Major William H. MERRIAM

Major William H. MERRIAM

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(Archives familiales Merriam)

 

Le samedi 3 juin 1944, à 14h30, est décédé au lieu-dit « la carrière St- Christophe » à Saint-Leu-d’Esserent, le Major William H. MERRIAM, matricule O-399678.

mer4Épave du P 47 (Collection Laurent Dolbet)

William Horton MERRIAM (Bill) est né le 12 mai 1917 à Lethbridge au Canada. Á cette époque ses parents étaient exploitants agricoles La famille Merriam émigre aux Etats-Unis, et s’installe à Fullerton en Californie. William effectue de brillantes études scientifiques au campus universitaire californien de Berkley, il est diplômé en 1939 et décide alors de s’engager dans l’Army Air Corps pour devenir pilote de chasse Sa formation passe par les bases de Hancok Field à Santa Maria puis Randolph et Kelly Field au Texas. En avril 1941, alors que les U.S.A. ne sont pas en guerre, il est choisi avec 11 autres pilotes pour apprendre, auprès de la RAF, les techniques de combat de la Luftwaffe. Le groupe sera reçu à Buckingham Palace.

De retour aux USA, ce noyau formera de nombreux instructeurs de l’USAAF. Le 3 mars 1942 est célébré à la Nouvelle -Orléans, le mariage du lieutenant William Merriam et de Miss Jane Cadwell (infirmière). De cette union, le 28 janvier 1944, naîtra Katheryn Ann. Peu de temps après, il part avec son unité pour l’Europe.

Le major Merriam assure le rôle de Group Operation Officer au sein de 406th Fighter bomber Group. (3 squadrons, 512, 513 et 514) de la 9ème U.S. Air Force, basé à Ashford (Grande-Bretagne).

Le 3 juin, 1944 eut lieu la mission n° 24 du IX fighter command., nom de code:  Tiger Banjo, qui prévoyait une attaque du trafic ferroviaires sur les secteurs de Louvres (95) à Creil et Chantilly – Senlis.

Au cours d’un mitraillage le Major pilotait un chasseur-bombardier P47 D « Thunderbolt » portant le serial number 42-75083. Il fût abattu par la Flak, positionnée au bord de l’Oise, côté St-Maximin (témoignage de M. Claude Queffellec). Malgré l’interdiction des autorités allemandes, une grande partie de la population de St-Leu assista aux obsèques du jeune pilote et le cercueil fût recouvert de nombreux bouquets. Un couvre-feu fut alors instauré à 20h00 (« Le Patriote de l’Oise » journal clandestin juin 1944).

mer1Tombe dans le cimetière communal (Collection famille Simon Lefèvre)

William H. MERRIAM repose désormais au cimetière militaire de Colleville-sur-Mer, en Normandie. Á titre posthume, il fut nommé Lieutenant-Colonel.

 mer5Colleville-sur-Mer : Plot D, Row 18, Grave 47

 

Source :

MACR 6189 via Marc PILOT
Famille MERRIAM via Graham Taylor
Rapport de mission du 406th FBG en date du 5 juin 1944
Témoignage de Claude Queffellec
Archives municipales de Saint-Leu-D’esserent

© Jean-Philippe MATHIEU / Picardie 1939-1945/ décembre 2016

Aviateurs et avions français, Santerre 1940

Répertoire des aviateurs et des avions français abattus dans le Santerre en 1940

Beaucoup de témoignages de soldats insistent sur l’absence d’avions français dans le ciel au cours des combats des mois de mai et juin 1940, alors qu’ils sont bombardés et mitraillés par l’aviation allemande. La terreur du Stuka et de ses piqués terrifiants ont hanté plus d’un fantassin au cours de cette période.

Et pourtant, les aviateurs ont payé un lourd tribut au cours des six semaines de la campagne de France. « Le taux d’attrition parmi les navigants est pour le moins impressionnant. L’armée de l’air compte, pour l’ensemble de la campagne, 541 tués, 364 blessés et 105 disparus, soit 40% des officiers et 20% des sous-officiers et hommes de troupe navigants aux armées. » (1)

Plusieurs études ont tenté de répertorier les aviateurs et avions français abattus en Picardie et particulièrement dans la Somme. Tout d’abord celle de Mme Germaine L’HERBIER-MONTAGNON dans son livre « Disparus dans le ciel » (2), puis Pierre VASSELLE dans « Les combats de 1940 18 mai-9 juin Haute-Somme et Santerre » (3), enfin Jean-Marc ENGRAND et Jean-Pierre DAVID, du Comité du Souvenir Français du canton de Montdidier dans « Mai-Juin 1940 Les aviateurs français dans le ciel de la Picardie », en 2000 (4).
En complément, les livres de Paul MARTIN « Invisibles vainqueurs » (5) et « Ils étaient là… » (6), avec la collaboration de Jacqueline MARTIN, nous serviront de référence tout au long de ce sujet. Le répertoire ci-dessous, limité à une large part de l’est du département de la Somme, le Santerre, a pour ambition de faire le point des connaissances sur cette question.

L’entrée (discutable) de ce répertoire se fera à partir de deux facteurs : la chronologie et les noms de lieux cités dans l’ordre alphabétique ; ce dernier choix avait été celui des deux premiers auteurs cités.

repertoire_des_aviateurs_et_des_avions_francais

34e BCC

9 juin 1940 – Combat de Lieuvillers

34e-bcc-1

 

Le destin du 34e bataillon de chars, au cours de la campagne de France de 1940, reflète parfaitement les conditions très difficiles auxquelles les unités de l’armée française ont été confrontées alors.
Sur le terrain, le bataillon ne peut compter que sur lui-même. Les moyens radio sont pratiquement inexistants au sein de l’unité. Aucune coordination avec des moyens aériens mais aussi avec d’autres, terrestres, impliquant des chars lourds et de l’artillerie.
Au cours de la retraite, ce 9 juin, le 34e bataillon, isolé, va payer au prix fort le fait de se retrouver au beau milieu d’une Panzer Division qui concentre, elle, tous les moyens évoqués.
Cet extrait tiré de l’appel du 18 juin 1940 du général De Gaulle prend ici tout son sens : « Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. »
L’historique de cette unité blindée, écrit en 1943, va nous permettre de mieux comprendre cette funeste journée.

Le 34e bataillon de chars légers « 35 R », dit aussi 34e bataillon de chars de combat, prend corps peu avant la déclaration de guerre, le 23 août 1939 au camp de Mourmelon. Il se constitue avec des détachements actifs des 508e et 510e régiments de chars. Venus de leurs garnisons de l’Est, Lunéville et Nancy, et placés sous le commandement du chef de bataillon Aleyrangues, ils comprennent : 7 officiers, 23 sous-officiers, 17 caporaux, 91 chasseurs.
Rapidement le bataillon est équipé de 45 chars Renault 35 dont trois sans canons. A la mobilisation début septembre les réservistes venus pour la plupart du Nord et de l’Est affluent 1

Active Réserve Total
Officiers 8 20 28
Sous-Officiers 23 46 69
Caporaux 17 53 70
Chasseurs 91 311 402

 

Bataillon de chars légers Nombre de chars
Chef de Bataillon 1
1ère Compagnie 13
2e Compagnie 13
3eCompagnie 13
Cie d’échelon (chars de remplacement) 5
Total 45

 

Ordre de bataille du 34e bataillon de chars fin mai 1940 2

 

ÉTAT-MAJOR

Chef de bataillon : commandant Aleyrangues (508)
Chef d’état-major : capitaine Latargez
Renseignements : lieutenant Batissier
Adjoint technique : lieutenant Mignotte (P.A.C.C. Mourmelon)
Médecin : lieutenant Bodet
Détails : sous-lieutenant Cabanac

 

COMPAGNIE D’ÉCHELON

Commandant de compagnie : capitaine mécanicien Fauré (510)
Atelier : lieutenant Bastien
Adjoint atelier : lieutenant Debionne
Ravitaillement : lieutenant Aubert

 

1ère COMPAGNIE

Commandant de Cie : capitaine Chauvin
1ère Section de combat : lieutenant Rougée
2e Section de combat : lieutenant Jacquinot
3e Section de combat : sous-lieutenant Jeanguillaume
4e Section de combat : sous-lieutenant Soyez
Section d’échelon : lieutenant Baratte

 

2e COMPAGNIE

Commandant de Cie : capitaine Gallice (510)
1ère Section de combat : lieutenant Bérard (510)
2e Section de combat : lieutenant Salaun
3e Section de combat : aspirant Fabry
4e Section de combat : lieutenant Marguier
Section d’échelon : sous-lieutenant Pingeon ?

 

3e COMPAGNIE

Commandant de Cie : capitaine Blanchot (508)
1ère Section de combat : lieutenant Larrieu
2e Section de combat : lieutenant de Lamothe
3e Section de combat : sous-lieutenant Cabanac (508)
4e Section de combat : sous-lieutenant Bontemps
Section d’échelon : sous-lieutenant Minguet


Journée du 9 juin 1940 : Combat de Lieuvillers

 

Missions et ordres

Le 9 juin, vers 2 h. 30, alors que des salves de 77 tombent sur Maignelay / Montigny / Ravenel, jetant la confusion dans les convois qui continuent à s’écouler vers le sud, le bataillon reçoit l’ordre de porter sans délai ses compagnies à la sortie sud-est de Ravenel, point où seront précisées les missions.
Cet ordre émane du commandant de la 3e demi-brigade qui a reçu lui-même, à 1 h. 45, un ordre de la 1ère division cuirassée 3 lui enjoignant de se décrocher à 2 heures pour aller avec un détachement comprenant :
le 34e bataillon ;
une compagnie de chasseurs avec canons de 25, sur la rivière de l’Arée afin d’en interdire les passages entre Saint-Just et Clermont (ces deux localités exclues) 4

L’ordre d’opérations dont il s’agit précisait la mission de la 1ère division cuirassée qui consistait, pour le 9 juin :
jusqu’au lever du jour, à protéger le décrochage du 1er corps d’armée ;
puis, en s’échelonnant sur l’Arée, de Saint-Just à Clermont inclus, à couvrir face à l’ouest le repli du 1er corps d’armée se retirant en direction du sud.
L’ordre répartissait les missions comme il suit :
détachement d’Aboville (1ère demi-brigade), maintenu à Saint-Just, localité qu’il barrait depuis le 8 au soir ;
détachement Pinot (reliquat de la 1ère demi-brigade, gros du 5e B.C.P.) ; objectif : Clermont.

De plus, une compagnie du 34e bataillon devait être envoyée en réserve de division au bois d’Erquery.
Par contre, autant que les souvenirs de l’auteur de cette relation sont exacts, l’ordre ne donnait aucun renseignement sur l’ennemi.
A vrai dire, on savait qu’il était au contact ou presque (actions des autos mitrailleuses sur Saint-Just le 8 au soir ; fusées de jalonnement au nord de Maignelay, puis tirs de 77 sur le village le 9 à 2 heures) et que la direction ouest – sud-ouest était au moins aussi dangereuse que celle du nord. C’est ainsi que le 9 juin, à 2 heures, sachant Saint-Just tenu, le chef de bataillon commandant le détachement avait décidé de porter le plus rapidement possible :
la compagnie de chasseurs sur l’Arée, entre le Metz et Airion ;
une compagnie de chars sur les passages de Valescourt et Saint-Rémy-en-l’Eau, en vue de couvrir le déplacement du gros du bataillon sur l’itinéraire : Ravenel, Angivillers, Lieuvillers, Erquinvillers, Argenlieu. D’où l’ordre de décrochage donné au bataillon alors que vers la même heure (2 h.30) le capitaine Bassinot, chef d’état-major de la demi-brigade partait pour Ravenel, suivi de la majeure partie du P.C., afin d’orienter la compagnie de chasseurs sur les intentions du commandant et lui donner sa mission. 5

L’exécution

A 4 heures, le capitaine Gallice rejoint le commandant du détachement à Ravenel.
Peu après arrive la 2e compagnie (lieutenant Bérard, 12 chars). Orientée aussitôt sur sa mission (ponts de Valescourt et de Saint-Rémy), elle part à travers champs, droit au Sud-Ouest, munie, à défaut de carte, d’un croquis schématique établi à son intention.
La 3e compagnie (capitaine Blanchot, 13 chars, dont 1 en remorque) a eu beaucoup de mal pour se dégager de la cohue de Maignelay, village dont elle gardait les issues. Elle n’arrive qu’aux environs de 5 h. 30 à Ravenel.
Les autres éléments du bataillon, dont la 1ère compagnie (capitaine Chauvin, 4 chars), sont déjà là.
Le capitaine Gallice engage sa colonne sur l’itinéraire prévu, ou, à travers champs, le long de cet itinéraire.
Il la précède, ainsi que le commandant Aleyrangues, se dégageant à grand peine du double courant de véhicules, tant civils que militaires, qui encombre les routes.
Vers 8 heures, aux abords de Lieuvillers, on trouve enfin une route dégagée, sans doute en raison de quelques tirs de mitrailleuses qui se font entendre dans le voisinage.
Dans le village, un officier commandant quelques éléments de la 7e D.I.N.A. signale la présence de groupes ennemis immédiatement à l’ouest, renseignement confirmé presque aussitôt par le sergent-chef Dolweck, de la section d’échelon de la 2e compagnie.

Cette section, partie de Ravenel derrière sa compagnie, avait en effet, reçu du lieutenant Bérard l’ordre de se rendre, par Angivillers et Lieuvillers, à la ferme de la Folie.
Au débouché de Lieuvillers, (sortie ouest) elle était tombée sous les feux de groupes ennemis, dissimulés dans les blés, de part et d’autre du chemin. Ayant dû laisser les tracteurs de ravitaillement sur place, le personnel venait de regagner la village, ramenant le chasseur Coppin, blessé aux jambes.
Il est environ 8 h. 30 la 3e compagnie arrive. Avant d’aller plus loin, il faut se donner de l’air sur la croupe de Lieuvillers.
La section de tête de la 3e compagnie (sous-lieutenant Bontemps) est engagée.
Le sergent-chef Dolweck, qui connaît le terrain, en prend le commandement, l’officier remplaçant l’un de ses chefs de char.
Ayant dépassé les tracteurs abandonnés, elle entreprend le nettoyage du terrain, tire sur quelques groupes et sur une pièce antichars située vers le coude de la route conduisant à la Folie.
Elle rentre vers 9 h. 30 au village avec un tourelleau enlevé, un canon coincé sur son frein et de nombreux impacts de balles de 20 ou d’obus de 37. Le personnel est indemne, mais deux chars sont inutilisables.
Entre temps, un renseignement a fait connaître que le village d’Erquinvillers est tenu par des éléments ennemis.
Le commandant du détachement ne sait encore rien de la 2e compagnie, orientée sur Valescourt et Saint-Rémy, pas plus que de la compagnie de chasseurs.
Il semble, d’autre part, que l’on n’ait affaire de façon immédiate qu’à des résistances fragmentaires d’éléments à pied et cela bien que deux ou trois engins ennemis – chars ou autos-mitrailleuses – aient été vus croisant aux abords de la ferme de La Folie.
Comme, d’autre part, il faut articuler le dispositif du gros du bataillon encore en colonne de route, la tête à Lieuvillers, le commandant du détachement, pressentant qu’il lui sera difficile d’arriver à l’Arée, décide de s’accrocher tout d’abord aux deux villages de Lieuvillers et d’Erquinvillers, puis de voir venir.
Enfin, il ne saurait plus être question désormais d’envoyer une compagnie de réserve à Erquery. D’ailleurs, la division doit y disposer déjà de deux sections de la 1ère compagnie, détachées à son P.C. depuis minuit. D’où l’ordre :
à la 3e compagnie, d’attaquer Erquinvillers et de s’y accrocher face au nord et à l’ouest ;
à la 1ère compagnie, renforcée par les trois chars armés de la section de remplacement, de se porter aux lisières de Lieuvillers et de nettoyer une fois de plus la croupe immédiatement à l’ouest car, de ce côté, l’ennemi a repris ses tirs. Débouché à 10 h. 15.
Les deux compagnies débouchent à peu près simultanément. De la sortie sud de Lieuvillers où la capitaine Blanchot est monté en char pour la dernière fois, suivi par ses sections dans un ordre admirable, on peut observer de bout en bout le combat de la 3e compagnie.
L’unité s’engage sur deux échelons de part et d’autre de la route conduisant à Erquinvillers. Parvenue à bonne distance du village elle ouvre le feu sur ses lisières.
Au moment où les sections de tête vont l’aborder, elle est prise brusquement à partie par des chars qui apparaissent sur les croupes au sud de la ferme de la Folie, ou qui débouchent du bois 1 km. 500 nord-ouest d’Erquinvillers.

Ce sont des P.Z.W. 3 ou W. 4, facilement reconnaissables par leur tourelleau caractéristique et leur antenne à l’avant. Une douzaine au moins, en station ou en marche, s’opposent directement à la compagnie, laquelle, se sentant menacée à droite, se redresse bientôt face à la ferme.
Nos chars, tirant sans arrêt, se rapprochent de leurs adversaires. Ils cherchent, semble-t-il, l’abri d’un changement de pente intermédiaire, où quelques-uns viennent finalement prolonger la gauche de la 1ère compagnie.
Des pièces d’assez fort calibre (105 vraisemblablement), installées auprès de la ferme et dont les lueurs sont bien visibles, appuient les appareils ennemis. Elles ne tardent pas à faire flamber quelques maisons de Lieuvillers.
Peu à peu, le feu de nos chars s’éteint, la plupart sont immobilisés, quelques-uns brûlent.
De 11 h. 15 à midi, calme absolu, mis à profit pour évacuer, sur les rares voitures dont on dispose, touristes y compris, les blessés qui ont pu regagner le village. Peu avant midi, des motocyclistes allemands suivis d’une voiture tous terrains y pénètrent.
Reçus à coups de mousquetons, ils sont abattus ou font demi-tour.
Le commandant du détachement ne disposant plus que de 2 chars, dont un a reçu un obus dans le barbotin, décide alors de se replier sur Cressonsacq. Le personnel valide est fractionné en deux groupes disposant chacun d’un char. L’un d’eux est commandé par le capitaine Chauvin. Il part du petit bois 0 km. 500 nord-est de Lieuvillers.
Le second, conduit par le commandant Aleyrangues, avec un char du sergent-chef Janin, quitte le village peu après midi.
Au moment du départ, le capitaine Gallice, qui s’était attardé, est accroché par des motocyclistes. Blessé par des éclats de grenades, il se défend au pistolet, abat l’un de ses adversaires et, s’étant dégagé, peut rejoindre le groupe à la sortie du village. Fort heureusement le char permettra son transport, car il marche plus que très difficilement.
Sans plus être inquiété, le groupe arrive à Cressonsacq vers 13 h. 30, après avoir recueilli en route le sous-lieutenant Bontemps et son mécanicien.
Là, il faut brûler le char, presque à sec d’essence. Le capitaine Gallice est confié à un véhicule, partant pour Pont-Sainte-Maxence, tandis que nos hommes sont autorisés à monter sur les voitures d’un régiment d’artillerie. La plupart, cependant, retraitent à pied car, vers 15 heures, la route directe de Pont-Sainte-Maxence par Eraine est menacée par une fraction assez importante de blindés adverses.
Les derniers éléments du bataillon, dont le capitaine Latargez et le sergent-chef Janin, serrés d’assez près par l’ennemi entre Rouvillers et Estrées-Saint-Denis rejoignent, dans cette dernière localité, une arrière-garde de la 47e D.I. qui se replie en bon ordre. C’est avec elle qu’ils parviennent à l’Oise au soleil couchant.
Depuis 16 heures, le pont n’existe plus. 6

 

Renseignements complémentaires

Tel fut, vécu par le commandant du détachement, l’engagement de Lieuvillers.
Les renseignements recueillis par la suite permettent aujourd’hui de se faire une idée plus exacte de cette affaire malheureusement où, bien que très nettement surclassées par l’ennemi, nos compagnies lui firent face de façon admirable.
Les plus intéressants sont ceux rapportés par le lieutenant Bérard après son évasion. Ils peuvent se résumer comme suit.
Partie la première de Ravenel avec pour objectifs les ponts de Valescourt et de Saint-Rémy, la 2e compagnie avait atteint et franchi sans encombre la croupe de la cote 162.
Poursuivant sa progression en direction du coude de la route nationale de Saint-Just à Clermont, elle fut soumise, presque aussitôt après avoir dépassé cette route, à des feux provenant de la cote 148 (est de Saint-Rémy).
Le lieutenant Bérard décida alors d’utiliser un léger vallonnement pour s’abriter, accéder à nouveau sur le plateau et de là, se redresser face à la ferme de La Folie dont les abords commandent toute la région.
Ce mouvement terminé, vers 8 heures, les sept chars qui lui restaient vinrent s’aligner devant les P. Z. W. 3 postés face au nord en avant de la ferme 7
Deux avaient été détruits dès le début de l’engagement (aspirant Fabry, sergent Blondiaux)..
En très peu de temps, nos chars furent mis hors de cause (armement, épiscopes détruits, chars démolis ou brûlés).
Dès qu’ils ne tirèrent plus, les appareils allemands s’en vinrent au milieu d’eux et firent prisonniers les équipages restés sur place.
Conduit auprès de la ferme avec quelques autres, dont le sergent Sohet grièvement blessé à l’épaule, le lieutenant Bérard y resta pendant près de deux heures.
Là il put observer à loisir. A la ferme même était installé un P.C. important (postes radio à terre, nombreux motocyclistes). Non loin se trouvaient 2 canons automoteurs et tout autour, plus ou moins déployés, deux groupes comportant une douzaine de chars (7 T.P. polonais, P. Z. W. 3), tous appareils armés d’un canon de 47.
Plus en arrière, sur la route de Clermont et l’embranchement de Saint-Rémy, il y avait des voitures tous terrains servant au transport de personnel, voitures vides de leurs occupants, une demi-douzaine d’autos-mitrailleuses à roues et un fort détachement de P. Z. W. 4 (25 à 30 appareils).
Arrivé à Saint-Rémy, l’officier y trouvait quelques centaines de prisonniers appartenant à divers corps de la 7e D.I.N.A. qui avaient été pris au cours de la nuit précédente, sur les routes conduisant de Saint-Just à Clermont.

Le capitaine Bassinot, chef d’état-major de la 3e demi-brigade, parti de Montigny vers 2 h. 30, n’avait pu rejoindre le 5e bataillon de chasseurs qu’au bois d’Erquery.
Il y avait trouvé également le général commandant la division et les deux sections de la 1ère compagnie détachées à son P.C. depuis minuit sous les ordres du lieutenant Rougée.
Le général ayant approuvé les ordres donnés par le commandement du détachement, une compagnie de chasseurs fut envoyée sur l’Arée pour reconnaître le pont d’Airion.
Là aussi l’ennemi nous avait devancés. Le détachement Rougée stationna aux lisières ouest du bois d’Erquery jusqu’au début de l’après-midi, aidant au décrochage des éléments du bataillon de chasseurs restés dans cette région.
Un peu plus tard, alors que le gros de la division (1ère demi-brigade, 5e B.C.P.) s’était enfermé dans Clermont où il devait résister jusqu’à la nuit aux attaques ennemies, le détachement put se replier et passer au sud de l’Oise en utilisant le pont de Saint-Leu.
Grâce à l’initiative de son chef qui avait réussi à se ravitailler en cours de route, il ramenait 5 chars, le 6e, en panne, ayant été détruit (char du sergent Drombois).
Plus au nord, le détachement d’Aboville (1ère demi-brigade), arrivé à Saint-Just le 8 au soir, y avait détruit incontinent quelques autos-mitrailleuses qui venaient de faire des ravages sérieux dans une colonne de la 7e D.I.N.A.
Interdisant dès lors cette localité aux blindés allemands, il ne devait la quitter que le 9 juin peu avant midi. Ayant perdu un char B, il avait détruit une dizaine d’engins ennemis.

Au cours de son repli par Cressonsacq et Bailleul-le-Soc, le détachement s’engagea à nouveau, vers 15 heures, auprès de cette dernière localité, pour dégager une arrière-garde de la 47e D.I., accrochée par un groupe de blindés ennemis… Il perdit dans cette affaire, ses trois chars R. 40.

Enfin, et pour en revenir au 34e bataillon, les sections d’échelon (1er et 3e compagnies), groupées au début du combat dans la région de Pronleroy, s’étaient repliées sur ordre aux environs de midi en direction de Pont-Sainte-Maxence.
Mais, ayant été totalement retardées par les actions de l’aviation adverse au nord de Bazicourt et surtout par l’encombrement de la route aux approches du pont, elles n’y parvinrent que peu après sa destruction.
Six chars seulement avaient pu franchir l’Oise en ce point : trois chars non armés de la section de remplacement et trois autre chars évacués sur l’atelier dans la nuit précédente ou dès les premières heures de la matinée. 8

 

Bilan et conclusion

Entre Saint-Just et Clermont, les Allemands nous avaient largement devancés sur l’objectif assigné ; la coupure de l’Arée.
Lié par sa mission, le bataillon fut engagé dans des conditions difficiles, parce que mal renseigné, isolé et sans appui, ne disposant pas des moyens nécessaires pour se couvrir de façon efficace.
C’est ainsi qu’il vient buter à partir de 8 heures, autour de la ferme de La Folie, sur un groupement blindé beaucoup plus puissant tant par le nombre que par la qualité et la diversité de l’armement.
Les chars allemands n’apparurent que lorsque nos compagnies se furent entièrement déployées devant des éléments à pied dotés d’armes antichars.
Dès lors accrochées et nettement surclassées, sinon par le nombre des appareils ennemis en ligne, du moins par la supériorité incontestable de leurs armes, elles n’eurent plus qu’un réflexe : faire face et se battre.
Elles le firent de leur mieux, au prix de pertes sévères, atténuées cependant quant au personnel, par la qualité des blindages. Après de longs mois de recherches, ces pertes peuvent aujourd’hui s’établir de façon à peu près exacte.
Dix de nos camarades, dont les pauvres restes, le plus souvent difficiles à identifier, sont inhumés auprès de leurs chars détruits, ont trouvé une mort glorieuse dans ce combat inégal. Ce sont :
3e Cie : le capitaine Blanchot et son mécanicien Mandavy (char 13),
le sous-lieutenant Miguet et son mécanicien Dérout (char 1),
le chasseur Marchand, mécanicien de char n° 2
2e Cie : le sergent Blondiaux et son mécanicien Brunerie
1ère Cie : le caporal-chef Testevuide ;
Cie d’échelon : le sergent Laidet et son mécanicien Guérin
Nous avions perdu ce jour-là : quatorze blessés récupérés ou faits prisonniers dont deux très grièvement atteints, le sergent Sohet (2e) amputé, le sergent Malo (3e)aveugle ; une vingtaine de prisonniers de tous grades, non blessés, parmi lesquels quelques-uns disparurent au cours du décrochage.

Du point de vue du matériel, le bilan était plus lourd encore. Soit du fait de l’ennemi en ce qui concerne plus spécialement les chars, soir par suite de la destruction prématurée des ponts de l’Oise, le bataillon avait perdu 31 chars, tous ses tracteurs de ravitaillement et voitures tous terrains, 3 voitures de liaison, un tracteur Somua, quelques camionnettes.
22 chars détruits ou brûlés, le fanion haut et face à l’ennemi, jonchent encore le terrain du combat.
Bilan tragique pour un premier engagement et que seuls vinrent adoucir, par la suite, les témoignages d’estime de nos chefs ou ceux des rares fantassins qui purent voir nos équipages à l’oeuvre.
Mais contrairement à ce que nous avons pu penser au soir de cette triste journée, tant d’abnégation ne fut pas sans résultat.
Il est avéré, en effet, qu’aucun appareil allemand ne vint, entre 8 heures et 13 heures, promener ses chenilles à l’est de la ligne : Angivillers – Lieuvillers – Nauroy et que ce délai, particulièrement précieux, ne fut pas perdu pour les colonnes du 1er corps qui, en arrière de nous, se pressaient vers les ponts de l’Oise. 9

 

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Tués au combat le 9 juin 1940 :

 

Jean Camille Pierre BLANCHOT, capitaine, né le 15 novembre 1900 à Gray (Haute-Saône), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers, sur la route de Lieuvillers. Inhumé dans la Nécropole nationale de Cambronne-les-Ribécourt, tombe n° 343.

André Henri Joseph BLONDIAUX, sergent, né le 7 octobre 1909 à Fluquières (Aisne), Mort pour la France le 9 juin 1940 officiellement à Saint-Rémy-en-l’Eau.

Félix Claude BRUNERIE, chasseur, né le 5 avril 1918 à Nexon (Haute-Vienne), Mort pour la France le 9 juin 1940 officiellement à Saint-Rémy-en-l’Eau.

Jean-Louis DEROUT, chasseur, né le 4 octobre 1906 à Scaer (Finistère), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers ou de Lieuvillers. Inhumé au carré militaire de Villejuif.

Georges Arthur GRIMONPREZ, chasseur, né le 10 janvier 1913 dans le département du Nord, Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers ou de Lieuvillers.

Louis Joseph Marie GUÉRIN, chasseur, né le 6 mars 1917 à Belley (Ain), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers ou de Lieuvillers.

Auguste Alfred Fernand LAIDET, sergent, né le 21 octobre 1915 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers ou de Lieuvillers.

Charles Henri MANDAVY, chasseur, né le 16 novembre 1907 à Paris, Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers, sur la route de Lieuvillers. Inhumé dans la Nécropole nationale de Cambronne-les-Ribécourt, tombe n° 346.

André Paul Victor MARCHAND, chasseur, né le 5 mars 1918 à Vinay (Isère), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers, sur la route de Lieuvillers.

Jean MIGUET, sous-lieutenant, 26 août 1900 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers ou de Lieuvillers. Inhumé dans la Nécropole nationale de Cambronne-les-Ribécourt, tombe n° 345.

Jules Félix René TESTEVUIDE, caporal-chef, né le 28 août 1917 à Thol-les-Millières (Haute-Marne), Mort pour la France le 9 juin 1940 sur le territoire d’Erquinvillers, sur la route de Lieuvillers.

 

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Cimetière provisoire de Lieuvillers (photo via Jean-François Mouragues)

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Monument commémoratif aux morts du 34e Bataillon de Chars
sur la RD 127 entre Erquinvillers et Lieuvillers

© Eric Abadie – Picardie 1939 – 1945 – novembre 2012

 

Infanterie Regiment 53

14-inf

Insigne de la 14 I.D.


florke

Oberst Hermann Florke commandant le 53 Inf. Reg. 
(sur cette photo plus tardive il est GeneralLieutenant et commande la 14. Infanterie Division)

 

Infanterie-Regiment 11 (Stab, I.-III.)
Infanterie-Regiment 53 (Stab, I.-III.)
Infanterie-Regiment 101 (Stab, I.-III.)
Feldersatz-Bataillon 14
Artillerie-Regiment 14 (Stab, I.-III.)
Artillerie-Regiment 50 (I.)
Beobachtungs-Abteilung 14
Pionier-Bataillon 14
Panzer-Abwehr-Abteilung 14
Infanterie-Divisions-Nachrichten-Abteilung 14
Infanterie-Divisions-Nachschubführer 14

Après une campagne en Pologne, le 53e Infanterie Regiment (ex. Infanterie-Regiment Königsbrück), sous le commandement de l’Oberst Hermann Flörke, est envoyé à l’Ouest pour participer à la Campagne de France. Le 10 mai 1940, le 53e Inf. Reg. se présente à Vlodrop (Hollande) et dès le lendemain, il pénètre en Belgique, parcourant 40-50 kilomètres dans la journée. Le régiment va continuer ainsi sa progression en passant par la Picardie.

Le 12 mai 1940, le canal Albert est dépassé. La progression est ralentie par des tirs de barrages Le 17 mai 1940, une attaque à grande échelle est déclenchée sur la Dyle. Après la réparation des ponts, le régiment poursuit sa route jusqu’à Bruxelles.

Le 19 mai, l’avance a été poursuivie sur le canal Dendre. Avant Ninove il y eut des tirs d’artillerie. De là, le régiment a attaqué l’Escaut. Mais les Allemands échouent dans la traversée, dans un premier temps (21 mai). C’est seulement le 23 mai qu’ils réussissent à passer l’Escaut. Le 24 mai 1940, le régiment a traversé l’Escaut et poursuit sa route jusqu’à Dunkerque le 30 mai 1940, non sans être accroché. Jusqu’au 4 juin et la chute de Dunkerque, Les français et les anglais mettent un temps « en échec » les allemands.

Après redéploiement, le 53e Inf. Reg. combat à Henin – Literd, passant au nord d’Arras pour filer à travers la Picardie et traverser les trois départements : Moy (Aisne), Nesle (Somme) et Beauvais (Oise). Ce passage en terre picarde est assez rapide. Le 53e Inf. Reg abordant d‘abord l’Est de la région, elle repart ensuite vers l’ouest évitant ainsi l’attente (certes assez courte !) devant la ligne Chauvineau puis il quitte la Picardie pour poursuivre sa route et la bataille de France via Suznay, Surville , Maison Baugis, Chartres et Briarres Augerville jusqu’à l’armistice à Larchant.

ir-53

nesle_juin_1940-78258

Les rues de Nesle – juin1940

crevecoeur-1fb03

Breteuil sur la nationale 1
En plein sur le parcours du 53. Inf. Reg qui empreinte certainement cette route pour rejoindre Beauvais.


Durant la campagne à l’Ouest, le régiment a subi les pertes suivantes :

morts blessés disparus
Officiers 6 12 18
Sous-officiers 23 68 91
Soldats 111 251 362
TOTAL 140 331 471

 

(© Frédéric Gondron – Picardie 1939 – 1945 – avril 2015)

Historiques et témoignages

 

Historiques et témoignages

 

Division
Unités rattachées
Passage dans l’Aisne
Date
11e DI
170e RI
Souvenirs, Sgt-chef Claudon, 7e Cie
Trosly-Breuil, Vic-sur-Aisne, Ressons-le-Long
mai – juin 1940
29e DIA
65e BCA
Historique, Tergnier
18 – 20 mai 1940
42e DI
94e RI
Historique, Pontavert, Berry-au-Bac
mai – juin 1940
87e DIA
9e Zouaves
Souvenirs, Lt Chétrit, 2e Cie, Pont-St-Mard
mai – juin 1940

28e Régiment Régional de Garde

Ce régiment n’a pas eu d’insigne mais le vaguemestre disposait au moins d’un tampon

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28rr2

Février 1940

État-major

Commandant du régiment : Chef de bataillon DECAUDAVEINE Jean
Capitaine adjoint (faisant fonction) : Lieutenant ÉBLÉ Octave
Médecin-chef : Capitaine DELABARRE

Ier Bataillon

Commandant PINOT

1ère Compagnie

Capitaine COUSIN
1ère section : Lieutenant BERTHELOT
 ? : Lieutenant PADOT Bernard
 ? : Lieutenant PHILIPPE

2e Compagnie
Capitaine PILLON

3e Compagnie
Capitaine BENOIT Charles

4e Compagnie
Capitaine LAMONT Charles

IIe Bataillon

5e Compagnie
Capitaine ROLLÉ
Lieutenant LECLABART Jules


Lieutenant Bernard PADOT

28rr3

Photo prise en 1939 « au camp de Longueau »

Incorporé au 51e RI le 12 novembre 1926 à compter du 10 novembre 1926. Arrivé le 12 – troisième compagnie. A satisfait aux épreuves écrites du concours pour l’obtention du titre d’EOR.
Nommé caporal le 20 mai 1927 – première compagnie.
Nommé sergent le 18 novembre 1927 – première compagnie.
A obtenu le certificat d’aptitude à l’emploi de chef de section le 18 février 1928.

Renvoyé dans ses foyers le 14 avril 1928 en attendant son passage dans la disponibilité qui aura lieu le 17 avril 1928. Se retire à Ailly-sur-Noye ( Somme). Affecté au CMI n° 22 le 17 avril 1928.

A accompli une période d’exercices au 51e RI du 12 août au 1er septembre 1932. Nommé sergent chef de réserve à compter du 5 décembre 1932. Nommé sous-lieutenant de réserve par décret du 17 mars 1934 et maintenu au CMI n° 22. A accompli une période d’instruction de trois jours du 2 au 5 septembre 1936 au CMI n° 22 à Beauvais. Période d’instruction en 1936 aux 51e RI de 22 jours du 5 au 26 septembre 1936. Promu aux grade de lieutenant de réserve par décret 26 février 1938 prendre rang du 23 février 1938. Période du 25 juillet au 3 août 1938 au 51e RI à Amiens.

Rappelé, arrive au CMI n° 22 le 24 septembre 1938, renvoyé dans ses foyers le 2 octobre 1938 ( rappel fait par application de l’article 40 de la loi du 31 mars 1928). Convoqué pour une période d’instruction le 11 avril 1939. Arrive au CMI n° 22 ledit jour. Renvoyé dans ses foyers le 18 avril 1939 ( rappel fait en application du décret-loi du 20 mars 1939). Période volontaire de 20 jours du 24 juillet au 12 août 1939 accomplie au 51e RI (21e bataillon d’instruction).

Rappelé. Arrive à Amiens le 23 août 1939 et affecté au 28e Régiment Régional de Garde (5e Cie) ledit jour. En campagne le 2 septembre 1939. Fait prisonnier à Saint-Hilaire-le-Vouris près Chantonnay (Vendée) le 23 juin 1940.

Interné au séminaire de Laval du 25 juin 1940 au 10 septembre 1940. Offlag XVII-A à Edelbach (Autriche) du 19 mai 1941 au 7 mai 1945. Rapatrié par avion le 19 mai 1945. Démobilisé par le centre de démobilisation d’Amiens le 26 mai 1945

Quelques lignes de sa feuille administrative mentionnent les circonstances dans lesquelles il fut capturé avec la majeure partie du régiment le 23 juin 1940 :  » En arrivant au dépôt, le commandant du 28e RRG a reçu l’ordre du commandant du dépôt 22, de désarmer son régiment et d’attendre les Allemands« .


Liste des prisonniers

ALHERITIERE  Julien 03/05/00 Puy-sous-Malsignat (23) 2e Cl
AMANT Jean 17/12/96 Tourcoing (59) Sergent
ANDRÉ Théodore 05/12/99 Paris 2e Cl
ARNOUD  Léon 15/12/18 ??  2e Cl
ARVILLE  Julien 18/06/99 Condé-sous-Itons (27) 2e Cl
AUBLEN  Léon 28/01/05 Froidestrées (02) 2e Cl
BACHELET Alcide 13/07/96 Martinpuich (62)  2e Cl
BACHELET André 01/01/99 Y (80) 2e Cl
BALBART Alfred 18/06/04 Mouflières (80) 1ère Cl
BARRÉ  Émile  20/01/00 Cambron (80)  2e Cl
BATON Alfred  06/12/99 Beaumé (02)  2e Cl
BECQUERELLE  Irénée 14/07/99 Sains-en-Amiénois (80) 2e Cl
BECQUET  Maurice 23/10/13 Mers-les-Bains (80) 2e Cl
BECQUET   Gustave 28/07/06 Woignarue (80) 2e Cl
BELLANGER  Léopold  19/10/02 Orvillers-Sorel (60)  2e Cl
BELLARD Henri  23/07/99 Bussus (80) 2e Cl
  BELLEGUEULE  Albert 02/08/96 Bettencourt-Rivière (80) 2e Cl
 BELLET  Georges 27/06/09 Roye (80) 2e Cl
 BELLEVAU  Victor 05/02/05 Utrecourt (?) 2e Cl
BELOY   Robert  07/10/96  Crépy-en-Valois (60)  2e Cl
BÉNARD  Gabriel 24/07/03 Gournay/Aronde (60) Sergent
 BENOIT  Charles 07/09/89 Fouquescourt (80) Capitaine
BERNARD Marius 06/11/98 Poulainville (80) Brigadier
BERTIN Étienne 16/12/99   Bussu (80) Caporal
 BERTHEZENE  André 11/12/97 Salbris (41) 2e Cl
 BIENAIMÉ Marcel  27/11/98 Abbeville (80) Caporal
BIGOT Marius 20/10/99  Amiens (80)  1ère Cl
BINAND  Paul 19/06/97 Roye (80)  Lieutenant
BITAILLE Adrien  12/05/99 Offoy (80) 2e Cl
BIZETTE André  19/10/97  Bray-sur-Somme (80) 2e Cl
 BOCQUET Paul 20/10/99 Cayeux-sur-Mer (80)  2e Cl
BOITEL André 30/11/99 Hattencourt (80) 2e Cl
BON Gabriel  31/12/03   Cayeux-sur-Mer (80)  2e Cl
BLANGER  Benjamin 23/04/88 Amiens (80) Lieutenant
BLONDEL  Arthur 08/12/02 Guiscard (60) 2e Cl
BLONDEL Paul 31/07/01  Quesnoy (80)  2e Cl
BONVARLET Eusèbe 23/0 ?/97 Rebreviette (62)  2e Cl
BORIA Jean   12/08/01 Turin 2e Cl
BOUCE Julien 21/01/97 St Brice de Landelle (50) 2e Cl
BOUCHER  Léonce 06/07/99 Moislains (80)  2e Cl
 BOUFFLERS Lucien   29/04/19 Quivières (80)  2e Cl
BOULANGER Achille 22/02/02 Sénarpont (80)  Caporal
BOULANGER Denis 10/10/12 Lanchères (80) 2e Cl
BOULFAUT Lucien 31/02/03 Hallancourt (80) 2e Cl
BOURDON Joseph 06/02/99 Herchies (60) 2e Cl
BOURDON  Victor  01/10/06 Chézy-sur-Marne (02)  2e Cl
BOURGEOIS Eugène 0 ?/12/03 Pernes-en-Artois (62) 2e Cl
BOUVIER   Charles 17/03/96 Paris 2e Cl
BRANDICOURT  Antony 13/06/00 Naours (80) 2e Cl
BRASSEUR Henri 07/12/02 Barly (80)  2e Cl
 BREGERT Georges 02/13/98  Paris  2e Cl
BRESSON André  24/09/98 Nanterre (92) 2e Cl
BREUILLARD Georges 06/12/03  Margilley (Hte S)  1ère Cl
BRIAUX  Georges   04/06/08 Guillaucourt (80) 1ère Cl
BROUETTE  Roger 08/03/99  Heudicourt (80) 2e Cl
 BRUN Henri 04/05/11 Arry (80) Serg-Chef
BRUNEL Gustave 23/01/00 Vron (80)  1ère Cl
BRUTEL André 26/01/01 Rue (80) Caporal
BULANT  Marc  24/03/00  Belloy-sur-Somme (80)  1ère Cl
BULTEL  Hippolyte  12/03/98 Lanchères (80) 2e Cl
BUFFET  Raoul   08/02/02 Corbie (80) 2e Cl
CALLOT Marius 21/10/96  Fouilloy (80) Caporal
CARDON Auguste 26/04/01 Hernicourt (62)  Caporal
CARON Maurice 09/02/00 Fontaines-sous-M (80) 2e Cl
CARPENTIER Louis 03/03/02 Hombleux (80)  2e Cl
CARPENTIER Paul 24/10/01 Omnium (59) Sergent
CARPENTIER  Robert  29/04/06 Curchy (80)  2e Cl
CARLIER Alfred 12/02/99 Charmes (02) 2e Cl
 CARTIGNY Jean    04/08/97 Anappes (59)  2e Cl
 CASSEDANNE  Robert  10/09/00 Noyelles (80) 2e Cl
 CAUDRON  Léon 11/6/07 Frencq (62) 2e Cl
CAZIER  Marcel 10/08/99  Roisel (80) Caporal
  CHARBONNEAU  Roger 07/03/06  Vaux-Montreuil (08)  2e Cl
 CHEVALIER  Denis 02/05/00 Sénac (65)  1ère Cl
CHIVOT Eugène  29/03/01   Buigny-les-Gamaches (80)  Lieutenant
 CHOPPART  Julien 21/03/96 Esquennoy (60) 2e Cl
 COQUART  Charles  16/07/10   Nurlu (80) 2e Cl
 COBERT Henri 13/02/02 Ault (80) 2e Cl
  CORDIER  Espérance   04/05/99 Saleux (80) 2e Cl
 CORDIER Eugène 30/08/05  Frucourt (80) 2e Cl
COULOMBEL  Constant  27/10/98 Pendé (80) 2e Cl
 COUSIN Pierre 04/10/09 Cléry-les-Ruilly (?)  2e Cl
CUVILLIER Ernest 10/01/04  Ambleteuse (62) 2e Cl
CUVILLIER Marius  24/03/12 Villeret (02)  2e Cl
 DANTIER  Fernand  22/02/07 Rethel (08)   2e Cl
 DARAS Kléber 16/10/96 Vaux-lès-Amiens (80)  2e Cl
DARENE  Max 15/06/98 Viarmes (S et O) S/Lieut
 DARRAS   François 30/01/00  Lesboeufs (80)  ?
 DAUBOIN André 29/12/00 Grémévillers (60)  1ère Cl
DEBEAUVAIS Joseph 24/09/00 Rubempré (80) 2e Cl
DEBEAUVOIS   Raymond 06/02/10 Beauvais (60)  2e Cl
DEBUSSCHER André 22/06/96 St Pol sur Mer (59) Lieutenant
DECQUE Aimé 13/05/01 Domqueur (80) 2e Cl
DELAROSSO Octave 17/07/00 Crécy-en-Ponthieu (80) 2e Cl
DEHEDIN Amédée 30/03/05 Woincourt (80)   2e Cl
 DELIGNIÈRE Léon 25/02/00 Embreville (80)  Lieutenant
 DEMONCEAUX  Léon 20/08/03 Thourotte (60) 2e Cl
DEMONTEVILLE Robert  05/05/99 Le Quesnoy (80) 2e Cl
DERAY  Charles 20/02/04 Béhen (80) 2e Cl
 DESAILLY  Henri  08/08/98 Chuignolles (80) 2e Cl
 DEMONCEAUX  Léon 20/08/03 Thourotte (60) 2e Cl
DESEQUELLES  Raymond 07/11/09  St André Farivilliers (60) 2e Cl
DOMON Georges  03/07/98 Vaux-les-Amiens (80) 2e Cl
DOURNEAU Joseph 18/06/96 Varzy (58)  2e Cl
DROUART René 31/12/00 Beaumont (?) 2e Cl
DUBOIS Robert 26/05/17 Breteuil (60) 2e Cl
DUBUISSON Aubin 26/05/02 Sailly-Flibeaucourt (80) 2e Cl
DUCROCQ Marceau 03/06/02  Crécy-en-Ponthieu (80) 2e Cl
DUFOUR  Nestor 31/08/08 Laigny (02) 2e Cl
DUHAMEL Émile 09/05/00 Saint-Pol-sur-Mer (59)  Sergent
DUMONT Ernest 30/11/99 Pendé (80) Lieutenant
DUMESNIL  René 06/08/91 Chilly (80) 2e Cl
DUPONT André 01/12/12 Formerie (60) 2e Cl
DUPONTREUÉ  Albert 22/11/95 Vignacourt (80) 2e Cl
DUPONTREUÉ Gaston 03/04/00 Paris Sergent
DUPRE  Robert 17/01/96 Amiens (80) S/Lieut
DUPUIS  Lucien 21/02/02 Villers-Bretonneux (80) 2e Cl
DUPUIS Maurice 07/08/97  Ferrières (80)  2e Cl
 DURAND  Jean-B.  03/09/00 Fontaine-le-Sec (80) 2e Cl
 DURANT Omer 29/05/01  Rubempré (80) 2e Cl
DURSENT  Jean-B. 24/01/01 Talmas (80) 2e Cl
DUSSART André 20/09/08 Bouchain (59)  Sergent
EBLE  Octave  16/12/86 Ste Claire/Epte (95) Lieutenant
FARCY Edmond 06/01/09 Saigneville (80)  2e Cl
FAUTRELLE  Marius  08/11/04  Ault (80)  Caporal
FEREY Henri 29/05/97  St Pierre La Vieille (14) 2e Cl
 FEUILLANT  Lucien 08/03/03  Grand-Laviers (80) 1ère Cl
FIOT André 21/08/00 St Crépin Ibouvillers (80) Caporal
FLOURY Gabriel  02/08/00 Montigny (?) 2e Cl
FONTAINE Alfred 02/04/98 Néry (60) 2e Cl
FONTAINE Georges 25/02/08 Campagne-les-Hesdin (62) 2e Cl
FORATIER  Hubert 11/04/98 Friville-Escarbotin (80) Caporal
FOURE Marcel 06/01/98  Paris 1ère Cl
FOURNIER  Léon 16/04/08 Lambres (62) 2e Cl
FREVILLE  Anthime 22/06/01 Moyenneville (80) 2e Cl
FROMENT Henri 14/08/08 Bomy (62)  2e Cl
 GARBE  Paul   13/10/03 Rue (80)  2e Cl
 GARDES  Jacques 19/08/15 Tananarive  S/Lieut
GAUDUIN Henri  10/09/02 Longpré-les-Corps-S  (80)  1ère Cl
GAVOIS Germain   14/10/06 Oneux (80)  Sergent
GELLÉE  Gaston  16/04/05  Gauville (80) 1ère Cl
GIGNON   Aimé 08/12/01 Tours-en-Vimeu (80) 2e Cl
 GRATEDOUX Georges  07/07/07 Mezin (47) Caporal
GREU André 27/11/98 Marcelcave (80) 2e Cl
GRIMAUX  Ernest 22/08/07 Parvillers (80)  2e Cl
GUÉRIN Maurice  05/07/05 Leuze (02)  Sergent
 GUILBERT  Fernand 16/06/00 Bettembos (80) 1ère Cl
GUYON  Louis  23/04/96 Warloy-Baillon (80) Sergent
 HAIZE  Lucien  18/08/05 Vivières (02) 2e Cl
 HANNEQUIN  Fernand 04/01/03 Sugny (08)  2e Cl
 HANOI  Marius 21/10/96  Fouilloy (80)  Caporal
HARDY  Albert  24/05/97  Flavigny (?) 2e Cl
HERPRECK René 24/01/06 Ailly-le-Haut-Clocher (80) Sergent
 HODIN Léon 11/03/97  Laon (02)  2e Cl
 ISAMBOURG Ludovic 31/11/96 Rambures (80)  2e Cl
 JACOB  Jules  18/03/00 Domart-en-Ponthieu (80)   2e Cl
JOLY Daniel 22/06/04 Salouel (80)  2e Cl
JONQUET  Roger  15/05/03  Oneux (80) 2e Cl
JULIEN  Fernand  11/09/03 Blangy-sur-Bresles (76)  1ère Cl
KARCHER ? Marceau 02/05/97 Arvillers (80) 2e Cl
KERBAUL Olivier 06/01/07 Laneuffret (29) 2e Cl
KUENHEN  Fernand 01/09/00 ??      2e Cl
 KUNTZ  Jean  19/04/96  Levallois (92)  2e Cl
 LABAR Gustave 01/06/99 Oissy (80)    1ère Cl
LALLEMANT  Jean 24/06/07 Ouarq ?? (08)  2e Cl
LAMARRE  René 19/08/91 Amiens (80)     Capitaine
LAMONT  Charles 02/09/99 Requigny (89 ?) Capitaine
 LANTENOIS Louis 11/03/97 Jouy(?) 2e Cl
 LAVACQUERIE Laurent  30/07/01 Souplicourt (80) 2e Cl
 LEBREAUX  André 26/01/07 Salobbe ??  2e Cl
LECLABART  Jules  08/10/00 Amiens (80)  Lieutenant
LECLERC  Louis 01/12/07 Beauvais (60) 2e Cl
LECLERC  Robert  03/07/02 Tergnier (02) 2e Cl
 LECONTE   Jacques  01/07/02 Noyon (60) Adjudant
 LECONTE  Maurice 26/06/00  Abbeville (80) 2e Cl
LECUREUX  Lucien  23/03/00 Mézières-en-Santerre (80) Sergent
LÉCUYER  André 10/01/96 Raincourt (80) 2e Cl
LEFÈBVRE  Roger 21/05/04 Hallencourt (80) 1ère Cl
 LEFÈVRE  Maurice 22/06/99 Vasneles-Maizons ?? 2e Cl
 LEGUILLER  Paul 05/05/96 Fresnes-Mazancourt (80) 2e Cl
 LEGUILLIER Eugène 22/04/98 Rosières (80) Caporal
LELEU  Gaston 20/07/97  Abbeville (80) 2e Cl
 LENGELLÉ Pierre 07/05/09 Boves (80) 2e Cl
 LENGLET Jules 13/30/03 Le Favril (59) S/Lieut
 LENOIR  Sylvain 04/01/98  Nampcel (02) 2e Cl
 LERICHE  André 14/04/98 Coisy (80) 2e Cl
LEROY  Francisque 13/11/99 Plouezec (22) Sergent
LEROY Vincent 04/01/03 Forceville-en-Vimeu (80) 2e Cl
LESERTISSEUR André 09/11/04 Monceaux (60) 2e Cl
LESURA  Raymond 24/07/99 Épernay (51) 2e Cl
LHEUREUX Gaston 09/12/97 Condé-Folie (80)  Cap-chef
 LICETTE  Edmond  29/01/05  Housset (02) 2e Cl
 LIGNOT Félix 23/01/09 Marthes-Mametz (62) 2e Cl
 LOBRY Léon 01/05/08 Tricot (60) 2e Cl
LOUVET Henri  27/05/07 Verdon (51) Caporal
MAILLET  Jean  03/05/10 Le Boisle (80) 1ère Cl
 MARCILLE  Fernand  10/07/98 Corbie (80) 2e Cl
MARECHAL Raymond 30/04/00 Vauchelles-les-Q. (80) 2e Cl
 MARIAGE  Jean 07/09/04  Le Vésinet (S et O) Sergent
MARTEL  René 05/09/11 Rue (80) 2e Cl
 MARTIN Eugène   06/10/98 Amiens (80) 2e Cl
 MARTIN  Louis 17/09/01 Plumelec (56) 2e Cl
MATON  Maurice  01/08/08 Agnières (62) 2e Cl
MAYEUX Clovis 03/06/01 Villers-Faucon (80) 2e Cl
MERCIER  René 06/05/09 Francheval (08) 2e Cl
 MOLINIÉ Lucien 06/12/97 Castelnau (?) 2e Cl
 MOLET  Colbert 01/03/04 Athies (80) 2e Cl
MONDOT  Georges  28/05/11 Pontruet (02) 2e Cl
 MONPAIN Émile  04/06/08 Hérie-la-Vieville (02) 2e Cl
MOREL  Eusèbe  12/08/05  Marquivillers (80) 2e Cl
 MORELLE  Maurice   03/12/05  Corbie (80) 2e Cl
 MOUTONNET Jean 10/06/12  Maisse (S et O)  Caporal
NOUET  Auguste  30/10/99 Rouen (76) 2e Cl
OSSART Raymond 09/08/00 Bouquemaison (80) 2e Cl
 OUALLE  Étienne  18/05/02 Coyolles (02) Caporal
PADÉ  André 05/10/03 Nesle-l’Hôpital (80) 2e Cl
 PADOT  Bernard  29/07/06 Hallencourt (80)  Lieutenant
PALUCH Pierre 03/01/96 Groha (Pol) 2e Cl
 PANCHAUD  Lucien 25/09/03 Villeneuve-ss-Thury  (60) 2e Cl
PAUCHET Albert 24/10/08 Forest-l’Abbaye (80) 2e Cl
PAYEN  Maurice  31/10/00  Buire-Courcelles (80) 1ère Cl
 PELLETIER Charles  15/06/01  Crécy (80) 2e Cl
PERLOT Gilbert   07/07/08 Lappion (02 ) 2e Cl
 PIART Lucien 25/01/10 Amagne ? 2e Cl
 PINAULT  Marcel 23/03/08 Vierzon (18) 2e Cl
 PLÉ  Eugène 31/01/98 Marcheville (28) 1ère Cl
 POIRÉ  Robert  03/07/96 ?? 2e Cl
POIRSON Joseph 21/06/98  Dury (80) 2e Cl
PORCHERY Robert 25/06/98  Decize (58)  2e Cl
 PORQUET Augustin 22/07/16  Rue (80) 1ère Cl
 PREAU Eugène 08/06/06  La Flocellière (85) 2e Cl
PRESTAUX  Émilien 17/04/98 Gargnies (?) 2e Cl
 PRUM Henri 30/06/00 Frelinghien (59) Lieutenant
QUEULIN  Émile 13/12/05 Metz-en-Couture (62) 2e Cl
RAMBOUR  Gabriel 27/08/99 Amiens (80) 2e Cl
RENARD  Fernand 06/01/08  Laon (02) 1ère Cl
 ROUCOULET  Georges 19/02/08  Neuf-Marché (S.I) 2e Cl
SALNAN  Raymond  12/03/02 Brouchy (80) Caporal
SALVAGNAC Jean 20/05/10 Cresquin (59) 2e Cl
 SERRE  Samuel  25/06/96  Doullens (80) 2e Cl
 SLAGMEULDER  Raymond 06/04/98 Beauvais (60) 2e Cl
SOBO André 11/01/02  Amiens (80)  2e Cl
 SOMMERMONT  Étienne 20/06/97  Grattepanche (80) 2e Cl
 TABARY  Émile 12/05/00 Mons-en-Chaussée (80) 2e Cl
TEMPLEUX  Jean 05/04/01 Manancourt (80) 1ère Cl
TERRIER Albert 20/02/96 Abbeville (80) 1ère Cl
THOMELIN Paul 01/02/97 St Germain-en-Laye (78) 2e Cl
 THUILLIER  Georges  12/09/09 Beauquesne (80) 2e Cl
THUILLIER Paul 11/11/02  Gentelles (80) 2e Cl
 TRANCART Joseph 19/02/10 Mérélessart  Caporal
 TURC Gabriel 18/01/08 Chaumont (?) Caporal
VACANDARD Émile 28/01/96 Richemond (S.I) 2e Cl
VAINE Gaston 07/10/98 Ytres (62) 2e Cl
VAN ETTINGER   Frédéric 05/12/11 Dieppe (76) 2e Cl
VASSEUR André  13/04/09 Auchy-les-Hesdin (62) Cap-Chef
VERDIER Pierre 04/12/98 Roye (80) 2e Cl
VIGNEUX René  07/04/88 Rugles (27) Capitaine
VION Jules  08/09/05 Vimy (62) 1ère Cl
WALLERANT Maurice  26/07/97 Fourmies (59) 2e Cl
WSZOLEK Joseph  10/07/04 Wisniowa (Pol) 2e Cl

 

 

 

 

 

 

Le sacrifice de deux artilleurs à Amiens

À la mémoire du maître-pointeur Maurice Ballon et du maréchal-des-logis Marcel Camus

Les corps de deux artilleurs tués auprès de leur pièce ont souvent été photographié par les Allemands. Ce canon de 75 se trouvait en position boulevard d’Alsace-Lorraine et l’automobiliste qui gare son véhicule à cet endroit est loin de s’imaginer le drame qui s’est déroulé à cet emplacement le 20 mai 1940.

 

arti-amiens-1

 

L’affaire est évoquée dans « La tragédie d’Amiens » du docteur vasselle 1 :

« Le bruit de la fusillade que l’on entendait depuis quelques instants dans la direction des routes d’Albert et de Corbie venait de s’apaiser, lorsque le capitaine Tassart aperçut à la jumelle les premiers engins blindés qui s’avançaient lentement dans le haut du boulevard de Beauvillé alors que le boulevard était encore encombré par des civils qui s’en allaient et que la colonne allemande semblait suivre pour s’en faire une protection.

Le tir dans ces conditions était difficile, aussi le capitaine Tassart pointant lui-même la pièce, tira quelques obus au-dessus des évacués qui se dispersèrent aussitôt dans les rues adjacentes ou s’abritèrent dans les maisons. Ce résultat atteint, un chariot attelé de deux chevaux, qui restait abandonné au milieu des branchages tombés sur le sol, formait un amas derrière lequel des chars ennemis avaient stoppé. Sur la hausse de 1000 m, un tir fut exécuté à cadence accélérée, le chariot fut rapidement bousculé.

Comme on n’avait que 100 coups par pièce, il fallait économiser les munitions, le tir fut arrêté et il y eut une accalmie assez longue. Rien ne bougeait plus chez l’adversaire. Puis des balles étant venues siffler proximité des artilleurs, ils répondirent par quelques obus. L’ennemi déclencha alors un feu très violent par obus de petit calibre et balles de mitrailleuse et presque aussitôt un char déboucha sur la droite du boulevard. Un tir sur la hausse de 700 m le mis hors de combat. Un 2ème char qui s’avançait au milieu de la chaussée parut atteint lui aussi. Un 3ème char qui cherchait à gagner le pont par la gauche du boulevard, ouvrit le feu sur les servants du canon. Ils ripostèrent aussitôt, les occupants du char prirent la fuite laissant quelques cadavres sur le terrain2

C’était un succès dont le capitaine Tassart félicita le pointeur qui venait de faire preuve d’un grand sang-froid, mais quelques instants plus tard, un 4ème char apparut, à 400m près du pont, suivant de très près la rangée d’arbres. Il fallut pour la prendre en enfilade, déplacer légèrement la pièce puis quelques obus furent encore tirés et une nouvelle accalmie survint. On croyait l’objectif atteint lorsque l’ennemi reprenant son tir envoya un obus qui frappa de plein fouet l’appareil de pointage du 75 et tua le maître-pointeur Ballon et le maréchal-des-logis Camus.

Est-ce la fin de la lutte ? Pas encore. Les capitaines se transforment en servants. Callers écarte les corps de ces deux artilleurs qui viennent de tomber vaillamment à leur poste de combat, il recharge la pièce et avec l’aide de Tassart, il tire quelques coups de canon, mais c’est au jugé, sans appareil de pointage, et les chars, de plus en plus nombreux, descendent vers le pont. Balles et obus de petit calibre sifflent de tous côtés. Le capitaine de Franssu et l’ordonnance du capitaine Tassart qui sont sur la gauche du boulevard, voudraient se rapprocher de la pièce, ils en sont empêchés par la violence des tirs ennemi qui ne permet pas de traverser la chaussée. Toute résistance devient impossible3. Le capitaine Tassart rassemble les artilleurs restés autour de lui et ordonne le repli en se défendant au fusil ».

 

Un complément se trouve dans les archives municipales d’Amiens qui lève le voile sur la présence surprenante de Marcel Camus, artilleur du 42e RA, loin de sa division4, voici la lettre du 8 décembre 1940 de Pierre de Fransu, lieutenant-colonel d’artillerie, maire de Noyelles-sur-Mer :

« Cinq pièces d’artillerie de 75 détachées de mon dépôt de La Fère et commandées par le capitaine Tassart ont été engagées le 20 et 21 mai au nord et nord-est d’Amiens.
L’une d’elle se trouvait boulevard d’alsace-Lorraine à 400m au sud du pont sur la Somme (côté droit du boulevard).
Cette pièce après avoir détruit plusieurs chars fut atteinte par un obus de plein fouet qui tua la maître pointeur Ballon et le chef de pièce le maréchal-des-logis Camus.
Le capitaine Tassart ayant été grièvement blessé et tous mes officiers ayant été blessés ou prisonniers, ayant moi-même été emmené en captivité, j’apprends par des tiers que ces deux braves auraient été inhumés par le soin des Allemands auprès de leur pièce sur le boulevard même … »5.

 

arti-amiens-2

arti-amiens-3

Maurice René Albert, né le 07-05-1917 à Saint Mard de Fresne (27)
Parc d’Artillerie Divisionnaire (de La Fère), maître-pointeur, recrutement de St Lô, matricule 8484
Carré militaire d’Avranches (Carré P, tombe n°17)

arti-amiens-4

Camus Marcel 6, né le 29-12-1896 à Berny-Rivière (02)
Maréchal-des-logis au 42e RA, chef de pièce, recrutement de Soissons, matricule 415
Commémoré sur le monument de son village natal

 

© Marc Pilot – Picardie 1939 – 1945 – juillet 2012


 

Encadrement et JMO

94ram


Composition

2 groupes à deux batteries de 75 Schneider de Montagne

1 groupe à deux batteries de 155 Court Schneider tracté

75m

 Canons de 75 M (montagne) modèle 1919 Schneider

* * * *

Colonel CLAMENS, commandant le 94e R.A.M

 

1er Groupe

Chef d’Escadron CHARNALET, commandant le 1/94

Lieutenant MAILLET, commandant la 1ère Batterie

Capitaine PAGNON, commandant la 2e Batterie

Capitaine DUBOST, commandant la 3e Batterie

 

2e Groupe

Chef d’Escadron RODET, commandant le 2/94

Lieutenant MACAREZ, commandant la 4e Batterie

Lieutenant d’HAUTUILLE, commandant la 6e Batterie

Capitaine BARDOT, commandant la 6e Batterie

 

3e Groupe

Chef d’Escadron BLANC, commandant le 3/94

Capitaine ARNAL, commandant la 7e Batterie

Capitaine GRILLON, commandant la 8e Batterie

Capitaine NOMDEDEU, commandant la 9e Batterie

Capitaines de VALENCE et JOURDAN,  B.D.A.C.


5 Juin 1940

« Attaque sur le front tout entier. Dès 7 heures, l’Aspirant Viglione est grièvement blessé de 2 balles de mitrailleuses. Il est évacué sur Compiègne  » 1. Jean Auguste Barthélémy VIGLIONE, natif des Bouches-du-Rhône décède à l’hôpital de Compiègne des suites de ses blessures 2.

« À 3 h. 00 l’attaque allemande se déclenche et nos tirs d’arrêt y répondent sans réussir à empêcher l’adversaire de franchir la Somme vers Voyennes et peut-être en d’autres points.

Le Lieutenant NOUVIAIRE décide de monter à l’observatoire et dès 8 h. 30, il tire à vue. Vers 11 h. la batterie a déjà tiré 900 coups et les munitions s’épuisent, l’adversaire marque un temps d’arrêt. Un ravitaillement en munitions parvient en fin de matinée et tout l’après-midi la batterie exécute des tirs plus ou moins nourris soit à la demande du Lt NOUVIAIRE, soit à celle du Groupe qui demande des tirs systématiques.

L’adversaire est plusieurs fois refoulé des abords de la ligne de chemin de fer jusqu’au rebord du plateau de Voyennes. Le Lt NOUVIAIRE fait lui-même le coup de feu à côté des fantassins. Les tirs continuent jusque 21 h. 30 et le tir d’arrêt de la nuit est prévu à 300 m. en avant de la ligne de chemin de fer.

6 hommes montent à l’observatoire avec 2 F.M. pour en améliorer la défense rapprochée. Le calme règne de 21 h. 30 à 24 h. Des munitions arrivent en quantités assez importantes. La batterie a tiré environ 1 300 coups dans la journée. Le soir une compagnie du 24e B.C.A. monte vers la ligne de chemin de fer en renforcement. Toute la journée les liaisons téléphoniques ont été excellentes. La 3e Batterie à notre gauche a pas mal tiré.

Moyenne activité aérienne ennemie, la Batterie est épargnée par les bombes ou les mitraillages et ne semble pas repérée en dépit de la présence d’une saucisse ennemie pendant plusieurs heures au Nord-Est de nous » 3

Ce même jour, dans la soirée, la 3e Batterie reçoit l’ordre de changer de position. Le capitaine, commandant la batterie, part en reconnaissance. Celle-ci doit prendre de nouvelles positions au Sud du canal du Nord. «  La batterie avec le nombre de mulets réduit au strict minimum fait mouvement vers 22 heures. Elle arrive à 23 heures. La mise en direction des pièces et les travaux sur la nouvelle position sont immédiatement exécutés. Mais l’importance du masque est telle que les pièces ne peuvent tirer qu’avec de faibles charges donc avec de la poudre BC dont elle attend le ravitaillement. Le capitaine part au PC du groupe pour faire le nécessaire » 4


6 Juin 1940

2e Batterie : «  Il y a pas mal de munitions arrivées au cours de la nuit. Dès 0 h. 30 il faut exécuter le tir d’arrêt. Puis quelques tirs jusque vers 8 heures, où 2 concentrations nous sont demandées. Au cours de la seconde exécutée à cadence lente la 1ère pièce éclate tuant sur le coup le pointeur DARDÉ  5 et blessant gravement les servants COUZIGNÉ et BERNARD, immédiatement évacués, un blessé léger rejoindra l’unité deux jours plus tard. La pièce est totalement hors d’usage  » 6

3e Batterie : « Faute de pouvoir se procurer de la poudre BC force est de changer de position. Reconnaissance du capitaine vers 4 h. 30 au Sud-Ouest du village de Languevoisin, retardée par survol de bombardiers ennemis. La batterie fait mouvement par pièce isolée vers 7 h. 30. De violents bombardements sur la localité voisine de Nesle retardent considérablement les travaux et la batterie n’est prête à ouvrir le feu que vers 11 h.30. Pendant ce temps, elle est abondamment ravitaillée en munitions. Le feu est ouvert un peu avant 12 heures et est de nombreuses fois gêné par une série de bombardements extrêmement violents sur la localité de Nesle » 7

2e Batterie : « L’ensemble du personnel de la batterie est très fatigué. L’après-midi, l’activité aérienne ennemie est considérable. La batterie n’est toujours pas repérée. Les avions s’accompagnent de bruits de sirènes et les nerfs sont mis à rude épreuve. Les allemands déclenchent sur le plateau vers Hombleux un tir intense qui soulève une poussière abondante.

La batterie exécute avec 2 pièces quelques tirs sur zones. Le central téléphonique de la batterie situé à l’ancienne position du pont de Quiquery est bombardé et la fausse batterie mise en place à notre départ en partie détruite ; les liaisons téléphoniques deviennent intermittentes et faibles » 8

3e Batterie : « Dans l’après-midi, la batterie qui s’est fait repérer est elle-même soumise à une partie du bombardement. Un homme puis un officier étrangers au régiment passent à la batterie en revenant de Nesle et sèment des bruits alarmants. Le PC de groupe en est averti par les soins du Capitaine. À 18 heures, la 2e pièce éclate : le chef de pièce meurt sur le coup. La 4e pièce qui vient d’être relevée de sa mission antichars prend sa place. Vers 19 heures, des éléments se replient sur la gauche de la batterie, de plus en plus nombreux. En particulier passent les hommes du 3e Groupe du Régiment qui ont fait sauter leurs pièces. Des bruits divers circulent quant à l’arrivée des chars. Pour parer à toute éventualité le capitaine fait placer une pièce en position antichars et prévient le PC du groupe. Le feu continue mais des dispositions sont prises en vue d’une évacuation rapide de la position. Le bruit des armes automatiques se rapproche. On entend siffler les balles » 9

2e Batterie : « Le Lt NOUVIAIRE tient jusqu’à 18 heures à côté des fantassins et des chasseurs. Ils sont bombardés et la poussière s’oppose à l’observation et la défense de l’observatoire se replie. Le téléphoniste SAMAT est blessé aux mains et évacué, le brigadier LIOTARD est blessé à la face et évacué, le canonnier ARNOUX est tué. À la position un homme malade est évacué.

Sur ordre du groupe le Lt BARRE recherche à 20 h. vers Billancourt une position de repli ; les arrières sont déserts sauf quelques fuyards, presque tous les villages flambent sauf Languevoisin et Breuil. Le Lt NOUVIAIRE rejoint la batterie vers 19 heures 30 et fait encore tirer » 10

Le Journal des Marches et Opérations du 1er Groupe note alors « la bataille dure… [depuis] …36 heures, avec des alternatives d’espoir et de crainte. Finalement à 21 heures, repli du groupe. D’abord sur le bois de Moyencourt  » 11

3e Batterie : « À 20 h. 30, le capitaine est convoqué au PC du groupe et reçoit l’ordre de repli. Des munitions qui ne peuvent être emmenées faute de moyens de transport doivent être abandonnées sur le terrain. L’adjudant SORBA assure dans des conditions difficiles le repli des échelons, mais le dépôt constitué à la position occupée pendant la nuit précédente ne pût être enlevé. Toute la batterie fut rassemblée vers 24 heures dans le bois de Moyencourt  » 12

2e Batterie : « Vers 21 h. 15, l’ordre de repli est donné au groupe qui doit se retirer au bois de Moyencourt. Sortie de batterie et transport de tout le matériel et des munitions à ce bois au cours de la nuit. Calme presque complet du front » 13


7 juin 1940

Cette journée marque la rupture de la ligne Weygand au sud de la Somme. Les troupes après avoir résisté vaillamment pendant deux jours sont contraintes de faire retraite. Parfois dans la précipitation. Le JMO du 1er groupe indique succinctement, aux premières heures de cette journée, le « repli sur le bois de Moyencourt, puis sur la ferme, puis sur le bois de l’Hôpital (matin)  ».


Bois de l’Hôpital

2e Batterie : « Vers 3 h. 00 la batterie dont le Capitaine PAGNON a repris le commandement, est rassemblée au Bois de Moyencourt. Il faut immédiatement gagner la ferme de l’Hôpital via Ercheu et Libermont.

La ferme est atteinte à 5 h. 00, les échelons s’installent dans le bois 500 m. au sud de la ferme. Le personnel se repose » 14

3e Batterie : « L’ensemble du groupe fait mouvement aussitôt vers le bois de l’Hôpital où il arrive entre 4 heures et 4 heures 30. La 3e Batterie est placée dans un couvert au nord du grand bois » 15

2e Batterie : «  Vers 6 h. 00 des coups d’armes individuelles et automatiques se font entendre à peu de distance au Nord-Est. Les Allemands auraient déjà là des éléments. Il se produit un certain désordre rapidement conjuré et les unités quittent vers 7 h. 30 le Bois de l’Hôpital pour celui au nord de Frétoy-le-Château via Fréniches. Tout le matériel a pu être sauvé sauf les munitions restées à Moyencourt et le chariot à la ferme de l’Hôpital  » 16

3e Batterie : «  À 6 heures, le Capitaine se rend aux ordres. Vers 7 h. 30 des motocyclistes se replient et sèment la panique en annonçant l’arrivée imminente de l’ennemi, et qu’il n’y avait rien derrière eux. Quelques hommes s’égaillent : les pièces et le matériel essentiel de la batterie avec la majorité des mulets sont malgré tout sauvés grâce au sang-froid des cadres et d’une grande partie du personnel  » 17

Frétoy-le-Château

2e Batterie : « De 9 h. 00 à 10 h. 30 le groupe stationne vers Frétoy, tandis que des éléments d’artillerie de campagne appuient le 141e R.I. dans sa mission de retardement. Ils sont en batterie tout près de nous et tirent  » 18

3e Batterie : « Le groupe tout entier se replie dans le bois de Frétoy-le-Château dont il repart immédiatement en direction de Lagny – Lassigny  » 19
Le JMO du 1er Groupe indique l’heure du passage à Frétoy-le-Château ; il est 11 heures du matin 20 C’est alors que le commandant du 1er Groupe (?) décide de fractionner les batteries. Si les Allemands fondent plus vite que prévu sur les colonnes du 94e R.A.M., autant sauver une partie du groupe. Les véhicules sont donc envoyés vers l’avant.

2e Batterie : « À 11 h. 00, il faut repartir vers Houdancourt  21 à 40 km au Sud-Ouest. Les éléments auto partent sous la conduite du capitaine PAGNON, le Lieutenant NOUVIAIRE dirige la colonne hippomobile  » 22

3e Batterie : « Les camionnettes font route vers Bazincourt sous la direction de l’Adjudant VERSINI » 23


Muirancourt – Bussy – Sermaize – Lagny

Les éléments hippomobiles se remettent en marche. Une partie (la 2e Batterie) prend par la route entre Muirancourt et Bussy. Il est alors 13 heures 24 « Des colonnes innombrables hippo et auto circulent sur les routes. L’aviation ennemie intervient en bombardant les villages et en mitraillant les convois. La batterie n’échappe pas entièrement à son action et perd 2 chevaux et 25 mulets tués. L’itinéraire passe par Muirancourt, Bussy, Sermaize, Lany 25 (où la batterie est prise à partie), Lassigny  » 26

La 3e Batterie est elle-même fort malmenée et le drame va bientôt se jouer : « Avant d’arriver à Lagny aussitôt la traversée du canal du Nord, la colonne muletière vers 12 h. 30 fait halte dans une ferme où sont camouflés animaux et matériel. Vers 14 heures commence un bombardement nourri d’aviation. Une bombe incendiaire en particulier tombe sur la grange garnie de fourrages où se trouve la batterie. Ce local prend feu instantanément et avec une telle violence que tous les hommes ne peuvent sortir. Cinq blessés dont deux grièvement peuvent être mis à l’abri. Les animaux périssent dans l’incendie, ou sont déchiquetés par la mitraille ou les éclats. Quelques véhicules, d’ailleurs étrangers à l’unité, et la touriste de la batterie sont sauvés de l’incendie. Il est impossible d’approcher de la grange et d’y porter le moindre secours. Le capitaine part avec la touriste pour chercher une ambulance mais est arrêté à Lagny par l’encombrement des routes et des bombardements violents. Le Lieutenant TRÉMONLET assure de son côté l’évacuation des blessés et rassemble les éléments valides de l’unité puis continue la route dès que les bombardements sont calmés » 27


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Limon Romeo Jules Yacinthe
1er Groupe du 94e RAM, 3e Batterie
mort le 7 juin 1940 à « Ferme Campagne »
(photo Monique Bourgeois)

94-retraite

(© Marc Pilot / Éric Abadie – Picardie 1939 – 1945 -juin 2012)


 

Rapport du Chef d’Escadron BLANC Cdt le 3/94e R.A.M.

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Le 3/94 faisait partie de l’artillerie de la 29e Division. Il a été engagé sur la Somme dans les conditions suivantes :

I° – Avec le groupement du Colonel Clamens Cdt. Le 94e RAM., P.C. à Pertain en appui direct du 112e RIA du 30 mai au 3 juin inclus, positions, à Potte et Morchain.
Avec les allocations de munitions qui lui étaient allouées (un quart d’unité de feu par jour) il a pu, à la demande de l’infanterie, faire beaucoup de mal à l’ennemi. Outre quelques tirs effectués par des sections nomades, plusieurs concentrations très efficaces ont été déclenchées dans les soirées des 2 et 3 juin.
Dans la soirée du 3 juin la 8e batterie a eu un chef de section tué (M. des Lis Piétri ) et trois blessés ; à la 9e batterie, un chef de pièce blessé.

II° – Avec le groupement du chef d’escadron Charnalet Cdt le I/94, P.C. à Languevoisin en appui direct du 3e RIA, du 4 au 6 juin inclus.

L’occupation des positions de Mesnil le petit et des observatoires, la mise en place des moyens de transmission ont eu lieu dans la nuit du 3 au 4 et dans la matinée du 4 le groupe est prêt à tirer au profit du 3e RIA. La 9e batterie avait été laissée à Potte pour assurer une permanence d’appui au 112e RI.
Dans la journée du 4 juin, le groupe effectue des tirs d’accrochages et quelques tirs d’efficacité avec des sections nomades. En particulier une mission d’interdiction (donnée par le groupement ) sur un carrefour devant le front du 3e RIA.
Le plan de feu pour la défense de la position est transmis aux batteries dans l’après-midi.

Résumé de la situation du groupe après l’attaque allemande

À partir de la nuit du 4 au 5 juin, les batteries ont tiré presque sans arrêt, face à l’Est dans leur zone d’action normale pour l’appui du 3e RIA et parfois dans la zone du 3/112e à la demande du groupement voisin.
Toutes les munitions stockées sur la position de Potte-Morchain (environ 5000 coups) ont été ramenées à Mesnil au prix de grands efforts.

Nuit du 4 au 5 juin.

Vers 22 heures le groupe effectue un tir d’arrêt dans sa zone d’action éventuelle au profit du 112e .
Vers 23 heures le village de Mesnil le petit où se trouve le P.C. du groupe et bombardé par l’artillerie ennemie ; toutes les liaisons téléphoniques sont coupées mais elles peuvent être réparées rapidement.
On entend une violente canonnade vers le nord du secteur de la D.I. à partir de 3 heures.
Le 3e RIA fait connaître qu’il ne se passe encore rien sur son front, on ne sait pas exactement ce qui se passe à gauche, mais on se tient prêt à toute éventualité.

5 juin.

Le groupe tire au profit de l’infanterie dès le début de l’attaque allemande. Dans la matinée la 7e batterie est placée face à l’ouest sur ordre de l’A.D. pour tirer éventuellement sur des infiltrations d’engins blindés ennemis qui se produiraient sur les arrières de la Division.
Vers 15 heures les tirs des 7e et 9e batteries ont pu être déclenchés efficacement sur une colonne d’engins blindés longues de 2 km et en marche sur la route nationale, direction nord-sud (observation précise du lieutenant observateur qui s’était avancé avec un ER 22 jusqu’à quelques centaines de mètres de la route ).
L’artillerie du groupement voisin a été bousculée dans la matinée. Une batterie du 2/94 est recueillie sur la position du 3/94 vers 11 heures. Les deux autres batteries devront se replier dans la nuit suivante, ces batteries seront dans la mesure du possible ravitaillées en munitions par le 3/94 et renforceront utilement son action dans la journée du 6. Aucun ravitaillement n’arrivera plus au groupe après ce jour midi. Des munitions d’artillerie seront encore reçues dans la nuit du 5 au 6.

Les échelons du groupe sont dispersés dans un bombardement d’avion et une incursion d’engins blindés dans le bois d’Herly. Le commandement avait fait connaître que les chars ennemis seraient contre-attaqués par nos chars, mais il apparaît que le flot des engins ennemis ne pourra pas être arrêté.

6 juin.

Le groupe continue à tirer sans arrêt au profit de l’infanterie malgré les bombardements ennemis. Dans la matinée les positions sont en particulier sévèrement bombardées à basse altitude par avions sur lesquels on tire avec toutes les armes automatiques, les mousquetons et même à la 8e batterie avec obus à balles fusants lorsque l’avion pique perpendiculairement au front de batterie.
Le personnel fait preuve d’une ténacité admirable, d’autant plus qu’ils doivent tirer un lot de munitions qui donnent des éclatements prématurés.
Au cours de la journée la situation du groupe devient rapidement très précaire du fait de l’avance ennemie à l’arrière du front. Les liaisons (moto et cycliste) qui ont été envoyées vers l’arrière pour porter des renseignements et demander des ravitaillements ne sont plus revenues. Le détachement d’observation avec le poste ER 22 qui surveillait la zone arrière et avait permis la veille le déclenchement des tirs sur la route nationale n’a plus donné signe de vie. Un observateur envoyé dans cette direction à bicyclette est revenu ayant rencontré des engins blindés ennemis à moins d’1 km des positions. D’autre part un observateur avancé mis en place à Potte ( flanc gauche de nos positions ) pour surveiller les mouvements de l’ennemi, et relayé par fil avec le groupe, doit se replier au début de l’après-midi après avoir signalé une progression inquiétante dans cette région non couverte par de l’infanterie (jusqu’à Morchain, Potte même).
Le groupement mis au courant de la situation a confirmé que la mission du groupe reste de tenir sans esprit de recul, qu’aucun changement de position n’est à envisager.

Des observatoires rapprochés sont occupés par chaque batterie et l’observatoire du groupe est maintenu malgré des tirs dans le clocher de St Nicaise qui domine bien toute la région.
L’appui de l’infanterie se fait toujours dans de bonnes conditions ; toutes les liaisons téléphoniques du groupe sont maintenant en bon état de fonctionnement, en particulier avec l’observatoire, le P.C. du Chef de Bataillon d’infanterie, avec le groupement. Lorsque cette dernière sera définitivement coupée, vers 17 heures, on communiquera avec lui par ER 12.
Mais à partir de 17 heures , les batteries doivent être alertées à deux reprises pour faire face à une menace de flanc. D’après les renseignements donnés par l’observatoire du groupe, des tirs de la 7e batterie peuvent être déclenchés sur du personnel a découvert au sud de Licourt.
Enfin vers 18 heures, pendant qu’un violent bombardement de 105 s’abat sur le village de Mesnil le petit, une attaque d’infanterie (environ une compagnie, déployée, suivie par des camions ) débouche à environ 1200 m dans la direction sud. Le feu est ouvert immédiatement par 3 canons du 2e groupe Maccarez, mis en batterie à proximité du P.C. et par la 7e batterie. L’ennemi éprouve des pertes et reflue derrière un mouvement de terrain où le tir de la 7e batterie le poursuit d’après les observations de l’observatoire du groupe, relié en inter communication. L’observatoire voit que l’ennemi s’approche facilement du village à l’ouest et menace de le déborder dans cette direction.
La 7e batterie fait face en débouchant tous les obus à balles à distance. Le commandant de groupe qui a rendu compte de la situation au groupement par ER 12, demande instamment au Chef de Bataillon de lui envoyer un petit renfort d’infanterie. Le chef de bataillon dont le P.C. risque aussi d’être attaqué de moment à l’autre est dans l’impossibilité de le lui fournir. Il conseille d’essayer de se décrocher et de rallier le point d’appui de Mesnil- St Nicaise plus facilement défendable.
Entre temps, un lieutenant de la 7e batterie est venu au P.C. du groupe et rend compte que la batterie n’a plus de munitions et qu’elle est soumise au tir de l’infanterie ennemie ; les deux autres batteries n’ont plus que quelques obus à balles, les munitions des armes automatiques ont été épuisées dans les tirs contre les avions et il y a peu de munitions pour les armes portatives. La liaison par ER 12 avec le groupement est interrompue.

Le Commandant de groupe décide de porter le groupe dans le point d’appui d’infanterie. Il met les 8e et 9e batteries au courant de sa décision et donne l’ordre à la 7e de rejoindre Mesnil-St Nicaise après avoir mis le matériel d’artillerie hors d’usage. Le mouvement est possible, l’ennemi n’ayant pas encore renouvelé son attaque de la lisière nord du village où une pièce de la 9e batterie a été mise en position sur la route en avant de la barricade. Le commandant de groupe fait détruire un certain nombre de documents et de matériel du P.C., puis se porte vers les 8e et 9e batteries. Elles ont déjà pris toutes les dispositions pour évacuer les positions. Deux pièces de la 8e ont pu être sorties de batterie à bras, le reste du matériel a été mis hors service. Le matériel auto de chaque batterie et de l’état-major de groupe qui a pu être récupéré a été mis en route vers Nesle en passant à travers champs par la lisière est de la ville. Quelques hommes de la 8e batterie qui viennent d’être blessés sont renvoyés en même temps. Le commandant du 2e groupe qui avec son état-major avait lié son sort à celui du 3e, rejoint avec lui Mesnil-St Nicaise.

Les artilleurs sont mis à la disposition du chef de batterie, commandant le 3e RI qui leur fait distribuer des cartouches et des grenades. L’observatoire du groupe est resté en place. Il signale qu’on aperçoit quelques chars français entre Nesle et Mesnil. Le 3e groupe forme immédiatement trois sections qui avec un groupe de combat et un lieutenant d’infanterie seront mis en route vers Mesnil le petit dans l’espoir que les chars pourront faire le tour du village et le dégager. Mais le lieutenant revient au bout de 20 minutes déclarant il y a des chars allemands en vue et aucun char français.

L’ennemi a occupé la lisière nord du village, les artilleurs sont remis en place sous le commandement de leurs officiers au lisières de Mesnil-St Nicaise pour contribuer à la défense du point d’appui. On voit de l’infanterie ennemie déployée à faible distance au nord du village, mais elle ne paraît pas pousser son attaque.
Le chef du bataillon communique avec le P.C. du régiment à Languevoisin où se trouve également le P.C. du groupement d’artillerie. Il prévoit qu’un ordre de repli lui sera donné dans la nuit. À la tombée de la nuit il transmet au 3/94 l’ordre de rejoindre le 1/94 à Languevoisin.

Repli du groupe.

Le mouvement du 3/94 vers Languevoisin s’effectue sans incident à travers champs en s’éloignant le plus possible de la route de Nesle pour franchir le canal à l’est de cette ville. Le 1/94 est rejoint à Languevoisin vers 23 heures au moment où il se mettait lui-même en route pour effectuer un mouvement de repli. À partir de là le 3/94 continue son mouvement avec lui sous les ordres du Commandant Charnalet.
Les unités font mouvement pendant la nuit jusqu’à la Ferme de l’Hôpital où le 1/94 devait se mettre en batterie. Au lever du jour le colonel Lassagnes venu en cet endroit avec le Général Gérodias donne de nouveaux ordres pour continuer le mouvement de repli en gardant la liaison avec le P.C. de l’A.D.. Les unités sont mises en route immédiatement en utilisant un couvert situé à 200 mètres au sud et on voit bientôt des engins motorisés ennemis faisant irruption à la Ferme de l’Hôpital en dispersant quelques éléments d’infanterie amie.
Les nouveaux ordres reçus par le commandant Charnalet au P.C. de l’A.D. à Ressons sur Matz vers 14 heures furent les suivants : « La 29e D.I. se regroupera le 8 juin dans une zone située à environ 20 km au sud-ouest de Ressons sur Matz. Le 94e RAM occupera les villages de Lieuvillers et Erquinvillers. » Les C.R. ont reçu directement un ordre de mouvement pour se rendre à Noroy et ravitailler les unités dans la matinée du 8 juin.

Le commandant Charnalet fait transmettre aux unités l’ordre de rallier Ressons sur Matz dans la soirée. La colonne à pied du 3e groupe y arrive à 18 heures. Un camion et une camionnette rejoignent également le reste de la colonne avec le capitaine d’Allard et Arnal (7e), Grillon (8e) n’a pu être retrouvé sur l’itinéraire de repli qui lui avait été fixé et ne rejoint pas. Au cours du repli les colonnes ont été bombardées et ont dû se mettre à couvert à plusieurs reprises pour échapper aux coups de l’aviation ennemie.

Combat d’Erquinvillers

Le 8 au matin tous les éléments du 3/94 qui avaient pu rejoindre Ressons sur Matz le 7 au soir sont transportés à Erquinvillers par camions fournis par la Division, en même temps que le 2/94 qui doit cantonner dans cette même localité.

La situation était la suivante :
- E.M. du groupe : Cdt Blanc, Lts Dumoulin, Martin, Lecourt, Robert, vétérinaire Lt Courrège.
- 7e batterie : Lt Chalet
- 8e batterie : Lt Derome
- 9e batterie : Cne Nomdedeu, Lt De Gérin
- environ 150 sous-officiers et hommes comprenant la presque totalité de la 8e, la moitié de la 9e, et 1/5 de la 7e batterie.
N’avaient pas encore rejoint : une partie des échelons qui avaient dû se replier un jour avant le groupe est indépendamment de lui,
une partie de la colonne auto, qui la veille n’avait pu être touchée par l’ordre.

Au cantonnement d’Erquinvillers, le groupe doit faire le bilan des moyens qui lui restent et se reformer le plus tôt possible. Le personnel est harassé par les efforts fournis sur les positions pendant les journées précédentes et la très dure marche forcée qu’il vient d’effectuer en se repliant. Il n’a presque pas mangé depuis le 6 au matin, mais le moral et la bonne volonté de tous sont admirables.
C’est ainsi qu’une équipe de pièce de la 8e batterie ayant du, au cours du repli de la veille, laisser son canon au nord de Lagny par suite de la mort des mulets qui le traînaient, est volontaire pour aller chercher dans la nuit du 7 au 8 la pièce qu’elle avait camouflée en lieu sûr. N’ayant pu mener à bien cette tentative par suite de l’encombrement extraordinaire de la route, cette même équipe a bien voulu repartir le 8 au matin d’Erquinvillers et est allé jusqu’au contact de l’ennemi sur une ligne tenue par le 7e RIC.
Ainsi le commandant de groupe apprenait le 8 à 15 heures qu’une D.I. coloniale appuyée par son artillerie, résistait sur le parallèle Noyon- Lassigny. Il semblait donc qu’un peu de repos allait pouvoir être accordé au personnel dans la zone de regroupement fixé par la 29e D.I. D’autre part des officiers d’état-major étaient venus vers 15 heures, pour cantonner des services de la 19e D.I.

À 15 heures 30, le chef d’escadron Charnalet réunissait à Erquinvillers les mandants des 2e et 3e groupes pour leur donner des ordres. Au cours de cette réunion on apprend par le civil que des éléments motorisés ennemis ont été vus dans les environs. Le commandant Charnalet donne l’ordre de vérifier au plus tôt ce renseignement et de prendre immédiatement des dispositions pour la défense du village, lui-même part aussitôt rejoindre le 1/94 à Lieuvillers.
Les chefs d’escadron commandant les 2e et 3e groupes décident en commun accord de mettre chacun en état de défense les lisières occupées par leurs groupes ( 2/94 à l’ouest, 3/94 à l’est ). En même temps le commandant Blanc envoie en observation dans le clocher le Lt Lecourt qui vient rendre compte quelques instants après le départ du commandant Charnalet que quelques automitrailleuses ennemies sont en vue arrêtées vers le carrefour sur la route nationale en direction de Clermont. Le chef d’escadron peut aussitôt vérifier ce renseignement en montant dans les combles de la maison où se trouve le P.C. du groupe. Il voit que 5 ou 6 automitrailleuses se mettent en route sur la route nationale en direction de Clermont à partir du carrefour tandis, que 2 ou 3 engins blindés sont visibles arrêtés aux environs du second carrefour. Le village n’est pas encore attaqué mais il apparaît que toute la zone de stationnement de la D.I. est menacée d’encerclement.
Le lieutenant Lecourt est envoyé immédiatement en voiture porter ces renseignements au commandement. Mais quelques instants après de nouveaux engins blindés apparaissent à la suite des premiers vers les deux carrefours, et une vingtaine d’automitrailleuses ou chars et un certain nombre de side-cars s’engagent sur la route partant du second carrefour. Il est 16 heures 30 lorsque le village apparaît ainsi directement attaqué. Un engin blindé engagé sur la route de Lieuvillers à une distance de 100 m du second carrefour semble simplement surveiller en direction de ce village. Le commandant Blanc envoie le capitaine Nomdedeu au bureau de poste pour envoyer un message au commandement, mais ce message ne peut être transmis.
L’envoi d’une nouvelle liaison par la route est devenu impossible, il n’y a donc plus qu’à faire face et à se défendre jusqu’au bout, le mieux possible, en souhaitant que le commandement ait la possibilité de faire dégager le village. On espère ainsi que les unités voisines alertées, et en particulier les C. R. auront le temps de prendre des dispositions de repli.

Les dispositions prises pour la défense des lisières du village dans la zone de cantonnement du 3e groupe sont les suivantes : le groupe n’a aucun matériel d’artillerie, la plupart de ses armes automatiques sont dans les voitures qui n’ont pas encore rejoint et d’ailleurs les cartouches de ses armes ont toutes été tirées sur les positions. On devra donc uniquement utiliser les mousquetons dont le nombre est hélas inférieur à celui des hommes, et éventuellement contre les engins blindés, des bouteilles d’essence préparées à l’avance. Une réserve de cartouches qui avaient été transportée dans le camion du groupe, est immédiatement distribuée.
Les défenseurs bien encadrés par leurs officiers et leurs sous-officiers sont répartis dans les immeubles d’où l’accès au village peut être le mieux barré, et prennent leurs postes de tir ou d’observation aux fenêtres, combles et jardins. En particulier la défense du P.C. du groupe, une maison inhabitée en lisière du village, est organisée. Avec le commandant de groupe se trouvent dans cette maison : le capitaine Nomdedeu, le lieutenant Dumoulin, le lieutenant Martin, le vétérinaire Courrège et 4 hommes armés de mousquetons. Le lieutenant Derome commande le personnel de la 8e, le lieutenant de Gérin celui de la 9e et le lieutenant Chalet la 7e. Le sous-lieutenant Robert commande le personnel de l’E.M. du groupe et ayant peu d’armes à sa disposition, prend au début de l’attaque le parti de se replier avec quelques sous-officiers et hommes sans doute désarmés.
De la maison, P.C. du groupe, le chef d’escadron peut facilement observer l’ennemi et communiquer à la voix avec la 8e batterie.
Vers 16 heures 45, la fusillade est déclenchée à la lisière nord, lorsque les automitrailleuses ennemies viennent mettre à terre, à bonne portée de fusil, des combattants dont la plupart sont armés d’armes automatiques. L’ennemi riposte naturellement aussitôt par des rafales d’armes automatiques et canons de 25 sur les embrasures des immeubles, du PC et même du clocher où il n’y a plus personne. À partir de ce moment-là il fait preuve d’une certaine prudence. Sa tactique apparaît la suivante :
D’une base de feu de mitrailleuses lourdes et de canons de 25 et à une certaine distance des lisières à environ 500 m, il vient déposer au moyen d’engins blindés et le plus près possible du village, de préférence sous un couvert, des combattants, isolés ou par groupe de 2 ou 3, et armés soit de mitrailleuses légères, soit de mortiers lance-grenades ou de grenades à manches. Dès le début de l’attaque une automitrailleuse est venue mettre le feu à une grange située à environ 100 m à l’est d’Erquinvillers, sur la route de Lieuvillers, sans doute pour signaler l’objectif à l’aviation. Une voiture blindée T.S.F. stationne dans le champ un peu à l’écart du gros des engins blindés à une distance d’environ 500 m.

De notre côté nous opérons comme suit : économiser à tout prix les munitions en ne tirant qu’à bon escient et surtout pas sur les engins blindés (aucun side-car ne s’avance à portée de nos fusils ), mais observer attentivement de tous côtés et sans relâche en se camouflant le plus possible, en particulier les points où les automitrailleuses viennent s’arrêter et où elles ont pu déposer des combattants. Tirer à coup sûr dès que ceux-ci approchent et se déplacent pour prendre un poste de tir.

L’ennemi paraissant disposer de grandes quantités de munitions tire beaucoup. Le combat dure ainsi pendant 4 heures et l’ennemi subit des pertes élevées.
Vers 18 heures 30, la maison de la lisière nord du village occupée par le maréchal des logis Paskowski et des hommes de la 8e batterie s’écroule en partie sous un tir violent de canons de petit calibre et de mitrailleuses lourdes. On apporte au PC du groupe un homme blessé assez gravement par balle. Les défenseurs de cette maison qui disposaient d’un bon champ de tir sur les vergers de la lisière nord sont obligés d’occuper près du sol des emplacements moins favorables. On peut craindre que l’ennemi puisse en se faufilant dans ces vergers pénétrer dans le village par l’ouest. D’autre part le commandant de groupe n’entend pas de fusillade à la lisière ouest du village et se demande si le 2/94 la tient toujours. On apprendra plus tard que le commandant du 2/94 disposant d’un nombre très faible de combattants avait été très vite cerné par l’ennemi dans la ferme qui lui servait de P.C.. Un sous-officier envoyé en liaison vers lui s’était heurté à des feux continus de l’ennemi.
À peu près en même temps l’ennemi a réussi à attaquer la lisière sud-est du village. Le lieutenant Derome commandant la 8e batterie doit replier un groupe de défenseurs placé en bordure de la route, mais l’accès du cantonnement sera toujours interdit à l’ennemi. Une automitrailleuse est venue passer deux fois dans le village, mais sans troubler la défense et sans pouvoir déposer des combattants. Chaque fois des défenseurs de la 8e batterie ont été volontaires pour lancer sur l’engin des bouteilles d’essence enflammée, qui n’ont pas eu l’efficacité espérée.

Vers 20 heures l’ennemi à déposé à l’abri d’un mur de clôture, des combattants qui vont essayer d’occuper une petite maison basse en bordure de la route et contigüe au PC. Cette maison était habitée par un ménage de cantonniers qui s’était enfermé chez lui le mieux possible dès le début de l’alerte. Mais l’observation des défenseurs étant restée bonne, le premier combattant ennemi qui apparaît au coin de l’immeuble, mal abrité par un camion civil arrêté à cet endroit, et abattu par le tir de la 8e batterie. Le lieutenant Derome ayant vu que le soldat ennemi tenait à la main un papier, s’est précipité à cet endroit avec un magnifique courage et avec l’aide d’un canonnier a transporté le corps dans le PC du groupe.
Après 20 heures l’ennemi réussit à occuper la maison basse de la manière suivante. Il pousse en avant de lui le lieutenant Delbourg en lui demandant de crier « Ne tirez pas…. rendez-vous ». Le lieutenant Delbourg officier de l’approvisionnement du groupe ne dit rien et Derome lui crie d’avancer. Le lieutenant Delbourg se porte au milieu du carrefour tandis que Derome fait tirer ses hommes sur le coin de l’immeuble. Ce tir n’atteint pas Delbourg mais l’ennemi peut bientôt briser une fenêtre du rez-de-chaussée de la maison du cantonnier et entrer à l’intérieur.
On apprend plus tard que le lieutenant Delbourg avait été fait prisonnier dans les conditions suivantes : vers 16 heures 30, il avait appris à Noroy que l’ennemi été signalé dans les environs immédiats, il était venu aussitôt à Erquinvillers pour alerter son groupe. L’attaque ennemie se déclencha en effet peu après son arrivée dans le village et pendant qu’il revenait à pied à Noroy il fut surpris par deux automitrailleuses ennemies qui le ramenèrent vers Erquinvillers. Pendant l’attaque du village Delbourg reste exposé aux balles de nos mousquetons. Ayant occupé la maison basse, mais ne pouvant en déboucher, l’ennemi lance des grenades à l’intérieur du P.C.

Bientôt les Allemands font avancer dans la rue jusque devant le P.C. un canonnier français qui, les bras en l’air vient crier « Rendez-vous…. ou sinon les maisons seront détruites ». Comme aucune réponse n’est donnée, le manège est renouvelé plusieurs fois. Le canonnier affolé supplie qu’on se rende, que « C’est un ordre du commandant Rodet ». On saura plus tard que ce canonnier appartient au 2e groupe, fait prisonnier depuis un certain temps et dont tout le personnel a été conduit au nord d’Erquinvillers en passant au nord du village.

Le lieutenant Derome demande ce qu’il doit faire, ses hommes n’ont plus de munitions. L’autorisation de se rendre est donnée par le commandant de groupe car il n’y a plus de cartouches nulle part et toute résistance est devenue impossible. À la réflexion il a paru évident qu’il n’y avait plus aucune autre alternative à ce moment-là, le sacrifice de vies humaines eut été vain. D’autre part la majorité des maisons était occupée par des civils, femmes et enfants, qui dès le début de l’attaque avaient été mis dans les caves.

À 21 heures 30, presque à la tombée de la nuit, le personnel du 3e groupe se rend la mort dans l’âme et retrouve bientôt sur la route le personnel du 2e groupe qui l’accompagnera dans l’odyssée lamentable de la captivité. La résistance a duré plus de 4 heures et nos pertes ont été faibles, tandis que l’ennemi a eu un assez grand nombre de tués. On espère que cette résistance aura épargné aux unités voisines et en particulier au C.R. l’attaque de l’ennemi qui se fixe pendant la nuit aux lisières d’Erquinvillers et sur la route nationale de Saint-Just à Clermont.

Il convient de louer l’esprit admirable de sacrifice de tous les officiers qui ont secondé jusqu’au bout le Commandant de groupe en faisant preuve d’un mépris absolu du danger et qui ont su entraîner magnifiquement leur personnel et l’animer du même esprit. Tous d’ailleurs avaient déjà fait leurs preuves au cours des attaques subies sur la Somme jusqu’au 6 juin au soir, ou avant que fut donné l’ordre de repli, ils se sont trouvés face à l’ennemi dans les tranchées du point d’appui d’infanterie, bien isolés, à lutter jusqu’au bout.

En captivité, nous avons passé la nuit du 8 au 9 dans une carrière sur la route nationale au nord d’Erquinvillers, au centre du point d’appui ennemi et avons pu constater que l’attaque ennemie venait de la direction ouest (Amiens ), coupant la route nationale de Saint-Just, qui le 8 au soir était encore occupée par nos troupes. Un groupe d’artillerie motorisée ennemie pris position dans la nuit à hauteur de notre carrière. Dans la matinée du 9, des chars français ont contre-attaqué, mais hélas se sont heurtés à un trop grand nombre d’engins blindés.

Méritent d’être cités à l’ordre, particulièrement pour leurs belles conduites au combat d’Erquinvillers : le capitaine Nomdedeu, les Lieutenants de Gérin, Derome, Dumoulin, Martin, Delbourg, Courrège.

Je demande que la croix de la Légion d’honneur soit décernée aux Lieutenants Derome et Delbourg qui ont accompli des actes de bravoure particulièrement remarquables.

Le capitaine Nomdedeu, qui a, en toutes les circonstances critiques, fait preuve de qualités remarquables de jugement, de sang-froid et de courage, mérite, étant donnés son âge et ses états de service de la guerre 14-18, d’être récompensé par la rosette d’officier de la Légion d’honneur.

En outre, j’appuie très fortement les propositions établies d’autre part pour le personnel troupe dont la bravoure a été admirable.

Je demande que la médaille militaire soit décernée au Maréchal des Logis Christini et au Brigadier-chef Barthélemy qui se sont particulièrement distingués et ont donné l’exemple des plus belles vertus militaires.

Le chef d’escadron BLANC.

(Marc Pilot – Picardie 1939 – 1945 -juin 2012)

 

Historiques et témoignages

 

Historiques et témoignages

 

Division
Unités rattachées
Passage dans la Somme
Date
2e RM
PAD 3
Le sacrifice de deux artilleurs à Amiens
20 mai 1940
28e RRG
Lieutenant Bernard PADOT
mai-juin 1940
1er CA
101e RALA
Gérard LAMBLIN, BHR
5 juin 1940
3e DLI
140e RIA
Encadrement
mai – juin 1940
4e DIC
2e RIC
Position des officiers
25 juin 1940
2e RIC J.M.O.  20 mai – 8 juin 1940
2e RIC Rapport CAB 2, Remiencourt 7 juin 1940
610e RP
Caporal Jean Hervagault,1er Bn, 1ère Cie, Montdidier
10 juin 1940
13e DI
28e RA
Capitaine LETANTER, souvenirs, Saleux
fin mai – 5 juin
1940
16e DI 19e GRDI Maréchal des Logis Jean LASNIER, Oresmaux 6 juin 1940
19e DI 22e RMVE  Berny-en-Santerre, Villers-Carbonnel,
Fresnes-Mazancourt
mai- juin 1940
29e DI
24e BCA
Carnet de guerre du Sergent-chef Lucien MARTELLI, 2e Cie, Moyencourt
fin mai – 7 juin 1940
25e BCA
Historique
Hattencourt, Fonches, Curchy, Liancourt-Fosse
30 mai – 8 juin 1940
25e BCA
Souvenirs, Marcel BACCOU, Hattencourt
4 et 5 juin 1940
34e GRDI
Historique, Rethonvillers, Champien et Balâtre
5 et 6 juin 1940
94e RAM
Encadrement et JMO
5 au 7 juin 1940
94e RAM
Rapport du Chef d’Escadron BLANC Cdt le 3/94e R.A.M.
4 au 8 juin 1940
94e RAM
BARBE Georges, 1er Groupe – 2e batterie, Moyencourt
28 mai au 7 juin 1940
Divers
Armée de l’Air
Répertoire des aviateurs tombés dans le Santerre
mai – juin 1940