33e RICMS – Encadrement

Lieutenant-colonel CRAPON
Chef de bataillon TREMOULET

État-Major

Compagnie Hors Rang

Capitaine LARTIGUES Capitaine THEVENARD
Capitaine SIE Lieutenant PONCET
Lieutenant DALLE Lieutenant DAROT
Lieutenant GALAN Lieutenant GEGOUE
Lieutenant PEYROLLES Lieutenant LOURTEAU
Médecin-Cap DENACLARA Dentiste-lieutenant ROCHETTE
Vétérinaire-Lieutenant CHASSAING  

 

Compagnie de Cdt

C.R.E

Capitaine ANTONIN Capitaine GRAS
Lieutenant VEDEAU Lieutenant GODEFROY
Lieutenant BEAUTES Lieutenant DELORD
Sous-lieutenant GROSMANGIN  

 

Premier Bataillon

Chef de bataillon SCHNEIDER
Capitaine LIVROZET
Lieutenant BARBIE
Médecin Sous-lieutenant DUBARRY

1ère Compagnie

2e Compagnie

Lieutenant DENAT Lieutenant TAVERT
Lieutenant LOUPIAS Lieutenant GAVILLOT
Sous-lieutenant RINER Sous-lieutenant GAUDY
Sous-lieutenant JEZE Sous-lieutenant GALEAZZI

3e Compagnie

C.A.1

Capitaine REGINENSI Capitaine MATTEI
Lieutenant GISSELBRECHT Lieutenant OUTIN
Sous-lieutenant BONVIN Lieutenant PAREN
Sous-lieutenant BOURLON Lieutenant VAR

 

Deuxième Bataillon

Chef de bataillon AMIEL
Capitaine REVIRE
Lieutenant GAUSSERAND
Médecin Sous-lieutenant CHARBONNIER
Médecin Sous-lieutenant BRODEUR

5e Compagnie

6e Compagnie

Capitaine MAITRE Capitaine CHANCHE
Lieutenant BOCQUET Lieutenant BICHOT
Lieutenant MARY Lieutenant CHASSAING
Sous-lieutenant MULLER Sous-lieutenant LE GALL

7e Compagnie

C.A.2

Lieutenant d’HERBES Capitaine GAYRAUD
Lieutenant DELPLA Lieutenant TOUZEAU
Lieutenant ISSOULHE Lieutenant ROUMIEU
Sous-lieutenant SAOLI Lieutenant ROUSSET
  Sous-lieutenant MARSAL

 

Troisième Bataillon

Chef de bataillon FOUET
Capitaine GANCELLIERI
Lieutenant LASSALLE
Médecin Sous-lieutenant PERELLON

9e Compagnie

10e Compagnie

Lieutenant FALL Lieutenant BOUAN
Lieutenant LEROY Lieutenant LAMBERTIE
Lieutenant FAVRE Sous-lieutenant DUCAMP
Sous-lieutenant LE GORGEU Sous-lieutenant BALBIN

11e Compagnie

C.A.3

Capitaine GUINTINI Capitaine PADOVANI
Lieutenant ALIZART Lieutenant BERTHET
Lieutenant BOHN Lieutenant REY
Lieutenant GUIGON Sous-lieutenant MONTOSSE

 

© Picardie 1939-1945 – Marc Pilot – juillet 2016

6e GAM (Groupe d’Autos-Mitrailleuses)

On doit déjà à Erik Barbanson « Verberie juin 1940 » en collaboration avec Bruno Roux (Edition mairie de Verberie juin 1990) et « Picardie juin 1940 : les chars de la 7e Armée dans la tourmente » avec Régis Potié dans Histoire de Guerre numéro 15 de mai 2001.
Dans sa dernière publication « L’épopée du 6e GRDI » Batailles et Blindés HS n°3 (encore disponible auprès de l’éditeur ici) il aborde l’origine de cette unité avec le 6ème GAM qui stationnait à Compiègne jusqu’à l’entrée en guerre. Pour notre plus grand plaisir Erik Barbanson met à notre disposition une présentation du 6e GAM dans sa ville de garnison et nous l’en remercions vivement.

Le 6e GAM à Compiègne

 

La génèse

Au début des années trente, la cavalerie française compte quelques unités motorisées dont 12 escadrons d’automitrailleuses de cavalerie (EAMC) basés en métropole. Ces escadrons ont été créés en 1922 par transformation des groupements d’automitrailleuses, autocanons de la guerre 14-18.
Le quartier Othenin de Compiègne, du nom du célèbre major mort en 1814 durant la défense héroïque de la ville face aux prussiens, est occupé par le 22e escadron d’automitrailleuses de cavalerie qui dépend alors du 6e Régiment de Spahis Algériens ce qui vaut aux hommes de porter la tenue kaki-moutarde des troupes coloniales et la Chéchia.
Ce 22e escadron d’automitrailleuses de cavalerie sert à la relève d’unités en Syrie où il a d’abord lui-même servit. Il est alors uniquement équipé d’automitrailleuses White. Issu de la 1re Guerre Mondiale, cet engin est alors le seul disponible en grand nombre. Le manque de crédits n’a pas encore permis à la Cavalerie l’étude puis la mise en fabrication de véhicules plus modernes. Le quartier Othenin est installé dans les anciennes écuries du château de Compiègne et se trouve en contre bas de ce dernier, près du quartier Bourcier (devenu aujourd’hui l’école d’état-major), où est installé le 6e Régiment de Spahis Algériens.
Dans le milieu des années trente, Compiègne est une ville de garnison importante avec une unité d’aérostiers, le
1er bataillon du 67e RI, le 6e Régiments de Spahis Algériens et bien entendu le futur 6e GAM. M. Rousseau se souvient que lorsqu’il avait quartier libre et qu’il se promenait en ville, il était difficile de faire un pas sans saluer un gradé !
Durant cette période, l’escadron peint sur ces véhicules un insigne inspiré de l’histoire de la région et choisit une devise. L’insigne se compose d’un chevalier armé d’une lance et chargeant au galop. Ce dernier se veut la copie de la statue équestre, visible dans la cours d’honneur du château de Pierrefonds et dont l’escadron se veut le digne successeur. Dans cette continuité, une partie de la devise des chevaliers de Pierrefonds est reprise par l’escadron : « Preux demeurons », la devise complète étant : « Chimères chevauchions, Foudres lancions, Preux demeurons ».

 

 

Le 3e GAM

En 1933, le 22e escadron d’automitrailleuses de cavalerie devient le 3e escadron d’AMD du 3e GAM (Groupe d’Auto Mitrailleuses) de Paris, mais reste au quartier Othenin. Ce GAM a la particularité d’être dissocié sur plusieurs sites, dont le principal est l’école militaire à Paris. Détail amusant, les hommes du 3e escadron conservent les uniformes de couleur kaki-moutarde du 22e escadron alors que leurs homologues sont en bleu horizon.
Le matériel subit une première modification avec l’arrivée de quelques automitrailleuses Panhard 165/175 TOE (territoire d’opération extérieur), conçues pour les colonies d’où la présence de réservoirs d’eau potable pour l’équipage.
Le 1er janvier 1935, le 3e escadron du 3e GAM est toujours cantonné à Compiègne. A cette époque l’escadron est commandé par le capitaine Bodelot et se compose de deux pelotons de trois automitrailleuses Panhard 165/175 TOE et de deux pelotons de trois automitrailleuses White, soit un total de douze engins. Avec, le 2e bataillon de dragons portés, le 3e GAM entre alors dans la composition de la 3e Division de Cavalerie.
Début 1935, l’ensemble des fractions du 3e GAM peignent sur leurs véhicules « le Chevalier de Pierrefonds », issu du 22e escadron d’automitrailleuses de cavalerie et ceci jusqu’à la transformation du 3e escadron en 6e GAM.

 

 

 

La création du 6e GAM

Le 1er octobre 1935, le 6e GAM est crée en fusionnant le 3e escadron du 3e GAM avec le 3e escadron du 5e GAM de Lyon qui était auparavant stationné à Cortez en Corse. Le chef d’escadrons Montjean prend le commandement de ce nouveau Groupe d’Auto Mitrailleuses. Par la suite, il sera remplacé par le commandant Gruss.
Lors de sa création le 6e GAM reprend les traditions du 22e escadron d‘automitrailleuses et se dote d’un insigne métallique, objet alors très en vogue dans l’armée française. Cet insigne a pour but de fédérer les hommes de l’unité autour d’une devise et d’une tradition. L’insigne se compose d’un octogone irrégulier sur lequel se détache en relief un chevalier armé d’une lance et chargeant au galop. Ce dernier rappelle les chevaliers de Pierrefonds dont le GAM se veut le digne successeur et dont il reprend une partie de la devise gravée sous le cheval : « Preux demeurons ». De chaque côté du chevalier se trouve le sigle 6e GAM. A l’arrière de cet insigne se trouve marquer le nom du fabricant : Arthus Bertrand Paris Déposé.
Le 6e GAM se compose alors de deux escadrons. Le 1er escadron (ancien 3e escadron du 3e GAM), sous les ordres du capitaine Bodelot, comprend tous les engins blindés tandis que le 2e escadron (ancien 3e escadron du 5e GAM), sous les ordres du capitaine Renault, comprend les motocyclistes, les mitrailleuses et les canons.
Le 1er escadron avec ses automitrailleuses et les services, dont les services administratifs, occupent le quartier Othenin. Le 2e escadron se trouve au quartier Bourcier avec l’état-major et occupe le premier étage du bâtiment longeant l’Oise, le rez-de-chaussée étant réservé aux écuries du 6e Régiment de Spahis Algériens.
Le 2e escadron du capitaine Renault, comprend : Trois pelotons de motocyclistes sous les ordres des lieutenants Goyon de Camy-Gozon, Thiriat et du sous-lieutenant Roquefeuil et un peloton d’engins sous les ordres de l’adjudant Paumé et du Mdl-chef Nourry, ce dernier peloton comprenant 2 canons antichars de 25, 2 mitrailleuses Hotchkiss et un mortier de 60.
Le peloton de commandement de l’escadron comprend le sous-lieutenant Grégoire Sainte-Marie, l’adjudant Costa, le Mdl-chef Giraud, chef comptable, le Mdl Pernoud, fourrier, le Mdl-chef Fritz, responsable de l‘atelier de dépannage de l’escadron.

 

 

 

Fin 1937, début 1938, le matériel évolue

Durant les années 1937 et 1938, le matériel blindé évolue tout comme les motos René Gillet type G qui sont progressivement remplacées par des René Gillet de 750 cm3 puis par Gnôme et Rhône type XA.
Les premières AMR Schneider P 16 arrivent courant 1937. Elles sont directement récupérées auprès du 18e Dragons et du 4e Cuirassiers de Reims, à fur et à mesure de leur transformation sur chars Somua et Hotchkiss. Quelques rares P16 proviennent du 3e GAM. Un total de 14 AMR P 16 est affecté au GAM, à ce chiffre il convient de rajouter deux AMR 33.
1937 voient aussi l’arrivée des dix premières AMD Panhard 178, afin de remplacer les White dont il ne restera, la veille de la mobilisation que deux ou trois châssis sans tourelle affectés à l’école de conduite. Jusqu’à la mobilisation, la dotation théorique de 16 AMD sera réalisée en maintenant deux pelotons de Panhard TOE.
D’autres matériels sont affectés au 6e GAM, comme le prototype de la AMD Panhard 165/175, immatriculé 14012, utilisé sans tourelle pour les manifestations officielles et ceci jusqu’à la mobilisation, le chef de corps se tenant alors debout par l’orifice laissé libre par la tourelle, avec son officier adjoint et un porte drapeau.
Nous trouvons aussi deux AMR P28 Citroën récemment réformées et affectées à l’école de conduite.


 

1938 – L’encadrement du 6e GAM

En 1938, le 6e GAM est sous les ordres du chef d’escadrons Gruss. Il forme avec le 7e GAM de Saint Omer et le 7e Chasseurs d’Evreux qui est à moitié motorisé, le 3e Groupement de Cavalerie que commande le futur général Chanoine et dont l’état-major se trouve à Compiègne. Le commandant d’armes de Compiègne était alors le général du Cor du Prat de Dauraimont.
A cette époque le capitaine de Tarragon remplace le capitaine Bodelot à la tête du 1er escadron. Parmi les officiers du 1er escadron, il faut signaler la présence du lieutenant Kaminski qui était déjà présent aux côtés du capitaine Bodelot à l’époque du 3e escadron du 3e GAM.
La composition du 6e GAM a peu évolué depuis sa création. Il se compose toujours d’un état-major avec le commandant Gruss, officier adjoint le capitaine Bleny d’Avricourt et les officiers Pruvost, Raynaud, trésorier, Major et Farrault au service de santé, d’un EHR avec le capitaine Christophe, d’un escadron à six pelotons d’automitrailleuses avec le capitaine de Tarragon, Kaminski, Dargnies, Dattez, Loffroy, Mirabaud, Biaggi, Noethiger et d’un escadron mixte avec le capitaine Renault, composé de trois pelotons de motocyclistes, d’un peloton de mitrailleuses et d’un groupe de canons de 25, avec Roquefeuil, Thiriat, Marchant, Fontaine-Descambres, Millat, Paumé et Costa.
Fin 1938, Fontaine-Descambres cédera sa place à Costa et de Salaberry remplacera Costa. De même, Delrue, Grégoire Sainte-Marie ou du Passage rejoindront le 6e GAM.
L’effectif global est d’environ une vingtaine d’officiers, 45 sous-officiers, 50 brigadiers-chefs et brigadiers et 200 cavaliers, soit un total d’environ 315 hommes.

 

 

 

Le quotidien des hommes aux quartiers Othenin et Bourcier

L’activité des hommes lorsqu’ils se trouvent aux quartiers Othenin ou Bourcier est quasiment similaire à celle que vivent les militaires d’aujourd’hui.
Tout d’abord nous avons le réveil qui se faisait d’abord au clairon avant que l’unité ne soit équipée d’un klaxon électrique. Le réveil au clairon est conservé en manœuvre.
Après une rapide toilette effectuée dans une salle équipée d’une quarantaine de robinets alimentant de lavabos sans glace ce qui faisait que chaque homme avait un petit miroir, les hommes remontent en chambrée pour boire le « jus » que certains appellent jus de chique ou de chaussette tant son goût était désagréable, accompagné d’un morceau de pain et de chocolat noir.
Les dortoirs se composent de grandes salles partagées en deux chambrées dans le sens de la longueur. Chaque chambrée comprend une vingtaine de lits, ainsi qu’une table massive en bois avec un banc de chaque côté. Au-dessus de chaque lit, le paquetage est rangé sur une simple planche. Les vêtements sont soigneusement pliés, les uns sur les autres. Les lits « au carré » sont recouverts d’une couverture marron, tandis que les draps sont en lin, très résistant mais d’une couleur peu engageante. Chaque chambrée est sous la responsabilité d’un brigadier-chef ou brigadier.
Les sous-officiers sont logés par deux dans une chambre équipée d’un placard pour deux, d’étagères, et d’une table avec deux tiroirs et deux chaises.
Après le petit déjeuner a lieu le premier appel de la journée.
La journée est marquée par différents activités : la garde du cantonnement, les traditionnelles corvées, avec le nettoyage du cantonnement et des latrines, l’instruction militaires avec les cours théoriques, dont le maniement du mousqueton, les transmissions, les cours pratiques avec le tir, les écoles de conduite sur automitrailleuse ou side-car et les écoles des élèves brigadiers mais aussi l’entretien du matériel et des véhicules. Pour finir, l’éducation sportive tient une grande place dans la formation des soldats.
Pour le tir au canon, le 6e GAM n’a pas de champ de tir assez grand sur Compiègne, mais un dispositif de fortune a été créé. Il consiste à fixer un fusil le long du canon, aussi bien pour les AMR que pour les canons antichars de 25 mm, afin de jumeler les deux armes. Ainsi il est possible de manœuvrer les canons seulement au lieu de tirer au canon, on tire au fusil sur une cible (maquette d’un char) de quelques centimètres carrés, située à 100 mètre de distance et qui se déplace sur un circuit à une vitesse constante et lente. Les tirs réels se déroulent habituellement dans les camps d’instruction de Mourmelon et de Sissonne.
Au quartier, la tenue usuellement portée est le bourgeron et le treillis en toile bleue ainsi que des sabots.
Deux repas seront donnés dans la journée ainsi que plusieurs appels. Le réfectoire se trouve au quartier Othenin et pour y aller, chaque homme emporte son quart, sa fourchette, une cuillère et un couteau. Avant d’entrée au réfectoire, les hommes exécutent la traditionnelle corvée de patates. Les menu sont simples, voici en exemple un menu type de 1936 : bouillon avec des morceaux de pain, viande bouillie, pommes de terre à la vapeur avec des choux, compote de pommes, le tout accompagné d’un morceau de pain et arrosé par un quart de vin, d’eau.
A partir de 1938, les menus s’améliorent avec des plats plus élaborés tel que du boudin, de l’andouillette ou du gratin. De même une machine à éplucher les pommes de terre permet d’alléger la corvée de patate. De même, les sabots disparaissent des quartiers pour des chaussures montantes avec semelle caoutchouc (achat personnel permis et encouragé par le commandant Gruss afin de donner une allure plus moderne à ses hommes !)

 

 

 

Les manœuvres, les prises d’Armes et les défilés militaires

Les manœuvres sont toujours des moments forts pour un régiment. Elles permettent de mettre en pratique les enseignements théoriques qui ont été reçus à la caserne.
Dans le secteur de Compiègne cela se passe au champ de manœuvre situé derrière Royalieu et au champ de tir situé dans l’allée des Beaux Monts face au château.
Les manœuvres s’effectuent aussi dans les camps militaires prévus à cet effet et dans les villages et la campagne situés dans le secteur de la caserne. Dans ce dernier cas, le contact avec la population locale a un double intérêt ; il permet de renforcer les valeurs patriotiques mais aussi de rassurer sur la puissance de notre armée dans une période où la montée du nazisme inquiète beaucoup ! Souvent un dépôt de gerbe a lieu au monument aux morts de la commune ébergeant la troupe.
La vie militaire Compiègnoise est rythmée par ses deux régiments phares, le 6e GAM, bien entendu mais aussi par le 6e Spahis Algériens. Ce régiment, haut en couleur, forme avec le 4e Spahis Marocains, cantonné à Senlis, la 1re Brigade de Spahis. N’oublions que les interactions entre ces deux régiments sont fortes car le 6e GAM est issus du 22e EAMC qui dépendait du 6e Spahis Algériens, au début des années trente !
Le 6e GAM et le 6e Spahis Algériens vont ainsi avoir le privilège de participer aux mêmes manifestations militaires au sein de la ville de Compiègne.
De part sa position géographique, à quelques kilomètres de la clairière de l’Armistice avec son célèbre wagon où fut signé la fin de la première guerre mondiale et à environ 80 kilomètres de Paris, le 6e GAM est régulièrement sollicité le 11 novembre.

 

 

 

Les courses et concours militaires

Ces concours ont pour buts d’encourager le sport moto dans l’armée afin de promouvoir sa motorisation. Au sein du 6e GAM, le lieutenant Thiriat est connu pour ses exploits sportifs à moto. Autour de lui il forme une équipe soudée et performante qui s’illustre à de nombreuses reprises lors de concours, en particulier à celui de Spa en Belgique. Il y a aussi de nombreux autres concours militaire comme la coupe de l’armistice, le concours interarmes en forêt de Fontainebleau, regroupant près de 400 participants.
Des exercices moins complexes permettent à la troupe de s’entraîner au maniement difficile des side-cars. Lorsque la guerre éclatera ces engins seront progressivement remplacés, par tous les belligérants, par des voitures comme la jeep, beaucoup plus facile à conduire et permettant d’emporter un armement varié et une plus grande quantité de matériel. Les sides et motos seront alors relégués à de simples missions de liaison.

 

 

Le tour de France Moto de 1938

Ce dernier se déroule entre le 30 avril et le 15 mai 1938, avec 99 participants : 81 militaires et 18 civils. Les militaires sont répartis en équipe de trois soit un total de 27 équipes réparties en 10 équipes de la cavalerie, quatre du train, cinq du génie, deux de l’artillerie, trois de l’infanterie (char de combat) et trois de la Garde républicaine.
La course comprend treize étapes sur un parcours de 5020 kilomètres. Après avoir étaient rassemblés au quartier Gramont de Saint Germain-en Laye, casernement du 8e Cuirassiers, le départ des candidats à lieu de Paris. Le tour ne passe ensuite par Dieppe, Lille, Nancy, Lyon, Avignon, Le Ventoux, Nice, Marseille, Béziers, Pau, Bordeaux, Saumur, Brest, Cherbourg, Chartres pour terminer par une dernière étape à l’autodrome de Montlhéry.
L’équipe du 3e Groupement de cavalerie comprend les side-cars suivants :
N° 28 : Lieutenant Thiriat – 6e GAM, N° 29 : Mdl-chef Fritz – 6e GAM et N°30 : Mdl-chef Eugène – 7e Chasseurs
A la fin de ce tour de France, l’équipe du 3e Groupement de Cavalerie finit troisième sur dix dans le classement de la cavalerie, derrière les 1er et 4e RD ex aequo.

 

 

Le concours de Spa

Le moment le plus fort vécu par l’équipe du lieutenant Thiriat est, sans nul doute, l’important concours international de Spa en Belgique qui se déroula, les 15, 16, et 18 juillet 1938, avec plusieurs équipes belges, une allemande et deux italiennes. Pour ce concours, les sides Gnôme & Rhône du 6e GAM ont une particularité que n’ont pas les fabrications de série, la roue du panier est motrice.
Cette confrontation pacifique de plusieurs armées européennes présageait les futurs affrontements de la seconde guerre mondiale mais cela est une autre histoire !

 

L’équipe du lieutenant Thiriat se compose de la façon suivante :
- 1er side-car Gnôme et Rhône XA : Lieutenant Thiriat et conducteur Ferlampin
- Moto solo Gnôme et Rhône D 5 de 500 cm3 : Conducteur Flandre
- 2e side-car Gnôme et Rhône XA : Conducteur Landois et passagers Gauchet et Théâtre
- 3e side-car Gnôme et Rhône XA : Conducteur Bisiau et passagers Poitiers et Toso
- 4e side-car Gnôme et Rhône XA : Conducteur Dhénin et passagers Couteaux et Lebée
- 5e side-car Gnôme et Rhône XA : Conducteur Barnachon et passagers Guérin et Vilain
- Une équipe de mécaniciens sous les ordres de l’adjudant Dehouck avec entre autre le Mdl-chef Fritz avec son camion Latil, ou encore le Mdl Gauchet (dépanneur).

 

La compétition se déroule sur trois jours avec les épreuves suivantes :
- 1ère journée : épreuve routière de 500 kilomètres, sur un circuit non connu à l’avance avec navigation à la carte.
- 2e journée : épreuve tout terrain en forêt sur 23 kilomètres.
- 3e journée : figures libres. L’une des figures libres consistait à remettre la roue du panier tout en roulant à trois sur le side-car comme nous l’a montré les photos précédentes.

 

L’équipe française représentée par le 6e GAM finit troisième et première des équipes étrangères à l’issu des trois jours de compétitions. Les Belges s’octroient les deux premières places sur leurs Gillet Herstall, ce qui fera dire à l’équipe française et cela sans doute par chauvinisme, que les vainqueurs avaient sans doute été aidés sur le parcours de la première journée !

 

 

 

1938, rappel des réservistes

En 1938, l’affaire des Sudètes provoque une grave crise en Europe. Un début de mobilisation a lieu en France et de nombreux réservistes sont rappelés sous les drapeaux. Ainsi, le 6e GAM reçoit son contingent de réservistes. Les armes sont nettoyées et les engins sont préparés pour intervenir rapidement. Finalement la guerre est évitée de justesse grâce aux accords de Munich signés dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938, mais à quel prix ! La Tchécoslovaquie a été cédée aux désirs d’expansions d’Hitler. Cela sera-t-il suffisant pour garantir une paix durable en Europe, nous savons déjà que non ! Cependant les réservistes regagnent leur foyer plein d’espoirs pour l’avenir.

 

 

 

1939, la guerre approche de nouveau

Ce début d’année commence à la fin du mois de janvier par une prise d’armes sur la place du château de Compiègne. Puis au mois de février des manœuvres ont lieu au camp de Sissonne.
Mai est marqué par le traditionnel défilé de la fête Jeanne d’Arc qui fut capturée à Compiègne en 1430.
Le 1er juin, le lieutenant Kaminski prend le commandement du tout nouveau 3e escadron du 6e GAM qui se compose de 11 AMR Schneider P 16, réparties en trois pelotons (3 autres P 16 existent au régiment). Le 6e GAM commence à avoir sa forme définitive avec un escadron d’AMD et un escadron d’AMR. L’opinion de cet officier sur les Schneider P 16 est assez sévère. Pour lui, ce semi-chenillé est un matériel ancien et archi-usé, peu blindé, mal armé et inadapté aux missions modernes de son unité. L’escadron possède aussi deux AMR Citroën P 28, utilisées pour l’école de conduite avant qu’elles ne soient versées, le 9 juin, au 2e escadron pour former à la conduite le personnel du peloton de 25 blindé, sans doute les AMR ZT 3 récemment perçues par le 6e GAM.
Le 5 juin, un exercice de franchissement de l’Oise par portières et pont de bateaux a lieu dans la région de Chantilly.
Du 6 juin au 5 juillet un important séjour au camp de Sissonne a lieu pour de nombreux éléments du 6e GAM. Ainsi au 3e escadron, le sous-lieutenant Dargnies part avec 5 AMR (37035, 37050, 37077, 37083 et 37128).
Ce 14 juillet 1939, les P 16 du 3e escadron sont mises à l’honneur pour le traditionnel défilé. En tête, la voiture radio 37078, réservée au lieutenant Kaminski qui précède trois pelotons d’AMR. Dans le premier peloton l’AMR 37087 est chargée de présenter l’étendard de l’escadron. Les hommes portent à cette occasion la nouvelle tenue en drap kaki ainsi que le nouveau casque des troupes motorisées et la veste en cuir. Départ à 8h30 rue Vivenel, avec en tête AMR 37078 suivie des 2e, 1er et 3e pelotons.
Le 22 juillet, a lieu une instruction sur le terrain de manœuvre pour les nouveaux engagés, avec enseignement théorique du fusil Mas 36, école de conduite et pratique du tir avec le 6e Spahis Algériens tandis que le 27 juillet, désignation des hommes pour le concours de tirs : mitrailleuse, canon de 37 (avec 8 cibles et 100 obus, pour 8 personnes), fusil et pistolet.
Début août, une importante manœuvre a lieu dans le secteur de Beauvais, jusqu’au 7 août, avec le 6e GAM, le 6e Spahis Algériens et la compagnie moto du 51e RI. La traversée de Beauvais se fait avec les hommes au garde à vous, les tenues rectifiées et vérifiées avant.
Lors de ces manœuvres, les officiers emmènent leurs bagages chargés dans un camion, les sous-officiers sont autorisés à prendre une petite valise elle aussi chargée dans le camion. Pour les hommes, paquetage traditionnel, avec la tenue N° 3 : pantalon de toile, veste en cuir ou veste N°3, casque et équipements, un sac pour 2 hommes, manteau N°3, une paire de chaussures. Dans chaque voiture, chaque homme emporte un couvre-pied, un treillis et un bourgeron.
Le 9 août, le général Prioux, inspecteur de la cavalerie et futur commandant du corps de cavalerie en 1940, inspecte le 6e GAM. A cette occasion, une AMR équipée pour le tir antiaérien lui fut présentée. Le support destiné à recevoir la mitrailleuse Reibel a été réalisé par le Mdl Livolsi, responsable de l’atelier du 1er escadron. Il sera ensuite généralisé sur toutes les AMD et AMR. Cette initiative mérite d’être signalée car les moyens antiaériens du régiment se limite alors aux quelques mitrailleuses Hotchkiss.
A la veille de la guerre, la matériel blindé du GAM se compose de 10 AMD Panhard 178, six AMD Panhard 165/175, 14 AMR P 16, deux AMR 33, deux AMR P28 Citroën, deux AMR ZT 3, deux ou trois châssis White et le prototype de la Panhard TOE, immatriculé 14012.
Peu avant la mobilisation, seules les AMD Panhard 178 et les AMR P 16 partent avec l’échelon A, du GAM, afin de former le 6e GRDI.

 

 

© Erik Barbanson – Picardie 1939 – 1945 – 2007 / novembre 2012

Historiques et témoignage (USA)

 

125px-US_flag_30_stars.svg Historiques et témoignages 125px-US_flag_30_stars.svg

 

Division
Unités rattachées
Passage dans l’Oise
Date
28th ID 117th IR Captain Blakeney Charles S. , Compiègne 2/9/1944
4th FG 336th FS
Captain Don Gentile, Compiègne
14/1/1944
55th FG 343rd FS
1st Lt Hjelm Rex Paul, Bailleul-le-Soc
11/6/1944
353rd FG 
352nd FS 
Captain James N. Poindexter, Margny-les-Compiègne
7/6/ 1944
355th FG  358th FS 1st Lt Cleveland J. BRIEN Jr
Lamotte et Saint-Etienne Roilaye 
18/8/1944 
404th FG 508th FS Major Joe Sherwood Compiègne 1/9/ 1944
406th FG 512 FS Major William H. Merrian, Saint-Leu-d’Esserent 3/6/ 1944
44th BG 67th BS
506th BS
id

id

42-52616 C-Bar, Carter, GLORY BEE, Creil
41-29496 Bar-Q, Scudday, ARIES
42-95209 Bar-W, Stone
42-50339 Bar-C, Tucker FUEDIN’ WAGON

27/6/ 1944
95th BG 336th BS 42-30674, Cincinnati Queen, ET-C Campremy décembre 1943
391st BG 573rd BS 1st Lt Edmond B. Dunn, Roye-Amy 2/12/ 1944
IX Engineer Command 843rd EAB Beauvais-Tillé septembre 1944

33e RICMS

33e RICMS

33e Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais


RIC 33

Chef de Corps : Colonel Capron

Composition :

I / 33e RICMS : Chef de Bataillon Schneider

II / 33e RICMS : Chef de Bataillon Amiel

III / 33e RICMS : Chef de Bataillon Gervaise

 

À partir du 1er juin, la 7e DIC devient réserve de la VIIe Armée.

Le 33e RICMS est regroupé dans la région de Poix ; embarqué en camions et rapidement transporté pendant la nuit du 1er au 2 juin dans la région de Ribécourt, dans l’Oise, au nord de Compiègne.

Le 2 juin, les hommes exténués par l’effort qu’ils viennent de fournir au sud d’Amiens passent la journée dans leurs cantonnements tandis que les cadres effectuent la reconnaissance des nouvelles positions que les unités doivent occuper à partir du 3 juin.

La 7e DIC a reçu mission d’organiser, en arrière du front de la Somme et du canal Crozat, une seconde position de résistance au sud de Noyon et sur le canal du Nord, face au nord-est. Le 33e RICMS, pour sa part, occupe le 3 juin dans la soirée, entre Porquéricourt exclu et Chiry-Ourscamps exclu, un sous-secteur de trois quartiers juxtaposés :
- le I / 33e (Chef de Btn Schneider) est chargé de la défense du quartier du Mont-Renaud (P.C à Passel et P.C avancé sur le Mont-Renaud)
- le II / 33e (Chef de Btn Amiel) du quartier de Suzoy (P.C à Suzoy)
- le III / 33e (Chef de Btn Gervaise) du quartier de Larbroye (P.C à Dives-le-Franc).

Le II / 33e est en liaison à sa gauche avec le 7e RIC qui tient le sous-secteur de Campagne à Porquéricourt inclus, le III / 33e est en liaison à sa droite avec le 57e RICMS qui occupe le sous-secteur de Chiry-Ourscamps à Ribécourt. En dépit de l’étendue des fronts à défendre, l’organisation est entreprise sans délai et est poursuivie méthodiquement malgré la fréquence et la violence des bombardements aériens et malgré la poussée de l’ennemi, qui le 7 juin, après le recul des divisions de 1ère ligne, est au contact sur tout le front du régiment et paraît rassembler des moyens considérables dans Noyon et aux abords de cette ville. Au cours de cette journée, la pression allemande oblige les commandants de quartiers à faire sauter les ponts de Larbroye et de Porquéricourt.

L’infanterie borde progressivement le canal du Nord. À 9H une attaque déclenchée par elle sur Vauchelles tenu par le II / 33e est stoppée par les feux intenses de nos armes automatiques et par de violents tirs de nos 75 d’appui direct.

Le 8 juin, l’ennemi attaque sur tout le front défendu par le régiment : les projectiles de mortiers pleuvent sur nos P.A, les mitraillettes crépitent tout le long de la position pendant que les groupes d’assaut allemands s’infiltrent hardiment dans les intervalles trop larges et insuffisamment battus par nos feux, conséquence de la trop grande extension de notre front. Mais les garnisons des P.A, même encerclées, résistent avec acharnement. Dans le quartier de Suzoy, tenu par le II / 33e, un P.A avancé, isolé sur le canal du Nord, écrasé par les minen, est submergé par l’ennemi après une magnifique résistance : immédiatement, une contre-attaque exécutée avec un brio remarquable reconquiert le P.A et en chasse l’ennemi qui subit de très lourdes pertes. Dans le quartier du Mont Renaud, tenu par le I / 33e, l’ennemi menace dangereusement Pont-l’Evêque : une contre-attaque met en fuite l’ennemi qui s’était avancé jusqu’au pont de la voie ferrée à l’ouest du village. A la nuit, les Allemands cessent leurs attaques : en aucun point ils n’ont pu entamer la magnifique et tenace résistance des bataillons du 33e RICMS. A 22H45, le régiment reçoit un ordre préparatoire de repli.

Le 9 juin, à 2H, le 33e RICMS reçoit l’ordre de se replier vers la forêt de Compiègne où il ira constituer à Saint-Jean-aux-Bois, en pleine forêt, la réserve de la 7e DIC, toujours à la disposition du XXIVe C.A. Le mouvement s’effectue par voie de terre sur l’itinéraire Ville – Cannectancourt – Orval – l’Ecouvillon – Elincourt Ste marguerite – Vandelicourt – Vignemont – Antheuil Portes – Rémy – Canly – la Croix St Ouen : l’étape est longue, la chaleur écrasante : les routes sont encombrées par des colonnes de toutes armes sur lesquelles s’acharne l’aviation allemande, en particulier l’après-midi aux approches des passages de l’Oise. Les uns après les autres, les ponts sur cette rivière sautent prématurément, devant la Croix St Ouen, à Verberie et à Pont Ste Maxence : quelques unités, isolées sur la rive droite de l’Oise et pressées de toutes parts par l’ennemi qui borde déjà la rivière, doivent détruire leur matériel lourd avant de gagner à la nage la rive amie ; cette obligation prive désormais le régiment d’une partie de ses armes automatiques lourdes et diminue sensiblement sa capacité de résistance.

Regroupé le 10 juin dans la forêt de Compiègne entre le carrefour de Malassise et Saint-Jean-aux-Bois, le régiment reçoit à 14H un nouvel ordre de repli vers la position fortifiée du Gouvernement Militaire de paris. Les unités doivent être enlevées en camions à partir de 15H mais une seule section de transport (20 camions) est chargée de procéder à cet enlèvement par rotations successives.
Une partie du III / 33e (11e Cie, une partie de la 10e Cie et de la C.A.B. III) la CDT et la CRE sont embarquées : le reste du régiment attend le retour des camions. Mais cers 22H il faut se rendre à l’évidence : gênée dans ses mouvements par l’encombrement indescriptible des routes, la section de transport ne peut pas revenir. Il n’y a plus de temps à perdre si le régiment veut éviter d’être pris comme dans une souricière. Dans la nuit opaque, les unités se mettent en marche ; les hommes portant à dos l’armement lourd, mitrailleuses et mortiers qu’ils ont réussi à conserver car, en raison du transport prévu en camions, les échelons ont devancé les unités sur la route par Orrouy, Béthisy-St-Martin, Néry et Huleux, suivis sur les talons par les Allemands qui restent assez passifs jusqu’à Huleux. Le régiment marche en direction de Baron qui lui a été assigné comme point de regroupement. Après les fatigues de l’étape précédente, ces 25 km faits en pleine nuit achèvent d’épuiser les hommes.

Rully – Le 11 juin 194, le jour est levé depuis un certain temps déjà quand le détachement du III / 33e et de la C.A.B III non enlevé par les camions (9e Cie, partie de la 10e Cie, partie de la C.A.B III et de la section de Cdt du III / 33e) est sur le point d’entrer dans le village de Rully pour le traverser : soudain, il est pris à partie par un feu nourri d’armes automatiques venant du village, bientôt suivi d’un sévère bombardement de minen et d’artillerie sur la route et ses abords. Des motorisés allemands, marchant parallèlement à notre colonne mais à une vitesse supérieure, ont devancé le détachement, occupé le village et tentent de faire le détachement prisonnier.

Il faut passer à tout prix ! Un violent combat s’engage : la fatigue est oubliée, l’odeur de la poudre stimule les courages. Instantanément, la 10e Cie du Lieutenant BOUAN se déploie en tirailleurs et par bonds successifs arrive à hauteur de l’agglomération : un Caporal-Chef sénégalais brandit son coupe-coupe, se redresse soudain, hurle dans sa langue un ordre à ses compatriotes, s’élance vers les premières maisons se trouvant devant lui et entraîne derrière lui tous ses camarades de sa Cie qui pénètrent dans le village. Simultanément, la 9e Cie du Lieutenant Amadou FALL attaque Rully : pendant que deux de ses sections débordent le village par l’est les deux autres pénètrent hardiment dans les premières rues.

Après un corps-à-corps sanglant, dans les rues et dans les maisons, les Tirailleurs des deux Cies nettoyent la localité de la plus grande partie de ses occupants, les survivants se terrent au fond des caves. Plusieurs voitures allemandes, dont une superbe Torpédo toute neuve sont incendiées ; un mortier et une cuisine roulante sont récupérés tandis que les Tirailleurs poursuivent avec leurs coupe-coupes les derniers Allemands qui fuient éperdus !

Mais des renforts ennemis arrivent : à l’entré du village s’arrêtent des camions d’où bondissent de nouveaux adversaires et nos munitions sont presque complètement épuisées. Il faut quitter Rully : c’est ce que font les unités, en ordre, sous la protection de quelques FM dont les servants et les chefs, au courage trempés, interdisent toute poursuite à l’ennemi.

La plupart des blessés peuvent être emmenés, dont un Sous-Lieutenant gravement atteint au ventre que l’Aspirant Ibos réussit à faire évacuer dans la direction de Baron. Car le combat de Rully coûte cher au régiment : le Lieutenant GUIGON de la 9e Cie a été tué, le Lieutenant Amadou FALL, commandant la 10e Cie, et plusieurs autres officiers ont été blessés, de nombreux tirailleurs ont disparu, blessés ou prisonniers et nombreux aussi ceux qui reposent depuis dans le petit cimetière du village !

Mais le cran et l’acharnement avec lequel le combat fut conduit prouvent la valeur combattive des cadres et de la troupe et démontrent qu’en dépit de la fatigue et de l’action démoralisante d’une retraite continue, officiers, sous-officiers, Marsouins et Tirailleurs ont conservé des âmes de guerriers et un magnifique esprit offensif.

À la fin de la matinée, le 33e RICMS est regroupé à Baron et aux alentours de cette localité. Le régiment reçoit la mission d’occuper, d’organiser et de défendre une position de résistance dont la lisière extérieure, face au nord, est jalonnée par le cours de la Nonnette, la lisière nord du village de baron et la tranchée antichars à l’est du village. Cette tranchée ainsi que les casemates armées de canons qui en défendent les accès ont été établis depuis longtemps par les soins du Gouvernement Militaire de Paris : une petite garnison composée d’éléments de corps et d’armes différents et placée sous le commandement d’un Capitaine, assure l’occupation d’un certain nombre de blocs bétonnés.

Au fur et à mesure de leur arrivée à Baron, les unités du 33e RICMS s’installent sur la position : le III / 33e occupe le quartier du village et le II / 33e le quartier à l’est de Baron, le I / 33e est placé sur la ligne d’arrêt de la position de résistance, aux lisières nord des bois de Montlognon.

Le Capitaine Gras, Cdt la CRE du 33e reçoit l’ordre de vérifier et de coordonner la DCB (défense contre les blindés) du sous-secteur tenu par le régiment : il dispose pour cela, en plus des engins régimentaires, des 4 canons de 47 de la batterie divisionnaire anti-chars et des 6 canons de 25 du sous-secteur.

À midi, l’ennemi attaque violemment le quartier est de Baron où la 5e Cie du II / 33e et la section de Cdt de ce bataillon sont installés défensivement, en liaison avec le 57e RICMS. La localité, violemment bombardée brûle en grande partie pendant que les Allemands tentent de l’encercler mais l’ennemi essuie des pertes telles qu’il abandonne momentanément ses projets.

 

© Marc Pilot – Picardie 1939 – 1945 -juin 2012

9e Zouaves

9e Zouaves, 2e Cie

Z 9

Lieutenant Élie Chétrit

 

 

LA RETRAITE

Dix-sept jours après notre arrivée, le bataillon avait perdu un tiers de ses effectifs (morts et blessés). C’est alors, au cours de notre deuxième période de repos, que nous recevons l’ordre de repli. Nous ne savions pas ce qui s’était passé, notre horizon de guerre se limitant à quelques centaines de mètres sur le canal. Ce n’est que longtemps après que nous devions apprendre que les Allemands se méfiant du Pont Saint-Marc à cause de l’automitrailleuse incendiée, des coups de canon tirés, du pont détruit et de la résistance acharnée de nos hommes avaient décidé d’attaquer assez loin sur le canal pour nous contourner et filer vers Paris.

Au moment même où nous nous préparions au repli, nous apercevons 3 petites chenillettes françaises arrivant derrière nous et nous avons la surprise d’être mitraillés par les occupants qui sont des Allemands. Nores, fils du Président du Tribunal d’Alger est abattu en même temps que de nombreux soldats et les 3 Allemands des chenillettes. Le repli commence de nuit et en colonne par un pendant que les Allemands circulent parallèlement sur les routes et de jour. Dans la colonne par un, chaque soldat tenait le sac au dos du soldat qui était devant lui, seul moyen de ne pas s’égarer. Je marchais en serre-file pour recueillir les trainards. Le cocasse se mêlait au tragique : j’ai rencontré une nuit un commandant d’active qui a insisté pour que j’applique le règlement qui voulait qu’en temps de guerre, une troupe se déplace en formation classique, c’est-à-dire en triangle avec une aile droite et une aile gauche protégeant la colonne centrale. Bien entendu, j’ai fait semblant d’opiner dans son sens mais j’ai maintenu la colonne par un pour ne pas perdre d’hommes.

A un moment donné, la tête de la Division qui opérait son repli s’est heurtée au village de Crépy-en-Valois occupé par des forces allemandes. Le Général commandant la Division dont le souci était de faire échapper le plus possible d’hommes de ses 3 régiments prit contact avec le Colonel commandant le 9ème Zouaves pour qu’il désigne une section qui devrait avancer dans Crépy-en-Valois pour occuper les Allemands pendant que le reste de la Division contournerait le village par la droite. Ma section est choisie parce que le Colonel sait que je la tiens bien en main. Elle est maintenant grosse de 50 à 60 hommes. Nous entrons dans le village lentement sans que la résistance attendue ne se manifeste immédiatement. Au bout d’une centaine de mètres, j’estime que nous avons assez pris de risques et je fais rentrer les hommes dans des maisons en leur demandant de continuer leur progression de maison à maison en abattant éventuellement les murs mitoyens mais quelques imbéciles estiment plus simple d’aller plus facilement en courant dans la rue chaque fois jusqu’à la porte cochère suivante et se font bêtement abattre par les tirs des Allemands. Je décide d’expédier un homme à l’entrée du village pour voir les progrès du contournement du village par la Division. Il revient me dire qu’il n’y a plus personne même pas l’homme qui devait nous signaler que l’opération était terminée. Je décide immédiatement un repli aussi discret et aussi rapide que possible mais les Allemands ne sont pas dupes et nous poursuivent.

A la sortie du village, nous nous sauvons dans les blés qui sont hauts au milieu des rafales de balles traçantes. Voir les balles qu’on entend siffler autour de soi fait très peur mais les Allemands s’amusent et laissent tomber. Nous voilà donc isolés, donc libres, et le repli continue avec l’espoir de retrouver notre régiment. Nous traversons un bois qui va jusqu’à une route. Nous nous mettons en embuscade à l’orée du bois et tuons un Allemand qui passait sur la route en motocyclette. Nous récupérons son fusil-mitrailleur que nous abandonnerons, faute de savoir l’utiliser, l’Armée française n’enseignant que l’utilisation des armes françaises. Le 12 juin 1940, nous arrivons au village de Basoche et nous entrons dans une ferme avec l’espoir de nous ravitailler et d’y dormir. Dans la cour dont un portail ouvre sur la route, des poulets… quelques hommes leur courent après.

Comme des camions allemands passent sur la route, c’est dangereux. Je sors dans la cour pour engueuler ces hommes et aussitôt un soldat allemand braque son fusil sur moi et m’emmène. J’espère que mes hommes vont se sauver mais non, ils restent là à attendre que les Allemands viennent les faire prisonniers.

CAPTIVITÉ

Les Allemands nous emmènent dans un champ servant de camp mais ce camp est mal clôturé et mal gardé. Une évasion est très facile. Malheureusement, au cours de la retraite, nous avions traversé de nombreux ruisseaux et les chaussures sans chaussettes avaient fini par se coller aux pieds gonflés dont la chair était devenue blanchâtre. Les pieds sont douloureux et je ne marche qu’avec difficulté. Après avoir péniblement enlevé mes chaussures, je m’installe au soleil pour faire sécher mes pieds, ce qui se réalise au bout de 3 jours, mais à ce moment-là, les Allemands nous conduisent à la citadelle de Cambrai qui est un fort d’où personne ne réussit à s’évader. 5 ou 6 jours plus tard, nous sommes dirigés à pied vers la Belgique, le Luxembourg puis l’Allemagne.

2e RIC

Position des officiers du 2e RIC

à la date du 25 juin 1940

* * *

État-Major

Lt-Colonel de NEGRAVAL Cdt le Régiment Prisonnier
Lt-Colonel ROUSSEAU Prisonnier
Chef de Bataillon REZEAU Chef d’Etat-Major Prisonnier
Médecin-Cdt PICOT Médecin-Chef Prisonnier
Lieutenant RICLE Off de renseignements Prisonnier
Lieutenant COLLIOT Off liaison, Z et Pionnier Prisonnier
Sous-Lieutenant HERVIER Off de détails Prisonnier
Vétér-Lieutenant OLLIVIER Vétérinaire Libre

Compagnie de Commandement

Capitaine LEGUEN Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant LANDAIS Cdt section Prisonnier
Sous-Lieutenant HELIAS Chargé des transmissions Prisonnier

 

Compagnie de Reconnaissance et d’Engins

Capitaine LE BIHAN Cdt de Cie Prisonnier
Lieutenant LEBAUDY Chef de section Blessé le 7 juin

Compagnie Hors Rang

Lieutenant VOELKEL Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant MOINET Off d’approvisionnement Libre
Lieutenant LURET Off dépanneur Libre
Pharm. Lieutenant TOMINE Pharmacien Libre
Dentiste Lieutenant TROBAS Dentiste Libre

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Ier Bataillon

Chef de bataillon PONS Cdt du Bataillon Prisonnier
Capitaine KERVELLA Adjudant-Major Tué le 26/5
Lieutenant GUIOT Officier-Adjoint Prisonnier
Médecin-Lieutenant QUERE Médecin Prisonnier

1ère Compagnie

Capitaine DARCY Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant BIDEAU Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant MACOUIN Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant QUERE Chef de section Blessé le 5/6

2e compagnie

Lieutenant COADOU Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant CORMIER Chef de section Libre
Lieutenant MARTINEAU Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant MARSILY Chef de section Prisonnier

3e compagnie

Capitaine LE GUEVEL Commandant de Cie Prisonnier
Sous-Lieutenant SCHERER Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant BERTHAULT Chef de section Prisonnier

Compagnie d’Accompagnement B1

Capitaine FEYLER Commandant de Cie Libre
Sous-Lieutenant VOLANT Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant JEANNOEL-RAVEL Chef de section Libre

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IIe bataillon

Chef de Bataillon BLOIN Cdt du Bataillon Prisonnier
Capitaine GILBERT Adjudant-Major Prisonnier
Lieutenant BOUCHER Officier-Adjoint Prisonnier
Médecin-Lieutenant LE HECHO Médecin Prisonnier
Médecin-Sous-lieutenant ABGHALLE Médecin Libre

5e Compagnie

Capitaine LE SAOUT Commandant de Cie Tué le 25/5
Lieutenant VANDENSCHRICK Cdt la Cie par intérim Libre
Lieutenant ROBERT Chef de section Blessé le 7/6
Lieutenant BARC Chef de section Blessé le 25/5
Sous-lieutenant GUILLAUME Chef de section Prisonnier

6e Compagnie

Lieutenant BENOIT Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant DUCLOS Chef de section Prisonnier
Lieutenant MASSY Chef de section Tué le 25/5

7e Compagnie

Capitaine GARDEBOIS Commandant de Cie Tué le 25/5
Lieutenant GOURIOU Chef de section Prisonnier
Lieutenant LE BLANC Chef de section Tué le 25/5
Sous-Lieutenant FETIS Chef de section Tué le 7/6

Compagnie d’Accompagnement B2

Capitaine MAILLOUX Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant DUBOIS Chef de section Libre
Lieutenant BLANCHET Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant LE SAUX Chef de section Prisonnier

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IIIe Bataillon

Chef de Bataillon DELORY Cdt du Bataillon Prisonnier
Capitaine CAURET Adjudant-Major Prisonnier
Lieutenant GAIGNEROT Officier-Adjoint Prisonnier
Médecin-Lieutenant DANIEL Médecin Prisonnier

9e Compagnie

Lieutenant LICHOU Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant LABAT Chef de section Libre
Sous-Lieutenant POULET Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant PAPE Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant LE LAY Chef de section Prisonnier

10e Compagnie

Capitaine GODEC Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant PHIPPS Chef de section Prisonnier
Lieutenant LEMORDANT Chef de section Libre
Aspirant CESSOU Chef de section Prisonnier

11e Compagnie

Lieutenant ROUGIER Commandant de Cie Prisonnier
Sous-Lieutenant LE FOULGOC Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant PERRODO Chef de section Evacué le 28/5

Compagnie d’Accompagnement B3

Capitaine PONT Commandant de Cie Prisonnier
Lieutenant HARDOUIN Chef de section Tué le 9/6
Sous-Lieutenant SIMON Chef de section Prisonnier
Sous-Lieutenant VANDERVINCK Chef de section Libre
Capitaine ABALLAIN Cdt le IIe Bon après 7/6

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Unités rattachées

13e Compagnie de Pionniers

Capitaine MICHEL Commandant de Cie
Lieutenant VERDIER Chef de section
Sous-Lieutenant LE DOARE Chef de section

Cie anti-chars divisionnaire
(14e Cie du Régiment depuis mai 1940)

Lieutenant COURNOT Chef de section Libre
Sous-Lieutenant X Chef de section Prisonnier

 

© Marc Pilot – Picardie 1939 – 1945 -juin 2012

97e GRDI

Lieutenant-colonel Lacombe de la Tour

97e GRDI

Fils d’un officier de cavalerie, il entre à Saint-Cyr et se retrouve sous-lieutenant au 4e Chasseurs en août 1914 et termine la guerre comme capitaine dans un bataillon de Chasseurs à pied, officier de la Légion d’Honneur. Une partie de sa campagne est relaté dans « La Vosgienne, 1917-1918, une Compagnie Franche dans la Grande Guerre, Souvenirs du Lieutenant-Colonel Bon de La Tour », Présentation Jean-Claude Fombaron et Yann Prouillet, Collection « Temps de Guerre », Société Philomatique Vosgienne, Raon-l’Étape, 2000.
La guerre terminée, il sert un moment en Syrie puis en France où il dispute des courses hippiques (il en remportera plus de 100).
Nommé commandant, il rejoint le 1er étranger au Maroc puis le 3e Spahis à Rabbat.
Il demande à servir comme commandant d’un groupe de la Légion Etrangère et s’embarque pour la France le 23 avril 1940. Il prend la tête du 97e G.R.D.I formé à partir d’éléments du 1er R.E.C. il s’illustre dès le 19 mai et reçoit du général Frère la croix de guerre avec palme. Chargé de protéger le repli de la 7e DINA, il disparaît dans le secteur du bois de Noroy le 9 juin.

 

 

Oujda le 12.1.41

Madame,

Je ne vous ai pas encore écrit car pendant de longues semaines nous avons vécu dans l’espérance. Sans pouvoir affirmer ce qu’était devenu le Colonel de La Tour les renseignements reçus nous permettaient d’espérer que nous retrouverions notre chef. J’ai appris qu’il était tombé au bois de Noroy, où nous nous étions séparés dans des circonstances angoissantes, pa le légionnaire qui le dernier l’a vu et qui, fait prisonnier, a réussi à s’échapper et nous a rejoint au Maroc il y a quelques semaines. Je n’ai pas osé employer les cartes officielles pour vous annoncer cette triste nouvelle et vous dire la profonde tristesse ressentie par tous ceux qui ont servi sous ses ordres.
Depuis le 7 juin le GR combattait en arrière garde de la Division. Le 8 au soir nous nous portons d’Etelfay sur Lamécourt avec la mission d’y arrêter l’ennemi. Le 9 à l’aube nous arrivons au village de Noroy et apprenons que Lamécourt est déjà occupé par les chars ennemis. Le Colonel établit le GR sur une crête dominante, à la lisière d’un bois. Pendant toute la matinée je reste en liaison intime avec votre mari. Vers 10 heures nous voyons des forces motorisées allemandes se concentrer et nous sentons notre situation devenir critique. Un ordre ne nous étant pas parvenu, le Colonel malgré nos moyens de résistance extrêmement faibles refuse de se replier sur Pont Sainte Maxence, P.C. de la 7e DINA et point de rendez-vous. De notre observatoire nous assistons au ravitaillement en essence et munitions d’environ cent-cinquante chars et camions allemands. Devant un tel déploiement de forces nous nous réunissons et votre mari décide de tenir sur place suivant les ordres reçus. Nous sommes encore réunis, une préparation d’artillerie nous précise les intentions de l’ennemi et les évènements se précipitent. Mais le colonel toujours très calme profite d’un léger répit pour aller déjeuner. Un quart d’heure plus tard nous sommes attaqués par des chas appuyés par de l’infanterie. Je fais prévenir le Colonel de la situation, il arrive et observe. Notre échelon de contact trop faible pour contenir cette masse se replie sur nous tandis qu’une fusillade derrière nous nous annonce que l’encerclement est entamé.
Voyant que toute résistance est désormais inutile le Colonel de la tour nous donne rendez-vous à Pont Sainte Maxence, objectif qui ne peut être atteint qu’individuellement et dans la nuit.
Le légionnaire Toro, qui est près de votre mari, reste à ses côtés dans le bois. Il m’a dit qu’une balle perdue déchire sa culotte, sans toutefois le blesser. A deux reprises le Colonel se repose, puis vers 15 heures, l’ennemi semblant moins actif, il décide de tenter de gagner un autre petit bois situé à une centaine de mètres. Ils sortent en terrain découvert, et tombent sur une patrouille allemande qui ouvre le feu. Toro riposte tandis que le Colonel tente de gagner un couvert immédiat.

Une stèle a été érigée à la mémoire du lieutenant-colonel de La Tour et de ses légionnaires à côté du monument aux morts de Noroy le 10 juin 2000

Sources :

- La légion Etrangère N°23, janvier-février 1941
- Bulletin Mensuel de la Légion Etrangère N°31, juillet-août 1949
- Archives familiales de Monsieur Gilles de La Tour

 

© Marc Pilot – Picardie 1939 – 1945 -juillet 2012

97e GRDI

97e GRDI (Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie)

 

Commandant : Lieutenant-colonel Lacombe de La Tour
Adjoints : Capitaine Moisson, capitaine Vatchnadze.
Lieutenant Bonnot
Lieutenant Frappa
Sous-lieutenant Poirson.

 

Escadron hors rang

Capitaine Djincharadze
Lieutenant Rivoire
Médecin-lieutenant Benguigui
Sous-lieutenant Sueron.

 

Escadron à cheval

Capitaine de Guiraud.
1er peloton : Lieutenant Roumiantzoff
2e peloton : Lieutenant Spitzer
3e peloton : Lieutenant Martinez,
4e peloton : Lieutenant Gauthier

 

Escadron de fusiliers motocyclistes

Capitaine Colonna-Renucci.
1er peloton : Lieutenant Prouhet
2e peloton : Lieutenant Denardou
3e peloton : Adjudant-chef Tétu
4e peloton : Sous-lieutenant Sokolov.

 

Escadron de mitrailleuses et canons antichars

Capitaine Stevenin.
Lieutenant Vincent
Lieutenant d’Annam
Lieutenant Bovagnet.

 

 

JMO du 97e G.R.D.I.

Le 8 juin au soir, le G.R.D. reçoit la mission de protéger le repli de la 7ème D.I.N.A., qui se porte sur l’Oise.
Au passage de Maignelay, vers minuit, quelques rafales de 77 saluent le passage du G.R.D., qui est arrêté par un embouteillage de convois qui se replient.
Au matin du 9 juin, l’escadron à cheval tient Ravenel, les deux escadrons motorisés, avec le lieutenant, sont installés dans un bois, à l’ouest de Noroy, face à Erquinvilliers, qui est tenu par les Allemands. Par suite de l’embouteillage des routes et des incursions de blindés allemands, la liaison entre les deux détachements, le G.R.D. et la 7e D.I.N.A., ne peut être assuré.
Vers midi, après un combat entre chars français et chars allemands, une importante vague de chars ennemis, appuyée par des tirs de 105 allemands, attaque le bois de Noroy. La défense est bientôt submergée et le lieutenant-colonel donne l’ordre de s’échapper coûte que coûte pour se replier de l’autre côté de l’Oise. La mission est d’ailleurs remplie car il y a plus d’une heure déjà que les derniers convois ont finis de s’écouler.
Quelques isolés partent en camions, les autres se replient par les bois, sous le feu des chars allemands.
Au cours de cette action, le lieutenant-colonel Lacombe de la Tour et le capitaine Djincheradze disparaissent, le lieutenant Gauthier est fait prisonnier. Les éléments du G.R.D., qui ont pu s’échapper, traversent l’Oise à la faveur de la nuit et se regroupent à Aumont, P.C. de la 7e D.I.N.A. Pendant ce temps, l’escadron à cheval, pris à partie par des forces ennemies très supérieures se divisent en trois détachements : capitaine Vatchnadze, lieutenant Roumiantzoff et lieutenant Spitzer.
Le détachement du capitaine Vatchnadze, au cours de son repli, tombe sur des colonnes allemandes importantes et disparaît. (Le capitaine n’arrive à rejoindre la zone non occupée que le 14 juillet, après avoir passé plus d’un mois en territoire occupé).
Les détachements Roumiantzeff et Spitzer passent l’Oise au pont de Verberie, quelques instant avant que le pont ne saute, alors qu’ils sont serrés de près par des autos-mitrailleuses allemandes. Le détachement du lieutenant Roumiantzeff passe aux ordres du G.R.C.A. 25 pour parer à une attaque ennemie venant de Pont-Sainte-Maxence.
Le 9 juin, le G.R.D. subissait ses plus grosses pertes de toute la campagne et de l’effectif de 650 se retrouvait à 250 environ.
Le 10 juin, le capitaine de Guiraud, qui a pris le commandement du G.R.D. 97, en regroupe les éléments à Aumont.

 

 

JMO de l’Escadron de fusiliers motocyclistes

Le 8 Juin 1940 : Le point d’appui (à Etelfay, Somme) est soumis à quelques tirs d’artillerie. A 19 heures, le GR reçoit l’ordre de faire mouvement sur Lamécourt. Départ 23 heures. Quatre hommes sont détachés à Faverolles pour assurer la garde d’un ravitaillement, ils doivent être repris par le convoi.

Le 9 Juin 1940 : L’escadron fait la route au milieu d’une colonne de réfugié et de militaires. Dans la nuit, il est soumis à un tir d’artillerie près de Maignelay-Montigny.
Vers 17 heures, il arrive près de Lamécourt. Le village est occupé par des A.M allemandes, plusieurs maisons du village sont en feu.
Le colonel décide de former un point d’appui dans un bois situé sur une hauteur Nord-Est de Noroy. L’escadron se compose alors du 3e peloton et d’un groupe de combat du 2e peloton. Le 1er peloton ferme l’arrière-garde du convoi et plusieurs sides du 2e peloton ont dû être abandonnés par suite de pannes mécaniques.
Le groupe de combat du 2e peloton sert de soutien au groupe de mitrailleuses d’Annam.
Le 3e peloton tient la lisière Sud du bois. Le Maréchal des Logis Le Yavane quitte ce point d’appui pour aller chercher le convoi qu’il a du abandonner à Montigny. Il le conduira à Pont-Sainte-Maxence.
Vers 12 h 30, après une préparation d’artillerie le point d’appui est attaqué par de nombreux chars ennemis et encerclé. Ne pouvant résister, les éléments se replient sous le feu dans les couverts avoisinants.
Dans la journée et dans la nuit par petits groupes ou individuellement, les gradés et légionnaires se dirigent vers l’Oise, le point de destination indiqué étant Pont-Sainte-Maxence. Le convoi et le 1er peloton ont suivi l’itinéraire Maignelay – Pont-Sainte-Maxence. Avant d’avoir pu passer la rivière, le pont saute par suite d’un bombardement par l’aviation allemande. Les hommes sont obligés de le franchir en bateau. Les véhicules et leur chargement devant être abandonné sur la rive Nord.

10 Juin 1940 : Le GRD se reforme à Aumont. A 17 heures, il reçoit l’ordre de se porter à Luzarches.

 

Les officiers du GRDI de retour à Sousse