Paris. Des enjeux hautement symboliques donc.

À la veille de l’attaque allemande, le dispositif français étiré sur l’Ailette est constitué de trois divisions relevant de deux corps d’armée appartenant à deux armées différentes, 24e Corps d’Armée Fougère de la 7e Armée Frère au nord et 17e Corps d’Armée Noël de la 6e Armée Touchon au sud :

Au nord côté Oise, la 87e Division d’Infanterie d’Afrique (PC à Vassens) constitue l’aile droite du 24e Corps d’Armée Fougère de la 7e Armée Frère :
- 18e Régiment de Tirailleurs Algériens à gauche à Manicamp, Besmé, St-Paul-aux-Bois, Blérancourt, en liaison sur l’Oise avec le 107e Régiment d’Infanterie de la 23e DI, 24e CA 7e Armée également.
- 9e Zouaves au centre à Trosly-Loire, Guny, Pont-St-Mard.
- 17e RTA pour partie à droite à Pont-St-Mard, Epagny et pour partie en réserve de DI.
Autres unités de la division : 87e RAA, 287e RAL, 87e GRDIA.

Au centre, la 7e DI (PC à Crouy), aile gauche du 17e Corps d’Armée Noël de la 6e Armée Touchon (arrivée le 29 mai) :
- 93e RI à Crécy-au-Mont, Leuilly, Juvigny.
- 102e RI à Vauxaillon, Neuville-s-Margival (régiment du Lt Guy des Cars)
- 130e RI à Pinon, Allemant, Vaudesson,
Autres unités de la division : 31e RA, 231e RAL, 40e GRDI.

À droite, la 28e DI Alpine (PC à Chivres), 17e Corps d’Armée Noël de la 6e Armée Touchon :
- 97e RIA à Chavignon, Pargny, Filain, La Malmaison, Jouy sur le Chemin des Dames
avec le 12e Régiment Etranger d’Infanterie
- 99e RIA à Braye-en-Laonnois, Ostel sur le Chemin des Dames
- 25e Demi-Brigade de Chasseurs : 27e BCA à Soupir, Chavonne, 7e BCA, 47e BCA à St-Mard, Viel-Arcy, en liaison sur l’Aisne avec le 6e RI à Bourg-et-Comin, 44e DI du 17e Corps d’Armée Noël de la 6e Armée Touchon.
Autres unités de la division : 2e RAM, 202e RAL, 22e GRDI.

En arrière de l’Ailette sur la deuxième position de l’Aisne : la 11e DI (1e DBCP, 26e et 170e RI, …) affectée au 24e Corps d’Armée Fougère de la 7e Armée Frère et la 8e DI (12e REI, 142e et 237e RI, …) rattachée au 17e Corps d’Armée Noël de la 6e Armée Touchon. Soit un total de cinq divisions, dont trois en première ligne sur l’Ailette.

L’étirement des divisions sur le canal sur plus de quinze kilomètres chacune ne permet guère d’avoir en première ligne plus d’un groupe de 7-8 hommes tous les 250 mètres avec un FM.

Côté allemand, on trouve également sur l’Ailette des unités appartenant à deux armées différentes relevant du Heeresgruppe B von Bock : la 6. Armee von Reichenau au nord et la la 9. Armee Strauß, nouvellement formée avec des unités non encore engagées en France, au sud. Ces deux armées, arrivées à marche forcée sur l’Ailette, ont en première ligne trois corps d’armée !

Au nord côté Oise, appartenant à la 6. Armee von Reichenau, principalement face à la 87e DIA :
- la 255. Infanterie Division (ID) Wetzel de réserve, avec derrière elle sur l’Oise et l’extrémité du canal Crozat, la 263. ID Karl du 5. Armée Korps (AK) Ruoff, face au 32e RI, 23e DI,
- la 72. ID Mattenklott du 44. AK Koch,
- la 1. GebirgsDivision Kübler du 44. AK Koch, devant le 93e RI.

Au centre, devant les 7e et 28e DI se trouve le 18. AK von Speck de la 9. Armee Strauß :
- la 290.ID Dennerlein,
- la 25.ID Clössner,
- la 81.ID von Löper en réserve.

Au sud côté Aisne, secteur de la 28e DI, a pris place le 42. AK Kuntze de la 9. Armee Strauß également :
- la 50. ID Sorsche,
- la 291. ID Herzog sur l’Aisne,
- la 292. ID Dehmel en réserve ?

Le 43. AK Böhme, appartenant à la 9. Armee Strauß, se tient en réserve, prêt à exploiter.

C’est donc avec une importante supériorité numérique, de trois contre un en première ligne, et des réserves, que les allemands, s’apprêtent à engager la deuxième phase de la bataille de France. Les troupes allemandes ont été regroupées en masse dans la forêt de Saint-Gobain. L’action, sera lancée sans char. Les blindés allemands sont sur la Somme, à Abbeville, Amiens et Péronne, où les allemands veulent faire craquer le dispositif français.

 

 

L’attaque allemande

Le 5 juin 1940, vers 4 heures, l’attaque se déclenche par un violent bombardement terrestre et aérien, qui s’abat sur tout le front compris entre la mer et le confluent du canal de l’Ailette et de l’Aisne. Les troupes d’assaut allemandes s’élancent vers 5 heures sur le canal au moyen de passerelles, d’embarcations pneumatiques, de boudins en caoutchouc ou à la nage, à la faveur d’un épais brouillard artificiel.

L’attaque, menée dans l’axe de la vallée de l’Oise, est particulièrement violente, sur cet axe au nord, à la jonction des 87e DIA et 23e DI, et au sud, devant le chemin des Dames, à la jonction des 7e et 28e DI.

Sur l’aile gauche de l’attaque, dans le secteur de la 87e DIA, côté Oise, le 475. Infanterie Regiment (IR) de la 255. ID parvient à franchir le canal au pont de Bichancourt, défendu par le III/18e RTA, tandis que le 124. IR (72. ID) traverse au sud du Bac d’Arblicourt, tenu par le I/18e RTA. Progressant difficilement par colonnes entre les points d’appui français, le 124. IR atteint St-Paul-aux-Bois, pris vers 14 heures, et le 475. IR Manicamp, pris à 15 heures. A droite, le 105. IR (72. ID) attaque violemment sur Guny, défendu par le I/9e Zouaves, le pont de Champs (II/9Z) et Trosly-Loire (III/9Z). Tenu en échec devant les centres de résistance, l’assaillant les contourne. Deux contre-attaques menées par les chenillettes d’approvisionnement des Zouaves puis par la 6e compagnie du 17e RTA, sous les ordres du capitaine Parent, permettent de dégager le PC du 9Z à Selens, mais Pont-St-Mard, défendu par des éléments du 17e RTA, tombe munitions épuisées. Au soir, la ligne atteinte par les allemands dans le secteur de la 87e DIA est jalonnée par Manicamp, Besmé, Trosly-Loire et Pont-St-Mard.

À droite de la 72. ID, la 1. Gebirgs Division, parvient à atteindre l’autre rive du canal entre Pont-St-Mard et Crécy-au-Mont défendu par le 93e RI, régiment de gauche de la 7e DI. Toutefois, la situation des assaillants est précaire et la tête de pont ne peut être élargie. Le III/99. Geb.Rgt. ne parvient pas à franchir le canal et, au soir, la 1.Gebirgs Division déplore déjà la perte d’environ 500 hommes. A droite, la 290. ID, s’élance depuis le bois de Mortier, face à Vauxaillon, tenu par le 102e RI et parvient à franchir le canal devant Leuilly-sous-Coucy (93e RI) et Pinon (130e RI).

Sur l’autre aile de l’attaque, la progression ennemie est plus rapide. À la jonction des 7e et 28e DI, la 25.ID bouscule le 97e RI (28e DI) à Chavignon, où les combats sont des plus meurtriers, et s’empare des hauteurs de la Malmaison sur le Chemin des Dames, hauts lieux de la guerre précédente. Le II/119. IR pénètre dans l’ancien fort puis avance vers le Moulin de Laffaux menaçant la 7e DI, qui doit envoyer le 40e GRDI sur l’axe Laffaux-Pinon.

Le 6 juin au matin, la situation reste incertaine pour les assaillants infiltrés au milieu des défenses françaises. À gauche, devant la 6. Armee von Reichenau, la progression du 485. IR (263. ID) vers Noyon par Manicamp et la vallée de l’Oise est arrêtée. La 11e compagnie du 18e RTA tient toujours la rivière entre le 107e RI de la 23e DI et le 25e GRCA envoyé la veille par le 24e CA sur le canal latéral à l’Oise entre Varesnes et Quierzy pour en renforcer la défense face au sud. Devant le PC du 18e RTA de la Rue de Noyon, une contre-attaque de la 5e compagnie du Capitaine Besnier du 17e RTA avec deux chars FT du 36e BCC stoppe la progression de la 72. ID devant Blérancourt.

À la 7e DI, à l’aile gauche, la 1. Gebirgs Division a réussi à renforcer ses positions. Le III/102e RI est envoyé sur Juvigny pour endiguer la percée réalisée dans les lignes du 93e RI à Crécy-au-Mont et Leuilly. La contre-attaque permet de dégager le PC du 93e RI encerclé dans Juvigny. A droite, le 18. AK von Speck engage sa 81. ID entre la 290. ID et la 25. ID. Le 7e BCA (28e DI) est engagé soutenir le 130e RI (7e DI) à Pinon, où ils ont de lourdes pertes.

À la 28e DI, sur le Chemin des Dames, c’est le 12e Régiment Étranger d’Infanterie de la 8e DI, qui arrive au secours du 97e RIA dans le secteur de Chavignon, Pargny, Filain. En arrière, le 13e GRCA essaie de desserrer l’étreinte pour permettre un repli des différentes unités vers l’Aisne. Au nord de Soissons, le 159e RIA de la 27e DI Alpine de Bizemont, appelé en renfort, contre-attaque sur Chavigny.

Au soir du 6 juin, les allemands ont cependant réussi à s’enfoncer nettement vers Soissons. A l’ouest de la ville, la 290. ID atteint une ligne Vauxaillon – Vauxrezis – Pommiers. A l’est de Soissons, la 25. ID arrive devant Missy-sur-Aisne, entre Soissons et Vailly.

Les deux divisions du 17e CA Noël de la 6e Armée Touchon (7e et 28e DI) sont dès lors contraintes de se replier au sud de l’Aisne. A gauche, le 24e CA Fougère de la 7e Armée Frère résiste toujours sur place de part et d’autre de l’Oise, mais la 87e DIA Martin, très éprouvée, reçoit l’ordre de suivre le mouvement de repli de ses voisines de droite. Dans la soirée, la 25. ID arrive au contact de la 28e DI et établit une tête de pont au sud de l’Aisne.

 

 

Repli sur l’Aisne

Le 7 juin, l’Aisne est franchie par toutes les unités françaises du secteur de l’Ailette. L’ennemi progresse alors vers l’Aisne tandis que les combats gagnent Noyon et Soissons.

À l’aube, les troupes allemandes accentuent leurs efforts, resserrant l’étau sur Noyon, objectif du 5. AK de la 6. Armee ; 62. et 94. ID par le nord et 263. ID venant du Sud-Est par la vallée de l’Oise. Contre-attaqués à plusieurs reprises, progressant difficilement, les 463. et 483. IR de la 263. ID ont franchi le canal de Crozat à Vouël, défendu au prix de pertes élevées par le 32e RI de la 23e DI, et le 485. IR de la 263. ID également a franchi le canal de l’Ailette à Bichancourt derrière le 475. IR de la 255. ID. En début d’après-midi, des combats de rues opposent les fantassins allemands aux fantassins français. La plupart des unités françaises échappe à l’encerclement, hormis la 2e Compagnie du 1er BCC, anéantie en plein centre-ville prise au piège des ponts dynamités. Le 7 juin au soir, la 263. ID occupe Noyon.

La progression du 18. et 42. AK est pareillement laborieuse vers Soissons même si, au soir du 7, la 290.ID se trouve aux lisières de la ville et la 81.ID sur l’Aisne à Venizel, au bout de trois jours de violents combats et au prix de lourdes pertes pour une avance de 20 kilomètres, Soissons ne tombe que le 8 juin après l’encerclement total des quelques éléments des 7e et 8e DI, qui occupaient la ville. Mais l’ennemi ayant contourné la ville est alors déjà solidement établi au sud de l’Aisne.

Le fichier des militaires Morts pour la France (SGA/Mémoire des hommes) donne 459 morts dans le Département de l’Aisne pour la journée du 5 juin 1940 et 433 pour le 6 juin. Les pertes allemandes sont estimées au triple des pertes françaises au cours de cette phase de la bataille.

 

 


Sources :

Amicale du 18e RTA, Historique du 18e RTA

Benoist-Méchin, Soixante jours qui ébranlèrent l’Occident, 1956

Des Cars Guy, L’officier sans nom, 1941

Les Grandes Unités Françaises, Historiques Succincts, SHAT, Vol. 1 à 3, 1967

Lexikon der Wehrmacht : http://www.lexikon-der-wehrmacht.de/Gliederungen/Infanterie.htm

Mary Jean-Yves, 12 juin 1940, le XVI. AK passe la Marne à Château-Thierry, 39-45 Magazine, N° 179, mai 2001

SGA / Mémoire des hommes : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique93

Tasse Lt-col, La Randonnée du 9e Zouaves 1939-1940, 1941

Vasselle Pierre, Les combats de 1940, 18 mai – 9 juin, Haute-Somme et Santerre, Ligne de l’Avre et de l’Ailette, 1970

© Denis Vole – Picardie 1939 – 1945 – octobre 2012