Alain Nice

Aisne 1940
Combats oubliés
Brunehamel, Mont-Saint-Jean, Marle
15 – 16 mai 1940

 

 Alain Nice prépare un 6e ouvrage dont la sortie est prévue en 2017.

 

Et de 5 ! Alain Nice vient de mettre la touche finale à son cinquième ouvrage. Cette fois, il se consacre aux combats qui se sont déroulés les 15 et 16 mai 1940 dans le secteur de Marle, Brunehamel et Mont-Saint-Jean.

Votre cinquième ouvrage évoque un épisode méconnu de l’histoire axonaise, comment en êtes-vous venu à vous y intéresser ?

J’aime beaucoup les sujets qui sortent des sentiers battus et qui font avancer la connaissance historique. Autant tout le monde a entendu parler des combats qui se sont déroulés les 17 et 19 mai à Montcornet, autant ceux-là sont passés à la trappe.

Comment peut-on expliquer cet oubli ?

Nous sommes, en ce qui concerne Montcornet, Marle, Brunehamel et Mont-Saint-Jean, sur des événements très locaux. Des combats de ce type, il y en a eu un peu partout. Ceux de Montcornet ont été rendus célèbres en raison du profil de l’un des protagonistes : le général Charles De Gaulle. De ce fait, on a un peu oublié les combats qui les avaient précédés. Pourtant, lorsqu’on voit les photos prises à Brunehamel et Marle, on s’aperçoit que les combats ont été extrêmement violents. Près de 90 militaires ont été tués, sans oublier les seize civils, deux Belges et quatorze Français.

Justement, les photos que vous présentez dans votre livre sont terribles, d’où viennent-elles ?

Elles sont le fruit d’un gros travail mené par deux hommes, un Français François Copigneaux et un Allemand Hermann Feistel, ce dernier était marié avec une Française, tous deux habitants de Brunehamel. Après guerre, les deux hommes sont partis en quête de documents relatifs cette période. Ils sont allés jusqu’en Allemagne pour dénicher ces photos, la collection qu’ils ont constituée est exceptionnelle. Pour rédiger les textes, je me suis appuyé sur les journaux de marche tenus par l’armée. Nous pouvons ainsi suivre pas à pas la progression des deux armées, lors de ces deux jours de combats.

Pour votre prochain ouvrage, vous changez d’époque, devons-nous nous attendre à de nouvelles révélations sur la Grande Guerre cette fois ?

Dans Sturmgrenadiere à Bosmont, j’évoque l’occupation allemande à Bosmont. je ne ferais peut-être pas de révélation mais une fois de plus je ramènerai la lumière des événements parfois ignorés.

Marie-Pierre Duval, l’Aisne Nouvelle, 18/11/2016

 

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WILMOUTH Metty

Á l’ombre de la Botte
Mémoires de guerre
WILMOUTH Metty
F. Paillart, éditeur, 1998, 189,p.
wilmouth

 

 

Ce jeune Lorrain a occupé la fonction d’interprète à la Kreiskommandantur d’Abbeville de novembre 1940 à la Libération. Il n’était en rien un collaborateur, sa préoccupation première était de quitter la zone annexée et d’échapper à l’enrôlement. Il fut très rapidement recruté par le procureur, M. Couétoux, un officier de renseignement des Forces Françaises Libres. Il avait mesuré l’importance d’avoir quelqu’un dans la place ; Metty Wilmouth n’hésita pas en effet à prendre de gros risques ; n’hésitant pas à soustraire des documents.
L’un des dossiers qu’il subtilisa concernait la tristement célèbre affaire du kiosque d’Abbeville avec l’exécution sommaire prisonniers politiques civils le 20 mai 1940. Il contenait en particulier l’acte d’accusation allemand de 15 pages mettant en cause le Lt Caron et le Sgt-chef Mollet du 28e Régiment Régional de Garde et des membres d’une unité de transport. L’analyse de ce texte pointait une certaine responsabilité du Lt Caron et c’est peut-être pour cela que le procureur refusa après la Libération de s’associer à un journaliste du Courrier Picard pour aider Wilmouth à mettre en forme ses souvenirs.
Ce livre, d’une lecture agréable, est un témoignage important pour comprendre le fonctionnement de cette Kreiskommandantur.

Marc Pilot, 20 novembre 2016.