Capitaine Marchand, GB II / 23

Capitaine Marchand
Groupe de Bombardement II / 23

march1

 

LeO 451 N° 214

Capitaine Marchand  Chef de Bord
Sergent Defendini  Pilote  …
Adjudant Mariani  Radio …
Caporal-Chef Boileau  Canonnier

 

march22



Récit du caporal-chef Robert Boileau

 « 6 juin, 14H15 : rassemblement des équipages, mise en alerte de vol. Le capitaine nous retrouve et nous explique notre mission : bombardement de Panzer dans la région de Chaulnes et de Poix. Quelle altitude mon capitaine ? 800 mètres; je hausse les épaules, il me regarde, ne dit rien, mais je sais qu’il pense comme moi. Pas la peine d’avoir monté notre beau viseur perfectionné, qui ne sert que de 4 à 8000 mètres, pour viser au « pif ». D’autre part notre LeO, dès qu’il est vers 5000 tape le 520 à l’heure, alors que vers 800 ou 1000 mètres il ne fait que 360. Nous aurons la chasse, dit-il pour nous consoler.

Et nous allons occuper nos postes. Au moment de partir, Defendini remet ses papiers personnels à notre mécano, je ne sais si d’autres papiers lui ont été confiés, mais j’ai refusé gentiment de laisser en garde les miens. Les moteurs ronflent, le pilote est moins doux que d’ordinaire et en sortant le LeO du camouflage, donne un coup de gaz un peu fort et un chêne rend oblique la dérive droite, le gouvernail fonctionne alors nous prenons la piste, point fixe, et départ, nous effaçons la piste. Defendini coupe les gaz, nous reprenons la piste. Nous l’effaçons à nouveau et roulons dans du blé très haut, je remarque que le bout des ailes vibre très fortement, à la sortie du champ de blé Defendini arrache le taxi, nous arrivons dans un champ de pommes de terre, et quatre femmes étaient en train d’y travailler. Une fois le régime des moteurs revenu à la normale, les ailes ont cessé de vibrer. Nous tournons en cercle en attendant nos équipiers, les LeO du capitaine Bienvenu et du lieutenant Berrard 1

 

march3

 

Ceux-ci décollent sans histoire et au moment de prendre notre cap, beaucoup de bras s’agitent à terre, nous faisons au revoir, nous aussi. En fait ce n’était pas au revoir mais coupez les moteurs que l’on voulait nous dire, mission annulée, personne n’avait pensé à utiliser la radio. J’ai appris cela 25 ans plus tard de la bouche de 1’adjudantVoisine devenu commandant. C’en est fait, chacun à son poste, les 3 LeO volent de concert, le 214 en tête, à ma droite Bienvenu et à son bord le canonnier adjudant-chef Jean qui m’avait dit « dès que je verrai des Allemands je tirerai 3 coups de canon, tu seras averti ». Nous n’allons pas vers notre but, afin de pouvoir bombarder avec comme allié le soleil, si beau dans ce ciel bleu. Peu de temps après nous apercevons au loin de la fumée et des flammes. En un instant, nous survolons ce qui brûle : c’est Montdidier et tout un serpent de feu qui, à mon avis, doit renseigner l’aviation ennemie sur l’avance de ses troupes au sol. A partir de ce moment, le ciel est obscurci et l’odeur de la poudre vous prend au nez et à la gorge.

 Je vois des points noirs au loin ! Je pense de suite : c’est la chasse ! Mais tout va très vite, comme je regarde à nouveau de ce côté, je vois trois nuages blancs qui sortent du canon de l’adjudant-chef Jean, j’ai compris ce ne sont pas des Morane. J’en ai compté quarante-sept. Je n’ai pas le temps de rêver, maintenant des nuages naissent autour de nous, c’est la flak qui nous accueille. À ce moment une trouille impensable me secoue de la tête aux pieds, c’est comme une décharge électrique et tout à fait aussi brève. J’arme mon canon, je suis prêt, j’ai passé le mur de la peur.

 

march-4

Le chef de bord a pris ses dispositions, les trappes du lance-bombes sont ouvertes, j’entends les ordres au téléphone. Les chasseurs qui arrivent en groupe derrière nous se disloquent et cherchent leur cible eux aussi, ce sont bien des Me 109, Un grou­pe de 7 se dirige vers nous, l’un d’eux pique et tire : je crie attaque à gauche. Defendini amorce une manoeuvre mais Marchand ordonne : non tout à droite.

Tout va très vite, Mariani lache une longue rafale, le chargeur de la MAC a dû y passer. Deux 109 se planquent derrière chaque déri­ve, un cinquième dans l’axe du fuselage, je les ajuste l’un après l’autre mais mon canon refuse de tirer. Ces aviateurs connaissent bien le LeO, ils s’amusent avec moi, ils sont tout près, protégés par 1’angle de garde du canon, peu de temps avant un LeO est tombé intact entre leurs mains, ils l’ont étudié savamment.

Un septième 109 reste beaucoup plus haut, plonge vers nous, et tire de loin, il continue d’approcher alors que je l’ai dans mon collimateur, alors plein but sans correction de tir, je lui lâche une rafale, je vois trois de mes obus traçants s’écraser sur le 109, un sur le cockpit et deux autres sur l’avant en plein moteur, comme après chaque traçant, j’avais deux ordinaires, cela faisait au minimum sept impacts mortels. L’avion partit aussitôt en abattée suivi d’une large traînée de fumée noire, en arrivant au sol il explosa. Je l’avais eu, je ne ressentais aucune joie 2

 Je m’apprêtais à chercher une autre cible, lorsque dans un bruit infernal, je ressentis en même temps sur ma cuisse gauche un choc, un souffle qui me colla au sol de ma cabine, j’allais me relever quand une autre rafale fracassa le tableau de bord placé à la hauteur de mes épaules lorsque j’étais debout. Je me relève, je sens quelque chose de chaud qui coule le long de ma jambe droi­te, je dis je suis touché. Il y a un trou de 40 cm de diamètre dans le flanc gauche de la carlingue. L’avion a reçu un coup mortel, il y avait des flammes, Marchand donne l’ordre d’évacuer.

 march5

Orberleutnant Erbo von Kageneck

Ce pilote de 22 ans du 2. / JG1 descendit le LeO du capitaine Marchand. Il fut abattu à son tour en Lybie en décembre 1941 et mourut de ses blessures trois semaines plus tard. Il avait remporté 67 victoires et était chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chênes.

 march6

La moitié des bombes ont été larguées, ma trappe d’évacuation est hors service, je passe dans le couloir, vers la porte du fuselage. Pendant ce trajet de trois mètres environ j’essuierai six rafales. C’est la curée, ils tirent avec des balles incendiaires, je vois des traits de feu qui passent de part et d’autre de la carlingue, je me fais tout petit. J’arrive près de la porte, je vois Defendini le regard fixe, il tient l’avion en ligne droite, je lui parle, il ne répond pas : est-il mort ? Je n’en sais rien. Mariani a sauté, je vois son câble d’ouverture automatique accroché, Marchand encore à son poste. Je n’accroche pas mon câble. Je pose un pied sur l’aile, l’avion en piqué pleins moteurs va très vite, je suis arraché de la carlingue, alors que j’essuie une dernière rafale, je tombe à travers les flammes, je m’évanouis, très peu de temps, je suis sur le dos, je vois deux doigts arrachés à ma main gauche, là je repars dans les pommes (c’est mon attitude à la vue du sang). Lorsque je reviens à moi, je me sens comme immobile dans l’air, je tourne sur moi-même, j’aperçois les avions, je reprends mes esprits, je tire sur la poignée du parachute, rien. Je tire plus fort alors un choc formidable, je me retrouve comme un pantin au bout de mes ficelles. Stabilisation : un balancement en arrière, un en avant et pan ! Dans le blé, sur les fesses. Je me relève aussitôt pour voir un énorme panache de fumée, suivi d’une terrible explosion : c’est notre LeO qui vient de terminer sa carrière. Ce si bel avion dont j’étais si heureux d’être le servant. Je ramasse mon parachute déchiré et vais me cacher sous des pommiers, près d’une peupleraie. Bonne idée, un 109 me cherchait en balançant ses ailes, et les peupliers m’ont dissimulé. Le calme revenu, je relève la jambe de mon pantalon, assis dans l’herbe; avec mon couteau, je déchire mon caleçon, je vois ma cuisse pleine de trous, meurtrie et pleine de sang. Je ne souffre pas, le sang ne me choque plus, il me reste une phalange au médium et à l’annulaire gauche, les deuxièmes phalanges n’ont plus que l’os à montrer. Les premières sont parties avec la chair.

C’est le câble de Mariani qui m’a sauvé, sans lui, j’aurai peut-être ouvert mon pépin plus tôt. Mais je suis un peu groggy, et comme j’ai lu dans Paris-Soir que les Allemands achevaient les blessés, alors j’ai eu des idées noires, je sors mon revolver, en faisant ce geste je découvre ma montre où à la place du cadran j’avais glissé la photo de ma femme, elle me sourit. Alors Boileau redevient le bélier qu’il est depuis sa naissance, je fais un garrot à mon poignet avec ma cravate, je me lève et pars vers le soleil, laissant mon parachute et ne gardant que mon revolver. Je traverse un champ de blé et puis un champ de pommes de terre, alors que je me dirige vers une ferme où je pense trouver de quoi me soigner, je suis aperçu par deux motocyclistes qui posent pied à terre et me mettent en joue, c’est à peine si je lève le bras droit, je m’arrête et j’attends : Français ? Oui ! Et j’avance vers les deux inconnus. Le plus âgé que je prends pour un sous-officier vu ses deux galons blancs, se présente : lieutenant Joseph Darnand du 28e CA et caporal-chef Lévy, corps francs. Ils m’amènent sous un hangar plein de bottes de paille, nous discutons sur le combat. Alors que je les interroge, ils me font part de la découverte du corps de Mariani, criblé de balles, plus de trente impacts 3 Je leur indique le lieu où le LeO s’est écrasé, et leur fais part de mes craintes au sujet de Marchand et Defendini, Lévy va chercher mon parachute et tous deux repartent à moto chercher une ambulance. J’assiste à un curieux spectacle en attendant leur retour, douze biplans Henschel 123 s’approchent et à 4 ou 500 mètres d’altitude, tournent en rond jusqu’à ce que l’un d’eux fasse une abattée et lâche deux bombes. Les onze autres font de même, et je vois ce chapelet de bombes tomber vers le sol comme dans une parade. II y avait un convoi de camions sur la route voisine, me dira Darnand à son retour.

Le spectacle est terminé, tout est calme, je vois du blé qui bouge, il n’y a pas de vent, je pointe mon revolver, alors un grand gaillard se lève, il fait un geste et six autres hommes se lèvent et viennent à moi. Les voilà en rond autour de moi, mitraillette au poing :
– D’où sors-tu ?
– Moi je descends de là-haut !
– Parachutiste ?
– Non aviateur !
– Bah ! Tu es le premier que je vois, il n’y a pas d’aviateurs, tu me racontes des blagues !
– Vous n’avez pas vu de combat tout à l’heure ?
– Si !
– Alors vous pensez que les Boches se battent entre eux ?
– Alors, qu’est-ce que tu fais ici ?
– J’attends le lieutenant Darnand
– C’est faux, il est mort !
– Je ne peux te dire autrement, un type en bleu s’est présenté sous ce nom.

On me regardait d’un œil soupçonneux, heureusement voici le lieutenant qui revient. Quel accueil, quelle joie ! Ils s’embrassent comme des gosses.

– On m’avait dit que tu étais mort
-Penses-tu j’ai fait 80 prisonniers aujourd’hui. Je croyais en faire un de plus : pas de chance, c’est un Français.

Pas de galons, en bras de chemise, sans peur. C’étaient nos corps francs.

L’ambulance arrive. L’infirmier Henri Lavastre, un Marseillais m’offre un verre de vin ; je le bois doucement malgré ma soif et je m’aperçois que mon foie est guéri. Je ne souffre pas pour le moment, je ne sens même pas l’alcool à 90 que l’infirmier coule sur mes doigts et mes plaies. Après un pansement général, l’ambulance m’amène à Beaulieu-les-Fontaines, à l’infirmerie de campagne mais je reste dans l’ambulance, parquée dans la cour de la maison. Je vois des fantassins tirer au Lebel sur les avions, essayant en vain d’en abattre. Nous attendons la nuit pour bouger, voulant aller vers Noyon. Un officier cuirassier de son char nous barre la route en nous indiquant un autre chemin. Peu après on nous amène dans l’ambulance un fantassin nommé Chevalet, il est couché, une balle dans l’épaule, une dans un rein et une troisième au genou. On me met assis près du chauffeur pour laisser la place à Chevalet. Dès la nuit nous roulons sans phares, nous croisons des artilleurs, arrêts fréquents et plus ou moins longs. Vers 22 heures, les marmites sifflent et miaulent au-dessus de nos têtes, nous passons à mi-chemin des coups de départ et des explosions. Vers minuit, bien que je souffre depuis quelques heures, je m’endors. Lorsque je m’éveille, l’ambulance est immobile au milieu d’un long convoi, il fait grand jour, environ 5 heures, et déjà dans le ciel le mouchard allemand est à son poste de guet. Un Lorrain vient me trouver je souffre beaucoup, surtout de la main : « Attends je vais te chercher un coup de mirabelle, tu as battu la campagne toute la nuit, tu as réclamé ta femme, dans des phrases très souvent incohérentes. C’est moi qui ai fait la mirabelle, elle est presque pure. bois-la doucement ». Je bois deux gorgées de cette eau-de-vie forte. Nous sommes aux environs de Ribécourt. Déjà j’ai plus chaud, cet élixir a endormi mon mal et pendant le voyage qui me conduira à Senlis, où nous arrivons vers 10 heures, je ne sentirai plus mes blessures. Là, c’est le train sanitaire, départ à 12 heures avec un chargement complet de blessés. J’ai enfin quelque chose à manger. Je peux écrire et envoyer à ma femme une carte prévue à cet effet, direction les Vosges. Je m’endors ensuite, j’ai perdu beaucoup de sang. »

 

Quel fut le sort du capitaine Marchand ? Ce planteur d’Abidjan, âgé de 55 ans, n’a dû la vie sauve que grâce à l’intervention du Corps Franc du 24e BCA.

« En revenant d’Ognolles, à 400 mètres du village, un groupe de la 1ère Compagnie du Capitaine Gillot avait découvert un Officier aviateur français blessé, les deux jambes brisées, son appareil abattu en flammes par des Messerschmidt. Le Capitaine Marchand, de l’Escadre de Bombardement d’Etampes, gisait depuis 48 heures en lisière des taillis sans pouvoir faire un mouvement. Grelottant de douleur et de fièvre. Mourant de soif.

La 1ère Compagnie avait essaye de le transporter sur son parachute replié ; l’excès de douleur avait rendu son transport impossible. II fallait une civière. On avait promis de venir le rechercher.

« Si vous le permettez, mon Commandant, j’y vais. » Darnand venait de se lever. Pour une pareille mission, autorise-t-on Darnand ! Les yeux brillants, vingt volontaires sont déjà prêts : où n’irait-on pas avec lui…? L’ennemi, vers l’Est, le long du canal a largement débordé les villages. Son infiltration révélée par l’observatoire se poursuit, méthodique. N’a-t-il pas à l’ouest profité des bois pour s’infiltrer aussi ? Qu’importe ! Un blessé à sauver est là-bas, un blessé à qui on a promis de revenir. Promesse deux fois sacrée.

Darnand choisit son monde, le Sergent Planet, les Chasseurs Enjalric, Basile, Martelly, d’Aubarède, du Corps Franc, les brancardiers Mouly, Strub, Tailleu et Pepino.

La patrouille part, Planet et ses hommes éclairant la marche de haie en haie, de lisière en lisière. Du P. C., on la suit des yeux tant qu’on peut. Les hommes disparaissent définitivement dans les taillis. Les minutes sont longues, longues… Sera-ce un nouveau Forbach ? Aux aguets on écoute : pas de coups de fusil, pas de crépitement de mitraillette. Seuls les sifflements des 105 fusants, qui encadrent la Panetterie, rompent le silence.

Une heure et demie après son départ, un siècle, Darnand réapparaît en lisière d’un bois. En tête, les brancardiers se relaient. A quelques centaines de mètres derrière eux, Darnand et ses hommes protègent le retour.

Encore cinq minutes. Ils sont là. Le Capitaine Marchand est sauvé. II a été relevé à proximité immédiate de l’ennemi, juste à temps ! Les premières rafales éclatent, le contact vient d’être pris sur le tunnel du canal. On abrite le blessé dans la cave de la Panetterie à cause des fusants qui pleuvent. II demande à boire. II sourit d’un pauvre sourire. II serre avec effusion la main de Darnand et celle du Commandant. « Je ne tomberai pas aux mains des Allemands dit-il. Je n’oublierai jamais les Chasseurs; je leur dois la vie… »

Le soir, transporté à dos d’homme jusqu’à Campagne, sous le feu de l’artillerie ennemie, le Capitaine Marchand allait être évacué. « Mon parachute ? » s’inquiète-t-il, les yeux pleins de fièvre. Le parachute était resté dans la cave de la Panetterie. Pouvait-on ne pas répondre au désir du blessé ? « Fonce », dit à son motocycliste de liaison le Capitaine Laurent aussitôt monté en croupe. Un quart d’heure après, installé sur une sanitaire, serrant précieusement son parachute récupéré, le Capitaine Marchand nous adressait de sa pauvre main tremblante un dernier geste de cordiale gratitude. Les cavaliers allemands étaient déjà à la Panetterie… ».

 

    Capitaine MARCHAND                                                                                                                                                Lyon, le 2 février 1942.
        Dépôt de Stockage
Base Aérienne Bron (Rhône).

             Mon Commandant,

          J’ai eu une très heureuse surprise en recevant votre lettre qui me donne de bien précieux détails sur mon sauvetage que vous avez opéré in extremis avec le Lieutenant Darnand et les braves Chasseurs du Corps Franc. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point je vous suis reconnaissant de n’avoir pas hésité à opérer ce sauvetage malgré la ruée des Allemands. Si vous avez encore sous vos ordres quelques-uns des volontaires qui m’ont ramené, je vous prie de leur transmettre toute ma gratitude. Mais même si j’étais resté sur le carreau, j’aurais eu la satisfaction d’être vengé, car mon avion ayant été incendié avant d’aborder les lignes ennemies, j’ai tout de même eu le temps d’accomplir ma mission et de décharger mes 16 bombes de 50 kg. sur les colonnes de chars. J’espère avoir fait du travail utile ; et ce n’est qu’au retour, en revenant au-dessus des lignes françaises que j’ai donné l’ordre d’évacuer l’avion où il commençait à faire vraiment chaud. Ce n’est pas sans émotion que je me remémore ces instants où, étendu sur le sol, j’ai entendu la bataille se rapprocher. Mes souvenirs de la dernière guerre que j’ai faite de 14 à 18 me faisaient croire qu’il y avait, derrière la première ligne, des unités de soutien et de réserve. Mais cette fois, je ne voyais personne, je n’entendais pas l’artillerie de chez nous, et j’ai compris à ce moment que nous n’avions, en face de la ruée de la masse allemande, qu’un faible rideau de troupes; et c’est alors que j’ai compris que notre défaite n’était plus qu’une question d’heures. Je ne voudrais pas revivre ce moment-là ! Mais le souvenir de ces instants terribles où nous avons du reculer jusqu’au moment de déposer les armes s’estompe devant l’espoir de l’avenir qui sera meilleur, si nous savons le forger durement.

          Pour moi, après un long séjour dans les hôpitaux, car j’avais des fractures des deux jambes, du bassin, de la colonne vertébrale et des côtes, sans compter quelques plaies et des contusions internes, j’ai été convenablement raccommodé, et vous ne reconnaîtriez plus le bonhomme que vous avez vu arriver en bien piteux état.

          Peut-être un jour, aurais-je la chance et la joie de pouvoir voler de nouveau. Ayons donc foi dans l’avenir et dans les destinées de notre pays.

          Je vous prie d’agréer, mon Commandant, l’expression de ma reconnaissance et de mon profond respect.

 

                                                                                                                                             Signé : MARCHAND

 

Sources :

« Ils étaient là » Jacqueline et Paul Martin, Aéro Editions, ISBN 2-9514567-2-7
« Mémorial du 24e BCA 1939-1940 »  Imprimeries Nouvelles Réunies, Nice 1943.

© Marc Pilot – Picardie 1939-1945

 

 

 

 

 

 

[1] LeO 260 et 204. Le 260 sera abattu par la Flak à Gruny (80), seul le 204 parviendra à rejoindre la base.

[2] Leutnant Ernst Vollmer, 3./JG3

[3] Mariani fut d’abord inhumé à Ognolles avant d’être transféré dans la nécropole nationale de Cambronne-les-Ribécourt.

2e RIC – Rapport CAB2

2-ric

Rapport du capitaine MAILLOUX commandant la C.A.B.2
Concernant les événements survenus le 7 juin 1940



La C.A.B.2 était répartie comme suit : 

– P.C. section de commandement, 4e S.M. (adjudant-chef SOMMIER), groupe de 81 (lieutenant BLANCHET), un fusil Boys à REMIENCOURT.
– 1ère S.M. (lieutenant DUBOIS) et 2e S.M. (Adjudant VIGOUROUX), 2 canons de 25 (sergent-chef DELANNOY) avec la 6e compagnie à DOMMARTIN.
– 3e S.M. (sous-lieutenant LE SAUX) avec la 5e compagnie à FOUENCAMPS.

A REMIENCOURT – Les éléments de la C.A.B.2 étaient disposés le 7 au matin :

– Section de commandement (Adjudant LE CLECH) au P.C. du capitaine dans la ferme à l’Est de l’usine de tissage.
– S.M.4 (P.C. avec G.M. du sergent LEVERN), 1 G.M. (LERVERN) au passage à niveau Sud battant de la voie ferrée au petit bois, 1 G.M. (sergent-chef LECLEACH) à l’ouest du cimetière battant les points de passage sur la Noye.
– Le groupe de 81 m/m dans le pré, entre la place de l’église et le parc du château ; tirs préparés sur le pont A et sur le plateau sud du village.
– Le fusil Boys, près du P.C. du capitaine en direction du pont B de l’usine de tissage. En début de la matinée le lieutenant VIE, commandant la section de la C.D.A.C. vint placer un canon de 25 à cet endroit ; j’en rendis compte au chef de bataillon et lui proposai, pour éviter le double emploi, de placer le fusil Boys dans le parc du château avec les éléments de la 7e compagnie qui venait de s’y mettre, pour interdire le pont C, ce qu’il approuva et fut fait.

Dans la matinée du 7 juin vers 6 heures environ je reçus l’ordre de faire partir les voitures de la C.A.B.2 (sauf les voiturettes) sur la corne sud du bois situé au S.O. d’AILLY S/NOYE. Le sergent comptable, le sergent chef d’échelon, le caporal d’ordinaire, les cuisiniers ainsi que les conducteurs des voitures quittèrent REMIENCOURT immédiatement par la route d’AILLY S/Noye. Il restait avec la section de commandement l’adjudant chef de section, le sergent chargé des transmissions, le caporal-chef second comptable, le caporal mitrailleur mécanicien et les agents de transmission.
Les premiers coups de feu se firent entendre vers 10 heures venant de la direction du pont A et du S.O.. En même temps des éléments ennemis étaient vus, s’infiltrant entre les deux bras de la Noye, remontant vers le Nord en direction de la ferme D et du pont.
Je fis déclencher les tirs préparés des mortiers, un mortier prenant à parti les éléments ennemis du pont et l’autre tirant sur les éléments venant derrière le bois au Sud. Je portai les hommes de ma section de commandement sur le bord de la Noye (bras Est) pour faire face à l’infiltration et celle-ci continuant malgré notre intervention au mousqueton, je dissocia le G.M. LE CLEACH et mis la pièce du caporal-chef LE GOFF avec la section de commandement.
Les groupes ennemis progressèrent par bonds derrière les arbres et parvinrent à passer derrière la ferme D et nous prirent sous leur feu, l’adjudant LE CLEACH fut blessé à la tête. L’ennemi abrité derrière la ferme n’étant plus justiciable de nos armes à tir tendu, j’intervins alors au V.B. jusqu’à épuisement des obus dont je disposais.
Il me fut rendu compte à ce moment que l’ennemi progressait vers le Sud par le plateau (entre ROUVREL et la voie ferrée) j’en informai le chef de bataillon et lui proposai de dissocier également le G.M. LE VERN pour faire face à ce nouveau danger ; sur son acceptation je me rendis auprès de l’adjudant-chef SOMMIER à qui je donnais l’ordre de placer une pièce sur le haut de la falaise surplombant la voie ferrée et dominant légèrement le plateau vers le Nord. J’assistai au début de l’exécution et revins à ma section de commandement que je ramenai à mon P.C. en continuant toutefois de faire surveiller la ferme D. Le décrochage put se faire sans pertes malgré un violent bombardement par Minenwerfer.
Je plaçai la pièce de mitrailleuses sur le bord du pré face à l’angle N.E. du pré et la crête au-delà de la voie ferrée et entrai en liaison avec le lieutenant BLANCHET à qui j’ordonnais de se garder de ce côté. Il plaça le F.M. de la C.D.A.C. qui se trouvait avec lui et les hommes disponibles du 81 sur le talus entre la route et la voie ferrée. Les interventions du F.M et de la mitrailleuse eurent pour effet de faire disparaître les ennemis hors du compartiment du terrain. Une automitrailleuse allemande gravit la pente du passage à niveau Nord et se rendant à ROUVREL fut arrêtée et mise…. placé près du lieutenant BLANCHET.
J’appris alors par le sous-lieutenant FETIS que l’ennemi occupait l’allée du château après avoir repoussé les éléments de la 7e compagnie qui s’y trouvaient. La section FETIS près de l’usine de tissage, faisait face à la NOYE et au château, la mitrailleuse pris l’allée depuis le château jusqu’à l’angle Nord-Est et le lieutenant BLANCHET, prévenu, ramena ses hommes et le F.M. de la C.D.A.C. dans ses tranchées et leur fit faire face à l’angle N.E.
Vers 14 heures l’ennemi occupait les maisons environnant l’usine. Les sections de la 7e compagnie et le canon de 25 de la C.D.A.C. du pont A avaient été enlevés. J’ordonnai au lieutenant BLANCHET de tirer sur ces résistances, ce qu’il fit avec succès. Vers 14H.15 j’appris que le sous-lieutenant FETIS venait d’être tué et que les Allemands progressaient par la contre-allée venant du château à mon P.C. Quelques hommes de la 7e compagnie se réfugiaient près de moi. Ils avaient un F.M. dont le caporal-chef LE GOFF et le soldat PIOLOT de la C.A.B.2. assurèrent le service tandis que j’assurai personnellement le commandement de la pièce de mitrailleuse. Le sergent JOANNIN de la section de commandement, avec les hommes de la 7e compagnie et les miens fit face, de la grange à la rue et à l’usine. Nous arrêtâmes l’ennemi que le lieutenant BLANCHET de son côté prit à parti au mousqueton.
Vers 15 heures j’appris que l’adjudant-chef SOMMIER était blessé au crâne mais LEVERN, son chef de groupe, tenait bon. LE CLEACH de son côté se battait comme un lion.
De l’usine et des maisons voisines nous vinrent des rafales sérieuses ainsi que de l’allée. Un tir de 81 réglé de mon P.C. calma ces rafales. Nous tenions, empêchant de nouveaux groupes de déboucher du château.
Vers 16 heures 2 automitrailleuses furent vues sur la crête à 800m ou 1000m venant du N.O. et allant vers le S.E (direction de ROUVREL) L’intervention du 25 qui se trouvait avec le lieutenant BLANCHET n’eut pour résultat que d’en faire disparaître une derrière la crête et de faire rebrousser chemin à l’autre. Le 25 s’enraya et ne put intervenir à nouveau avant que cette automitrailleuse eut le temps de disparaître.
L’ennemi devint plus actif autour de mon P.C. sans doute sa progression avait-elle pu se faire par les maisons. Nous entendîmes des commandements allemands « en avant ». J’ordonnai un tir de 81 « sur moi ». Le tir donna des résultats.
De nouveaux commandements allemands auxquels nous répondîmes par « Vive la Coloniale ». Nous reçumes des grenades à manche au P.C. Le sergent JOANNIN et moi-même eûmes des éclats mais non sérieusement touchés. Nous répondîmes à la F1. Il n’y avait plus de cartouches de F.M., j’en demandai à la voix au P.C. du bataillon. Le caporal-chef LE GOFF et le soldat PIOLOT tirèrent au mousqueton pour y suppléer. PIOLOT, blessé à la main put continuer.
Les balles tirées par les allemands allumèrent des plaques de paille éteintes immédiatement. Toutefois les tas de paille du pré à proximité de BLANCHET flambèrent. Des obus de 25 tirés sur le P.C Btn et C.A.B.2. Le feu se propage vers le lieutenant BLANCHET qui put continuer ses tirs de la tranchée profonde jusqu’à épuisement de ses munitions. Nous tînmes ainsi jusqu’à 21H.15 heure à laquelle les allemands réussirent à mettre le feu à mon P.C. Tout flamba rapidement et il fut impossible de rester dans les flammes. Je dis au soldat HELLEC de se saisir de la pièce de mitrailleuse et de se rendre au PC. Bataillon en essayant de traverser la maison. Je bloquai tout le monde près de la grange sud, dis à VIE de mettre en marche sa chenillette pour sortir le 25, que nous allions rallier la place près du P.C. Bataillon. Départ à mon signal tout le monde ensemble aussitôt prêt. La chenillette en état de marche, je déverrouillai la porte et ordonnai de partir. Nous réussîmes par surprise à passer. Du petit groupe que nous formions il manquait à l’arrivée le lieutenant VIE (mort) et le caporal-chef BLIN.
Sur la place les hommes furent placés dans les tranchées près du sergent-chef LE CLEACH qui également chassé par les flammes s’y était retiré avec sa pièce.
J’allais au P.C. Bataillon pour retrouver HELLEC et la pièce de mitrailleuse et rendre compte au chef de bataillon à qui je demandai des cartouches. Le commandant m’apprit qu’il n’y avait plus de munitions, que toutes les issues de la place étaient tenues par l’ennemi et que le P.S. n’était pas en flammes. Les allemands surgirent sur la place et nous mitraillèrent à 10m. Nous étions prisonniers et fûmes dirigés sur DOMMARTIN où je retrouvais le s/Lt LE SAUX et sa 54e S.M. Le lieutenant BLANCHET fut pris dans sa tranchée et nous y rejoignit ainsi que le sergent LE VERN et son groupe.
Le commandant de compagnie a appris en captivité que le lieutenant DUBOIS a quitté DOMMARTIN avec sa section. Il n’a pas de nouvelles de la 2e section et de son groupe de 25.

Signé MAILLOUX

Propositions de citations

Lieutenant BLANCHET Robert – Officier ayant fait preuve le 7 juin, d’un remarquable mépris du danger ; dans les flammes et sous des tirs ennemis très violents a commandé, avec le plus grand calme, ses tirs de mortier jusqu’à épuisement de ses munitions. (Particulièrement appuyée – signé GILBERT)

2e RIC – JMO

2-ric

 

20 MAI 1940

Au passage à Creil, vers 6H00, la Division fait remettre l’ordre d’opération qui prescrit au 2e RIC de se porter à Boves et Fouencamps pour s’aligner sur l’Avre entre le 24e RTS au sud et la garnison d’Amiens.
PCRI à la ferme de St Hubert.
Point de débarquement Ailly-sur-Noye.
Un groupe d’avions ennemis revenant de la direction de Beauvais laisse tomber quelques bombes aux alentours de la voie ferrée ; un blessé léger au bras.

Arrivée vers 11H00 à Ailly/Noye. Le débarquement en pleine voie se fait rapidement et est terminé vers 13H00. Au sortir de la gare, le général de Division fait connaître au colonel que des engins blindés ennemis progressent au sud d’Amiens et lui prescrit de barrer les issues des villages de Jumel et d’Ailly. Les éléments débarqués (CRE et CDT) vont occuper les sorties nord d’Ailly et les routes partant de Jumel vers l’ouest et le nord. Le dispositif est ensuite resserré pour la nuit, derrière la Noye, à la sortie ouest d’Ailly, avec un bouchon au carrefour ouest de Jumel.

Vers 18H0, l’escadron à cheval du GRD 74 arrive à Ailly et participe à la mise en défense du village. Au cours de la nuit, il recevra une autre destination.
Circulation continuelle de réfugiés vers le sud, et militaires plus ou moins isolés.
Le Régiment en récupère 40 environ, qui forment une section sous les ordres du lieutenant Pozner, du 51e RI, échappé d’Amiens. Cet officier se met à la disposition du colonel et reste au 2e RIC où il demeurera jusqu’au 10 juin.

21 MAI  1940

Vers minuit, le 3e Bataillon, débarqué à Breteuil, est arrivé à Essertaux où il a pour mission d’interdire les routes venant d’AMIENS.
Un détachement commandé par un capitaine, qui s’était porté de St Quentin sur Amiens, se trouve à Guyencourt, le colonel lui prescrit de former un bouchon et d’y tenir le village.
Au cours de la journée, une voiture blindée ennemie suivie de motos se présente à la sortie nord-ouest de Guyencourt. Quelques tirs de part et d’autres ; la voiture blindée se retire. Pertes : 1 tué et un blessé au détachement de Guyencourt.
Le I/2e RIC débarque à Ailly et pousse un élément (2e compagnie) à Guyencourt-Remiencourt, il assure la défense d’Ailly et de Jumel.

22 MAI 1940

Le II/2e RIC arrive dans la soirée à Ailly-sur-Noye, où il prend la mission du 1er Bataillon. Celui-ci se porte sur la Noye.

23 MAI 1940

Le I/2e RIC occupe : 3e compagnie à Fouencamps – 1ère compagnie à Dommartin – 2e compagnie et PC du Bataillon à Remiencourt. Il a pour mission de tenir ces différents points face à l’ouest et au nord.

Dispositif de la 4e DIC :
PC de la Division à la Faloise
A droite : 16e RTS PC à Moreuil
Au centre : 24e RTS PC à Merville-aux-bois
A gauche : 2e RIC PC à Ailly-sur-noye

Le général Tranchant prend le commandement de l’IDC 4 en remplacement du général Quilichini.
Le lieutenant Le Bihan commandant la CRE est promu capitaine à TT pour compter du 1er mai 1940. L’adjudant-chef Le Lay de la 9e compagnie est nommé sous-lieutenant à TT pour compter de la même date.

La 7e DIC arrive à Esserteaux et doit se porter sur St- Fuscien et les hauteurs au sud d’Amiens, vers Dury.
Des éléments de cette Division relèvent le 3e Bataillon du 2e RIC qui doit rejoindre Ailly dans la journée du 24 mai.
Le capitaine Darcy et le lieutenant Pozner effectuent avec des éléments du groupe franc du Régiment, une reconnaissance dans les faubourgs au sud-est d’Amiens (non occupés par l’ennemi).

24 MAI 1940

Le régiment reçoit l’ordre de pousser un Bataillon en liaison avec la 7e DIC pour occuper la côte 82 entre St-Fuscien et Boves et la ville de Boves. LE II/2e RIC exécute cette mission ; il est remplacé à Ailly par le III/2e RIC qui est en réserve de Division.
Le 2e Bataillon se porte en 2 colonnes : à gauche la 5e compagnie (capitaine Le Saout) de Jumel sur la côte 82, à gauche le gros du Bataillon par Guyencourt – Cottenchy sur Boves. Le PC du régiment est à la porte d’Ailly à Cottenchy.

Vers 17H00, la côte 82 et Boves sont occupés sans incidents, des mouvements ennemis se manifestent au nord de l’Avre à Longueau et à l’est. Vers 16H00, la DI donne l’ordre de pousser à la Somme, d’occuper Longueau et la Somme jusqu’à Blangy. Le 2e Bataillon reçoit en conséquence l’ordre d’occuper Longueau et le hameau sud de Camont. Le 1er Bataillon se portera à droite sur Glisy – château de Tronville et Blangy.

Le 2e Bataillon se heurte à des résistances à Cagny ; le pont de l’Avre est sauté. Le 2e Bataillon amorce son mouvement vers le nord de la voie ferrée. Le lieutenant Massy de la 6e compagnie est tué. Le lieutenant Barc, de la 5e compagnie est blessé. L’ennemi occupe Longueau et les croupes de l’est.

Au cours de la nuit, la 5e compagnie traverse la voie ferrée et marche vers la sortie est de Longueau par la route sud. La 7e compagnie occupe Cagny. Une section de la 5e compagnie a passé l’Avre. La 6e compagne, en liaison avec le 1er Bataillon, se porte sur la Somme.

25 MAI 1940

Le 1er Bataillon occupe sans incidents les points qui lui sont fixés : 3e compagnie à Blangy, en liaison à droite avec le 24e RTS et au château de Tronville – 1ère compagnie à Glisy.
2e compagnie et PC dans les bois au sud de la route d’Amiens –Villers-Bretonneux. La 6e compagnie est au cimetière américain (Sic) de Glisy.
La 5e compagnie se heurte devant Longueau à une vive résistance ; elle est renforcée par deux sections de la 7e compagnie.
Le III/2e RIC est remis à la disposition du Régiment. La 9e compagnie est envoyée à la côte 82 pour assurer la liaison avec la 7e DIC entre Boves et St-Fuscien, et s’opposer au débordement de Cagny par l’ouest.

5 chars FT sont envoyés à la disposition du 2e Bataillon. Vers 13H00, 3 des chars débouchent de la voie ferrée au nord de Boves, sur les trois routes partant de Longueau vers l’est et permettent aux éléments du 2e Bataillon très éprouvés devant Longueau, de s’installer défensivement face à Longueau entre le château et la lisière est du terrain d’aviation.

Pertes : capitaine Le Saout, commandant la 5e compagnie, tué d’une balle (plaie au foie), sous-lieutenant Leblanc, de la 7e compagnie, tué par balle. Capitaine Gardebois, commandant la 7e Compagnie, tué par éclat de bombe à Cagny.

26 MAI 1940

Le 3e Bataillon relève le 2e Bataillon à Boves et Cagny. Il occupe :
11e compagnie : ferme de la côte 107, en liaison avec le 7e DIC.
9e compagnie : Cagny et l’Epinette.
10e compagnie : Boves.
PC du Bataillon : Boves.
Liaison à la sortie nord de Boves avec le 1er Bataillon.

Le 1er Bataillon s’est resserré sur la gauche : Blangy et le château de Tronville ayant été occupés par le 24e RTS. La 3e compagnie occupe Glisy, la 1ère compagnie en réserve au bois du PC du Bataillon.
Le 2e Bataillon reçoit l’ordre de tenir la Noye de Fouencamps (2 section) Dommartin (1ère compagnie) – Remiencourt (PC et 1ère compagnie) – à ailly (2 section).
Le capitaine Kervella, adjudant-major au 1er Bataillon, est tué par un éclat d’obus. Le capitaine Darcy commandant la 1ère compagnie, est blessé à la main.

Le PC du Régiment se porte à Fouencamps. Le 2e RIC dispose des feux d’un groupement d’artillerie aux ordres du lieutenant-colonel Fage.

Dans l’après-midi, la DI fait connaitre que la 7e DIC, appuyée par un bombardement d’avion à 19H00, doit déclencher une attaque en direction d’Amiens. En liaison avec le mouvement de la 7e DIC, le 2e RIC occupera Longueau et s’alignera sur la Somme. Il dispose à cet effet d’un groupement d’artillerie et d’un groupe de 105 long. Les ordres sont donnés au 1er Bataillon qui doit occuper Longueau et porter la 1ère compagnie en direction du hameau sud du pont de Camon. L’heure « H » est fonction de l’avance de la 7e DIC. Le 3e Bataillon, en liaison avec la 7e DIC, assurera vers le pont de Longueau la liaison avec le 1er Bataillon.

27 MAI 1940

A 2 H 00, il n’y a encore aucune nouvelle de la 7e DIC. Vers 4 H00, le 1er Bataillon rend compte qu’il a atteint ses objectifs. Le 3e Bataillon reçoit l’ordre de chercher la liaison avec le 1er Bataillon vers le pont de Longueau. A cet effet, il occupe la gare de Longueau avec une section et envois une autre section en liaison avec le 1er Bataillon. Une patrouille allemande venant de la Boutillerie laisse 2 blessés prisonniers à la 9e compagnie à Cagny.

28 MAI 1940

Une section de tirailleurs sénégalais de la 7ème DIC vient occuper le cimetière de Cagny en liaison avec la 9e compagnie (il y a déjà à Cagny des éléments du GRD de la 7e DIC).
LONGUEAU est organisé en point d’appui aux ordres du capitaine Feyler qui disposent des éléments de la 9e compagnie et de ceux du 1er Bataillon (2e Cie et CA).
La 1ère compagnie est au sud de Camon derrière la Somme, en liaison à droite avec la 3e compagnie à Glisy. L’ordre est donné de s’installer en points d’appui fermés approvisionnés qui devront résister sans esprit de recul. Une patrouille allemande vient devant Cagny ; elle laisse 1 tué (un Feldwebel) sur le terrain.

Le Sous-Lieutenant Perrodo de la 2e compagnie est évacué malade. Le sous-Lieutenant Vandenschrick prend le commandement de la 5e compagnie en remplacement du Capitaine Le Saout tué. Le Lieutenant Gouriou prend le commandement de la 7e compagnie en remplacement du Capitaine Gardebois, tué.

29 MAI 1940

Nouvelle patrouille ennemie au sud-ouest de Cagny ; elle laisse 2 tués sur le terrain. Un avion ennemi tombe en panne sur l’aérodrome de Glisy, l’équipage (1 officier, 3 sous-officiers ou hommes) est fait prisonnier. Le Génie de la Division essaie de faire sauter le pont de Longueau, mais sans résultat.

30 MAI 1940

La 7e DIC commence à être relevée par la 16e DI. Les éléments du GRD de Cagny sont relevés.

31 MAI 1940

Le 89e RI (de la 16e DI) relève les Sénégalais du cimetière de Cagny.

1er JUIN 1940

Un groupe de combat du 89e RI exécute une patrouille sur la Boutillerie, fortement tenue par l’ennemi.

2 et 3 JUIN 1940

Le 89e RI doit occuper Cagny et Longueau dans la nuit. Le I/2e RIC tiendra la Somme depuis le cimetière de Glisy (3e compagnie) en liaison avec le 89e RI jusqu’à Blangy inclus (1ère compagnie). PC du Bataillon : bois sud de la route Amiens-Villers-Bretonneux. Le 3e bataillon maintiendra un élément (10e Compagnie) à Boves, et portera une compagnie (11e Cie) à l’est au bois de Gentelles. La 9e Cie occupe Fouencamps (2 sections) et la Ferme du Paraclet (1 section) et Cottenchy (1 section).

P.C. du bataillon au Nord de Fouencamps, puis à Fouencamps. Les relèves prévues sont effectuées dans les nuits du 1er au 2 juin et du 2 au 3 juin. Le groupement du Lieutenant-Colonel Fage quitte Fouencamps ; il est remplacé par le groupement du Commandant Galbert (305e R.A.).

4 JUIN 1940

L’ennemi attaque en force sur le sous-secteur du 89e R.I., dont le P.C. au Chalet reste en liaison avec le P.C. du 2e R.I.C. toute la journée (liaison téléphonique ou radio).
L’artillerie du sous-secteur du 2e R.I.C. effectue de nombreux tirs au profit du 89e R.I.
Importante circulation ennemie sur la route Amiens-Albert.
L’attaque ennemie progresse, mais éprouve de sérieuses résistances à Saint-Fuscien et à Sains.
La liaison est rompue avec le 89e R.I. Le lieutenant Lemordant effectue, avec son G.F., une patrouille pour reprendre la liaison avec le 89e R.I.

5 JUIN 1940

La liaison est rétablie par fil avec le 89e R.I. La Division prescrit de relever le 24e R.T.S. à la ferme 2 km N.E. de Blangy. Le S/Lieutenant Vasseur, de la 1ère Cie s’y porte avec sa section. Ils sont attaqués le soir ; le S/Lieutenant Vasseur est blessé ainsi que 2 hommes de sa section, et se replie sur le carrefour 1 km est de Blangy où doit se faire la liaison avec le 24e R.T.S.

L’attaque à l’ouest continue. Le 2e R.I.C. reçoit l’ordre de recueillir et de ravitailler les éléments restant du 89e R.I. Des chars ennemis se présentent devant Cottenchy. Le Colonel Commandant le 89e R.I. se porte au Paraclet et, avec ses éléments régimentaires et la 9e Cie du 2e R.I.C., assure la défense de la Noye au Paraclet-Cottenchy : face à l’ouest et au nord.

Le Commandant du 3e Bataillon se porte à Boves, dont il assure la défense face à l’ouest et au nord ; il prend sous ses ordres le bataillon du 89e R.I., qui tient Longueau. Situation du 1er Bataillon : inchangée. Des infiltrations ennemies sont signalées au cimetière de Glisy.

6 JUIN 1940

Patrouille ennemie sur Boves. Visite des Généraux cdt. La D.I. et l’I.D. La ferme N.O. de Blangy est occupée par un élément de la 1ère Cie, qui signale des infiltrations ennemies dans l’après-midi. Dans la nuit du 6 au 7 juin, le Régiment reçoit l’ordre de se replier au sud de la route Ailly-Moreuil. Le II/2e R.I.C. doit assurer la protection en occupant la Noye du pont nord de Fouencamps jusqu’à Remiencourt, faisant sauter les ponts une fois le mouvement terminé.

7 JUIN 1940

Les mouvements des 1er, 3e bataillons, éléments régimentaires, éléments du 89e R.I. s’effectuent sans incidents. Le 1er bataillon se rassemble au bois d’Ailly, en liaison à gauche avec le 78e R.I. à Ailly. A droite, occupation de la Briqueterie en liaison avec le 3e bataillon. Le 3e bataillon occupe Merville-au-Bois (9e et 10e Cie, P.C. du Btn). La 2e Cie est à Louvrechy. Les éléments de la 5e Cie de Fouencamps sont accrochés, vers 8 heures, sur le plateau sud-est de Louvrechy. Le Lieutenant Robert, blessé, est évacué par le 24e R.T.S. A la fin de la matinée, le 2e Bataillon est entièrement aux prises avec l’ennemi. Vers 14 heures, le Chef du Btn, BLOIN, Cdt le Bataillon rend compte par T.S.F. que le cercle se resserre autour de Remiencourt. Le S/Lieutenant Fetis, de la 7e Cie, est tué.
Une partie des éléments de la 5e Cie atteint Rouvrel, occupé par le G.R.D. Une section est faite prisonnière au bois de Machoublin.
Vers 18 heures, le G.R.D. abandonne Rouvrel, enlevant ainsi toute possibilité aux éléments de Remiencourt de se replier. Deux sections de la 5e Cie et 1 S.M. rejoignent Louvrechy, où se trouve le P.C. du Régiment. Le Lieutenant Lebaudy, de la C.R.E. est blessé par un éclat d’obus à Merville-au-Bois.

Ordre est donné d’occuper le cours de la Noye, de Ailly jusqu’à La Faloise, face à l’ouest, en liaison avec le 78e R.I. Le 24e R.T.S. occupe Merville-au-Bois. Le 2e R.I.C. occupe Louvrechy et la briqueterie d’Ailly. P.C. du régiment à Chirmont. En conséquence, le 1er Bataillon porte une compagnie au nord de Thory (1ère Cie). La 2e Cie et le P.C. du Bataillon à la Carrière de Corcelle, la 3e Cie à La Faloise. Le 3e Bataillon occupe Louvrechy et porte une Cie (10e Cie) à la Briqueterie d’Ailly. P.C. du Bataillon à Louvrechy. 2 sections de la 2e Cie à Chirmont. Le Capitaine Aballain arrive au Régiment, il prend le commandement des éléments du 2e Bataillon qui ont rejoint Chirmont, encadrés par les Lieutenants Vandenschrick, de la 5e Cie, et Dubois, de la C.A. 2.

8 JUIN 1940

Au jour, les différents emplacements prévus sont réalisés. La liaison est établie avec le Commandant du 78e R.I. A 11 heures, la D.I. prescrit de faire occuper Paillard, pour éviter un débordement par le sud. Deux sections de la 2e Cie et 1 section de mitrailleuses de la C.A. 1 sont envoyées sur ce point qui est occupé par l’ennemi avant leur arrivée.

A 14 heures, le Commandant de la C.H.R. rend compte que l’E.M. du 10e C.A. signale la présence de l’ennemi à Breteuil et sa progression vers le sud-est. A 16 heures, le Lt-Colonel Rousseau va en liaison à la D.I. A 17 heures, le 78e R.I. quitte la Noye et se replie dans le bois de la Faye. Parti de la Division vers 20 heures, le Lt-Colonel Rousseau trouve le chemin barré par l’ennemi à l’entrée sud d’Esclainvillers. Il parvient à rejoindre Chirmont vers 22 heures, avec l’ordre de replier le Régiment sur Quinquempoix (1er Bataillon) et Brunvillers (2e bataillon) et P.C. du Régiment.

Le mouvement commence aussitôt. L’ennemi a évacué Esclainvillers, mais occupe les environs. Le mouvement s’effectue sans difficulté jusqu’au sud de Coulemelle. Seule, la 2e Cie, qui voulant éviter Esclainvillers, l’a contourné, s’est heurtée à des forces ennemies et a disparu.

 

1st Lt HJELM Rex Paul

1st Lt HJELM Rex Paul

343rd Fighter Squadron (55th Fighter Group)

rex1

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Embarquement dans un camion pour les pistes
Bas à gauche Edward J. Dvorak, à droite Joseph B. Jiorle
Haut à gauche Rex P. Hjelm, à droite Bill (William) H. Hallen

Le 11 juin 1944 le 1st Lt Rex Paul HJELM fut abattu dans la région de Compiègne aux commandes de son P38. Après s’être parachuté, son avion alla s’écraser à Bailleul-le-Soc près du hameau de saint-Germain-le-Pauvre.

rex3Rex P. HJELM dans le cockpit de son P-38J 42-68102

 

Témoignage du 2nd Lt L.H. Sturdivan : 

« Le 11 juin 1944 j’étais le N°2 du Tudor Yellow Flight mené par le Cpt Hoeper. Le Lt Hjelm conduisait le deuxième élément avec le Lt Goethal comme ailier. Nous arrivâmes sur notre cible à Compiègne vers 15H00. Le Cpt Hoeper piqua sur la rotonde de chemin de fer et la gare de triage. Après avoir largué mes bombes, nous effectuâmes un 270° et le capitaine amorça sa passe. Je le suivais en le surplombant, Hjelm et Goethal étaient derrière. Délesté de ses bombes le Cpt Hoeper gagna les nuages qui étaient formés à 7 ou 8/10e par des cumulus. En regardant derrière je vis que la rotonde avait reçu des coups directs. C’est alors que Hjelm appela le Cpt pour connaître sa position, ce dernier la lui indiqua. Quelques minutes plus tard Hjelm appela de nouveau pour dire qu’il ne nous trouvait pas et se joignait à deux autres appareils. Le Lt Goethal était encore probablement dans son aile. Je n’ai plus entendu parler des Lt Hjelm et Goethal après cela. »

Témoignage du Major Edward B. Giller :

« Alors que je menais le Tudor Squadron dans une mission de bombardement le 11 juin 1944, nous fûmes assaillis par une dizaine de 190 et de 109 dans le secteur nord-ouest de Compiègne entre 15H00 et 15H30, de 4000 à 8000 pieds. Quand nous fûmes alertés par l’arrière notre escadrille (blanche) vira à 180° et je vis un 190 descendre en flammes à 7000 pieds. Quelques minutes après je distinguai un parachute à 5000 pieds puis un autre à 400 pieds plus bas. (…) Je pense que l’un des parachutes ou les deux pourraient être ceux des Lt Hjelm et Goethal descendus par la première attaque ennemie venant de l’arrière. »

 

Témoignage du 1st Lt Ralph S. Seely :

« Alors que je volais à 2 miles à droite et devant une escadrille de P 38 au cours d’une mission le 11 juin 1944, je remarquai qu’ils étaient attaqués. Je vis l’un des P 38 en perdition. Les 190 passèrent alors sur le dos et je tentais de les suivre mais je dus renoncer à cause de deux 190 qui s’étaient mis dans ma queue. Je dépassai un P 38 qui fumait et perdait des débris. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un avion qui avait subi l’attaque dont j’avais été témoin plus tôt. Après avoir effectué un Luftberry autour d’un nuage, je vis deux parachutes sensiblement au même niveau. Je passai suffisament près de l’un d’eux pour constater que c’était un Américain et je pense que c’était un de nos gars. Je n’étais pas assez proche pour distinguer qui était l’autre. »

 

Cinq FW surgirent à l’arrière et le ciel fut rempli de traçants. L’ailier fut abattu immédiatement. Rex parvint à descendre deux adversaires avant de succomber sous le nombre, instruments détruits et dérive endommagée. C’est ainsi que le Leutnant Wiegand qui se trouvait en-dessous quand il ouvrit le feu fut amené à passer devant Hjelm qui put tirer à son tour. Les deux pilotes se parachutèrent.

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Lt Gunther « Gerd » Wiegand, Jagdgeschwader 26, 32 victoires. Ce fut sa dernière victoire. Son fémur brisé l’empêcha de piloter à nouveau

 

Au cours de sa descente Rex observa des troupes allemandes qui convergeaient vers les deux points de chute. Il repéra un champ de blé qui pouvait offrir un bon couvert s’il l’atteignait avant que les Allemands n’arrivent. Aussitôt arrivé au sol il se débarrassa de son parachute et avança à quatre pattes aussi vite qu’il le pouvait. Les Allemands arrivèrent et tirèrent sur le parachute et les alentours pendant un court instant. Il ne pénétrèrent pas dans le champ de blé et quittèrent la zone. Rex ne quitta le champ de blé qu’à la nuit tombée, marcha un peu et se dissimula dans une meule de foin.

Le matin il vit des Français sortir de leurs maisons et se diriger vers le champ en agitant les mains et en criant. La famille française l’accueillit comme l’un des siens, quelques uns parlaient un peu Anglais. Il resta avec elle environ deux semaines. La Résistance fut prévenue. A deux reprises elle signala que les Allemands cherchaient toujours Rex dans le secteur et à chaque fois, apeurée, la famille le cacha dans une crypte. La place voisine était occupée par un capitaine tombé au cours de la Première Guerre Mondiale. Un peu plus tard des petits tracts furent distribués dans la région avec son nom et d’autres informations qui figuraient sur le fuselage de son appareil. D’après la Résistance, le pilote qu’il avait descendu était semble-t-il d’un rang élevé et était en colère d’avoir eu une jambe brisée (soit par une balle, soit en sautant).

Au cours de la troisième semaine la résistance décida de transférer Rex à Paris, chaque jour de son trajet fut soigneusement planifié. Le matin il quittait son asile avec une miche de pain et du fromage et poursuivait sa route. A Paris on lui indiqua qu’il devrait rester dans sa planque jusqu’à l’arrivée de l’US Army qui n’était plus très loin. En attendant il accompagna le résistance presque partout. Une fois avec un résistant il était assis à la terrasse d’un café quand un officier que le Français connaissait vint s’asseoir avec eux. Il commença par dire une blague et tapa sur la cuise de Rex tout en riant très fort. On avait dit à Rex de se taire et de rire quand tout le monde riait. Cela a marché.

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Fausse carte d’identité fournie par la Résistance.
L’éloignement entre les lieux de naissance et de résidence rendait les vérifications difficiles.

Sources :

HJELM Jr P. Rex
MACR 5574
« Mavré » page 269
http://www.web-birds.com