34e GRDI

GRDI 34

 

Le 34e groupe de reconnaissance de division d’infanterie est rattaché à la 29e division d’infanterie au moment de l’offensive allemande le 10 mai 1940. Son encadrement est le suivant :

Lieutenant-colonel LANDRIAU, commandant le G.R.D. 1/34 ;
Capitaine d’AUDIBERT de LUSSAN, capitaine adjoint ;
Capitaine CADOT, commandant l’escadron hors rang
Capitaine PINSARD, commandant l’escadron à cheval ;
Capitaine de MEDRANO, commandant l’escadron de mitrailleuses ;
Capitaine DOUGE, commandant l’escadron moto.

Le 31 mai 1940, le général GÉRODIAS, commandant la 29e D.I., dans son ordre d’opération, précise la mission du 34e groupe de reconnaissance :
« … Le G.R.D. 34 sera susceptible d’entrer en action sur une partie quelconque du front de la D.I…. Il tiendra avec ses éléments moto le nœud de Rethonvillers, avec ses éléments à cheval le nœud de Champien… » 1

Viennent les terribles journées de combat des 5 et 6 juin 1940.
« Dans l’après-midi du 6, à Rethonvillers, le capitaine de MEDRANO, commandant l’escadron de mitrailleuses et d’engins du G.R.D. 34 et le sous-lieutenant LIPPMANN du 94e R.A.M., aperçoivent un char français B, immobile. Le chef de char, blessé, a été emporté, le pilote est sans ordres. Le sous-lieutenant LIPPMANN, accompagné d’un volontaire, le canonnier DUCLOS, monte dans le char, se met en quelques instants au courant du service de la pièce de 75, et fait mettre en marche. Il revient peu après, ayant mis trois chars ennemis hors de combat. »
« …Jusqu’à deux heures du matin, l’escadron à cheval du G.R.D. 34 peu à peu renforcé des éléments moto tiendra l’ennemi en respect à Champien et se décrochera presque indemne. Presque, hélas… car il aura perdu un de ses meilleurs officiers, le lieutenant VINCENT. Celui-ci venait à peine de dire : « Tant que je serai là ma pièce de 25 tirera », qu’un minen allemand le tuait net. Or, son ordonnance, mortellement blessé à son côté, rassemble ses dernières forces pour murmurer :
« Ne vous occupez pas de moi, sauvez mon lieutenant. » 2

Ce même jour, à Rethonvillers, l’abbé Jacques Marie LANTELME, brigadier au 34e GRDI, vicaire de Saint-Louis à Marseille, trouve la mort à l’âge de 30 ans. Titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre, il sera cité à l’ordre de l’armée en ces termes :
« Magnifique figure de prêtre et de soldat. Après avoir dépenser sans compter sa belle intelligence et son grand cœur au service de la France et de ses camarades, a donné le 6 juin 1940 au combat de Rethonvillers, dans l’accomplissement de son devoir de soldat, sa vie que, dès le début, il avait offerte à la Patrie.« 

 

Cavaliers du 34e G.R.D.I. Morts pour la France
à Rethonvillers, Champien et Balâtre

AMBIEHL Louis, 20/11/07, Saasenheim (67), Mort pour la France le 06/06/40 à Champien Balâtre (Somme)

AZEMA Marcel Joseph Pierre, 27/06/18, Amiane (34), Mort pour la France le 06/06/40 à Champien (Somme)

BARTELEMY Marius Martin, 28/06/04, Cassis (13), Mort pour la France le 06/06/40 à Balâtre (Somme)

BOSI NELLO Emile Jean, 02/12/13, Arezzo (Italie), Mort pour la France le 06/06/40 à Champien (Somme)

COMBES Joseph Marius Lucien, 12/03/15, Toulouse (31), Mort pour la France le 06/06/1940 à Champien (Somme)

GOETTELMANN Joseph, 08/10/05, Zintzheim (67), Mort pour la France le 06/06/40 à Balâtre (Somme)

LANTELME Jacques Marie Joseph auguste, 22/05/10, Marseille (13), Mort pour la France le 06/06/40 à Rethonvillers (Somme)

SCOMPIGLI Séraphin Primo, 04/12/08, Castelfranco (Italie), Mort pour la France le 06/06/40 à Champien (Somme)

TEISSIER Roger Louis (François ?), 10/6/18, Behsanne (13), Mort pour la France le 06/06/40 à Champien (Somme)

VINCENT Louis Pierre François, Lieutenant, 2/7/12, Nîmes (30), Mort pour la France le 06/06/40 à Champien (Somme)

© Éric Abadie – Picardie 1939 – 1945 – janvier 2013)
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  1. Giraud Henri, La 29e D.I. et le 141e R.I.A. au feu, Marseille 1941
  2. Citation du Cavalier Azema (Escadron à Cheval) : « Azema Marcel, 1ere Classe, incarnant les plus belles qualités du parfait cavalier français, a fait preuve d’un splendide courage le 6 juin 1940 au combat de Champien (Somme). Mortellement blessé, a refusé les premiers soins qu’on lui donnait en disant : « Ne vous occupez pas de moi et sauvez mon lieutenant ». A partagé le destin de son Officier dans la même mort glorieuse. »