65e BCA, Historique

65 bca

 

18 mai 1940

Par Jussey, Bourbonne, Chaumont, Troyes, Sézanne, Montmirail, le convoi atteint enfin l’entrée, de Château-Thierry, où il s’arrête à 9 heures, plus ou moins bien abrité sous les arbres de la route, en attendant les ordres.
À 11 heures, les chasseurs assistent au bombardement de la gare de Château-Thierry par une grosse escadrille allemande.
À 18 heures, le 65e reçoit l’ordre d’aller occuper Tergnier. La colonne reprend aussitôt la route qui a été encadrée par de nombreuses bombes. À Villers-Cotterets, la voie ferrée a été sérieusement endommagée et un train de munitions achève de brûler.
Dans la nuit, la colonne se scinde et s’égare dans les chemins de traverse qui lui ont été fixés. Il n’y a plus de Régulatrice Routière et le bataillon n’a qu’une seule carte Michelin.
Par Blérancourt et Manicamp, le Lieutenant du Chaffaut parvient cependant à atteindre Tergnier, avec un détachement de six sections de voltigeurs et deux sections de mitrailleuses (Lieut. Benezit, Lieut. Repellin, Sous-Lieut. Raynaut, médecin Sous-Lieut. Petit). Il est 23 h. 45.

 

19 mai 1940

La ville est déserte. La gare, où sont immobilisées de nombreuses rames de wagons, a été sévèrement bombardée. La ville n’est tenue que par deux chars légers et deux canons de 47, axés sur la grande route Tergnier-Fargnier. D’après un officier du G.R.D. 34 rencontré à Viry, l’attaque allemande est attendue pour 4 heures du matin. Les chasseurs, aussitôt, organisent hâtivement les points de passage obligatoires : carrefour des Quatre Chemins, au centre, pont sur le canal de St-Quentin vers Condren, au sud, pont de la route nationale vers Fargnier, à l’est.
Le reste de la demi-brigade arrive enfin vers 8 heures et le 65e se hâte de s’organiser dans le secteur qui lui est confié ; il doit couvrir Tergnier, face à l’est et au sud, de la gare au pont sur le canal de St-Quentin.
Cependant, l’attaque annoncée à nouveau pour 8 h. par la demi-brigade ne se produira pas. Par contre, dans l’après-midi, le Régiment d’Infanterie vient, relever les chasseurs ; la 6e demi-brigade doit être enlevée par camions dans la nuit. Mais les camions n’arriveront que le lendemain après 9 heures, et les chasseurs, malgré le froid, passeront la nuit sur les trottoirs de Tergnier.

 

20 mai 1940

À 10 heures, la 6e demi-brigade, rassemblée à la sortie Ouest de la ville commence à monter dans les camions du train. Deux bataillons du 3e R.I.A. s’embarquent également à proximité.
La colonne du 24e B.C.A. vient de partir lorsqu’une trentaine d’avions fondent soudain en piqué sur le convoi immobile, qu’ils mitraillent et bombardent avec intensité. De 10 h. ¼ à I0 h. ½ , les bombes ne cessent d’encadrer la colonne et les mitrailleuses de crépiter.
Aussitôt les avions éloignés, les camions se garnissent, de nouveau à la hâte. Le convoi du 25e B.C.A. vient de partir et celui du 65e commence déjà à s’ébranler. Mais de nouveau, vers 11 heures, quarante avions ennemis, environ, reviennent et bombardent pendant une heure entière, non seulement les camions qui se trouvent encore là, mais aussi la gare et la ville de Tergnier.
La conduite des hommes à ce baptême du feu est excellente. Malgré les « piqués » impressionnants et les mitraillades des bombardiers, les quatre mitrailleuses placées en D.C.A. tirent sans arrêt et les compagnies de voltigeurs mettent spontanément une dizaine de F.M. en batterie au milieu des maisons écroulées.
Leur zèle est, d’ailleurs récompensé puisqu’un avion est abattu par le 65e à 10 h.25. Il tombe en flammes sur la ville et brûle longuement au sol. Les servants des mitrailleuses de D.C.A. seront cités à l’ordre du bataillon.
Le 3e R.I.A., également a abattu un avion.
Par miracle, il n’y a aucune perte chez les chasseurs, mais le 3e R.I. A. annoncera deux tués et six blessés.
Vers 12 h. 15, les camions du 65e s’ébranlent à nouveau, en bon ordre, guidé par la Régulatrice Routière, mais, presque aussitôt, la tête du convoi se voit accueillie par trois coups de 25 et par les feux de plusieurs armes automatiques qui partent de la première hauteur qui domine la ville…
Ce sont des hommes du 32e R.I. qui se sont imaginés que les Allemands attaquaient à la faveur du bombardement et ont ouvert le feu…
Les premiers camions sont criblés de balles et un chasseur est légèrement blessé à la tête. Les camions s’immobilisent aussitôt et quelques patrouilles se forment spontanément et progressent vers les fermes d’où le feu est parti. Quelques coups de feu et deux rafales de F.M. sont tirés par les chasseurs avant que leurs officiers aient pu les faire taire.
Cependant, le 32e continue à tirer, mais au bout de quelques, minutes il se rend compte de son erreur et le convoi peut repartir.

(suite du texte dans la partie Oise)

© Marc Pilot  –  Picardie 193-1945 – mars 2017